Rentrée littéraire automne 2018 : dans ma pile …

La Massaia de Paola Masino aux Éditions de la Martinière

La découverte d’un chef d’œuvre de la littérature italienne, jamais publié en France.

Une fable littéraire, féministe et anticonformiste écrite sous l’Italie fasciste de Mussolini.

L’écart d’Amy Liptrot aux Éditions Globe

L’écart raconte la vie d’une femme, son combat contre l’alcool et la joie que procure la communion avec la nature écossaise des îles des Orcades.

La neuvième heure d’Alice McDermott aux Éditions de la Table Ronde, collection Quai Voltaire

La lauréate du National Book Award nous livre un autre roman délicieux, dans lequel celles qui apparaissent d’abord comme insignifiantes se révèlent être des héroïnes, inflexibles dans leur dévotion aux humains faillibles qui les entourent.» O, The Oprah Magazine.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker aux Éditions Aux forges de Vulcain

Dans ce premier roman de feu, Marie-Fleur Albecker invente une langue neuve pour une révolte ancienne, celle de la guerre sociale, du faible contre le fort, de la justice contre l’inique. Une langue qui mêle le sublime et le grotesque, le lyrique et le comique, une langue instruite de ce fait : il faut tenter de changer le monde – ce monde qui jamais ne change.

Pleurer des rivières d’Alain Jaspard aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Enfreindre la loi peut se révéler fatal. Julien, brillant avocat, le sait mieux que personne. Pourtant, lorsqu’il parvient à obtenir la relaxe de son client, Franck, un Gitan d’Argenteuil, il n’imagine pas que leurs épouses respectives vont les entraîner dans une folle aventure.

Les mains dans les poches de Bernard Chenez aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poétique qui accepte et dépose enfin ses fantômes.

Mo Malo : Qaanaaq

Qaanaaq
Qaanaaq

Résumé :

Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?

L’auteur :

Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier.

Mon avis :

Un thriller redoutablement efficace et passionnant.

Oui, je suis dithyrambique car ce livre cumule les plaisirs de lecture : une enquête policière savamment orchestrée et la découverte d’une contrée peu racontée et de la culture inuite.

Dès les premières pages, nous sommes transportés au Groenland aux côtés de Qaanaaq, un inspecteur venu de Copenhague pour aider à résoudre une enquête bien difficile. L’auteur a l’art de nous embarquer dans ce pays aux prises avec la montée des indépendantistes et l’appétit croissant des compagnies pétrolières. Le Groenland possède un cinquième des réserves de pétrole brut, beaucoup d’argent est en jeu.

L’enquête complexe et riche en rebondissements emmène le lecteur au cœur d’une barge pétrolière, chez les inuits rebelles et dans une contrée au nord-ouest du Groenland qui se nomme Qaanaaq, comme notre héros.

Ce qui est passionnant, en parallèle de l’enquête, c’est l’immersion aux côtés de ce peuple inuit, des chamanes qui les guident et les protègent des esprits malfaisants comme celui de Nanuq l’ours polaire.

Hyper réaliste et glaçant, bon effectivement le jeu de mot est facile, mais promis ce polar est excellent. Plongez-vous dans ce roman qui est aussi un grand récit d’aventures.

Merci à l’Agence Anne et Arnaud pour cette belle découverte.

Publié aux Éditions de la Martinière.

Notation :

Claude Serillon : Un déjeuner à Madrid

Un déjeuner à Madrid
Un déjeuner à Madrid

Résumé :

8 juin 1970, Madrid, Palais du Pardo. Francisco Franco, 77 ans, reçoit Charles de Gaulle, 79 ans. L’un est au pouvoir de façon implacable depuis trente-et-un ans, l’autre ne l’est plus depuis un an. Franco, l’allié des nazis ; De Gaulle, symbole de la Résistance. Tout semble les opposer, pourtant ils se rencontrent. Pourquoi déjeunent-ils ensemble, presque en familiers ? « Où s’est perdue la pensée du Général ? » Ce déjeuner, dont la teneur est restée secrète pendant longtemps, interroge, intrigue et fascine.

L’auteur :

Journaliste français, notamment à la télévision, Claude Sérillon a aussi publié des essais, des encyclopédies, des romans et des recueils de nouvelles. Il a été finaliste du prix Goncourt de la nouvelle 2017.

Mon avis :

Un fait historique oublié revisité, voici un roman très intéressant basé sur des faits réels.

Incroyable, un épisode que je ne connaissais pas : pourquoi ces deux généraux, si éloignés politiquement, se sont-ils rencontrés ?

La presse espagnole en a fait écho contrairement aux journaux français bien silencieux.

Cela se passe en 1970, juste après le référendum de 1969 qui a éloigné De Gaulle du pouvoir. Ce que l’on sait : le général souhaitait visiter l’Espagne, y aller en touriste et forcément rencontrer Franco pendant son voyage.

Parlons du trajet : en voiture, deux DS noires sont affrétées avec deux chauffeurs. Ils dormiront dans le Lot après six cent kilomètres parcourus. Un détour est ensuite organisé pour voir la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Arrivé à Madrid, le général est l’invité de Franco, malgré son insistance pour payer sa note, impossible, tout a déjà été réglé.

Pour l’entrevue au Prado, l’auteur nous le dit : les dialogues ont été recréés à partir de discours réels et notes. Grâce à des recherches historiques importantes, le roman nous livre une vision très vraisemblable.

