Critique de : Le climat change, et nous ? De Louise Browaeys et Alexandre Florentin

Le climat change, et nous ?

Présentation :

Si c’est pas moi, c’est qui ? Si c’est pas maintenant, c’est quand ? Nous avons écrit ce manifeste sur l’écologie et les transitions qui nous attendent pour répondre aux nombreuses questions que tout le monde se pose : Par quoi commencer ? Comment concilier joie et écologie ? Comment agir ? À quelles échelles ? Comment transformer en douceur notre lien à la nature, aux autres, à nous-mêmes ? Comment réinventer et réinvestir la démocratie ? Quelles pédagogies pour les enfants d’aujourd’hui et de demain ?…

Les auteurs :

Ingénieure agronome, Louise Browaeys travaille depuis dix ans dans les domaines de l’agriculture biologique, l’alimentation, la responsabilité d’entreprise et la permaculture. Consultante et formatrice, elle intervient régulièrement dans des séminaires en lien avec l’écologie.

Alexandre Florentin est consultant en stratégie climat chez Carbone 4 et expert en éco-psychologie.

Ma chronique :

Une vision non catastrophique et déculpabilisante de notre monde d’aujourd’hui : il n’est pas trop tard pour agir. 

J’ai aimé cette vision qui prône l’alliance entre les humains, tous interconnectés, pour avancer et inverser les dérèglements climatiques. Tous ensemble et en impliquant nos enfants les acteurs de demain, nous devons avancer, sans tomber dans la crainte de la collapsologie, l’effondrement de la civilisation humaine.

Cultivons l’optimisme, la gratitude et la joie en pratiquant la communication non violente sans être passif. Les auteurs insistent aussi sur les cinq types d’écologies : intérieure, sociale, environnementale, politique et du langage pour mettre en place une « dynamique exponentielle », depuis l’individu jusqu’au collectif.

Dans les recommandations générales, j’ai aimé ces principes mis en avant : « gager sur la joie et les réussites plutôt que la peur et la culpabilité comme mise en mouvement », « transformer les contraintes en opportunités » et « formuler ce que l’on souhaite advenir plus que ce que l’on souhaite arrêter ».

Des pistes plus concrètes sont listées également sur les thèmes de l’éducation, la ville où l’entreprise.

Un manifeste à mettre en toutes les mains pour agir et rester confiant en l’avenir.

Publié aux éditions Guy Trédaniel collection Le Courrier du livre.

Notation :

Critique de : Le cri de la terre, ouvrage collectif

Le cri de la terre

Présentation :

« L’écologie spirituelle consiste à se changer soi-même pour être davantage respectueux de la nature et de l’ensemble du vivant. La sagesse et le discernement doivent nous montrer la meilleure marche à suivre pour prendre soin des autres et du monde. » Matthieu Ricard

La crise écologique actuelle est le plus grand désastre causé par l’être humain que cette planète ait jamais vécu – accélération des changements climatiques, disparition des espèces, pollution et acidification des océans. Un aspect central mais rarement abordé de cette crise est notre oubli de la nature sacrée du vivant, et la manière dont cela affecte notre relation à l’environnement. Il y a un besoin pressant d’apporter une réponse spirituelle à cette crise écologique. 

Les auteurs :

Thich Nhat Hanh, Joanna Macy, Vandana Shiva, Sandra Ingerman, Chef Oren Lyons, Thomas Berry, Chef Tamale Bwoya, Winona LaDuke, Wendell Berry, Bill Plotkin, Satish Kumar, etc. 

Ma chronique :

La préface de Matthieu Ricard plante le décor et précise l’intention de ce recueil de textes. Je retiens qu’il n’est pas trop tard pour agir et sauver notre planète, l’écologie spirituelle consiste à changer soi-même et à devenir plus respectueux de l’ensemble du vivant. « L’altruisme est une nécessité » précise Mathieu Ricard.

Voici le commentaire de Wendell Berry cité dans la préface : « Le soin de la Terre est notre responsabilité la plus ancienne et la plus noble, et finalement la plus agréable. Chérir ce qui reste d’elle et encourager son renouveau est notre seul légitime espoir. »

Le chef OREN LYONS conclut son essai ainsi : « La première paix commence avec votre mère, Mère Terre ».

Le point de vue de ces différents auteurs d’horizons si variés est précieux pour nous rappeler que la Terre a besoin de nous : « nous devons trouver l’équilibre dans nos vies et donner aux autres autant que nous recevons de la Terre ».

Ces vingt-trois textes sont véritablement un cri qui nous demande de renouer avec les rythmes et les lois naturelles de la Terre, de changer et de vivre en harmonie avec notre Terre.

Un recueil indispensable qui m’a remuée, donne envie de modifier ses comportements et qui changera le regard de chaque lecteur.

Pour aller plus loin sur l’écologie spirituelle : www.spiritualecology.org

Paru aux éditions Guy Trédaniel.

Notation :

Critique de : Mon chemin de liberté de Pierre Basset

Mon chemin de liberté

Présentation :

1 600 kilomètres de marche, face à l’hiver, à la solitude, sans argent, avec ses vêtements pour seul bagage… À 20 ans, Pierre est parti sur le chemin de Compostelle pour vivre « autre chose » et ne pas s’enfermer dans une vie routinière. Ce livre est le récit de cette expérience, un défi physique mais surtout un voyage spirituel au bout de soi-même. Le doute, le froid, la faim, la fatigue, rien ne l’arrête. Sur ce long chemin, il fait des rencontres, des gens lui ouvrent leur porte, lui offrent un repas et cette humanité le transforme profondément. Le voyage fait comprendre à Pierre que la vraie vie n’est pas d’avoir un bon travail, du confort matériel et de la reconnaissance sociale

L’auteur :

Pierre Basset a 24 ans. Il vit entre Paris et Mayotte et a plusieurs cordes à son arc : enseignant, vidéaste, directeur d’associations caritatives et sportif de haut niveau. Son objectif est de vivre à fond et en accord avec lui-même. Il prépare un nouveau défi : rejoindre l’Inde en courant !

