Critique de : Scènes de lectures textes choisis par Aude Volpilhac

Scènes de lecture

Présentation :

La lecture n’a pas toujours été une activité solitaire : elle s’est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l’écrit et l’oral s’estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. 

Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l’objet-livre, à l’activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation…) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n’est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel.

L’auteure :

Enseignante et chercheuse à l’Université Catholique de Lyon.

Ma chronique :

Une soixantaine de textes, présentés de manière chronologique, interrogent le lecteur sur le goût de la lecture.

L’auteure rappelle que la pratique de la lecture s’est d’abord réalisée oralement et en public. Les textes réunis débutent par Saint-Augustin pour terminer par Proust. 

Le quart des lectures présentées datent du dix-neuvième siècle. Si on y trouve des auteurs célèbres comme Zola et Balzac, d’autres m’étaient inconnus.

Chaque texte est précédé d’une présentation pour donner du contexte et son rapport avec l’activité de lecture.

Cela nous donne l’occasion de porter un nouveau regard à ces différents textes et de nous confronter à différentes illustrations de notre rapport à la lecture.

Quand on est un lecteur passionné et boulimique de livres, comme je le suis, la réflexion est forcément intéressante. Un ouvrage à garder dans sa bibliothèque et à consulter au gré de ses envies.

À lire et à méditer.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Le tour du monde du bonheur de Marion McGuinness

Le tour du monde du bonheur

Présentation :

Dans toutes les langues et cultures du monde, des mots sont utilisés pour définir des concepts parfois complexes. En quelques syllabes, des arts de vivre, des visions du bonheur ou la façon d’y parvenir sont ainsi « décodés ». Derrière chaque mot, tout un univers de valeurs, d’histoires et de modes de vie jaillit.

Le bonheur ne se définit ainsi pas de la même façon au Danemark ou au Japon, et les valeurs clés pour être heureux ne sont pas les mêmes non plus. 

L’auteure :

Marion est mère de deux enfants. Depuis près de 10 ans, elle se passionne pour les domaines de la périnatalité, de la parentalité et du bonheur. Elle est auteure de guides pratiques et traductrice d’ouvrages consacrés au bien-être.

Ma chronique :

Merci à Babelio et aux éditions De Boeck Supérieur pour l’envoi de ce beau livre.

Un grand format, de belles photos, une mise en page soignée : je confirme, c’est un beau livre.

Dans l’introduction, l’auteure nous indique que le mot bonheur n’a pas la même signification selon les contrées. En le refermant, on se rend compte d’une multitude de similitudes.

Lorsque j’ai découvert les cinq parties, Amérique, Afrique, Europe, Pacifique et Asie, j’ai choisi de démarrer par le Pacifique (ma contrée préférée). Pour la Polynésie française, le « mana » décrit tres bien le caractère des polynésiens, l’hospitalité et ce qui les relie les uns aux autres et à la terre ; c’est ce qui les rend uniques.

La Nouvelle-Zélande partage avec les polynésiens ses valeurs de générosité dont un sens aigu de l’hospitalité.

Pour Hawaii, l’esprit Aloha prône le respect de l’autre, l’entraide et la tolérance. Le ho’oponopono, pratique ancestrale a été inscrite comme « Trésor vivant » dans la constitution depuis 1993.

Je vous laisse découvrir les autres régions du monde, aussi passionnant. 

Cette lecture est un voyage culturel et philosophique pour découvrir ce qui rend heureux tous ces peuples.

Je vous recommande ce tour du monde du bonheur : un plaisir à offrir ou s’offrir pour se faire du bien.

Paru aux éditions De Boeck Supérieur.

Notation :

Critique de : Écrire, c’est résister d’Alfred et Lucie Dreyfus

Écrire, c’est résister
Écrire, c’est résister

Présentation :

Innocent du crime de haute trahison dont on l’accuse et condamné à l’issue d’un procès inique, dégradé devant vingt mille Parisiens, déporté en Guyane sur l’île du Diable, le capitaine Dreyfus s’est battu pour la justice et la vérité dès le premier jour de sa mise au secret, le 15 octobre 1894. 

Son courage face à l’effondrement de son existence et à l’enfermement s’exprime tout entier dans les lettres qu’il adresse à sa famille depuis la prison et le bagne. Avec Lucie, sa jeune épouse, il noue une correspondance exceptionnelle qui défie le temps, l’éloignement et l’épreuve inhumaine de la détention. L’écriture épistolaire, malgré la censure, devient pour Alfred et Lucie le monde de leur résistance et de leur amour. 

Ma chronique :

Dans la préface de la comédienne Francoise Gillard, qui avait lu à haute voix cette correspondance en 2006, elle écrit « cette correspondance, c’est le combat d’un couple, …, le témoignage que l’union de deux êtres peut changer le cours de l’histoire ». Cela résume parfaitement mon ressenti après avoir parcouru cette correspondance : Lucie protègera et assistera son mari avec un grand courage et redonne espoir à son mari grâce à l’amour qui les unit.

