Chronique de : La gitane aux yeux bleus de Mamen Sánchez

Résumé :

À Madrid, Soleá et ses collègues du magazine littéraire Librarte viennent d’apprendre une terrible nouvelle : Atticus Craftsman, le fils d’un riche éditeur londonien, débarque d’Angleterre pour fermer leurs bureaux, jugés trop peu rentables. Heureusement, les cinq salariées de la petite revue échafaudent une stratégie. Quand l’inspecteur Manchego, quelques semaines plus tard, est informé de la disparition du jeune et bel héritier …

L’auteure :

Journaliste célèbre, auteure de romans, tous des best-seller en Espagne. « La gitane aux yeux bleus » est son premier livre traduit en français.

Ma chronique :

Ce roman est un vrai régal pétri d’humanité, de gaité et de loufoquerie. À ne rater sous aucun prétexte !

Même s’il est question d’enlèvement dans les premières pages, il ne s’agit pas d’un polar mais du récit des aventures d’un anglais parachuté en Espagne : le choc entre deux cultures bien différentes.

Le roman traite d’amitié, d’amour, d’entraide familiale sur un ton léger avec une grande dose d’humour. L’écriture est au diapason de l’intrigue : truculente et remplie de métaphores.

Une lecture très agréable que j’ai été un peu triste de quitter car je me suis bien amusée. J’étais bien en compagnie de Berta, la responsable du magazine espagnol « Librarte », de Manchego l’inspecteur farfelu, Maria et ses collègues, Soleà, Atticus et toute la famille de Soleà. Avec ce livre, le soleil sera forcément au rendez-vous.

Après cette lecture, on a envie de partir à Grenade, de danser le flamenco, d’écouter la guitare de Tico et d’avoir une grand-mère aussi délicieuse que Remedios.

Un livre qui fait du bien, réconcilie avec son prochain et donne le sourire.

Paru aux éditions Folio.

Milena Busquets : Ça aussi, ça passera

Ça aussi, ça passera
Ça aussi, ça passera

 

Résumé :

Après la mort de sa mère, Blanca quitte Barcelone pour s’installer dans la maison de vacances familiale de Cadaqués. Sous le soleil de la Méditerranée, elle cherche l’apaisement. Une troupe disparate et invraisemblable l’accompagne : ses deux ex-maris, ses fils, ses amies Sofía et Elisa, son amant Santi et, bien entendu, sa mère, intellectuelle libre et exigeante.

 

L’auteur :

Née à Barcelone en 1972, Milena Busquets a travaillé pendant de nombreuses années chez Éditorial Lumen fondé par sa famille au début des années 1960. Elle est aujourd’hui journaliste et traductrice de l’anglais et du français.

 

Mon avis :

Après la perte de sa mère, notre héroïne est à la recherche de l’amour maternel, parfois nostalgique, d’autres fois soulagée après la disparition.

Tout est compliqué, comme sa vie avec deux ex maris, les enfants, copines et amants. Une existence bien remplie.

Blanca essaie de vivre dans l’instant présent, de profiter tout en échangeant mentalement avec sa mère. Un lien qui ne s’est pas brisé et qui resurgit régulièrement.

Comment retrouver sa liberté et force de vivre ? En aimant la vie et ses proches.

Une écriture vive, simple, parfois trop collée à l’oral et crue, donne du rythme à l’histoire.

Les blessures de Blanca s’estompent, sa mère lui manque mais elle survit.

En résumé : un cri d’amour et un vibrant hommage à sa génitrice.

Un texte à découvrir.

 

Merci aux Éditions Folio.

 

 

 

 

Notation :

Andres Trapiello : D’un vaisseau fantôme

D'un vaisseau fantôme
D’un vaisseau fantôme

Résumé : Début des années 70 : Martin part étudier à V., petite ville d’Espagne aux couleurs délavées. Rempli du désir de rompre avec le conformisme familial et des idéaux qui forgent la jeunesse, il rejoint vite les rangs d’un des nombreux groupuscules communistes florissant dans les couloirs de l’Université, tandis que s’essouffle le franquisme.

 

L’auteur : Journaliste et figure littéraire de premier plan en Espagne, Andrés Trapiello est l’auteur d’une importante œuvre poétique, d’un journal en quinze volumes, et de six romans, dont Los amigos del crimen perfecto, prix Nadal en 2003. Trois de ses romans ont été publiés en français : D’un vaisseau fantôme (La Table Ronde, 1994), Les Cahiers de Justo García (Buchet-Chastel, 2004, 10/18 en 2006) et À la mort de Don Quichotte(Buchet-Chastel, 2005), prix de la Fondation José Manuel Lara Hernandez. Il a aussi signé une biographie de Cervantès, publiée chez Buchet-Chastel en 2005.

 

Mon avis :

Voici une réédition d’une œuvre de 1994, qui vient de paraître dans la collection Petite Vermillon. Un auteur espagnol que je découvre grâce à cette lecture.

Nous suivons le parcours de plusieurs étudiants, dans une ville espagnole, au temps où le franquisme sévissait encore.

Notre héros, a voulu échapper à l’étroitesse d’esprit de ses parents et à leur petite vie. A peine arrivé, auditeur en première année d’université, il se lie avec Rei, un jeune qui va lui présenter ses amis qui font partie des jeunesses communistes. Il devient “marxiste-léniniste tendance maoïste” dès le premier trimestre universitaire. Il rencontre des femmes aussi comme Céleste et Dolly, qui lui feront découvrir d’autres aspects de la vie. La deuxième année d’université se profile, Martin est toujours proche des “camarades” comme ils se nomment. Le franquisme va les rattraper.

C’est un beau roman d’apprentissage, sombre et poétique.

Violent aussi par moment, c’est une jeunesse malmenée par une société répressive et autoritaire : comment se construire dans ce contexte ?
On a envie d’étudier l’histoire espagnole pour comprendre cette période franquiste qui s’étale de 1936 à 1975.

En prime, une écriture captivante : à la fois fluide et savante.
En résumé : un roman attachant et poétique que je vous recommande.

Merci Alice et Anne-Lucie des éditions de la Table Ronde pour cette belle lecture.

 

Notation :