Chronique de : La geôle des innocents d’Ensaf Haida

La geôle des innocents

Résumé :

Rachwan et Râm, deux travailleurs étrangers, sont venus chercher fortune en Arabie saoudite. Ils apprennent vite, à leurs dépens, ce qu’il en coûte d’enfreindre les règles du Royaume. Dénoncé et jugé sans appel, Rachwan est incarcéré dans le terrible centre pénitentiaire de Briman, à Djeddah, pour liaison illégitime avec la belle Siham – détenue quant à elle dans la prison des femmes.

L’auteure :

Née à Jizan (Arabie saoudite) en 1979, Ensaf Haidar sillonne le globe depuis des années pour obtenir la libération de son mari, Raïf Badawi, condamné à dix ans de prison et mille coups de fouet en 2012, pour avoir prôné sur son blog la liberté d’opinion, de culte et d’expression. Elle a reçu le prix Sakharov des droits de l’homme décerné à son mari par le Parlement européen. Présidente et cofondatrice de la Fondation Raïf Badawi pour la liberté (FRBL), elle est l’auteure de Mon combat pour sauver Raïf Badawi (L’Archipel, 2016). La Geôle des innocents est son premier roman.

Ma chronique :

Glaçant, tellement de violence dans ces geôles, c’est à la limite du soutenable parfois.

Les situations sont si réalistes qu’on se demande s’il s’agit uniquement d’un roman tout en espérant que la réalité soit moins cruelle.

Le roman donne la parole successivement à Rachwan et Siham, tous deux se retrouvent en prison dénoncés pour s’être fréquentés hors mariage. Les femmes ne peuvent se trouver à l’extérieur avec un homme que s’il s’agit de leur mari ou de quelqu’un de leur famille. Les travailleurs étrangers sont également soumis aux règles du royaume, si on les enfreint c’est la prison.

Un roman qui dénonce toutes les contraintes imposées par le pays, difficile de ne pas avoir d’empathie pour les protagonistes. Un cri de désespoir lancé au travers de ce récit qui m’a bouleversée.

À retrouver aux éditions de l’Archipel.

Notation :

Chronique de : Fleurs de feu de Sarah Lark

Fleurs de feu

Résumé :

1837. L’espoir d’une vie meilleure pousse Ida et ses parents à partir à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande. Quand leur navire, accoste enfin au sud de l’île, les colons s’installent dans un village de pêcheurs. Et Ida déchante. Non seulement est-elle mariée de force à un homme qui se révèle brutal, mais la vie, au sein de cette communauté rigoriste, y est tout aussi dure qu’en Europe…

L’auteure :

Née en 1958 dans la Ruhr, Sarah Lark vit près d’Almeria, en Andalousie, où elle a créé un refuge pour chevaux. Sa trilogie du « Nuage blanc », traduite dans 22 pays, a séduit plus de 3 millions de lecteurs dans le monde. Ses huit romans ont tous paru à l’Archipel, puis chez Archipoche.

Ma chronique :

Un pavé qui se lit très vite : j’ai été complètement happée par cette histoire de colons allemands qui s’installent en Nouvelle Zélande en ce milieu du dix-neuvième siècle. L’histoire est incroyable, la vie de ces pionniers si compliquée : en fin de livre l’auteure explique qu’elle s’est appuyée sur des faits historiques pour construire son intrigue. C’est réussi, une aventure qui colle parfaitement avec l’histoire de ce pays.

Des allemands, souvent des artisans, convaincus par leur pasteur, partent en quête d’une vie meilleure. Un voyage, lui-même une épopée, entre l’Allemagne et la Nouvelle Zélande qui dure plusieurs mois avec une escale au Brésil. Ils débarquent sur l’île du Sud en Nouvelle Zélande, la plus sauvage des deux îles, essentiellement habitée par des maoris.

Parmi les héros, Ida et Karl, ont découvert cette île avant leur voyage par un livre « Les voyages du capitaine Cook ». Cette lecture va changer leur destinée.

J’ai aimé les aventures de ces découvreurs, leur vie au milieu d’une nature sauvage pas toujours hospitalière et les chocs interculturels lors des rencontres avec les maoris. 

À peine refermé, ce livre me manque déjà : une suite est-elle prévue ? Je l’espère…

Publié aux éditions de l’Archipel.

Notation :

Chronique de : Les Échos du souvenir de Tamara Mc Kinley

Les échos du souvenir

Résumé :

1936. À peine arrivée à Paris, la Ville Lumière apparaît à Annabelle Blake, jeune infirmière contrainte de fuir Londres, comme la cité de tous les possibles. Elle y fait la connaissance d’Étienne, poète en devenir, et de Henri, peintre en quête de reconnaissance. Ensemble, ils passent leurs journées à flirter et à prendre du bon temps. Mais ce Paris bohème n’est pas qu’une fête, d’autant que la guerre civile menace en Espagne…

L’auteure :

Née à Launceston (Tasmanie) en 1948, Tamara McKinley quitte l’Australie pour la Grande-Bretagne, où elle intègre un pensionnat de jeunes filles du Sussex. Elle est l’auteure de sagas australiennes – de La Dernière Valse de Mathilda (2005), traduit dans 20 pays

Ma chronique : 

Je suis toujours conquise par les romans de Tamara, j’aime l’ambiance de ses livres et ses intrigues.

