Critique de : Tant qu’il y aura des cèdres de Pierre Jarawan

Tant qu’il y aura des cèdres

Résumé :

Après avoir fui le Liban, les parents de Samir se réfugient en Allemagne où ils fondent une famille soudée autour de la personnalité solaire de Brahim, le père. Des années plus tard, ce dernier disparaît sans explication, pulvérisant leur bonheur. Samir a huit ans et cet abandon ouvre un gouffre qu’il ne parvient plus à refermer. 

L’auteur :

Tant qu’il y aura des cèdres est le premier roman de Pierre Jarawan, poète et slameur de renom.

Ma chronique :

Ce beau premier roman est une magnifique déclaration d’amour au Liban.

Un texte envoûtant, avec une construction originale, mêle conte et réalité. Ce qui m’a paru puissant : la réalité et l’imaginaire se répondent dans une histoire habilement construite qui cache une vérité tragique.

La quête de Samir, ce jeune homme qui cherche désespérément son père est palpitante et très émouvante. La solitude le ronge et tout le ramène au disparu, cela l’étouffe.

Son père veillait sur lui et lui racontait des histoires fabuleuses : comment faire sans lui ?

Son pays d’origine, le Liban, dont son père lui parlait tant l’attire énormément. Il devient un grand connaisseur de sa patrie et rêve de retrouver son père pour enfin comprendre sa disparition.

Ce roman est une totale immersion dans ce pays, le Liban, encensé par le protagoniste. Ce pays a longtemps été déchiré par la guerre, il est aussi une terre qui regorge de beautés naturelles comme les fameux cèdres, centenaires voire millénaires. Il est aussi question d’immigration, d’intégration et de cohabitation inter-religion.

Un beau roman captivant avec une intrigue prenante ancrée dans un contexte historique fort. Une belle découverte que je recommande à tous.

Paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :

Critique de : Menu d’amour de Nicolas Barreau

Menu d’amour

Résumé :

Henri, étudiant en lettres un brin rêveur, est secrètement amoureux de Valérie, aussi pétillante qu’inaccessible. Lorsque cette dernière succombe au charme d’un bel Italien, Henri se voit condamné à rester l’éternel confident. Pourtant une découverte au détour d’un livre ancien lui redonne espoir : la recette d’un élixir d’amour. ..

L’auteur :

Sous le pseudonyme de Nicolas Barreau se cache un auteur franco-allemand qui travaille dans le monde de l’édition.

Ma chronique :

Un régal comme chacune de ses publications, en le terminant je me dis : où le ranger, avec les livres de cuisine ou proche des romans ?

Oui car ce livre est à la fois une ode à l’amour et à la gastronomie : peut-on conquérir une femme en la régalant de bons petits plats ?

Dans le prologue, l’auteur fait le lien entre cette histoire et « le sourire des femmes » autre roman qui lie la cuisine et l’amour.

Ce que j’aime aussi dans les romans de Nicolas Barreau c’est le lien avec la littérature : notre héros lit beaucoup et un livre va jouer un grand rôle. 

Une belle histoire, un peu courte, à peine une centaine de pages.

Mon conseil, lisez-le lentement pour faire durer le plaisir !

Deuxième conseil : demandez à votre Valentin ou Valentine de vous l’offrir !

Paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :

Mes coups de cœur livresques de 2019

Une année riche en découvertes, voici mes 12 romans préférés classés par date de parution, à la suite les documents et ouvrages de développement personnel les plus marquants de l’année :

Edith et Olivier de Michèle Forbes 

Belle-Amie d’Harold Cobert

Tout ce que tu vas vivre de Lorraine Fouchet 

La salle de bal d’Anna Hope

Les déracinés de Catherine Bardon

À la ligne de Joseph Ponthus 

Assassins de Jean-Paul Delfino 

Les vignes de Sarah de Kristen Harnisch 

La fuite en héritage de Paula McGrath 

Mortelle tentation de Christophe Ferré 

Sonate pour Haya de Luize Valente 

Le hameau des purs de Sonja Delzongle 

Autres ouvrages  de la catégorie « document » ou de « développement personnel », coups de cœur de 2019 : 

Ubuntu je suis car tu es de Mungi Ngomane 

Guérir un chemin d’amourette de conscience de Joëlle Maurel

Sagesse du Japon de Mari Fujimoto

Quarante courtes séances de sophrologie d’Alain Zulli

Jean-Paul Delfino : Assassins !

