Critique de : La Crevette et l’Anémone de Leslie Poles Hartley

La crevette et l’anémone

Résumé :

Au début du siècle dans une petite ville anglaise bourgeoise et puritaine du bord de mer, Eustache et Hilda s’abandonnent aux plaisirs des jeux de plage. Eustache, délicat et sensible, est totalement dominé par sa sœur aînée Hilda, maternelle et passionnée. L’autorité dont elle fait preuve à son égard et à laquelle il se soumet sans rechigner est aussi la marque de l’amour qu’elle éprouve pour lui. Car les deux enfants s’aiment au point qu’Eustache puisse envisager que la vie se réduise à leur seule présence. 

L’auteur : 

Leslie Pôles Hartley, né le 30 décembre 1895 et mort le 13 décembre 1972 est un écrivain britannique du XXe siècle réputé pour ses romans et nouvelles.

Ma chronique :

Un superbe roman d’apprentissage rempli de tendresse et d’émotions. Ce livre aux accents « so British » est une lecture vraiment délicieuse.

J’ai craqué pour Eustache, le jeune garçon : je m’y suis beaucoup attachée. Comment résister devant cet enfant tiraillé entre le devoir, être un gentleman, et la vie insouciante d’un gamin ?

Hilda, sa grande sœur, l’aide de son mieux et lui sert de seconde mère. Un amour indéfectible les unit, Eustache est subjugué par sa grande sœur. La vie va-t-elle leur permettre de rester toujours ensemble ? Nous les accompagnons dans cette époque du début du vingtième siècle lorsque les engins à moteur, trop bruyants aux yeux des protagonistes, étaient en minorité sur les routes.

Ce récit intimiste est à la fois très émouvant, avec ses personnages si attachants, et d’une grande douceur. J’ai été conquise.

L’écriture fluide, poétique et châtiée concourt au plaisir de cette lecture.

Je vous le recommande vivement et j’attends le deuxième tome avec impatience !

Paru dans la belle collection « Petit Quai Voltaire » aux éditions de la Table Ronde.

Notation :

Critique de : Un conte de deux villes de Charles Dickens

Un conte de deux villes

Résumé :

Embastillé pendant dix-huit ans pour délit d’opinion, Alexandre Manette est enfin libéré. Sa fille Lucie, qui le croyait mort, quitte aussitôt l’Angleterre, où elle vivait en exil, pour le retrouver à Paris, le ramener à Londres et lui rendre la santé.

Cinq années ont passé lorsque la fille et le père sont appelés à la barre des témoins lors du procès d’un émigré français, accusé de haute trahison par la Couronne britannique. Il s’appelle Charles Darnay et deviendra bientôt le gendre de Manette, qui l’a sauvé d’une condamnation à mort.

L’auteur :

Charles Dickens (Portsmouth, 1812 – Higham, 1870), le géant des lettres britanniques, est l’auteur de David Copperfield et Oliver Twist, souvent adaptés au théâtre et au cinéma. Écrivain engagé contre la misère sociale et l’exploitation industrielle, il est inhumé à l’abbaye de Westminster.

Ma chronique :

Quoi de mieux que de célébrer le cent cinquantenaire de la mort de Dickens avec un de ces ouvrages. Merci aux éditions l’Archipel d’avoir réédité ce texte moins connu qu’Oliver Twist.

Dans ce roman de Charles Dickens que l’on peut qualifier de roman historique, la révolution française avec la Terreur sont très bien dépeintes par ce grand écrivain anglais. Toutes les classes sociales sont représentées : tenancier, banquier ou aristocrate et le roman alterne entre Paris et Londres sur plusieurs périodes historiques.

L’intrigue est bien construite, dense et pleine de rebondissements avec ses personnages attachants. Un grand souffle romanesque parcourt tout le roman avec son lot de petites et grandes tragédies. J’ai eu plaisir à retrouver ce grand auteur classique.

Publié aux éditions L’Archipel chez Archipoche.

Notation :

Critique de : Amour et amitié de Jane Austen

Amour et Amitié

Résumé :

« De tous les talents ordinairement en possession de mon sexe j’étais la maîtresse. Au couvent, mes progrès avaient toujours été plus grands que ne le permettait l’instruction reçue, les connaissances dont je disposais étonnaient chez quelqu’un de mon âge, et je surpassai bientôt mes maîtres

Toutes les vertus susceptibles d’orner un esprit se retrouvaient dans le mien. Il était le lieu de rencontre de toutes les qualités et de tous les sentiments élevés. 

