Critique de : Ce que les peuples racines ont à nous dire de Frederika Van Ingen

Ce que les peuples racines ont à nous dire

Résumé :

Pour les Lakotas d’Amérique du Nord, les Kagabas de Colombie, les Amchis tibétains, les Quechuas d’Amazonie et bien d’autres peuples racines, la santé est d’abord synonyme d’équilibre. Dans le regard du chamane, du guérisseur ou de l’homme-médecine, la maladie est un symptôme : celui d’un déséquilibre qui prend sa source au-delà de la personne. C’est un regard qui change tout : nos corps sont les cellules du monde, nos groupes et sociétés ses organes, et nos maux physiques et psy­chiques, les signes d’une maladie du vivant qui nous habite.

L’auteure :

Frederika Van Ingen, journaliste et auteur de « Sagesses d’ailleurs pour vivre aujourd’hui » (Les Arènes, 2016), a exploré les thématiques de la médecine, de l’écologie, de la psychologie, avant de découvrir qu’elles étaient réunies avec une grande cohérence dans la vision millénaire des peuples racines. Sa recherche se concentre sur les passerelles à créer entre notre monde moderne et ces savoirs ancestraux. Elle anime égale­ment le « Cercle des passeurs ».

Ma chronique :

Un essai très complet et instructif qui donne envie de porter un autre regard sur les peuples racines dont le savoir millénaire, perdu dans notre monde, a tant à nous apprendre.

Tout est interconnecté, les hommes entre eux et la nature avec les hommes, nous l’avons oublié. Les peuples racines sont restés en lien avec la terre et la respectent.

Pour se soigner, ils utilisent par exemple des huttes de sudation qui pourraient s’assimiler à un sauna avec un travail complémentaire sur l’énergie qui est en nous. 

La hutte est utilisée parfois quotidiennement en prévention, c’est un outil de réharmonisation : notre intérieur va s’accorder sur la respiration avec le rythme de l’univers (explication donnée par les sioux). 

D’autres outils de guérison, qualifiés d’art thérapeutique, sont les peintures de sable ou la beauté qui soigne et la danse pour retrouver sa beauté intérieure chez les Lakotas ou chez les Hopis.

Ces peuples n’oublient pas les anciens qui sont des sages et occupent une place centrale.

J’ai particulièrement aimé la partie intitulée « peut-on transposer ces médecines ? », les occidentaux s’intéressant par exemple aux savoirs millénaires sur les plantes, attention à la monétisation de ces savoirs.

Retenons ce que l’auteure a noté dans « les idées clés » de son avant-dernier chapitre intitulé « devenir gardien de l’invisible » : « remettre le vivant et le respect de ses lois au cœur des intentions de nos collectifs permettrait de les rendre durables et d’accorder les énergies de ceux qui y participent dans le sens du vivant ».

Un livre passionnant à découvrir aux éditions Les Liens qui Libèrent.

Le site internet de l’auteure : https://www.lecercledespasseurs.fr

Notation :

Critique de : Les listes d’Elisabeth de Lulah Ellender

Les listes d’Elizabeth
Les listes d’Elizabeth

Résumé :
Plusieurs années après la mort de sa grand-mère Elisabeth, Lulah Ellender hérite d’un curieux objet – un carnet rempli de listes. Dans ces fragments de la vie quotidienne, Lulah découvre les détails de l’extraordinaire destin d’Elisabeth : son enfance de fille d’ambassadeur dans les années 1930 en Chine, son mariage avec un diplomate britannique et leur vie à Madrid sous Franco, à Beyrouth après la guerre, puis à Rio et à Paris. Tout au long de son existence, ces listes ont été pour elle une source de structure et de réconfort entre le faste de sa vie publique et les troubles de sa vie privée.

L’auteure :
Lulah Ellender est journaliste pour différents magazines britanniques. Elle vit à Lewes avec son mari et ses quatre enfants. Les Listes d’Elisabeth est son premier ouvrage.

