Chronique de : La marquise des ombres de Catherine Hermary-Vieille

La marquise des ombres

Résumé :

Après une enfance endeuillée par la mort de sa mère, Marie- Madeleine d’Aubray arrive en 1643 à Paris, où son père est nommé lieutenant civil. La jeune femme s’imagine grande dame, fêtée et surtout aimée. Son mariage avec le futur marquis de Brinvilliers ne lui apportera que le confort financier, sans combler ses désirs. Ses vraies passions, l’amour et l’argent, trouveront à s’incarner en deux hommes : M. de Penautier, trésorier des États de Languedoc et homme d’affaires, et Jean-Baptiste de Sainte-Croix, aventurier et alchimiste.

L’auteure :

Née à Paris en 1943, Catherine Hermary-Vieille a obtenu de nombreuses récompenses littéraires, dont le prix Femina pour Le Grand Vizir de la nuit (1981 ; Archipel, 2018) et le Grand Prix RTL 1987 pour L’Infidèle (Archipoche 2019).

Ma chronique :

Un roman passionnant, l’histoire de la décadence d’une marquise blessée dans son enfance dont la vie passera par des hauts et des bas terrifiants.

En refermant ce livre, on se dit quelle triste descente aux enfers, un destin implacable.

Le talent de l’écrivaine est de nous entraîner dans ce monde impitoyable du dix-septième siècle grâce à une fidèle reconstitution qui s’avère passionnante.

J’avais du mal à poser ce pavé qui se lit vite. L’écriture est très fluide.

Pour illustrer cette histoire vraie, l’auteure a inséré des documents réels dans le roman (des confessions notamment).

On se prend de pitié pour une héroïne pourtant reconnue comme criminelle.

Une histoire forte portée par un grand souffle narratif : à conseiller à tous les passionnés d’histoire.

Paru aux éditions Archipoche éditeur l’Archipel.

Notation :

Chronique de : Quand les hasards sont des rendez-vous de Magali Discours

Quand les hasards sont des rendez-vous

Résumé :

Dans le bar de Jocelyne, les habitués sont comme une famille. Il y a l’ancien : Papé, 85 ans, un sans-abri. Et les jeunes : Lisa, encore étudiante, et ses amis, avec lesquels elle a formé une troupe de théâtre amateur. Un soir d’été, Papé quitte ce monde. Ses petits-enfants de coeur deviennent les gardiens d’un étrange héritage …

L’auteure :

Née en 1971 sur l’île de Beauté, Magali Discours a grandi au bord de la Méditerranée. De son enfance provençale, elle a gardé un goût prononcé pour les accents chantants et un sens innée de la comédie. Professeur d’italien et responsable d’une troupe de théâtre, elle exerce dans un lycée de Beaune en Bourgogne. Magali Discours a remporté deux prix littéraires en 2020.

Ma chronique :

Une nouvelle collection chez l’Archipel : « Instants suspendus » : un joli nom qui illustre très bien l’ambiance du roman.

J’ai été happée par cette histoire : j’ai aimé remonter le temps pour découvrir la vie passionnante du héros et suivre le spectacle monté par quatre jeunes artistes. Le procédé est original, la mise en scène des jeunes comédiens sert de fil conducteur à l’intrigue.

Ces êtres cabossés m’ont émue, j’ai voyagé avec eux au cœur de Nice, en ce début du vingtième siècle. J’ai partagé la vie tourmentée de Papé et de ses proches. Le personnage de Jocelyne est particulièrement attachant, une patronne de bar pas comme les autres.

En résumé, une belle et douce lecture qui ne peut que nous toucher, à découvrir sans tarder aux éditions l’Archipel.

Notation :

Chronique de : Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas

Les fils du pêcheur

Résumé :

Alors que le narrateur vient d’apprendre qu’il sera bientôt père d’une petite fille, le téléphone sonne. À l’autre bout du fil, sa mère. Le bateau de son père, Jean, vient de sombrer « corps et biens ». Jamais Jean ne saura que sa petite-fille s’appellera Louise. Peut-être pour lui rendre hommage, peut-être pour apaiser son chagrin, le narrateur se met alors à écrire le roman de ce coquillier blanc et bleu, Ar c’hwil, né presque en même temps que lui. Derrière l’histoire du bateau, c’est celle du père, de ses peines et de ses drames qui se profile.

L’auteur :

Grégory Nicolas est né en Bretagne en 1984. Après avoir travaillé en tant que caviste à Rennes et professeur des écoles à Paris, il se consacre désormais à l’écriture. Il est notamment l’auteur de Des histoires pour cent ans (Rue des Promenades, 2018 ; Pocket, 2020) et de Équipiers (Hugo Sport, 2019) qui a reçu le prix Antoine-Blondin.

Ma chronique :

Une chronique douce et amère, comme la vie, se dit-on une fois refermé. Des hauts et des bas racontés avec brio : je retiens l’extrême pudeur mélangée à une grande humanité. Un beau résultat : un texte poignant qui salue la mémoire d’un patron pêcheur parti trop tôt.

