Katherine Mosby : Sanctuaires ardents

Sanctuaires ardents
Sanctuaires ardents


Résumé : Depuis l’arrivée du couple Daniels, la petite bourgade de Winsville, en Virginie, est en émoi. L’intense beauté de Vienna, sa déroutante culture, sa passion immodérée pour les arbres suscitent l’admiration des uns, l’effroi des autres, les commérages de tous. Un jour, Willard s’en va, laissant Vienna élever seule leurs enfants, Willa et Elliott, deux sauvageons pétris de curiosité et de connaissances. Dès lors, les rumeurs enflent. Jalousies et désirs se multiplient, se cristallisent…

 

L’auteur : Professeur à l’université de New-York, Katherine Mosby collabore au New Yorker et à Vogue. Poète et romancière, elle est l’auteur de trois romans. Sous le charme de Lillian Dawes est le deuxième. Il a fait partie de la sélection 2002 du New-York Times. Née à Cuba en 1957, elle vit aujourd’hui à New-York.

 

Mon avis :

A découvrir absolument, une perle.

Un récit rempli d’émotions, on ne peut y rester indifférent, j’ai été bouleversée.
Difficile de résumer une lecture de ce type : sachez que tout est délicat, fin et subtil.

L’histoire plutôt simple nous plonge dans le quotidien d’une jeune femme dans les années 20 aux États-Unis. Intellectuelle, passionnée de littérature et poésie, Vienna quitte New-York pour vivre en Virginie avec son mari. Sa liberté de pensée et sa grande érudition déroutent les habitants de cette petite ville, non habitués à voir des femmes intelligentes et libres. Même son mari se lasse rapidement de son “extravagance” et déserte le foyer conjugal : il ne supporte plus une femme qui refuse de se plier aux convenances.

Vienna, seule ensuite avec deux jeunes enfants, survit au milieu des quolibets et de la jalousie de ses voisins. Une femme étrange qui élève seule ses enfants, les éduque elle-même et qui entretient des relations cordiales avec des “gens de couleur” comme on dit dans le sud. La petite ville désapprouve et le climat devient pesant.

J’ai apprécié ce beau portrait de femme, témoignage d’une époque et un bel hommage aux femmes qui se battaient pour être libres. Une ambiance à la “Pat Conroy” avec en prime une langue riche et savante mais jamais empesée.

L’histoire et la plume m’ont accrochée au récit que je posais à regret.
Grâce à cette belle réédition chez “Petit Quai Voltaire”, j’ai pu découvrir ce texte paru en 2010 en France.
Faites comme moi, précipitez-vous sur ce beau roman, vous ne le regretterez pas.

Merci aux éditions de la Table Ronde.

Notation :

Larry Tremblay : L’orangeraie

L'orangeraie
L’orangeraie

Résumé : Les jumeaux Amed et Aziz auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance. Un des chefs de la région vient demander à leur père de sacrifier un de ses fils pour le bien de la communauté. Comment faire ce choix impossible ?

 

L’auteur : Larry Tremblay est écrivain, metteur en scène, acteur. Traduites dans une douzaine de langues, ses oeuvres théâtrales ont été produites dans de nombreux pays et ont reçu de multiples récompenses. Il a publié en 2006 un recueil de récits, Piercing, aux Éditions Gallimard, et son roman Le Mangeur de bicyclette (2002) a été finaliste du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada. Ses pièces The Dragonfly of Chicoutimi, Le Ventriloque, Abraham Lincoln va au théâtre et La Hache font désormais figure de classiques. Le Christ obèse, roman paru chez Alto en 2012, a été finaliste au Prix littéraire des collégiens, et son livre l’Orangeraie (éditions de la Table Ronde) a gagné le prix en 2015.

 

Mon avis:

Terriblement émouvant, un livre coup de poing !

Ce roman choc va rester longtemps dans notre mémoire : je vous recommande chaudement cette lecture.