Ma chronique :

Un témoignage à méditer qui nous amène à réfléchir sur nos choix de vie.

Ce jeune homme a décidé de parcourir à pied en plein hiver le chemin entre Le Puy en Velay et Saint-Jacques de Compostelle.

Avec très peu d’argent en poche, il a besoin des autres pour y arriver et c’est là que de petits « miracles » comme il le raconte se produisent. Des gens désintéressés et généreux vont l’aider. Il va aussi rencontrer l’indifférence, l’hostilité et des éléments naturels déchaînés (de la neige même).

Il a écrit ce livre pour témoigner et partager cette expérience : « j’écris ce que j’aurais aimé lire avant de partir ».

Aller au bout de ses rêves et décider de sa vie, tels sont les grands bénéfices de cette marche décrits par l’auteur.

Ce beau récit est à la fois émouvant et instructif.

Paru chez City Éditions.

Notation :

Critique de : Ce que les peuples racines ont à nous dire de Frederika Van Ingen

Ce que les peuples racines ont à nous dire

Résumé :

Pour les Lakotas d’Amérique du Nord, les Kagabas de Colombie, les Amchis tibétains, les Quechuas d’Amazonie et bien d’autres peuples racines, la santé est d’abord synonyme d’équilibre. Dans le regard du chamane, du guérisseur ou de l’homme-médecine, la maladie est un symptôme : celui d’un déséquilibre qui prend sa source au-delà de la personne. C’est un regard qui change tout : nos corps sont les cellules du monde, nos groupes et sociétés ses organes, et nos maux physiques et psy­chiques, les signes d’une maladie du vivant qui nous habite.

L’auteure :

Frederika Van Ingen, journaliste et auteur de « Sagesses d’ailleurs pour vivre aujourd’hui » (Les Arènes, 2016), a exploré les thématiques de la médecine, de l’écologie, de la psychologie, avant de découvrir qu’elles étaient réunies avec une grande cohérence dans la vision millénaire des peuples racines. Sa recherche se concentre sur les passerelles à créer entre notre monde moderne et ces savoirs ancestraux. Elle anime égale­ment le « Cercle des passeurs ».

Ma chronique :

Un essai très complet et instructif qui donne envie de porter un autre regard sur les peuples racines dont le savoir millénaire, perdu dans notre monde, a tant à nous apprendre.

Tout est interconnecté, les hommes entre eux et la nature avec les hommes, nous l’avons oublié. Les peuples racines sont restés en lien avec la terre et la respectent.

Pour se soigner, ils utilisent par exemple des huttes de sudation qui pourraient s’assimiler à un sauna avec un travail complémentaire sur l’énergie qui est en nous. 

La hutte est utilisée parfois quotidiennement en prévention, c’est un outil de réharmonisation : notre intérieur va s’accorder sur la respiration avec le rythme de l’univers (explication donnée par les sioux). 

D’autres outils de guérison, qualifiés d’art thérapeutique, sont les peintures de sable ou la beauté qui soigne et la danse pour retrouver sa beauté intérieure chez les Lakotas ou chez les Hopis.

Ces peuples n’oublient pas les anciens qui sont des sages et occupent une place centrale.

J’ai particulièrement aimé la partie intitulée « peut-on transposer ces médecines ? », les occidentaux s’intéressant par exemple aux savoirs millénaires sur les plantes, attention à la monétisation de ces savoirs.

Retenons ce que l’auteure a noté dans « les idées clés » de son avant-dernier chapitre intitulé « devenir gardien de l’invisible » : « remettre le vivant et le respect de ses lois au cœur des intentions de nos collectifs permettrait de les rendre durables et d’accorder les énergies de ceux qui y participent dans le sens du vivant ».

Un livre passionnant à découvrir aux éditions Les Liens qui Libèrent.

Le site internet de l’auteure : https://www.lecercledespasseurs.fr

Notation :

Critique de : Scènes de lectures textes choisis par Aude Volpilhac

Scènes de lecture

Présentation :

La lecture n’a pas toujours été une activité solitaire : elle s’est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l’écrit et l’oral s’estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. 

Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l’objet-livre, à l’activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation…) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n’est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel.

L’auteure :

Enseignante et chercheuse à l’Université Catholique de Lyon.

Ma chronique :

Une soixantaine de textes, présentés de manière chronologique, interrogent le lecteur sur le goût de la lecture.

L’auteure rappelle que la pratique de la lecture s’est d’abord réalisée oralement et en public. Les textes réunis débutent par Saint-Augustin pour terminer par Proust. 

Le quart des lectures présentées datent du dix-neuvième siècle. Si on y trouve des auteurs célèbres comme Zola et Balzac, d’autres m’étaient inconnus.

Chaque texte est précédé d’une présentation pour donner du contexte et son rapport avec l’activité de lecture.

Cela nous donne l’occasion de porter un nouveau regard à ces différents textes et de nous confronter à différentes illustrations de notre rapport à la lecture.

Quand on est un lecteur passionné et boulimique de livres, comme je le suis, la réflexion est forcément intéressante. Un ouvrage à garder dans sa bibliothèque et à consulter au gré de ses envies.

À lire et à méditer.

Paru aux éditions Folio.

Notation :