Alice Mc Dermott : Someone

Someone
Someone

Résumé :

Brooklyn, années 30, quartier irlandais. Marie vit avec ses parents, immigrés avant sa naissance, et son grand frère Gabe dans un minuscule appartement bien astiqué. Son père boit trop mais il aime sa fille tendrement. Sa mère a la rudesse des femmes qui tiennent le foyer. Tandis que Gabe se destine dès le plus jeune âge à la prêtrise, Marie traîne sur les trottoirs de New York avec ses copines, colportant les cancans du bloc d’immeubles, assistant aux bonheurs et aux tragédies d’une quartier populaire.

L’auteur :

Alice McDermott est l’auteur de quatre romans dont Charming Billy (Quai Voltaire, 1999) qui a obtenu le National Book Award. Elle vit avec sa famille près de Washington.

Mon avis :

Une chronique douce teintée d’émotion et de nostalgie sur Brooklyn et ses habitants.
Marie, l’héroïne, vit depuis sa naissance dans un quartier où sont regroupés les irlandais.

Catholiques, très attachés à leur quartier et leurs voisins, nous suivons la vie des parents et voisins de Marie. Lorsque nous la découvrons, c’est une fillette. Très tôt, elle est confrontée aux malheurs de la vie : une proche qui décède. Son père tombe malade et son frère décide de partir au séminaire.

Décrit comme cela, vous allez penser que ce livre est triste et pesant mais pas du tout et c’est la grande force de l’écrivain. Tout est distillé par petites touches tout en nous accrochant tout du long. Un récit dans lequel on rentre avec plaisir et que l’on quitte à regret. Vous y retrouverez aussi un témoignage saisissant des années 30 et suivantes avec ce quartier de Brooklyn qui évolue.

Des vies simples et ordinaires qui nous émeuvent. Un ton juste et des personnages très bien décrits pour qui on a de l’empathie et du respect aussi. Tous ces émigrés irlandais ont dû s’accrocher pour survivre et se faire une place.
Les femmes sont à l’honneur ici et Marie les représente en tant que fillette, sœur, femme et mère : un beau portrait d’une époque révolue.

Lumineux et poignant, très fluide à lire : une belle découverte de cette rentrée littéraire.

Merci aux Editions Quai Voltaire.

Paru le 27 Août aux Editions Table Ronde Quai Voltaire.

 

 

Notation :

Catherine Chanter : Là où tombe la pluie

Là où tombe la pluie
Là où tombe la pluie

Résumé :

Accusée de meurtre, Ruth Ardingly est assignée à résidence. Enfermée, rejetée de tous, elle entreprend de reconstruire le puzzle de la tragédie qui a détruit son mariage et sa famille. Quelques années auparavant, Ruth et son mari Mark quittent Londres pour fuir leurs souvenirs et reconstruire leur vie. Ils emménagent à La Source, la maison de leur rêve. Tandis que le monde fait face à une sécheresse hors du commun, leur propriété est mystérieusement épargnée. Le couple s’attire la jalousie de ses voisins agriculteurs, la curiosité du gouvernement mais aussi le fanatisme d’une secte, La Rose de Jéricho, dirigée par une femme étrange, Amelia.

L’auteur :

Née en Angleterre, Catherine Chanter étudie la littérature à Oxford. Après avoir vécu aux États-Unis, elle revient en Angleterre et devient enseignante pour enfants en difficulté. Ses nouvelles et poèmes ont remporté plusieurs prix outre-Manche. Publié en France dans le cadre de la rentrée littéraire 2015, « Là où tombe la pluie » est le premier roman de Catherine Chanter. Il connaît un véritable succès international depuis sa première parution au Royaume-Uni sous le titre « The Well ».

Mon avis :

Un roman hypnotique qui vous poursuit même une fois posé. Difficile à oublier et envoûtant : une lecture à découvrir absolument. Difficile à cataloguer : suspense, anticipation, thriller, aventure, dans quel catégorie le ranger ? Un mélange de genres.

Cela débute par la description de Ruth qui rentre chez elle accompagnée de la police : elle est en résidence surveillée. Accusée de meurtre, elle essaie de comprendre ce qui s’est passé. Elle est seule dans la grande maison où tout a basculé, complètement perdue lorsqu’elle retrouve cette ambiance et progressivement refait le chemin à l’envers pour comprendre comment l’irréparable est arrivé.

Le puzzle se reconstitue au fur et à mesure. Avec Mark, son mari, ils s’installent sur ce grand domaine La Source, pour tout recommencer et oublier Londres. Désireux de mener une vie proche de la nature et de vivre de leur terre, tout s’effrite face aux éléments naturels. Une sécheresse s’abat sur tout le pays sauf sur leur domaine. Leur fille les a rejoint avec son fils et accompagnée d’une secte dirigée par Amelia.

Les événements dramatiques s’enchaînent, liés à la fois aux conséquences de la sécheresse et au pouvoir qu’Amelia exerce sur Ruth.

A la fois, étouffant et oppressant, on se demande comment Ruth peut échapper à ses démons du passé et continuer sa quête de la vérité.

J’ai aimé : le style, la construction de l’histoire qui se dévoile par petites touches, les belles descriptions de la nature. Une belle plume.

Un roman vraiment atypique qui m’a fait penser aux livres de Laura Kasischke. Ces deux auteurs sont aussi des poètes, est-ce pour cela que leurs livres nous ensorcèlent et nous subjuguent autant ?

A découvrir absolument.