Ma chronique :
Un récit touchant qui couvre trois générations grâce aux souvenirs de la grand-mère de l’auteure, femme de diplomate à la vie bien remplie.
Retrouver un carnet rempli de listes puis en écrire un roman témoignage, voilà une belle idée !

Comme le précise l’auteure, une liste permet de détailler le rôle des objets participants à notre vie. Ces objets sont aussi une composante de notre bonheur.
Les listes sont une trace du passé, révélateurs de la vie quotidienne et du caractère du rédacteur. 

J’ai aimé suivre les pas d’Elizabeth qui accompagne son mari autour de la planète, une vie riche et mouvementée avec des déménagements multiples qui nécessitent une grande adaptation.

Au fil de la lecture, l’auteure confie mieux comprendre sa grand-mère et sa mère : un beau voyage intergénérationnel.
À découvrir.

Paru aux éditions Les Escales.

Notation :

Dominique Fortier : Au péril de la mer

Au péril de la mer




Résumé 

Aux belles heures de sa bibliothèque, le Mont-Saint-Michel était connu comme la Cité des livres. C’est là, entre les murs gris de l’abbaye, que, au XVe siècle, un peintre rencontra un amour incandescent qui le hanta à jamais et c’est là qu’il découvrit, envoûté par les enluminures, la beauté du métier de copiste. C’est également là, entre ciel et mer, que cinq cents ans plus tard une romancière viendra chercher l’inspiration. Est-il encore possible d’écrire quand on vient de donner la vie ?

L’auteur 

Dominique Fortier est née à Québec et vit aujourd’hui à Montréal. Après un doctorat en littérature française à l’université McGill, elle exerce notamment le métier de traductrice. Son premier roman, Du bon usage des étoiles (2008), a remporté le prix Gens de mer du festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo. Elle a depuis publié Les Larmes de saint Laurent et, en compagnie de Nicolas Dickner, Révolutions. La Porte du ciel, son troisième roman, a été publié aux Escales en 2017.

Mon avis

Une lecture atypique et très poétique : un bel hommage au Mont Saint Michel et aux livres.

Dès les premières pages, la beauté du style enchante le lecteur : l’abbaye du Mont Saint Michel et les aventures du peintre amoureux d’une fille de riches marchands sont étroitement liées. La vie du peintre et des moines est bien retracée, les mots choisis, classiques, traduisent parfaitement l’ambiance du Moyen-Age : un voyage dans le temps bien agréable.

J’ai par contre été décontenancée par le découpage du livre, linéaire et fluide au départ, j’ai ensuite été un peu perdue par les alternances de chapitres entre les périodes moyenâgeuses et la partie contemporaine. Le récit devient plus complexe à suivre, c’est dommage.

Un roman qui ravira surtout les amateurs d’ouvrages historiques très bien documentés.

Lancez-vous dans la découverte de ce récit et n’hésitez pas à me donner vos ressentis.

Paru aux éditions Les Escales.

Notation :

Ogyen Trinley Dorje : Interconnectés

Interconnectés

Présentation :

Bien que le monde soit de plus en plus défini par la mondialisation et les réseaux de technologies numériques, on oublie souvent à quel point les individus sont reliés. Comment passer de la compréhension intellectuelle à une expérience de connexion pleinement vécue ? Comment canaliser notre intériorité afin de changer notre façon d’utiliser les ressources de la Terre et de travailler au changement social ? 

L’auteur :

Sa sainteté le Karmapa, Ogyen Trinley Dorje, est à la tête d’une lignée de 900 ans et l’un des plus importants chefs spirituels du bouddhisme. Il est connu pour son éloquence – fondée sur une éducation bouddhiste rigoureuse – dans la promotion des valeurs humaines universelles.

Mon avis :

Un essai qui interroge sur les valeurs de notre monde et la place de chaque être humain. Lumineux et nécessaire : à mettre dans toutes les mains. 