Le destin s’acharne sur une famille percutée par la guerre. Les grand-parents sont déchiquetés par une bombe, le fils les découvre dans cet état. Un peu plus tard, nous faisons connaissance avec les jumeaux Amed et Aziz, les petits-enfants qui jouent, alors que l’éclat des obus se fait entendre au loin. Leurs jeux sont inspirés des horreurs qui les entourent : porter des ceintures d’explosifs et se faire exploser.

Lorsqu’on leur propose un marché qui fera d’eux un martyr reconnu, ils sont fiers, tout en ayant très peur bien sûr, ils sont si jeunes, tout juste 9 ans.
La mère est horrifiée quant à l’attitude du père, je vous laisse la découvrir.
Une fable cruelle, reflet de notre monde actuel, qui nous interpelle sur le conditionnement imposé par les religions et coutumes ancestrales.

Un déroulé implacable qui bouleverse tout en nous accrochant au récit.
Je vous préviens, c’est un récit dont on ne sort pas indemne.

À lire absolument !

 Un livre publié en 2015 aux éditions de la Table ronde, une maison d’édition qui nous propose des pépites.

 Merci aux éditions Folio pour cette réédition.

Notation :

Tracy Chevalier : À l’orée du verger

À l'orée du verger
À l’orée du verger

Résumé : En 1838, dans l’Ohio, les fièvres ne font pas de cadeau. À chaque début d’hiver, James Goodenough creuse de petites tombes en prévision des mauvais jours. Et à chaque fin d’hiver, une nouvelle croix vient orner le bout de verger qui fait péniblement vivre cette famille de cultivateurs de pommes originaires du Connecticut. Mais la fièvre n’est pas le seul fléau qui menace les Goodenough : l’alcool a fait sombrer Sadie, la mère, qui parle à ses enfants disparus quand elle ne tape pas sur ceux qui restent ; les caprices du temps condamnent régulièrement les récoltes de James, et les rumeurs dont bruisse le village de Black Swamp pointent du doigt cette famille d’étrangers.

L’auteur : Tracy Chevalier est américaine et vit à Londres depuis 1984 avec son mari et son fils. Elle est l’auteur du Récital des anges, de La Dame à la Licorne, de La Vierge en bleu, et de La jeune fille à la perle, adapté au cinéma par Peter Webber en 2002, et interprété par Scarlett Johansson.

 

Mon avis :

Une formidable épopée romanesque, un coup de cœur.

Tous les ingrédients sont réunis pour satisfaire le lecteur : de grands décors, une histoire palpitante au milieu des pionniers américains et un lourd secret familial.

Un livre qui se lit presque d’une traite, trop vite aussi car on a envie que le plaisir de lecture dure plus longtemps. J’ai admiré la précision historique et la profondeur des personnages. Dans ce temps-là les pionniers américains vivaient très difficilement : la vie dans les marais montre leur combat quotidien.

Nos protagonistes cultivent les pommes pour faire du cidre et pour les consommer. James, le mari, fait tout pour protéger sa variété de pomme préférée, Sadie sa femme cherche plutôt le rendement et l’eau de vie. Pour survivre dans ces contrées difficiles, pour supporter les marais qui donnent de grosses fièvres, la boisson aide. Sadie boit de plus en plus et devient méchante. En même temps, elle essaie de protéger ses enfants des maladies.

Ce roman parle de migration : les hommes bougent et les arbres voyagent aussi. Les Anglais ont effectué des prélèvements de pommiers pour les greffer dans les nouvelles contrées et en même temps, dans l’autre sens, des séquoias sont emmenés de Californie vers l’Angleterre pour y être plantés aussi.

Ce livre nous fait voyager entre l’Ohio et la Californie aux côtés de cette famille dont certains membres traverseront les États Unis en quête d’une nouvelle vie.

Ces héros ordinaires ont existé, le cultivateur de pommiers et l’anglais qui rapporte des plans de séquoias dans son pays pour peupler des parcs anglais.