Pour une fois, pas de destination lointaine, l’histoire se déroule principalement à Paris avec des incursions en Espagne et à Londres. En fin d’ouvrage, Tamara explique être venue à Paris, invitée par l’éditeur français (L’Archipel) et avoir succombé aussi aux charmes de Paris qui lui ont donnés envie d’écrire cette belle aventure.

Nous allons croiser des peintres dans les années trente, des combattants anti franquistes, des infirmières courageuses puis des résistants.

Français, espagnols ou anglais, tous vont se retrouver au cœur de combats sans merci. Le peintre basque Henri et Annabelle l’infirmière anglaise tissent une idylle dans un monde en guerre.

Tamara met en scène avec talent la guerre d’Espagne, le monde de l’art ou le Paris bohème avec un grand sens du romanesque.

Cette lecture reste dépaysante et délassante, beaucoup d’humanité se dégage de ce récit comme pour les autres publications de cette auteure. C’est aussi pour cette raison que je vous recommande cette lecture.

Paru aux éditions de l’Archipel.

Notation :

Chronique de : Les mystères de Marseille d’Emile Zola

Les mystères de Marseille

Résumé :

Philippe Cayrol, jeune aventurier républicain, sans fortune mais plein d’audace, a soustrait Blanche de Cazalis aux griffes de son oncle, richissime et tout-puissant député royaliste de Marseille. Son frère Marius, intègre et pugnace, va tout faire pour pro- téger les deux amants de la colère de Cazalis – ainsi que leur enfant à naître. Et, bientôt, pour organiser l’évasion de Philippe, qui encourt la peine de mort…

Ma chronique :

Une œuvre littéraire du jeune Zola, tout est expliqué dans les deux préfaces écrites par l’auteur : la deuxième a été rédigée alors que l’auteur était célèbre et retrace le contexte de ce roman.

Passionnée par les écrits de Zola, je découvre ici à la fois le récit et l’histoire autour de ce roman et les deux sont passionnants.

Le jeune Zola a écrit ce récit pour un journal, payé une misère à la ligne. Pour survivre, il écrit en parallèle « Thérèse Raquin ».

Ce livre est très documenté sur cette période autour de la seconde république. Émile Zola explique dans la préface avoir recherché dans les greffes des tribunaux des éléments qui ont inspirés cette histoire.

C’est ce qui rend ce roman si réaliste et riche historiquement. C’est une vision approfondie de Marseille et sa région dans ce contexte historique. 

J’ai aimé ce roman feuilleton de la veine des Mystères de Paris avec son cocktail de péripéties comme les enlèvements, insurrections, complots et lutte des classes.

Si on aime Zola, ne pas hésiter à découvrir ce roman paru aux éditions de l’Archipel collection Archipoche.

Chronique de : Le courage d’une sœur de Kitty Neale

Le courage d’une sœur

Résumé :

1948. Sarah vit avec sa mère alcoolique qui se prostitue dans un quartier pauvre de Londres. Quand celle-ci accouche d’un petit garçon, elle demande à sa fille de 13 ans de se débarrasser du nourrisson. Mais Sarah ne peut s’y résoudre et décide d’élever son petit frère, qu’elle a elle-même prénommé Tommy.

L’auteure :

Kitty Neale a grandi dans le quartier populaire de Battersea, au sud de Londres, cadre de ses romans. En 1998, son fils meurt à l’âge de 27 ans. Après avoir rejoint un groupe de soutien, Kitty décide de se lancer dans l’écriture de romans, qui vont rapidement devenir des best-sellers. Aujourd’hui, elle vit en Espagne avec son mari.

Ma chronique :

L’histoire est poignante et attachante, comment ne pas succomber au charme de ce livre ?

Une histoire qui se lit le cœur serré et déclenche une forte empathie pour Sarah qui se débat pour sauver son petit frère et faire face à sa mère tombée dans la déchéance sous l’emprise de l’alcool.

Une ambiance à la Dickens, même si l’intrigue est positionnée au vingtième siècle : des pauvres misérables, des conditions de vie extrêmes et des personnages courageux.

Oui, le trait de caractère principal de Sarah est le courage et la force de caractère. Son amour quasi maternel pour son petit frère lui donne l’énergie pour tourner le dos à sa condition misérable.

J’ai passé un bon moment avec cette histoire et je vous recommande ce titre.

Paru aux éditions de L’Archipel.

Notation :