Le sous-titre « Réenchanter le monde ensemble » résume parfaitement le propos.

Interconnectés, est une réflexion sur les liens entre les comportements individuels et collectifs qui amènent à élaborer une société mondiale au diapason avec l’interdépendance plutôt que de s’y opposer. 

Le terme « Interdépendance » résume le message délivré : « notre monde intérieur et le monde extérieur sont étroitement liés ». Modifier notre état d’esprit et comportement a un impact sur la justice sociale et environnementale. La prise de conscience de l’interdépendance est la première étape : une prise de conscience à la fois intellectuelle et émotionnelle.

Si l’on s’implique émotionnellement, chaque individu peut mener des actions efficaces pour transformer cette action individuelle en lien avec notre interdépendance. 

Dans cet exposé, j’ai surtout retenu qu’il ne suffit pas de savoir que nous sommes interconnectés mais que nous devons le ressentir pour que nous agissions en faveur de cette interconnexion.

Sous cet angle sont abordés des réflexions sur la diversité, l’égalité sociale ou les changements climatiques.

Notre épanouissement personnel a une influence positive sur autrui, participe au bonheur de nos communautés et sera bénéfique à terme à l’ensemble de la communauté humaine.

À méditer.

Paru aux éditions Massot.

Voici un reportage de l’Agence Anne et Arnaud :

Notation :

Karen Viggers : Le bruissement des feuilles

Le bruissement des feuilles

Résumé 

Miki, dix-sept ans, vit coupée du monde depuis l’incendie qui a coûté la vie à ses parents. Sous le joug de son frère Kurt, un chrétien fondamentaliste, elle travaille comme serveuse dans leur restaurant et le soir, se rêve en héroïne de romans. Lors d’une escapade secrète en forêt, elle fait la rencontre de Leon, un garde forestier tout juste installé en Tasmanie. Les deux jeunes gens se donnent alors une mission extraordinaire : sauver les diables de Tasmanie de l’extinction.

Au cœur de paysages somptueux, le combat inoubliable d’une jeune fille pour protéger la nature et se sauver elle-même.

L’auteur 

Née à Melbourne, Karen Viggers est vétérinaire, spécialiste de la faune sauvage. Elle exerce dans divers milieux naturels, y compris l’Antarctique. Elle vit aujourd’hui à Canberra où elle partage son temps entre son cabinet et l’écriture.

Mon avis

J’ai adoré ce voyage au cœur de la Tasmanie, autant pour ses personnages attachants que pour son décor grandiose. 

Cela peut paraître étonnant mais je découvre seulement cette auteure australienne, très connue depuis son best-seller « La mémoire des embruns ».

À la fois roman d’aventure et initiatique, nous suivons deux héros : Miki, jeune fille isolée sous le joug de son frère tyrannique et Leon, un jeune homme qui décide de commencer une nouvelle vie loin de ses parents.

Miki va rencontrer une femme amoureuse de la littérature comme elle, les livres les rapprochent tandis que Leon se lie avec Max, un jeune voisin.

Amoureuse de la nature et plus particulièrement des eucalyptus, Miki est heureuse lorsqu’elle parcourt les forêts, les arbres sont comme des amis pour cette jeune fille solitaire. Quels sont ces bruissements de feuilles évoqués dans le titre ? De douces paroles réconfortantes qui la feront grandir.

Son amour pour la faune sauvage l’amènera à croiser le chemin de Leon le jeune garde forestier. 

Leon, doit se battre pour se faire une place dans cette ville où les bûcherons n’apprécient pas les gardes forestiers. 

Dans ce livre passionnant, il est question d’écologie, d’amitié, de la puissance des relations intergénérationnelles et de notre lien avec la nature : tous ces thèmes sont abordés avec délicatesse et finesse.

Une très belle lecture émouvante et captivante : à découvrir sans tarder.

Paru aux Éditions Les Escales.

Notation :