Un témoignage saisissant qui illustre le climat politique et social de cette fin de dix-neuvième siècle. Dans le premier chapitre, l’historien spécialiste de l’affaire Dreyfus, Vincent Duclert, raconte la résistance opposée par Alfred Dreyfus et le soutien de son épouse, de Zola et des milieux intellectuels. La justice peut triompher conclut l’historien. 

Une nouvelle édition dans laquelle on retrouve des lettres inédites et des fac-similés de ces courriers.

Pour mieux comprendre cette affaire, plongez-vous dans cette correspondance, aux qualités littéraires et qui unit entre deux êtres d’exception.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Plus jamais peur de la cantine, Catherine Aliotta

Plus jamais peur de la cantine

Présentation :

Emma doit déjeuner à la cantine. 

C’est horrible ! La nourriture n’a pas du tout le même goût, ni la même couleur qu’à la maison. En plus, il y a du bruit, des petits qui pleurent, les dames du service qui crient pour demander le silence, les grands qui jettent des choses collantes dans les cheveux… Rien ne va ici !

L’auteure :

Catherine ALIOTTA est une auteure et pédagogue française spécialisée dans le domaine de la sophrologie. Fondatrice et directrice de l’Institut de formation à la sophrologie. Elle a à son actif de nombreux manuels pratiques en sophrologie destinés au grand public et aux professionnels. Elle donne de nombreuses conférences et apparait régulièrement en tant qu’experte dans les plus grands médias français. Paris    

Ewen BLAIN est né en 1981. Nourri aux bandes dessinées dès son plus jeune âge par son père, il se dit qu’être dessinateur plus tard, ce serait vachement bien. 

Ma chronique :

Une BD parfaite pour donner envie aux petits de pratiquer la sophrologie.

Face à des perturbations émotionnelles, quoi de mieux que la sophrologie pour les dépasser ? Passer par la BD pour transmettre des pratiques de sophrologie est une bonne idée pour donner envie aux enfants. 

Une petite souris va venir aider Emma qui ne supporte pas la cantine depuis que sa maman retravaille. Trop de bruit, pas à son goût : la petite fille ne veut plus y aller.

Des exercices doux adaptés aux enfants et aux situations vécues par Emma vont changer son regard et ses ressentis. Les exercices sont illustrés et montrent clairement comment faire, il suffit de reproduire.

Toute la famille retrouve le sourire et le foyer se ressoude grâce à ces exercices simples et amusants : pourquoi ne pas essayer ?

Publié aux éditions Langue au chat.

Notation :

Critique de : J’accuse…! La vérité en marche de Émile Zola.

J’accuse ..! La vérité en marche
J’accuse ..! La vérité en marche

Présentation :
Janvier 1898. Zola est scandalisé par la tournure que prend l’affaire Dreyfus. Face au secret militaire et à la raison d’État qui empêchent tout débat public, il rédige une lettre ouverte au président de la République. Il y met en cause le grand état- major, accusé de mensonges, de parjure et de crime. Publié le 13 janvier a la une de L’Aurore, le journal de Clemenceau, sous le titre « J’accuse… ! », ce réquisitoire fait l’effet d’une bombe. Comme il l’avait prévu, Zola sera inculpé et traduit en cour d’assises. Mais, cette fois, aucun huis clos possible : ce procès la sera public. Zola sait déjà qu’il sera condamné. Du moins aura-t-il arraché le cas Dreyfus à la nuit dont s’entoure le tribunal militaire.

Ma chronique :
Un document riche et instructif : la préface d’Henri Guillemin éclaire le rôle primordial d’Émile Zola dans l’affaire Dreyfus en détaillant l’affaire du point de vue du rôle de l’auteur révolté. Si Zola perd son procès, en fait il a gagné puisque cela a poussé ses adversaires à faire des erreurs.

Zola a été le détonateur de la libération de Dreyfus même s’il ne verra jamais sa réhabilitation qui s’est passée seulement quatre ans après la mort de l’auteur.

Émile Zola dans sa préface explique qu’il a refusé les offres de publication de roman pour ne toucher aucun droit sur cette affaire. Ce sont tous les articles publiés par l’auteur qui sont réunis (préface de février 1901).

Retrouvez aussi les derniers jours d’Émile Zola dans « Assassins », mon avis paru en septembre, ici https://www.despagesetdesiles.fr/jean-paul-delfino-assassins/

Je vous recommande chaudement cet ouvrage qui combine les écrits de l’auteur et l’analyse de son biographe.
C’est très instructif.

Publié aux éditions l’Archipel collection Archidoc.

Notation :