Chronique de : Magnificat de François-Henri Soulié

Magnificat

Résumé :

An 1177. La vicomtesse Ermengarde règne seule sur le riche comté de Narbonne. Dernière de sa dynastie, elle entretient une cour raffinée dont le jeune troubadour Guilhem de Malpas est le plus brillant fleuron. Dans l’ombre, elle est pourtant la proie d’un complot implacable. Les marchands, qui constituent la richesse de la ville, veulent faire du comté une république à l’égal de Gênes ou de Pise. Le comte de Toulouse rêve de s’emparer du comté …

L’auteur :

François-Henri Soulié est un homme de théâtre aux multiples casquettes : écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène et scénariste. Il a reçu le Prix du premier roman du festival de Beaune en 2016 pour Il n’y a pas de passé simple, paru aux Éditions du Masque. Ce livre a inauguré la série des « Aventures de Skander Corsaro ».

Ma chronique :

Après Angelus, voici Magnificat, la suite des aventures de Guilhem et sa famille se déroulant en Occitanie.

J’ai lu cette suite avec autant de plaisir que le premier opus. J’y ai retrouvé les ingrédients qui ont fait le succès du premier : une intrigue bien ficelée et étayée historiquement avec des personnages attachants. On y retrouve aussi les codes des grands romans d’aventure avec ses rebondissements nombreux, les félonies des uns et la bravoure des autres. Le tout avec un rythme enlevé qui ne faiblit pas.

Dans la postface, les notes de l’auteur précisent tout ce qui est véridique ici.

Je précise aussi que cet épisode peut se lire indépendamment

François-Henri Soulié mêle avec brio érudition historique, suspense et aventures.

Un roman historique captivant à découvrir aux éditions 10 18.

Merci Babelio et les éditions 10 18 pour cette lecture.

Notation :

Chronique de : Je chemine avec Angélique Kidjo de Sophie Lhuillier

Je chemine avec Angélique Kidjo

Présentation :

« Avant d’être femme, avant d’être noire, je suis un être humain. Née dans une famille de dix enfants, au Bénin, j’ai reçu une éducation atypique. Mes parents étaient féministes : filles comme garçons, nous allions tous à l’école et participions équitablement aux tâches ménagères. Ils ne nous dictaient jamais notre conduite mais nous incitaient à nous remettre en question. Nous avons appris à associer la tête et le cœur à nos réflexions. Cela me définit bien : je suis cette personne à qui on a enseigné la tolérance. Et la musique, bien sûr, est inscrite au cœur de ma personnalité. Mon père jouait du banjo, ma mère chantait. C’est elle qui m’a appris à chanter. »

Ma chronique :

Un portrait inspirant d’une « belle personne », un discours passionnant de la grande diva.

Elle a grandi au Bénin et a reçu la même éducation que ses frères. Son père leur disait « Votre cerveau est votre arme absolue. Réfléchissez. ». Une mère féministe qui élève ses garçons comme ses filles pour qu’ils soient indépendants et que leur femme ne soit pas leur domestique.

Arrivée en France en 1983 et suit des études musicales tout en s’intéressant au droit. Les rencontres, dont son mari bassiste et compositeur vont la lancer.

Un parcours jalonné de succès avec des désillusions parfois. Ses messages : « rester calme et positif », « savoir rester humble ». Sa devise « Vivre avec plus de tolérance et d’amour et moins de violence.

De précieux conseils pour des jeunes qui souhaiteraient s’engager dans ce métier et des pistes de réflexion sur notre société.

J’ai aimé le discours de cette amoureuse de la justice qui donne envie de tendre une main vers son prochain.

À conseiller aux jeunes et à tous.

Paru aux éditions du Seuil dans la collection « Je chemine avec … ».

Notation :

Chronique de : Sialimar d’Emad Jarar

Sialimar

Résumé

Quelque part dans la partie occidentale de la mer Méditerranée en 2032, la ville de Sialimar est une cité portuaire d’un État imaginaire, la Romagnie, riche de sa tradition chrétienne et fille d’une histoire deux fois millénaire. Le récit retrace le destin d’une jeune femme, et à travers lui, celui d’un homme à qui tout réussit, jusqu’au jour où le legs de son enfance musulmane le rattrape. Ce beau-parleur, parfaitement assimilé dans la société moderne qui avait accueilli ses parents immigrés, sûr de lui et l’esprit bercé de sa passion pour les mots et la supériorité de ses idées, ressent néanmoins le besoin de renouer avec ses racines musulmanes?; et pour improbable que ce soit, de poursuivre l’éternel combat de ses ancêtres…

L’auteur :

Diplômé de l’université de Columbia, homme d’affaires, financier et ancien gérant de Hedge fund, Emad Jarar a longtemps travaillé ou vécu aux Etats-Unis. Il parle ou écrit plus ou moins couramment cinq langues, mais le français, parfois l’anglais, est sa langue d’écriture. Arabisant, bon connaisseur du monde arabe de par ses origines, il entend jeter un regard différent sur la société moderne et ses rapports à l’Islam.

