Critique de : Mon chemin de liberté de Pierre Basset

Mon chemin de liberté

Présentation :

1 600 kilomètres de marche, face à l’hiver, à la solitude, sans argent, avec ses vêtements pour seul bagage… À 20 ans, Pierre est parti sur le chemin de Compostelle pour vivre « autre chose » et ne pas s’enfermer dans une vie routinière. Ce livre est le récit de cette expérience, un défi physique mais surtout un voyage spirituel au bout de soi-même. Le doute, le froid, la faim, la fatigue, rien ne l’arrête. Sur ce long chemin, il fait des rencontres, des gens lui ouvrent leur porte, lui offrent un repas et cette humanité le transforme profondément. Le voyage fait comprendre à Pierre que la vraie vie n’est pas d’avoir un bon travail, du confort matériel et de la reconnaissance sociale

L’auteur :

Pierre Basset a 24 ans. Il vit entre Paris et Mayotte et a plusieurs cordes à son arc : enseignant, vidéaste, directeur d’associations caritatives et sportif de haut niveau. Son objectif est de vivre à fond et en accord avec lui-même. Il prépare un nouveau défi : rejoindre l’Inde en courant !

Ma chronique :

Un témoignage à méditer qui nous amène à réfléchir sur nos choix de vie.

Ce jeune homme a décidé de parcourir à pied en plein hiver le chemin entre Le Puy en Velay et Saint-Jacques de Compostelle.

Avec très peu d’argent en poche, il a besoin des autres pour y arriver et c’est là que de petits « miracles » comme il le raconte se produisent. Des gens désintéressés et généreux vont l’aider. Il va aussi rencontrer l’indifférence, l’hostilité et des éléments naturels déchaînés (de la neige même).

Il a écrit ce livre pour témoigner et partager cette expérience : « j’écris ce que j’aurais aimé lire avant de partir ».

Aller au bout de ses rêves et décider de sa vie, tels sont les grands bénéfices de cette marche décrits par l’auteur.

Ce beau récit est à la fois émouvant et instructif.

Paru chez City Éditions.

Notation :

Critique de : Ce que les peuples racines ont à nous dire de Frederika Van Ingen

Ce que les peuples racines ont à nous dire

Résumé :

Pour les Lakotas d’Amérique du Nord, les Kagabas de Colombie, les Amchis tibétains, les Quechuas d’Amazonie et bien d’autres peuples racines, la santé est d’abord synonyme d’équilibre. Dans le regard du chamane, du guérisseur ou de l’homme-médecine, la maladie est un symptôme : celui d’un déséquilibre qui prend sa source au-delà de la personne. C’est un regard qui change tout : nos corps sont les cellules du monde, nos groupes et sociétés ses organes, et nos maux physiques et psy­chiques, les signes d’une maladie du vivant qui nous habite.

L’auteure :

Frederika Van Ingen, journaliste et auteur de « Sagesses d’ailleurs pour vivre aujourd’hui » (Les Arènes, 2016), a exploré les thématiques de la médecine, de l’écologie, de la psychologie, avant de découvrir qu’elles étaient réunies avec une grande cohérence dans la vision millénaire des peuples racines. Sa recherche se concentre sur les passerelles à créer entre notre monde moderne et ces savoirs ancestraux. Elle anime égale­ment le « Cercle des passeurs ».

Ma chronique :

Un essai très complet et instructif qui donne envie de porter un autre regard sur les peuples racines dont le savoir millénaire, perdu dans notre monde, a tant à nous apprendre.

Tout est interconnecté, les hommes entre eux et la nature avec les hommes, nous l’avons oublié. Les peuples racines sont restés en lien avec la terre et la respectent.

Pour se soigner, ils utilisent par exemple des huttes de sudation qui pourraient s’assimiler à un sauna avec un travail complémentaire sur l’énergie qui est en nous. 

La hutte est utilisée parfois quotidiennement en prévention, c’est un outil de réharmonisation : notre intérieur va s’accorder sur la respiration avec le rythme de l’univers (explication donnée par les sioux). 

D’autres outils de guérison, qualifiés d’art thérapeutique, sont les peintures de sable ou la beauté qui soigne et la danse pour retrouver sa beauté intérieure chez les Lakotas ou chez les Hopis.

Ces peuples n’oublient pas les anciens qui sont des sages et occupent une place centrale.

J’ai particulièrement aimé la partie intitulée « peut-on transposer ces médecines ? », les occidentaux s’intéressant par exemple aux savoirs millénaires sur les plantes, attention à la monétisation de ces savoirs.

Retenons ce que l’auteure a noté dans « les idées clés » de son avant-dernier chapitre intitulé « devenir gardien de l’invisible » : « remettre le vivant et le respect de ses lois au cœur des intentions de nos collectifs permettrait de les rendre durables et d’accorder les énergies de ceux qui y participent dans le sens du vivant ».

Un livre passionnant à découvrir aux éditions Les Liens qui Libèrent.

Le site internet de l’auteure : https://www.lecercledespasseurs.fr

Notation :

Critique de : Scènes de lectures textes choisis par Aude Volpilhac

Scènes de lecture

Présentation :

La lecture n’a pas toujours été une activité solitaire : elle s’est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l’écrit et l’oral s’estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. 

Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l’objet-livre, à l’activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation…) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n’est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel.

