Chronique de : Qui a tué Rose ? de Claire Allan

Résumé :

Quand Emily sort du centre commercial ce jour-là, elle assiste, impuissante, à un accident : une femme est renversée par un automobiliste qui prend la fuite.

Très vite, la presse locale relaie les détails du drame : la victime s’appelait Rose. Mère d’un petit garçon et épouse du célèbre écrivain Cian Grahame, elle travaillait comme assistante dans un cabinet dentaire. En effectuant des recherches sur les réseaux sociaux, Emily se met à envier la vie si parfaite de Rose …

L’auteure :

Après avoir été journaliste au Derry Journal, Claire Allan se lance dans l’écriture de suspenses, dont « Ne la quitte pas du regard » (L’Archipel, 2021 ; Archipoche, 2022). Qui a tué Rose ? a été un succès tant en Grande-Bretagne qu’aux États-Unis : plus de 250 000 exemplaires vendus. Elle réside à Londonderry, en Irlande du Nord. 

Ma chronique :

Un thriller redoutablement efficace, impossible à lâcher.

L’auteure nous fait partager le quotidien d’Emily, jeune femme en perdition : seule, addict aux somnifères et à l’alcool. Persuadée que son ex mari la poursuit pour lui faire du mal, elle interprète le décès de Rose comme une mort qui lui était destinée.

Après ces événements dramatiques, le rythme de l’intrigue s’accélère.

Certains personnages autour d’Emily cherchent à l’aider comme Maud, sa fidèle amie ou ses nouvelles collègues alors que l’ombre de son ex mari plane toujours.

Quelle relation peut-elle entretenir avec le veuf de Rose, ce séduisant auteur inconsolable ?

De secrets déterrés en rebondissements, la tension s’intensifie dans la deuxième moitié du livre alors qu’Emily a l’impression d’aller mieux.

Qui croire dans cette histoire ? Une intrigue qui ne livrera tous ses secrets qu’à la toute fin du livre.

Je découvre cette auteure dont c’est le deuxième roman, un titre prometteur.

Paru aux éditions de l’Archipel.

Chronique de : Les incandescentes de C.J. Tudor

Résumé :

Pour le révérend Jack Brooks et sa fille Flo, c’est censé être un nouveau départ. Mais au sein de cette petite communauté unie, imprégnée de superstitions anciennes, la méfiance envers les étrangers est difficile à surmonter. Les secrets du village sont aussi profonds et sombres que la tombe.

L’auteure :

CJ Tudor est une auteure anglaise née à Salisbury et vivant aujourd’hui à Nottingham. Avant de se consacrer à l’écriture, elle a travaillé comme journaliste, rédactrice en chef, scénariste, voix-off et présentatrice TV. Son premier roman, sombre et macabre, intitulé L’homme craie parait en 2018 et elle est récompensée par les prix du meilleur premier roman du prix Barry 2019 et du prix Thriller 2019.

Ma chronique :

Un thriller ésotérique au rythme trépidant.

J’ai aimé les personnages atypiques comme le révérend qui mène l’enquête ou Aaron le surveillant de la chapelle 

Dans le village au lourd passé, de disparitions inexpliquées et de familles brûlées sur un bûcher, chacun semble cacher quelque chose. Lorsque des nouveaux débarquent, comme Jack, le mutisme des villageois est à son comble.

Pendant ce temps, les héros font face à des actes de satanisme, de sorcellerie et sont face à des fantômes.

Frissons garantis.

La tension monte crescendo et le rythme tendu se poursuit jusqu’à la fin inattendue.

Un pavé de cinq cent pages qui se dévore.

À conseiller aux amateurs de thriller.

Chronique de : Le premier jour du printemps de Nancy Tucker

Résumé :

Peut-on pardonner l’impardonnable ? Chrissie est une enfant solitaire qui grandit dans une banlieue anglaise sordide. Délaissée par un père absent et une mère démissionnaire qui fait tout pour ne plus avoir à s’occuper d’elle, son quotidien est violent et misérable. La seule chose qui donne à Chrissie l’impression d’être vivante, c’est son secret. Et rien que d’y penser, elle en a des papillons dans le ventre. Le premier jour du printemps, elle a tué un petit garçon.

L’auteure :

Diplômée de l’université d’Oxford en psychologie expérimentale, Nancy Tucker travaille au sein d’une unité de soins psychiatriques au Royaume-Uni. Le Premier Jour du printemps est son premier roman.

Ma chronique :

Un livre choc : nos convictions sur les questions de culpabilité sont ébranlées. J’ai été secouée par cette lecture.

La petite Chrissie, huit ans, traîne beaucoup dans les rues et cherche systématiquement à se retrouver aux heures des repas avec ses copines, espérant ainsi manger quelque chose. Chez elle, une mère démissionnaire qui oublie d’acheter à manger et ne lui parle pas. Elle semble invisible à ses yeux.

Un jour, le drame arrive, Chrissie commet l’irréparable pour se sentir exister, par jalousie aussi.

Qui est coupable ici ? Est-ce vraiment la gamine que tous appellent « mauvaise graine », qui a faim et que les parents délaissent complètement ?