Tracy Chevalier leur donne vie dans ce magnifique récit, mélange de roman historique, saga familiale et formidable éloge de la nature.

Une belle lecture que je recommande fortement.

 

Merci aux éditions de la Table Ronde et à l’Agence Anne et Arnaud pour cette lecture et pour la rencontre avec Tracy Chevalier.

Voici la carte de l’aventure de ces pionniers.

 

Notation :

Tom Neale : Robinson des mers du Sud

 

Robinson des mers du Sud
Robinson des mers du Sud

Résumé :
Souvarof… un îlot de huit cents mètres de long sur trois cents mètres de large, jeté dans le Pacifique-Sud, à l’écart de toute terre habitée. C’est sur ce caillou de corail que Tom Neale jette son dévolu.
Marin sur les lignes de commerce qui sillonnent le Pacifique et l’océan Indien, puis employé en Nouvelle-Zélande, en Polynésie et aux Hébrides, ce bourlingueur a plus de cinquante ans quand il réalise son vieux rêve : s’établir sur une île déserte.
Il se fait déposer à Souvarof par un bateau ami et entame une vie solitaire qui va durer près de vingt ans, ponctuée de très rares visites, parmi lesquelles celle de Bernard Moitessier.
Robinson des mers du Sud raconte l’extraordinaire aventure d’un homme qui a voulu vivre son paradis sur terre et qui l’a construit, jusqu’à l’épuisement, de ses propres mains.

Depuis la mort de Tom Neale en 1977, l’île est devenue une sorte de sanctuaire : les marins qui y font escale sont priés de contribuer à entretenir le jardin qu’il avait créé.

MON AVIS :

Une petite semaine sur la presqu’île du Cotentin, avec ce livre de poche dans les bagages :
les vacances commencent.

Pour l’auteur de ce merveilleux petit livre par contre cela ne vas pas être des vacances, loin de là.
Mécanicien, bourlingueur, et déjà bien au fait de la vie dans les iles du Pacifique, Tom Neal apprend l’existence de l’îlot Souvarof (ou Suwarrow) sur Rarotonga, la plus grande des îles Cook et décide d’y aller vivre seul, commence alors l’organisation de ce périple extraordinaire avec une volonté et une détermination sans faille.tom1
Calcul des quantités de nourriture, choix des divers matériels et matériaux nécessaire, c’est avec délice que l’on se passionne pour l’aventure de ce personnage attachant, et nous ne sommes pas les seuls,
Sur son île aussi, les autres habitants se passionnent pour l’aventure et l’aident comme ils le peuvent.

Beaucoup de travail l’attend sur l’île d’Anchorage, la plus grande de l’îlot.
L’île ayant servie de poste de surveillance pendant la 2ème guerre, une petite cabane aménagée
attend notre « Robinson » et de là, démarre sa nouvelle vie.
L’énorme différence entre ce livre et les autres « robinsons » c’est tout simplement qu’ici, c’est un choix et pour notre homme et nous, cette différence est flagrante.
Comme il le dit sur le titre du chapitre 4 « ENFIN SEUL ! »

On prend un grand plaisir à vivre avec lui et c’est là, aussi, que l’on se rend compte du courage et de l’énorme quantité de chance qu’il va lui falloir pour tout simplement survivre.

Très agréable à lire, un livre que l’on n’a pas envie de quitter
A partager encore et encore ….Tom2

un petit passage qui m’a bien fait rire et qui donne une bonne idée du bonhomme .

« Je fis aussi l’acquisition d’un grand carré de linoléum de cuisine pour la table.Tout au long de mes années de vagabondage, j’avais toujours voulu, même étant seul, manger sur une nappe, mais sur l’île je pensais qu’un linoléum lavable serait plus pratique. »

Merci beaucoup aux Éditions de la Table Ronde, Édition la petite vermillon, et plus spécialement à Alice.

Notation :