Les dialogues sonnent juste et nous éclairent sur cette période et ces deux hommes de pouvoir.

En lisant ce livre, j’ai pensé à la pièce de théâtre «  Le Souper » qui réunit Fouché et Talleyrand, deux hommes puissants que tout oppose également.

Je vous conseille cette lecture passionnante.

Merci à l’agence Anne et Arnaud pour cette découverte.

Notation :

Bernard Sablonnière : L’espoir d’une vie longue et bonne

L’espoir d’une vie longue et bonne
L’espoir d’une vie longue et bonne

Présentation :

Bernard Sablonnière développe dans ce livre une véritable « science de la vieillesse » : il explique pour nous les mécanismes du vieillissement cellulaire, de la peau, des organes, des os, du cerveau ; il montre le rôle conjoint de la génétique, de la biologie, de l’environnement et du mode de vie, en particulier de l’alimentation.

C’est en médecin biologiste qu’il passe au crible les différents traitements offerts aujourd’hui pour lutter contre le vieillissement : que faut-il penser de l’utilisation des cellules souches ou bien des organes 3D, qui prétendent, dans un futur proche, nous rajeunir et même nous « réparer » ?

Mon avis :

Le sous-titre du livre «Les promesses de la science » résume bien le propos de ce livre, ce qu’on nous promet et la réalité. C’est un ouvrage qui interroge, explique et donne des conseils pour mieux vivre sa vieillesse.

Biologiste, l’auteur nous explique notamment le vieillissement cellulaire et le principe de l’autophagie , nettoyage et recyclage de cellules, qui diminue avec l’âge, peut être renforcé avec certains aliments. Des questions se posent aussi avec l’hérédité et son influence sur la durée de la vie humaine. On apprend ainsi que d’autres facteurs impactent la longévité : les conditions de vie, l’alimentation ou la pollution.

Les aliments peuvent devenir des facteurs de longévité, j’ai apprécié le témoignage de ce vénitien du quinzième siècle « Luigi Cornaro », qui âgé de 40 ans souffrait de douleurs intestinales et de fièvres, ses médecins lui font comprendre qu’il doit modifier son alimentation, il réduit ses portions journalières à 340 grammes d’aliments par jour, en un an tous ces problèmes de santé disparaissent et il vivra jusqu’à l’âge de 102 ans. Les centenaires de l’île d’Okinawa consomment peu de viande, beaucoup de poisson et de fruits et légumes et pratiquent la restriction calorique, manger jusqu’à 80% de sa satiété et rester un peu sur sa faim après les repas.

L’épigénétique, c’est-à-dire la modification des gènes par notre environnement personnel, l’hygiène, le niveau de stress physique, psychologique et social, influence aussi notre longévité. L’auteur mentionne aussi des zones bleues où l’on recense un nombre élevé de centenaires qui ont une vie active, une activité physique soutenue et une alimentation saine ainsi qu’une vie communautaire avec beaucoup d’échanges.

La dernière partie concernant les projets de milliardaires qui recherchent l’immortalité peuvent inquiéter alors que des techniques autour des impressions 3D de reconstitution de fragments d’organes sont prometteuses.

Je vous conseille de vous plonger dans ce livre qui peut nous aider à mieux vieillir.

Notation :

Ragnar Jónasson : Nátt

Nátt
Nátt

Résumé

C’est l’été à Siglufjördur. Le climat de ce village du nord de l’Islande est si rude que le jeune policier Ari Thór voit arriver avec soulagement cette saison où le soleil brille à toute heure du jour et de la nuit. Mais le répit est de courte durée. Un homme battu à mort est découvert sur les bords d’un fjord tranquille. Une jeune journaliste vient fouiner d’un peu trop près. Que cherche-t-elle à découvrir ? Ou à étouffer ?

Surtout, l’éruption spectaculaire de l’Eyjafjallajökull recouvre peu à peu toute l’Islande d’un épais nuage de cendres.

L’auteur

Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. Sa famille est originaire de Siglufjördur. Mörk a été élu « Meilleur polar de l’année 2016 » selon le SundayExpress et le Daily Express, et a reçu le Dead Good Reader Award en Angleterre.

Mon avis :

Un polar qu’on ne lâche pas : troisième opus réussi pour ce jeune auteur islandais.

Emballée par les deux premières enquêtes, je n’ai pas été déçue par celle-ci. J’y ai retrouvé les mêmes ingrédients que précédemment : suspense, enquête passionnante, personnages attachants et nature grandiose.

Ari Thór, l’enquêteur, est engagé et pugnace : il ne lâchera rien.

Pourtant, tout est compliqué dans cette enquête : un meurtre sauvage, le nuage de cendres qui recouvre la capitale rendant l’atmosphère irrespirable, des policiers perturbés et une journaliste au passé trouble.

La lecture est très fluide et addictive, cet auteur est doué pour nous embarquer dans une enquête complexe avec de multiples résonances dans un passé trouble.

Le décor islandais ajoute bien sûr une touche angoissante, toute cette cendre qui oppresse les habitants de la capitale y contribue aussi.

Noirceur humaine et miasmes gris dûs à l’éruption du volcan, un mélange détonnant.

Nátt signifie nuit en islandais, un titre parfait.

Un bon conseil : bloquez votre agenda et lancez-vous dans cette lecture, vous ne serez pas déçu.

Notation :