L’auteure :

Enseignante et chercheuse à l’Université Catholique de Lyon.

Ma chronique :

Une soixantaine de textes, présentés de manière chronologique, interrogent le lecteur sur le goût de la lecture.

L’auteure rappelle que la pratique de la lecture s’est d’abord réalisée oralement et en public. Les textes réunis débutent par Saint-Augustin pour terminer par Proust. 

Le quart des lectures présentées datent du dix-neuvième siècle. Si on y trouve des auteurs célèbres comme Zola et Balzac, d’autres m’étaient inconnus.

Chaque texte est précédé d’une présentation pour donner du contexte et son rapport avec l’activité de lecture.

Cela nous donne l’occasion de porter un nouveau regard à ces différents textes et de nous confronter à différentes illustrations de notre rapport à la lecture.

Quand on est un lecteur passionné et boulimique de livres, comme je le suis, la réflexion est forcément intéressante. Un ouvrage à garder dans sa bibliothèque et à consulter au gré de ses envies.

À lire et à méditer.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Le tour du monde du bonheur de Marion McGuinness

Le tour du monde du bonheur

Présentation :

Dans toutes les langues et cultures du monde, des mots sont utilisés pour définir des concepts parfois complexes. En quelques syllabes, des arts de vivre, des visions du bonheur ou la façon d’y parvenir sont ainsi « décodés ». Derrière chaque mot, tout un univers de valeurs, d’histoires et de modes de vie jaillit.

Le bonheur ne se définit ainsi pas de la même façon au Danemark ou au Japon, et les valeurs clés pour être heureux ne sont pas les mêmes non plus. 

L’auteure :

Marion est mère de deux enfants. Depuis près de 10 ans, elle se passionne pour les domaines de la périnatalité, de la parentalité et du bonheur. Elle est auteure de guides pratiques et traductrice d’ouvrages consacrés au bien-être.

Ma chronique :

Merci à Babelio et aux éditions De Boeck Supérieur pour l’envoi de ce beau livre.

Un grand format, de belles photos, une mise en page soignée : je confirme, c’est un beau livre.

Dans l’introduction, l’auteure nous indique que le mot bonheur n’a pas la même signification selon les contrées. En le refermant, on se rend compte d’une multitude de similitudes.

Lorsque j’ai découvert les cinq parties, Amérique, Afrique, Europe, Pacifique et Asie, j’ai choisi de démarrer par le Pacifique (ma contrée préférée). Pour la Polynésie française, le « mana » décrit tres bien le caractère des polynésiens, l’hospitalité et ce qui les relie les uns aux autres et à la terre ; c’est ce qui les rend uniques.

La Nouvelle-Zélande partage avec les polynésiens ses valeurs de générosité dont un sens aigu de l’hospitalité.

Pour Hawaii, l’esprit Aloha prône le respect de l’autre, l’entraide et la tolérance. Le ho’oponopono, pratique ancestrale a été inscrite comme « Trésor vivant » dans la constitution depuis 1993.

Je vous laisse découvrir les autres régions du monde, aussi passionnant. 

Cette lecture est un voyage culturel et philosophique pour découvrir ce qui rend heureux tous ces peuples.

Je vous recommande ce tour du monde du bonheur : un plaisir à offrir ou s’offrir pour se faire du bien.

Paru aux éditions De Boeck Supérieur.

Notation :

Critique de : Écrire, c’est résister d’Alfred et Lucie Dreyfus

Écrire, c’est résister
Écrire, c’est résister

Présentation :

Innocent du crime de haute trahison dont on l’accuse et condamné à l’issue d’un procès inique, dégradé devant vingt mille Parisiens, déporté en Guyane sur l’île du Diable, le capitaine Dreyfus s’est battu pour la justice et la vérité dès le premier jour de sa mise au secret, le 15 octobre 1894. 

Son courage face à l’effondrement de son existence et à l’enfermement s’exprime tout entier dans les lettres qu’il adresse à sa famille depuis la prison et le bagne. Avec Lucie, sa jeune épouse, il noue une correspondance exceptionnelle qui défie le temps, l’éloignement et l’épreuve inhumaine de la détention. L’écriture épistolaire, malgré la censure, devient pour Alfred et Lucie le monde de leur résistance et de leur amour. 

Ma chronique :

Dans la préface de la comédienne Francoise Gillard, qui avait lu à haute voix cette correspondance en 2006, elle écrit « cette correspondance, c’est le combat d’un couple, …, le témoignage que l’union de deux êtres peut changer le cours de l’histoire ». Cela résume parfaitement mon ressenti après avoir parcouru cette correspondance : Lucie protègera et assistera son mari avec un grand courage et redonne espoir à son mari grâce à l’amour qui les unit.

Un témoignage saisissant qui illustre le climat politique et social de cette fin de dix-neuvième siècle. Dans le premier chapitre, l’historien spécialiste de l’affaire Dreyfus, Vincent Duclert, raconte la résistance opposée par Alfred Dreyfus et le soutien de son épouse, de Zola et des milieux intellectuels. La justice peut triompher conclut l’historien. 

Une nouvelle édition dans laquelle on retrouve des lettres inédites et des fac-similés de ces courriers.

Pour mieux comprendre cette affaire, plongez-vous dans cette correspondance, aux qualités littéraires et qui unit entre deux êtres d’exception.

Paru aux éditions Folio.

Notation :