J’ai passé un beau moment en compagnie de cette famille de pêcheurs. Le père, un taiseux, a des difficultés à communiquer son amour à ses proches alors qu’il met tout en œuvre pour les rendre heureux. Seul son bateau semble trouver grâce à ses yeux.

Le narrateur, son fils, détricote sa vie, plus sombre qu’elle ne le paraissait.

Des secrets, levés tardivement, éclairent ses enfants sur l’attitude paternelle. Depuis les années soixante-dix à nos jours, l’histoire de la France est au cœur des événements qui vont marquer la famille.

Un style fluide, une émotion palpable à chaque instant : de la littérature comme je l’aime.

Je vous recommande ce livre paru aux éditions Les Escales.

Notation :

Chronique de : Le dernier des Dulac de François Antelme

Résumé :

Île Maurice, 1928. Sous un ciel de cendres, un enfant vient au monde: on l’appellera Marc – celui par qui le malheur arrive… Chez les Dulac, ces «grands Blancs» dont les plantations sucrières garantissent la puissance, on se doit de tenir sa place, son rang. Pas Marc. Aussi brun que ses frère et sœur sont blonds, aussi isolé qu’ils sont choyés, le jeune homme tourmenté cherchera sa vie durant les réponses à ses questions.

L’auteur :

François Antelme est un auteur franco-mauricien. En 1968, il s’installe en France où il fonde une agence de communication à Paris en 1980. Il s’occupe notamment de la promotion touristique de l’île Maurice en Europe. Il est l’auteur d’un premier roman remarqué, L’Île aux somnambules (Acropole, 1985), suivi de Messie public (Carnot, 2004). Ses vingt premières années dans l’océan Indien restent très importantes pour lui. Elles lui ont inspiré Le Dernier des Dulac, publié en 2019 chez Slatkine & Cie.

Ma chronique :

Coup de cœur pour ce roman : une saga familiale avec pour décor l’île Maurice.

L’auteur nous raconte le destin hors norme de Marc, le benjamin des Dulac. Né dans une grande famille mauricienne d’origine française dominée par un père à la stature imposante, Marc se révèle différent de son frère et sa sœur. Tous se disent que le drame lié à sa naissance doit en être la cause.

Tissant habilement une intrigue qui mélange histoire mauricienne et secrets familiaux, l’auteur nous entraîne dans une aventure prenante et passionnante. La tension est constante, le rythme soutenu m’ont fait tourner les pages rapidement.

J’ai lu vite ce roman, j’ai aimé cette incursion dans l’histoire de l’île Maurice au travers d’un récit qui se déroule entre les années trente jusqu’à nos jours. La politique et l’avenir du pays sont au centre de l’intrigue et j’ai découvert un pan de l’histoire mauricienne que je ne connaissais pas.

Un livre à découvrir absolument.

Notation :

Chronique de : Fanny Stevenson d’Alexandra Lapierre

Fanny Stevenson

Résumé :

Un jour de printemps 1876, dans une auberge des bords du Loing, elle fait la connaissance d’un jeune intellectuel écossais. Il a onze ans de moins qu’elle. Il souffre des poumons et l’on craint pour sa vie. Entre ces deux êtres que tout sépare – elle est américaine, mariée, mère de trois enfants ; il est le fils unique d’austères bourgeois de l’époque victorienne – L’amour explose. Un amour plus fort que tous les interdits…

L’auteure :

Alliant le souffle de l’aventure à la rigueur de l’enquête, les livres d’Alexandra Lapierre ressuscitent les figures de grandes dames oubliées par l’Histoire. Elle est notamment l’auteur de Fanny Stevenson qui obtint le « Grand Prix des lectrices de ELLE », d’Artemisia qui fut couronné en Sorbonne par « Le Prix du XVIIe siècle ».

Ma chronique :

J’ai été impressionnée par la vie exceptionnelle de Fanny superbement racontée par Alexandra Lapierre, qui a enquêté cinq années et réuni beaucoup de documents (des lettres notamment) des proches et de la famille Stevenson.

Je n’ai pas lâché ce pavé de six cents cinquante pages, la vie de Fanny est juste incroyable. Dotée d’un sang froid hors du commun et d’une volonté de fer, elle suivra les pas de chercheurs d’or, se découvrira artiste et côtoie les grands peintres parisiens et voyagera beaucoup. Nous sommes au dix-neuvième siècle et elle est une femme, « chapeau bas ».

Muse parfaite, elle inspire son deuxième mari le fameux écrivain Robert Louis Stevenson. Elle sera sa béquille toutes les années où Robert subira ses nombreux problèmes de santé.

Une épopée fabuleuse, la vie de Fanny méritait bien une aussi belle biographie romancée.

On a aussi envie de relire les livres de Stevenson et de partir aux îles Samoa.

Une biographie à découvrir absolument, couronnée par le Prix des lectrices de Elle.

Notation :