Merci aux Editions l’Escale et à NetGalley.

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Notation :

Ève de Castro : Nous, Louis, roi.

Nous, Louis, roi.
Nous, Louis, roi.

Résumé :

20 août 1715. Devant le bassin de Latone, dans le fauteuil à roues qu’il ne quitte plus, Louis XIV jette de la brioche à ses carpes. Ces poissons dorés sont immortels, l’émissaire du Japon le lui a juré. Pour la première fois, il songe qu’ils lui survivront. Depuis le début du mois, il a effroyablement maigri, et malgré la chaleur, il grelotte. L’enflure de son pied gauche a gagné le mollet, les élancements le taraudent. Les médecins ont diagnostiqué une sciatique, ils ne parlent pas de gangrène, mais au fond de lui, Louis sait. Le compte à rebours a commencé. Il lui reste dix-sept jours. Dix-sept jours pour faire le bilan. Solder les comptes. Avec les hommes. Avec Dieu.

L’auteur :

Eve de Castro est l’auteur de nombreux romans historiques à succès, dont Nous serons comme des dieux (Albin Michel, 1996, prix Maurice-Genevoix), Le Roi des ombres (Robert Laffont, 2012) et Joujou (Robert Laffont, 2014). Elle a reçu le Prix des libraires et le Prix des deux magots. Eve de Castro est également journaliste et scénariste pour le cinéma (Le Roi danse) et la télévision (Rastignac ou les Ambitieux, L’École du pouvoir).

Mon avis :

Un long monologue sur les dix-sept derniers jours d’un grand roi qui a régné soixante-douze ans.

Un très grand roi, qui avec la maladie, redevient un homme. Toute sa vie, il a été un dieu vivant. Sa fonction de roi lui a fait oublier son statut d’humain mortel. Habitué à être vénéré et à dominer, son état le désespère.

Nous le suivons depuis son adolescence : il nous décrit son amour pour la musique, la danse, et son peu d’intérêt pour les études. Sa mère et Mazarin, ses deux mentors, à qui il rend hommage, vont l’aider à devenir un roi.

Une construction originale : un chapitre par journée découpé en deux parties, jour et nuit. Écrit à la première personne, ce qui renforce la proximité avec ce roi, nous sommes plongés dans la vie, à la cour de Versailles. Le texte est riche en anecdotes et très instructif.

En partageant ses derniers jours, j’ai compati à la déchéance finale de ce grand roi. L’auteure parvient très bien à nous le rendre proche et à l’humaniser.

J’ai retrouvé l’ambiance et un cadre historique très bien restitué comme dans Joujou, son précédent livre que j’ai apprécié aussi.

Un roman que je recommande.

L’objet livre est très beau aussi avec sa couverture magnifique.

 

Un grand merci aux Editions l’Iconoclaste.

Parution le 26/8/2015 pour la rentrée littéraire .

 

 

 

 

Notation :

Hubert Haddad : Corps désirable

Corps désirable
Corps désirable

Résumé :

C’est un sujet fascinant dont s’empare ici Hubert Haddad. Un célèbre neurochirurgien s’apprêterait à effectuer une greffe inouïe : transplanter la tête d’un homme sur le corps d’un autre… Journaliste engagé, en lutte ouverte contre les trusts pharmaceutiques et les mafias de la finance, Cédric Allyn-Weberson vit avec Lorna une passion entière, charnelle, amoureuse. Jusqu’au jour où il se trouve confronté à une violence radicale, celle de perdre accidentellement l’usage de son corps. Se met alors en branle une machine infernale.

L’auteur :

Auteur d’une œuvre immense, portée par une attention de tous les instants aux ressources de l’imaginaire, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d’intellectuel et d’artiste, avec des titres comme Palestine (Prix Renaudot Poche, Prix des cinq continents de la Francophonie), les deux volumes foisonnants du Nouveau Magasin d’écriture ou le très remarqué Peintre d’éventail (Prix Louis Guilloux, Grand Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de l’œuvre), et tout récemment, Théorie de la vilaine petite fille.

Mon avis :

Un livre qui interroge sur notre condition humaine face aux dérives des progrès de la médecine.

Cédric, à la suite d’un grave accident, devient tétraplégique. Il n’accepte pas cette situation et quand on lui propose de lui donner un nouveau corps, il se croit sauvé. Son père, milliardaire, finance tout et supervise cette opération hors norme. Son fils se réveille avec un nouveau corps, seule sa tête est d’origine.

Psychologiquement, c’est très difficile à accepter. Il a l’impression qu’un fantôme l’habite et accepte mal ce nouveau corps. Il ne se reconnaît plus : il a perdu son identité. Suivi par une foule de médecins, harcelé par des journalistes qui ont découvert son état et en conflit avec son corps : il a aussi perdu son libre arbitre. Lorna, sa copine, toujours amoureuse, le soutient portant et l’aide à survivre.

Par moment, le pauvre Cédric se sent comme la créature de Frankenstein.
Pour nous lecteurs : frissons garantis si on se met à la place du héros.

Une écriture magnifique et une tension très palpable : un thriller littéraire d’anticipation.
Ce mélange de genre ne doit pas vous rebuter, au contraire.
Précipitez-vous sur cette pépite de la rentrée littéraire.

 

A paraître le 20 août aux Editions Zulma.
Merci aux éditions Zulma pour cette lecture.

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 Mon deuxième livre de la rentrée est un coup de cœur.
A comptabiliser pour le Challenge 1% Rentrée littéraire 2015.

Notation :