Critique de : Quand on ne peut oublier de Tamara McKinley

Quand on ne peut oublier
Quand on ne peut oublier

Résumé :
Décembre 1941. Le père de Sarah Fuller, 19 ans, dirige une plantation d’hévéas en Malaisie, ou sa famille mène une vie de riches colons. Mais le conflit qui secoue l’Europe gagne cette partie du monde.Quand les Japonais commencent a bombarder Singapour, Sarah est contrainte de quitter sa famille et son fiance, Philip, pour aller trouver refuge en Angleterre. La longue traversée vers le vieux continent s’annonce périlleuse. Or, ni elle ni sa sœur Jane – qui requiert une attention constante – ne savent si leur grand-tante, censée les accueillir, est toujours de ce monde…

L’auteur :
Née à Launceston (Tasmanie) en 1948, Tamara McKinley émigre en Grande-Bretagne, où elle intègre un pensionnat de jeunes filles du Sussex. De La Dernière Valse de Mathilda (2005), traduit dans plus de 20 pays, à La Route de Savannah Winds (2019), ses romans ont tous paru aux éditions de l’Archipel, puis en Archipoche. Mère de trois enfants, Tamara McKinley vit sur la côte sud-est de l’Angleterre.

Ma chronique :
Choisir un roman de Tamara McKinley c’est l’assurance de lire une histoire dépaysante, au cœur d’une période historique tourmentée avec des héros très attachants : que du bonheur !
Un livre qui fait du bien et nous réconcilie avec le genre humain : comment ne pas succomber au grand cœur de Peggy, mon héroïne préférée ? Peggy gère sa pension en pensant chaque jour aux petits bonheurs qu’elle pourra apporter aux siens et en ses temps de restrictions c’est précieux !
L’histoire débute en Malaisie alors que les japonais s’apprêtent à bombarder Singapour. Sarah et sa famille voient leur vie paisible bouleversée. L’auteure décrit le quotidien de cette famille au milieu de cette guerre, la plantation à gérer puis la décision de partir.

Après la partie malaisienne nous retrouvons l’Angleterre et la pension du Bord de Mer, la famille malaisienne y a une parente.
C’est là que Peggy et ses proches interviennent avec ces ingrédients magiques : l’amitié, l’amour et l’entraide. Oui c’est un florilège et on en redemande.
En synthèse : une histoire touchante avec des personnages aux destinées étroitement liées à cette période perturbée de la seconde guerre mondiale. 

En refermant ce livre, on se dit : à quelle date paraît la suite ?

Rapidement j’espère…

Paru aux éditions de l’Archipel.

Notation :

Karen Viggers : Le bruissement des feuilles

Le bruissement des feuilles

Résumé 

Miki, dix-sept ans, vit coupée du monde depuis l’incendie qui a coûté la vie à ses parents. Sous le joug de son frère Kurt, un chrétien fondamentaliste, elle travaille comme serveuse dans leur restaurant et le soir, se rêve en héroïne de romans. Lors d’une escapade secrète en forêt, elle fait la rencontre de Leon, un garde forestier tout juste installé en Tasmanie. Les deux jeunes gens se donnent alors une mission extraordinaire : sauver les diables de Tasmanie de l’extinction.

Au cœur de paysages somptueux, le combat inoubliable d’une jeune fille pour protéger la nature et se sauver elle-même.

L’auteur 

Née à Melbourne, Karen Viggers est vétérinaire, spécialiste de la faune sauvage. Elle exerce dans divers milieux naturels, y compris l’Antarctique. Elle vit aujourd’hui à Canberra où elle partage son temps entre son cabinet et l’écriture.

Mon avis

J’ai adoré ce voyage au cœur de la Tasmanie, autant pour ses personnages attachants que pour son décor grandiose. 

Cela peut paraître étonnant mais je découvre seulement cette auteure australienne, très connue depuis son best-seller « La mémoire des embruns ».

À la fois roman d’aventure et initiatique, nous suivons deux héros : Miki, jeune fille isolée sous le joug de son frère tyrannique et Leon, un jeune homme qui décide de commencer une nouvelle vie loin de ses parents.

Miki va rencontrer une femme amoureuse de la littérature comme elle, les livres les rapprochent tandis que Leon se lie avec Max, un jeune voisin.

Amoureuse de la nature et plus particulièrement des eucalyptus, Miki est heureuse lorsqu’elle parcourt les forêts, les arbres sont comme des amis pour cette jeune fille solitaire. Quels sont ces bruissements de feuilles évoqués dans le titre ? De douces paroles réconfortantes qui la feront grandir.

Son amour pour la faune sauvage l’amènera à croiser le chemin de Leon le jeune garde forestier. 

Leon, doit se battre pour se faire une place dans cette ville où les bûcherons n’apprécient pas les gardes forestiers. 

Dans ce livre passionnant, il est question d’écologie, d’amitié, de la puissance des relations intergénérationnelles et de notre lien avec la nature : tous ces thèmes sont abordés avec délicatesse et finesse.

Une très belle lecture émouvante et captivante : à découvrir sans tarder.

Paru aux Éditions Les Escales.

Notation :

Ceridwen Dovey : Au jardin des fugitifs

Au jardin des fugitifs
Au jardin des fugitifs

Résumé :

Au crépuscule de sa vie, Royce, mécène richissime, veut renouer avec Vita, sa protégée d’autrefois. Contre toute attente, elle accepte de rompre un lourd silence de vingt ans… à condition de suivre les règles du jeu.

