Chronique de : On meurt aussi au paradis de Françoise Saint-Chabaud

On meurt aussi au paradis

Résumé :

A Tahiti, la femme d’affaires Heimata Lespage est victime d’une implacable machination. Son chemin croise celui de Tamatoa Walther, détective déjanté qui accumule les galères. Rien ne les rapproche. Et pourtant ils vont devoir mener ensemble une enquête à haut risque. Jusqu’où iront-ils pour découvrir une vérité qui dérange ?

L’auteure :

Diplômée de la Sorbonne, titulaire d’un Doctorat de littérature australienne, Françoise Saint-Chabaud a vécu une vingtaine d’années dans le Pacifique Sud, collectant au fil de ses voyages et de ses rencontres  de nombreuses notes, images et émotions qui sont autant de sources d’inspiration. Son premier roman « Sous l’emprise du tiki » est publié  en novembre 2009. C’est le début d’une carrière de romancière qu’elle exerce à plein-temps depuis 2010. 

Ma critique :

Un polar au rythme trépidant au cœur de Tahiti : au paradis aussi le crime existe.

J’ai particulièrement apprécié l’immersion complète dans la vie polynésienne : on y retrouve l’ambiance, le rythme, les décors et les parfums. Émaillé de locutions locales, à retrouver dans le lexique à la fin, le récit est très fluide, avec un bon tempo. 

L’héroïne, Heimata, affronte de nombreux dangers pour retrouver sa jeune vendeuse disparue. Aidée par un détective atypique, ils se lancent dans une enquête dangereuse.

Cela ce révèle une plongée en eaux troubles dans le monde de la perliculture, théâtre des événements dramatiques. Difficile pour Heimata, cheffe d’entreprise, d’affronter tous ces dangers. Elle écoute son cœur et son envie d’aider sa jeune vendeuse.

Les personnages sont vrais et attachants, le suspense constant et l’intrigue bien construite.

J’ai totalement adhéré à l’histoire, avec une mention spéciale pour l’ambiance polynésienne très bien retranscrite.

À lire pour frémir et s’évader.

Publié aux éditions S-Active.

Notation :

Chronique de : La prophétie de la cathédrale de Christophe Ferré

La prophétie de la cathédrale

Résumé :

Lors de fouilles dans la crypte de la cathédrale de Chartres, Mary, jeune et brillante étudiante, est sur le point de mettre au jour une découverte archéologique majeure. Mais cette révélation risque de bouleverser l’équilibre du monde. Un rempart de haine et de sang se dresse alors pour empêcher la jeune femme d’accéder à cette vérité qui dérange.

L’auteur :

Grand Prix de la nouvelle de l’Académie française, Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a écrit plusieurs romans avant de se tourner vers le suspense. On lui doit La Révélation de Chartres (Salvator, 2015, 20 000 ex toutes éditions confondues), La Petite Fille du phare (L’Archipel, 2018), en cours d’adaptation pour la télévision et Mortelle tentation.

Ma critique :

Réédité ici dans la collection Archipoche, je vous recommande ce suspense qui tient toutes ses promesses.

Un rythme trépidant qui ne faiblit pas, emporte Mary dans un tourbillon d’aventures vers une quête qui la dépasse par sa portée.

Mary, jeune archéologue américaine, travaille sur des fouilles du chantier de la cathédrale de Chartres lorsqu’un de ses proches lui propose de descendre dans la crypte de la cathédrale. Il fait nuit et l’homme se fait appeler « Jacques de Molay ».

Voilà pour le décor, la situation se complique très vite et Mary se retrouve malgré elle embarquée dans une aventure palpitante menacée par les membres d’une congrégation prête à tout pour éliminer ses ennemis, cela fait froid dans le dos…

Courageuse, tenace et douée, la jeune Mary nous entraîne dans son sillage pour tenter de percer les mystères des trésors très convoités de la cathédrale de Chartres. 

Les découvertes seront d’importance, je n’en dirai pas plus pour ne rien dévoiler.

Ce livre est passionnant à plusieurs titres : pour l’histoire de la cathédrale, l’auteur précise que tout est réel, la reconstitution détaillée démontre les recherches menées par l’auteur. Ce texte suscite également une réflexion autour de la coexistence de différentes religions. 

À découvrir pour s’instruire tout en passant un très bon moment de lecture.

Publié aux éditions L’Archipel collection Archipoche.

Notation :

Chronique de : Le complot du Livret Rouge de Laurent Nagy

Résumé :

En 1814, alors que la Restauration de Louis XVIII mécontente de plus en plus le peuple, Joseph Chunotte, un ancien révolutionnaire, est retrouvé mort, défenestré. Cet homme puissant qui régnait sur la pègre parisienne avait bâti sa fortune grâce au vol des joyaux de Marie-Antoinette. Le commissaire Samuel Le Mullois est mandaté par la police secrète du roi pour enquêter sur cette mort mystérieuse.

L’auteur :

Laurent Nagy, titulaire d’un doctorat en Histoire, est chercheur. Passionné par la période post-révolutionnaire, il a créé un univers et des personnages qui font revivre les intrigues du Paris de cette époque. 

