Chronique de : La vérité sur la lumière d’Auður Ava Ólafsdóttir

Résumé :

Issue d’une lignée de sages-femmes, Dýja est à son tour « mère de la lumière ». Ses parents dirigent des pompes funèbres, sa sœur est météorologue : naître, mourir, et au milieu quelques tempêtes. Alors qu’un ouragan menace, Dýja aide à mettre au monde son 1922e bébé. Elle apprivoise l’appartement hérité de sa grand-tante, avec ses meubles vintage, ses ampoules qui clignotent et un carton à bananes rempli de manuscrits. Car tante Fífa a poursuivi l’œuvre de l’arrière-grand-mère, insérant les récits de ces femmes qui parcouraient la lande dans le blizzard à ses propres réflexions aussi fantasques que visionnaires sur la planète, la vie – et la lumière.

L’auteure :

Explorant avec grâce les troublantes drôleries de l’inconstance humaine, Auður Ava Ólafsdóttir poursuit, depuis Rosa candida, une œuvre d’une grande finesse, qui lui a valu notamment le Nordic Council Literature Prize, la plus haute distinction décernée à un écrivain des cinq pays nordiques. 

Ma chronique :

Un récit empreint de douceur, fidèle à l’écriture lumineuse de cette auteure.

Ce sont les chroniques d’une sage-femme dont la mère est à la tête d’une entreprise de pompes funèbres, elle nous livre son quotidien et ses pensées intimes. Dýja est issue d’une lignée de sage-femmes, sa tante lui a légué cette vocation puis son appartement et ses mémoires.

Le récit est entrecoupé de réflexions sur notre monde, le métier de sage-femme dans cette contrée isolée et l’histoire de la tante Fífa qui tricotait un vêtement pour chaque nouveau bébé qu’elle mettait au monde.

Des citations de Blaise Pascal ou de Jorge Luis Borges émaillent un récit qui oscille entre observation de la nature, histoires familiales et chronique d’une femme qui aide à découvrir la lumière, une métaphore qui symbolise la naissance.

J’ai été sensible à cette alchimie qui donne un texte inclassable qui se lit lentement pour profiter de la superbe prose.

Bravo au traducteur.

Publié aux éditions Zulma

Notation :

Chronique de : L’énigmatique Madame Dixon d’Alexandra Andrews

L’énigmatique Madame Dixon

Résumé :

Florence Darrow veut être écrivaine. Ou plutôt : Florence Darrow sera écrivaine, elle en est persuadée. Chose plus simple à dire qu’à faire, et Florence peine à trouver sa place dans le monde de l’édition new-yorkaise. Quand on lui propose de devenir la nouvelle assistante de madame Dixon, l’autrice de Mississipi Foxtrot, le best-seller de l’année, elle saute sur l’occasion. Seul petit détail, Madame Dixon refuse toute publicité, Dixon est un pseudonyme et elle garde jalousement sa vraie identité. En acceptant ce poste, Florence devra se plier à toutes ses exigences, comme vivre isolée dans sa maison à la campagne et ne révéler à personne pour qui elle travaille.

L’auteure :

Journaliste et éditrice, Alexandra Andrews vit à Brooklyn. L’Enigmatique madame Dixon est son premier roman.

Ma chronique :

Un roman addictif et haletant, un gros coup de cœur lu en deux jours.

Ce thriller psychologique captivant a des airs de « Plein soleil » avec des personnages insaisissables et déroutants.

Tout au long du récit, les héroïnes sont chahutées et le lecteur avec elles.

Impossible de deviner ce que l’auteure nous réserve.

J’ai aimé le contexte du milieu littéraire où éditeurs et écrivains se croisent avec un roman qui cartonne au box-office et un écrivain invisible.

Difficile d’en dire plus pour ne pas déflorer l’intrigue. Je conseille de ne pas lire le résumé en quatrième de couverture, trop détaillé.

En synthèse, je dirai que l’auteur nous balade avec finesse et maîtrise jusqu’à la dernière page pour notre plus grand plaisir.

Bravo pour ce suspense diaboliquement efficace.

Paru aux éditions Les Escales.

Notation :

Chronique de : Daddy d’Emma Cline

Daddy

Résumé :

Une jeune fille devient la cible de la presse à scandale après avoir été la nounou du fils d’une célébrité. Une adolescente séjourne chez son amie, dans le ranch d’une communauté hippie, et découvre la perversité des premiers jeux sexuels. Un rédacteur en chef lâché par tout son réseau de relations et par sa fiancée tente de devenir le prête-plume d’un self-made-man. Une trentenaire se fait passer pour une ado sur des sites de rencontre…

L’auteure :

Emma Cline est née en Californie. Ses écrits de fiction ont paru aux Etats-Unis dans Tin House et The Paris Review. Elle est la lauréate du prix Plimpton 2014. The Girls est son premier roman dont les droits ont été achetés par le producteur Scott Rudin. Il sera publié dans 34 pays étrangers. 