L’auteur

Née en Afrique du Sud, Ceridwen Dovey est diplômée de Harvard en anthropologie et en cinéma documentaire. Elle vit aujourd’hui à Sydney. Son premier roman, Les Liens du sang, a été en lice pour le prix Femina étranger et a remporté le plus prestigieux prix littéraire d’Afrique du Sud, le Sunday Times Fiction. Animals, son précédent roman a été unanimement salué par la presse anglo-saxonne.

Mon avis

Un roman sous forme de causerie entre deux êtres qui se penchent sur leur passé.

Royce, soixante dix ans, contacte Vita, une ancienne protégée avec laquelle il n’a pas échangé depuis dix-sept ans. Brisant le silence, il lui propose de reprendre contact sachant que les jours lui sont comptés.

Chacun raconte sa vie, une confession qui convoque les démons du passé.

Subtilement, par petites touches, l’auteure évoque leurs destins contrariés. Au travers de leurs témoignages, nous comprenons progressivement que leurs secrets se ressemblent. Royce est amoureux d’une jeune femme brillante passionnée par Pompéi. Ayant hérité d’une grosse fortune, il la met à son service afin qu’elle puisse mener tous les travaux sur le site.

Vita, elle, étudie l’anthropologie et le cinéma dans une université américaine. Sud africaine de naissance, elle décide de se rendre dans la ville du Cap pour renouer avec ses origines.

Ce livre brillant et érudit nous entraîne sur plusieurs continents aux côtés de deux êtres baignant dans le monde artistique : l’archéologie pour l’un et le cinéma pour l’autre. Il est aussi question de racisme et de l’apartheid pour Vita alors que Royce raconte le pouvoir irrésistible qu’un être peut exercer sur un autre.

Ajoutons à ces thématiques les belles descriptions sur Pompéi et son jardin des fugitifs ainsi qu’une langue riche et fluide.

Une grande œuvre littéraire.

Pourquoi s’en priver alors ?

Foncez sur ce roman paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :

Paul Howarth : Le diable dans la peau

Le diable dans la peau
Le diable dans la peau

Résumé

Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est stérile, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d’affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir en rentrant chez eux, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Billy soupçonne immédiatement leur ancien vacher aborigène. Les deux garçons se tournent vers John Sullivan, leur riche et cruel voisin, pour qu’il les aide à retrouver le coupable.

L’auteur

Paul Howarth a grandi en Angleterre avant de déménager à Melbourne un peu avant ses trente ans. Il a vécu six ans en Australie et obtenu la double nationalité en 2012.

Mon avis

Un western australien décapant !

Un grand récit d’aventure qui m’a scotchée, j’avais du mal à lâcher le livre même si parfois la violence sourde est à la limite du supportable.

Un livre puissant par sa narration qui tient en haleine le lecteur en le transplantant dans ce Queensland sauvage du dix-neuvième siècle. J’ai senti la chaleur torride, les tempêtes de sable ; l’immersion est totale.

Au milieu de cet enfer, deux orphelins paumés qui cherchent à se venger. Un récit d’apprentissage dans un univers ultra violent, les adultes qui les entourent les poussant à commettre l’irréparable sans leur laisser d’autres choix.

La question que l’on se pose tout du long : comment peuvent-ils s’en sortir ? Qui pourra les aider ?

Poignant et implacable, un récit que je vous recommande chaudement.

Dans les notes de l’auteur, on apprend qu’il s’est basé sur des faits historiques authentiques : « la police indigène du Queensland » a bien existé : cela fait froid dans le dos !

Paru aux éditions Denoël

Traduction de l’anglais (Australie) par Héloïse Esquié

Notation :

Antonia Hayes : La vie étoilée d’Ethan Forsythe

La vie étoilée d'Ethan Forsythe
La vie étoilée d’Ethan Forsythe

Résumé : Ethan est un jeune garçon passionné d’astronomie qui vit dans un monde de galaxies et d’étoiles. Fragile, chahuté à l’école, il grandit avec sa mère à Sydney et ignore tout de son père jusqu’à ce que ce dernier le contacte. Ethan s’interroge sur son étrange famille, particulièrement quand son corps commence à lui jouer des tours.

L’auteur :

Née en 1982 en Australie, Antonia Hayes a vécu à Paris avant de s’installer en Californie. La vie étoilée d’Ethan Forsythe a été salué dès sa parution. Il est en cours de publication dans six pays.

 

Mon avis:

Bouleversant !

Ethan m’a beaucoup émue, j’ai lu rapidement, immédiatement interpellée par l’histoire et je me suis attachée très vite au jeune garçon.

C’est un enfant différent : attiré par les étoiles et la physique quantique, il a du mal à s’intégrer à l’école, les autres enfants se moquent de lui quand il leur parle d’étoiles. Ses camarades l’ont surnommé “Stephen Hawking”.

Il vit avec sa mère uniquement qui le couve. Leurs relations sont touchantes, ils s’adorent. Cependant on comprend assez vite que de lourds secrets enfouis polluent la vie de Claire et de son fils. Quelles conséquences sur leur futur ? Le lecteur accroché par le thème et la figure de l’enfant tourne les pages de plus en plus vite.

Un roman qui explore la difficulté d’être parents, l’amour inconditionnel qui unit parents et enfants, enfin le pardon.

Cette histoire monte crescendo, avec une grande intensité, au sujet plus grave qu’il n’y paraît au premier abord. Je parie qu’un trop plein émotions vous submergera aussi.

Une belle lecture qui remue et laisse songeur après avoir refermé le livre.

Vous ne pourrez pas rester insensible au destin d’Ethan : un courageux et formidable petit bonhomme.

Bravo pour ce premier roman.

 

Le site de l’auteure : http://antoniahayes.com

 

 

Merci aux éditions Autrement.

 

Notation :