Ma chronique :

J’ai été déstabilisée par cette lecture et je n’ai pas apprécié ce texte.

Je me suis demandée s’il s’agissait d’un essai ou d’un roman, l’auteur adopte un ton professoral dès l’introduction. Je n’ai pas trouvé ma place de lecteur dans la construction de ce livre.

Trop dense et confus, je n’ai pas réussi à m’attacher à l’histoire et aux personnages noyés sous un discours docte et complexe.

Le sujet est intéressant : les religions et leur place dans notre société, la laïcité, la tolérance…

Peut-être qu’un essai plus court et ramassé sur ces thèmes aurait été plus agréable à lire ? Ce n’est que mon humble avis.

Je remercie Babelio pour cette lecture et suis curieuse de découvrir l’avis des autres lecteurs.

Notation :

Chronique de : Le dernier des Dulac de François Antelme

Résumé :

Île Maurice, 1928. Sous un ciel de cendres, un enfant vient au monde: on l’appellera Marc – celui par qui le malheur arrive… Chez les Dulac, ces «grands Blancs» dont les plantations sucrières garantissent la puissance, on se doit de tenir sa place, son rang. Pas Marc. Aussi brun que ses frère et sœur sont blonds, aussi isolé qu’ils sont choyés, le jeune homme tourmenté cherchera sa vie durant les réponses à ses questions.

L’auteur :

François Antelme est un auteur franco-mauricien. En 1968, il s’installe en France où il fonde une agence de communication à Paris en 1980. Il s’occupe notamment de la promotion touristique de l’île Maurice en Europe. Il est l’auteur d’un premier roman remarqué, L’Île aux somnambules (Acropole, 1985), suivi de Messie public (Carnot, 2004). Ses vingt premières années dans l’océan Indien restent très importantes pour lui. Elles lui ont inspiré Le Dernier des Dulac, publié en 2019 chez Slatkine & Cie.

Ma chronique :

Coup de cœur pour ce roman : une saga familiale avec pour décor l’île Maurice.

L’auteur nous raconte le destin hors norme de Marc, le benjamin des Dulac. Né dans une grande famille mauricienne d’origine française dominée par un père à la stature imposante, Marc se révèle différent de son frère et sa sœur. Tous se disent que le drame lié à sa naissance doit en être la cause.

Tissant habilement une intrigue qui mélange histoire mauricienne et secrets familiaux, l’auteur nous entraîne dans une aventure prenante et passionnante. La tension est constante, le rythme soutenu m’ont fait tourner les pages rapidement.

J’ai lu vite ce roman, j’ai aimé cette incursion dans l’histoire de l’île Maurice au travers d’un récit qui se déroule entre les années trente jusqu’à nos jours. La politique et l’avenir du pays sont au centre de l’intrigue et j’ai découvert un pan de l’histoire mauricienne que je ne connaissais pas.

Un livre à découvrir absolument.

Notation :

Chronique de : La fureur de Frédégonde d’Éric Fouassier

La fureur de Frédégonde

Résumé :

Automne 575. Depuis le décès de Clovis, les royaumes francs ont plongé dans l’instabilité, divisés entre trois héritiers qui s’affrontent pour monter sur le trône. Lorsque le souverain d’Austrasie est assassiné, sa veuve Brunehilde se retrouve prisonnière en territoire ennemi, séparée de ses enfants. Elle devra user de tous les stratagèmes pour survivre à la fureur de sa rivale Frédégonde, qui ne recule devant rien pour asseoir son pouvoir et éliminer ceux qui se dressent sur son chemin. C’est dans ce contexte tendu que le jeune gallo-romain Arsenius Pontius est appelé à Tours par son parrain …

L’auteur :

Après un doctorat en pharmacie puis un autre en droit, Éric Fouassier s’est spécialisé dans l’histoire de la médecine qu’il enseigne en faculté. Passionné d’énigmes et de codes secrets, il est l’auteur d’une première trilogie de policiers historiques consacrée au chevalier Bayard.

Ma chronique :

Deuxième tome pour « Les francs royaumes », toujours aussi réussi.

J’ai aimé cette incursion dans le haut moyen-âge, parmi les rois mérovingiens.

Une période historique moins connue, comme le fait remarquer l’auteur, qu’il parvient à nous rendre vivante et captivante.

L’intrigue policière est complètement intégrée dans la réalité historique : les personnages véridiques et ceux de fiction se croisent et cela coulisse parfaitement.

Son sens du romanesque et la qualité de la construction de l’intrigue donnent une lecture très fluide et addictive. 

L’atmosphère est très bien rendue et le lecteur complètement immergé dans ces temps anciens.

En fin d’ouvrage, l’auteur présente toutes les références historiques sur lesquelles il s’est appuyé et si nous l’avions oublié, nous apprenons notamment que Grégoire de Tours a joué un rôle important auprès de Chilpéric et Frédégonde.

Un très bon roman historique mêlant enquête et grande histoire, bien écrit.

Pour les amateurs, à ne pas manquer.

Publié aux éditions Le Masque.

Notation :