Ma chronique :

Un roman historique qui entremêle vérité et fiction, l’auteur précise en introduction ce qui relève de la réalité et du romanesque.

Il ne s’agit pas ici d’un roman d’aventures historiques mais plutôt d’une enquête policière au cœur du Paris de 1814.

Le commissaire, notre héros, n’est pas un personnage charismatique bien au contraire : strict, sévère et luthérien, il œuvre, avec ténacité, à dénouer une affaire criminelle. L’inspecteur qui lui est rattaché pour cette mission est déçu lorsqu’il le rencontre, ne comprenant pas sa froideur. Samuel est presque muet et aime travailler seul.

Je retiendrai de ce roman son côté très docte et sa grande érudition, par exemple les descriptions tres précises du Paris de l’époque post-révolutionnaire. Mais j’avoue avoir été un peu déçue par le manque de rythme de l’intrigue. Il y a peu de rebondissements, c’est assez plat. Ce n’est pas du tout un roman d’aventures mais peut-être que je m’attendais à davantage de péripéties et cette attente n’a pas été comblée.

À conseiller aux amateurs de romans historiques passionnés par cette période post-révolutionnaire.

Publié aux éditions City Éditions.

Chronique de : Avant les diamants de Dominique Maisons

Avant les diamants

Résumé :

Hollywood, 1953. L’industrie cinématographique est un gâteau fourré à l’arsenic que se disputent la mafia, l’armée et les ligues de vertu catholiques. Dans ce marécage moral et politique, ne survivent que les âmes prêtes à tout. Le producteur raté Larkin Moffat est de ceux-là. Abonné aux tournages de séries B, il fait vivoter les crève-la-faim du cinéma et enrage contre ce système qui l’exclue. Jusqu’au jour où il se voit proposer la chance de sa vie.  Dans cette combine dangereuse vont graviter autour de lui le major Buckman, parieur et coureur invétéré, le très ambivalent père Santino Starace, l’impresario et proxénète Johnny Stompanato…

L’auteur :

Dominique Maisons est l’auteur de romans noirs et thrillers salués par plusieurs prix. Avec son “roman-vrai” Avant les diamants, il effectue un tournant littéraire majeur, qui le place dans les pas des plus grands – James Ellroy, Robert Littell ou Don Winslow.

Ma chronique :

Une vision anti glamour d’Hollywood, tout semble vrai même le plus innommable.

Cette plongée dans ce monde hollywoodien des années cinquante ressemble à une descente aux enfers. Pègre et cinéma réunis, il fallait oser.

Comment démêler le vrai du faux dans ce polar ? 

Si on aime les romans noirs de Jales Ellroy alors banco : ne pas hésiter, ce livre de cinq cent pages va vous ravir. Les intrigues s’enchaînent à un rythme qui nous laisse pantelant, c’est touffu et dense.

Le cinéma hollywoodien est décrit de manière très détaillée et tout est bien documenté. Cela frise parfois un trop plein de débordements mais c’est mené avec style et brio.

Impossible à raconter, à lire pour une plongée en eaux très troubles et on en redemande.

Paru aux éditions de la Martinière.

Notation :

Critique de : La femme qui reste d’Anne De Rochas

La femme qui reste

Résumé :

Dans l’Allemagne exsangue et tumultueuse des années vingt, le Bauhaus est plus qu’une école d’art. C’est une promesse. Au sein du grand bâtiment de verre et d’acier, Clara, Holger et Théo vont partager l’aventure intense et créative de la modernité. Les femmes y cherchent leur place. Des liens se tissent. Amitié, amour… Entre rêves d’Amérique et certitudes de Russie, les futurs se dessinent.

L’auteure 

Créatrice textile, Anne de Rochas a collaboré de nombreuses années avec Yves Saint Laurent. En tant que graphiste, elle a travaillé avec des maisons d’éditionmusicale et discographique. Elle partage désormais son temps entre l’écriture et ses projets artistiques. « La Femme qui reste » est son premier roman.

Ma chronique :

Une grande histoire humaine et artistique. 

Le mouvement du Bauhaus qui allie art et technique est toujours présent aujourd’hui. Anne De Rochas nous entraîne au cœur de cette école, entre Dessau et Berlin, en compagnie de trois personnages Cara, Théo et Holger. En ce début de vingtième siècle, les femmes n’ont pas la même place que les hommes et Clara s’en plaint : « Aux hommes l’architecture, aux femmes le tissage… ». 

On y croise aussi de grands artistes comme les peintres Klee et Kandinsky.

Couvrant plusieurs décennies, ce roman dense et riche nous immerge dans 

la vie du Bauhaus. C’est un ouvrage très documenté.

Mon bémol, qui m’a gênée rapidement dans ma lecture, j’ai un peu de mal à le décrire : je dirai que c’est une distanciation avec les personnages, un côté froid, pas ou peu d’émotion ressentie. Je suivais leur parcours comme si c’était un documentaire et non un roman. J’ai donc refermé le livre en me disant : je me suis cultivée mais je n’ai pas passé un grand moment de lecture car je n’ai pas vibré avec les héros de ce livre.

Une lecture davantage recommandée pour s’instruire et découvrir ce courant artistique du Bauhaus. 

Publié aux éditions Les Escales.

Notation :