Mon seul défaut, s’il mérite ce nom, était de posséder une sensibilité trop vive, prompte à s’émouvoir de toutes les afflictions de mes amis, des personnes de ma connaissance, et plus encore des miennes ».

L’auteure :

Romancière anglaise née en 1775, morte à Winchester en 1817. Commença d’écrire pour distraire sa famille. Ses romans dépeignent, avec finesse et vivacité, le petit monde provincial et familial qui fut le sien.

Ma chronique :

« Amour et amitié » est un roman épistolaire écrit par Jane pendant son adolescence.

J’ai lu cet ouvrage sans lire la préface et j’ai été surprise par l’histoire : cela ressemblait à une farce, les situations abracadabrantesques se succèdent et le ridicule plane parfois sur les situations et personnages. 

L’auteure fait une parodie des romans sentimentaux très lus par les jeunes filles.

On le lit avec plaisir, l’ironie sous-jacente et son talent d’écrivain sont déjà présents. Donc régalons-nous de ce texte et ne boudons pas notre plaisir à lire  et relire Jane Austen.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Les listes d’Elisabeth de Lulah Ellender

Les listes d’Elizabeth
Les listes d’Elizabeth

Résumé :
Plusieurs années après la mort de sa grand-mère Elisabeth, Lulah Ellender hérite d’un curieux objet – un carnet rempli de listes. Dans ces fragments de la vie quotidienne, Lulah découvre les détails de l’extraordinaire destin d’Elisabeth : son enfance de fille d’ambassadeur dans les années 1930 en Chine, son mariage avec un diplomate britannique et leur vie à Madrid sous Franco, à Beyrouth après la guerre, puis à Rio et à Paris. Tout au long de son existence, ces listes ont été pour elle une source de structure et de réconfort entre le faste de sa vie publique et les troubles de sa vie privée.

L’auteure :
Lulah Ellender est journaliste pour différents magazines britanniques. Elle vit à Lewes avec son mari et ses quatre enfants. Les Listes d’Elisabeth est son premier ouvrage.

Ma chronique :
Un récit touchant qui couvre trois générations grâce aux souvenirs de la grand-mère de l’auteure, femme de diplomate à la vie bien remplie.
Retrouver un carnet rempli de listes puis en écrire un roman témoignage, voilà une belle idée !

Comme le précise l’auteure, une liste permet de détailler le rôle des objets participants à notre vie. Ces objets sont aussi une composante de notre bonheur.
Les listes sont une trace du passé, révélateurs de la vie quotidienne et du caractère du rédacteur. 

J’ai aimé suivre les pas d’Elizabeth qui accompagne son mari autour de la planète, une vie riche et mouvementée avec des déménagements multiples qui nécessitent une grande adaptation.

Au fil de la lecture, l’auteure confie mieux comprendre sa grand-mère et sa mère : un beau voyage intergénérationnel.
À découvrir.

Paru aux éditions Les Escales.

Notation :

Anne Youngson : Il n’est jamais trop tard

Résumé :

Lorsque Tina Hopgood écrit une lettre depuis sa ferme anglaise à un homme qu’elle n’a jamais rencontré, elle ne s’attend pas à recevoir de réponse. Et quand Anders Larsen, conservateur solitaire d’un musée de Copenhague, lui renvoie une missive, il n’ose pas espérer poursuivre les échanges. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont tous deux en quête de quelque chose. Anders a perdu sa femme, ses espoirs et ses rêves d’avenir. Tina se sent coincée dans son mariage. Leur correspondance s’épanouit au fur et à mesure qu’ils s’apprivoisent au travers de leurs histoires personnelles : des joies, des angoisses, toutes sortes de découvertes. 

L’auteur :

Anne Youngson vit dans l’Oxfordshire en Angleterre, ce livre est son premier roman.

Mon avis :

Un roman épistolaire agréable qui se lit sourire aux lèvres.

Le propos est plutôt classique, l’inattendu réside dans le profil de chacun des héros.

Ils sont si différents Tina et Anders : elle vit en Angleterre dans une ferme tandis que lui est danois et conservateur de musée. La correspondance débute autour du questionnement sur un homme mort il y a plus de deux mille ans, l’homme de Tollund dont les restes sont conservés au musée de Silkeborg au Danemark.

Petit à petit chacun se raconte en se dévoilant davantage.

Le lecteur reste accroché à l’histoire de chacun de ces personnages tout en se demandant où cela les mènera.

Empreint d’une grande sensibilité, avec une écriture simple mais fluide : un roman plaisant.

Paru aux éditions Denoël.

Traduit de l’anglais par Perrine Chambon

Notation :