Nos valeurs morales vacillent, ce roman questionne et interpelle. Chrissie est une enfant coupable qui inspire de la compassion.

L’alternance entre le récit de Chrissie petite et de sa vie adulte donne un éclairage sur son destin bousculé par son enfance.

Un livre bouleversant et fort à ne pas rater.

Publié aux éditions Les Escales

Chronique de : Un long, si long après-midi d’Inga Vesper

Résumé :

Dans sa cuisine baignée de soleil californien, Joyce rêve à sa fenêtre. Elle est blanche, elle est riche. Son horizon de femme au foyer, pourtant, s’arrête aux haies bien taillées de son jardin. Ruby, elle, travaille comme femme de ménage chez Joyce et rêve de changer de vie. Mais en 1959, la société américaine n’a rien à offrir à une jeune fille noire et pauvre.

L’auteure :

Inga Vesper vit en Ecosse. Elle a longtemps travaillé comme aide-soignante, avant de se tourner vers le journalisme-reportage (en Syrie et en Tanzanie notamment). Un long, si long après-midi est son premier roman.

Ma chronique :

Ne vous fiez pas à la couverture lumineuse et gaie, la vie des habitants dans ces quartiers n’est pas toujours facile, surtout pour les femmes à la fin des années cinquante.

Une lecture marquante qui rappelle « La couleur des sentiments » avec du suspense en plus. Ce n’est pas non plus un polar même si une enquête est menée pour retrouver Joyce.

Derrière les belles maisons aux jardins impeccables, vivent des couples dont la femme a pour rôle d’élever les enfants et de gérer la maison alors que le mari travaille et ne rentre que le soir. Des bonnes, de couleur, payées une misère les aide pour le ménage. Le décor est planté ainsi dès le début puis le voile tombe rapidement et l’on comprend que Joyce n’est pas heureuse. Lorsqu’elle disparaît, toutes les pistes sont privilégiées par l’enquêteur.

Prisonnière d’une cage dorée, soumise à son mari et aux caprices des enfants, sous tranquillisants, voici le vrai visage de cette femme belle et toujours impeccablement habillée. Celle qui la connaît bien c’est Ruby, la femme de ménage, nous sommes amies dit-elle et elle me respecte.

Un roman féministe, une vision de la Californie sans les paillettes avec une écriture fluide, sensible pour décrire ses vies de femmes confrontées au sexisme et à la violence au sein de la famille.

J’ai aimé les deux personnages féminins, Joyce et Ruby, qui se battent pour tenter de vivre libres et plus autonomes. J’ai eu de l’empathie pour elles et pour leurs combats.

Un livre touchant à ne pas rater.

Paru aux éditions de la Martinière.

Notation :

Chronique de : Le festin de Margaret Kennedy

Résumé :

Cornouailles, 1947. Comme tous les étés, le révérend Seddon rend visite au père Bott. Hélas, son ami n’a pas de temps à lui accorder cette année, car il doit écrire une oraison funèbre : l’hôtel de Pendizack, manoir donnant sur une paisible crique, vient de disparaître sous l’éboulement de la falaise qui le surplombait. Et avec lui, sept résidents… Dans cette maison reconvertie en hôtel par ses propriétaires désargentés étaient réunis les plus hétéroclites des vacanciers …

L’auteure :

Margaret Kennedy (1896-1967) est née à Londres et a étudié l’histoire à l’université de Sommerville (Oxford), où elle a commencé d’écrire. En 1924, son deuxième roman, La Nymphe au cœur fidèle (Plon, 1927 ; réédité au Mercure de France sous le titre Tessa, 2006) s’est vendu dans le monde entier. Kennedy est l’auteure de quinze autres romans, parmi lesquels Le Festin (1950) et Pronto (Plon, 1954).

Ma chronique :

Encore une belle pépite sélectionnée par les Éditions de la Table Ronde. Un roman paru en 1950 et réédité en France.

Un roman « so British » qui m’a tenue en haleine tout du long : très agréable à lire avec sa touche sarcastique, parfois humoristique et ses personnages attachants.

Prenez une pension proche d’une falaise, des propriétaires désargentés, sept disparus, sept péchés capitaux et un compte à rebours de sept jours.

L’auteure joue avec nos nerfs dès le début de l’histoire lorsqu’on apprend qu’un morceau de falaise s’est écrasé sur une pension. Il est question d’enterrement et de survivants, à la toute fin seulement nous saurons tout. Mais on oublie le drame en suivant l’histoire racontée en sept chapitres, les sept jours avant l’effondrement.

Les résidents ont tous des failles, certaines s’apparentent aux sept péchés capitaux comme la paresse, l’avarice ou la luxure. Dans cette galerie de personnages, mes préférés sont les petites Cove, lumineuses et toujours généreuses malgré la méchanceté de leur mère. Le festin est aussi une peinture saisissante de ces années d’après-guerre avec leurs lots de privations.

Je vous encourage fortement à lire cet ouvrage pour l’histoire, le style et le plaisir de découvrir une auteure anglaise du siècle dernier.

Paru aux éditions de la Table Ronde

Notation :