Ma chronique :

Si vous aimez Richard Russo, Laura Kasischke ou Raymond Carver, n’hésitez pas, ce livre est pour vous.

Emma Cline est une surdouée, jeune auteure talentueuse, dont la prose me rappelle ces trois grands auteurs.

Sa plume incisive et percutante fait mouche une fois de plus. Je l’ai découverte avec son premier roman « Girls » puis retrouvée avec « Los Angeles » et enfin récemment avec « Harvey ».

Cette fois, ce sont dix nouvelles regroupées ici pour rentrer dans l’intimité de personnages aux vies névrosées et perturbées. À chaque nouvelle, le lecteur espère une accalmie, un peu d’espoir qui est rarement au rendez-vous. Notre monde est dépeint sans fard, le désenchantement est là sous-jacent . Un portrait de l’Amérique d’aujourd’hui.

Paru aux éditions de la Table Ronde.

Notation :

Chronique de : Le garçon magnifique d’Aimée Liu

Le garçon magnifique

Résumé :

Naila prend la main de Ty et il se serre contre elle en silence, comme toujours, puisqu’à quatre ans, il ne parle toujours pas… Pour une raison qui échappe à Claire, ils échangent un grand sourire. Des garnements ces deux-là, songe-t-elle. Comme frère et sœur. Comment s’attendre à ce qu’ils comprennent la menace de la guerre ? Qu’ils vivent leurs derniers moments ensemble ? « Dix minutes, dit-elle à Naila. Emmène-le jouer juste dix minutes de plus. » Et se prenant par la main, Naila et Ty s’éclipsent en sautillant dans le soleil.

L’auteure :

Aimée Liu est l’auteure de trois romans et d’un essai, tous best-sellers aux Etats-Unis et traduits dans de nombreuses langues. « Un garçon magnifique » a figuré en 2020 sur la liste très convoitée des vingt meilleurs romans américains de l’année.

Ma chronique :

Un roman qui combine aventures, ancrage historique et suspense.

La disparition du petit garçon, le fils des deux héros, est au cœur de cette intrigue.

Le père est chirurgien et la mère anthropologue, exilés dans l’Archipel des îles Andaman, dans l’océan indien, entre l’Inde et la Birmanie. L’histoire se déroule pendant la deuxième guerre mondiale, pendant laquelle britanniques et japonais s’affrontent.

Face aux britanniques, les tribus survivent à l’écart, Claire rêve de les étudier. Ces tribus sont en lien avec les « bochimans »du Kalahari, une population qui utilise une langue avec des claquements. La famille britannique du petit garçon sera en contact avec ces peuplades.

Ce livre, dense, nous entraîne dans une quête pour retrouver le petit garçon perdu, l’amour maternel de Claire la guide et l’aide à garder courage.

De l’émotion, une page d’histoire méconnue et des références à Kipling et son roman Kim (davantage connu pour Le livre de la jungle) : un savant mélange pour un résultat remarquable.

Paru aux éditions Mercure de France.

Notation :

Chronique de : Je chemine avec Nancy Huston de Sophie Lhuillier

Je chemine avec Nancy Huston

Présentation :

« Je pourrais naturellement dire “je suis écrivaine”, ou “canadienne”, ou “française” ou “femme”, ou “vieille femme”, “du xxe siècle”, “athée”, je peux dégoter plein d’adjectifs ou de substantifs qui correspondent à ce que les gens considèrent comme une “identité”, mais je suis quelqu’un de très circonspect à l’égard de l’Identité. Alors j’aime répondre : “je suis mon chemin”, à la fois suivre et être, bien sûr. En fait nous sommes tous notre chemin, bien plus que nous ne le croyons ! Il se trouve que le mien a été multiple, avec des bifurcations, des tournants, des zigzags et des imprévus ; il m’a menée dans des endroits très différents. Par conséquent je suis plusieurs, et quand on est plusieurs ça ajoute un “mais” à toutes les identités. »

Ma chronique :

Une collection pour se questionner, réfléchir à sa voie en lisant ces parcours inspirants.

J’ai aimé cheminé avec Nancy Huston qui se raconte sans ambage et nous dit tout de ses choix de vie. Le proverbe « à quelque chose malheur est bon » lui colle à la peau. Le départ de sa mère alors qu’elle avait 6 ans a été un cadeau finalement. Elle s’est réfugiée dans la lecture. Les livres sont ses amis et « salvateurs ».

Plus tard, un autre événement stoppe sa vie et lui permet de réfléchir et de se remettre en question.

La partie sur ses choix d’écrivaine et ses goûts littéraires sont passionnants quand on aime la littérature.

À méditer (issu de l’introduction) « il n’est jamais trop tard pour (re)penser et construire son avenir ».

Un essai qui pose beaucoup de questions à l’invité, autant de sujets qui peuvent nous toucher également. 

Paru aux éditions du Seuil.

Notation :