Delphine de VIGAN : Rien ne s’oppose à la nuit

 

Très émouvant et poignant ! Très beau roman sur la vie de la mère de l’auteur : roman ou biographie ?

Non ce n’est pas une biographie puisque l’auteur mène son enquête sans tout nous révéler pour autant, tout est dépeint subtilement par petites touches, suggéré et non asséné

A la fois sombre et lumineux, dur et sensible ce livre dépeint une histoire familiale lourde de secrets, de non-dits et de drames qui marqueront l’enfance de Lucile. Faut-il y voir un lien avec ses dérèglements futurs et sa maladie ?

Rien n’est dit complètement mais simplement suggéré.

Ce livre m’a beaucoup émue, l’enfance de sa mère puis de l’auteure ont été traversées d’évènements graves mais aussi ponctués de bonheurs et d’un vrai esprit de famille.

La maladie de sa mère est traitée avec de la pudeur malgré un réalisme certain.

L’auteure ne s’est-elle pas forgée une vraie force de caractère en vivant tous ces évènements ?

Un livre qui une fois posé ne nous quitte jamais tout à fait ce qui démontre sa force notamment grâce à une écriture qui met une distance entre l’évènement et le lecteur et ne porte pas de jugement sur les faits.

Je suis D. De Vigan depuis « No et moi » livre que j’ai prêté et offert beaucoup autour de moi puis « les heures souterraines », ce nouveau livre montre une fois de plus son talent dans l’exercice difficile de se raconter au travers de sa famille.

Une belle prouesse, un beau moment d’écriture : j’ai adoré !

Notation :

Sorj CHALANDON : Retour à Killybegs

 

Poignant et fort sont les deux principaux qualificatifs pour ce roman.

Poignant car à travers de l’histoire de ce vieillard transparait le combat des irlandais pour défendre leurs droits et leur existence face à l’oppresseur : les anglais.

L’auteur se fait le porte-parole de Tyrone Meehan qui raconte à 81 ans comment il a été amené à trahir les siens.

Pour tout comprendre, nous traversons avec lui toute sa vie : son enfance entre un père violent qui le bat et l’insulte en anglais (au lieu d’utiliser le gaélique), sa mère qui enchaine les naissances et surtout ce qui domine dès son plus jeune âge c’est la haine des anglais.

Son père membre de l’IRA abandonne les siens et disparaît un jour , alors adolescent Tyrone se retrouve enrôlé par l’IRA comme son frère ainé et ses amis.

 

L’auteur raconte le combat des irlandais : l‘intransigeance des anglais, l’amour des irlandais pour leur pays, la violence entre les deux camps, la répression, la foi et surtout le courage incroyable des irlandais qui face aux conditions inhumaines d’emprisonnement imposées par les anglais résistent avec la seule arme qui leur reste : la grève de la faim. Des dizaines d’irlandais meurent de faim dans les prisons anglaises.

C’est une plongée captivante dans l’univers de l’IRA : effroyable par sa violence et en même temps saisissant par l’engagement des irlandais tous unis contre les anglais.

Ce roman est aussi l’histoire d’une trahison : de la mère patrie ? De ses plus proches amis ? De sa famille ?

Tout est compliqué pour Tyrone car tout se confond mais l’enjeu n’est-il pas la paix ? Notre héros est-il un faible ?

Je ne connaissais pas Sorj Chalandon mais grâce à cette lecture, je suivrai dorénavant cet auteur qui dépeint si bien l’âme humaine et ses errements.

 

Notation :

Joseph O’CONNOR : Muse

 

Captivant et émouvant : un beau roman qui retrace l’amour de deux êtres que tout séparait.

Captivant car difficile de lâcher la lecture de ce livre qui est à la fois un récit de type biographie mais aussi une reconstitution historique.

Ce qui m’a surtout intéressée, c’est le ton et le type de narration employé; ce n’est pas un roman historique mais plutôt l’histoire de cette jeune comédienne et de son amoureux un célèbre dramaturge irlandais du début du vingtième siècle.

Cette histoire de facture classique avec une très belle écriture classique aussi, dépeint la vie en 1908 début de la passion entre une jeune comédienne âgée de 19 ans et un dramaturge de 37 ans.

Molly est catholique et lui est protestant mais surtout ils sont issus de classes sociales différentes, la mère de Synge n’admet pas que son fils fréquente une « catin de comédienne ».

Ce qui est émouvant aussi c’est la force de cet amour face aux difficultés de leur existence : refus de la famille de Synge de reconnaître la jeune fille mais surtout le cancer qui frappe le dramaturge.

Du tragique donc dans ce roman, de l’amour aussi bien sûr mais de la tendresse également : « l’enchanteresse » ou Molly telle que la nomme son amoureux a toujours gardé beaucoup d’amour pour son « vagabond », jusqu’au bout, elle conserve une lettre de son amoureux.

La description de la fin de sa vie détruite par l’alcool, la faim et la solitude m’a beaucoup émue aussi.

La construction narrative avec l’alternance entre le passé et le présent ainsi que le « tu » employé par Molly lorsqu’elle se raconte ont contribué au plaisir de la lecture de ce roman.

C’est un livre à partager et à recommander à tous les passionnés de littérature.

Notation :

Jean Louis FOURNIER : Veuf

 Un bijou ce document, une lecture délectable !

Raconter l’amour porté à sa femme alors qu’elle a disparue récemment, un vrai pari.

La grande réussite de ce livre, c’est le ton employé par l’auteur qui mélange humour et émotion tout au long du livre.

Ce récit est un hommage magnifique à sa femme : c’est profond, tendre et juste. Un amour profond liait ses deux êtres.

On voudrait toutes être des « Sylvie » !

Certains passages du livre m’ont particulièrement touchée comme ce passage sur les souvenirs : « un bon souvenir c’est comme une bonne bouteille, ça se savoure à deux ».

Beaucoup d’humour aussi dans ce livre comme la brochure pour surmonter le deuil ou bien le questionnaire du crématorium du Père Lachaise.

C’est surtout la grande émotion qui se dégage de ce livre que je retiens : c’est une pépite.

Notation :