Assassins !

Résumé

En 1898, la publication de J’accuse… ! plonge la France dans un climat délétère où l’antisémitisme s’affiche fièrement. Au cœur de l’affaire, Émile Zola, conspué par les ligues d’extrême droite, est identifié comme l’homme à abattre. Aussi, lorsqu’en 1902 l’auteur des Rougon-Macquart succombe à une intoxication au gaz méphitique, la piste du meurtre ne peut être écartée. Reste à savoir qui, parmi ses proches ou ses détracteurs, avait tout intérêt à le faire taire.

Assassins ! retrace la vie passionnante du gamin d’Aix-en-Provence devenu un mythe littéraire. Car, à l’heure de mourir, que valent les honneurs face au poème dédié à un premier amour ?

L’auteur

Scénariste et auteur d’une vingtaine de romans, Jean-Paul Delfino a récemment publié aux Éditions Le Passage Les Pêcheurs d’étoiles (autour de Cendrars et Satie) et Les Voyages de sable (prix des Romancières 2019, Saint-Louis), plébiscités par la critique.

Mon avis

Un livre passionnant et bien documenté que j’ai dévoré.

On embarque pour le meilleur et pour le pire dans le monde de Zola au cœur de l’affaire Dreyfus et des derniers jours de l’écrivain.

C’est malheureusement souvent le pire qui nous est conté : le racisme anti-juif, anti-franc-maçon, anti… La haine contre les étrangers est terrible, Zola dont le père est italien en sera la cible fréquemment.

Le grand écrivain se raconte ici et revient sur son enfance : tout se passe plutôt bien tant que son père est en vie, Aix-en-Provence, le soleil et la douceur de vivre sont au rendez-vous. La suite, avec la dégringolade financière de la famille, rappelle les romans de l’écrivain comme « Germinal » ou « L’assommoir » : pauvreté extrême, maladie et déchéance. Sauvé par l’amitié et la littérature, Émile aura une vie adulte plus heureuse.

La mort de Zola reste une énigme de l’histoire comme le relate Jean-Christian Petit-fils dans son ouvrage «Les énigmes de l’histoire de France »  : l’hypothèse racontée ici est fort probable mais pas de certitude.

Une belle réussite ce roman qui redonne vie au grand écrivain et nous éclaire sur les derniers jours de Zola.

Ce roman me donne aussi envie de relire tous les Rougon-Macquart.

Merci M. Delfino pour ce bel hommage à un grand écrivain.

À noter : la parution de « J’accuse » un film de Polanski, sortie le 13 novembre, raconte l’affaire Dreyfus du point de vue du colonel qui aidera à la réhabilitation de Dreyfus.

Paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :

Colin Thibert : Torrentius

Torrentius

Résumé :

Dans l’austère Haarlem du XVIIe siècle, Johannes van der Beeck peint, sous le nom de Torrentius, les plus extraordinaires natures mortes de son temps et grave sous le manteau des scènes pornographiques qui se monnayent à prix d’or…

L’auteur :

Né en 1951 à Neuchâtel, Colin Thibert est écrivain et scénariste pour la télévision. Il a longtemps pratiqué le dessin et la gravure. En 2002, il a reçu le prix SNCF du Polar pour Royal Cambouis (Série Noire, Gallimard). Son dernier roman, Un caillou sur le toit, a paru en 2015 chez Thierry Magnier.

Mon avis :

Emballée par cette lecture : la rentrée littéraire démarre bien !

Ce roman pourrait aussi s’intituler « Grandeur et décadence d’un peintre oublié ».  Le peintre a existé, il est né en 1589 à Amsterdam. Un de ses tableaux, une nature morte, est conservé au Rijksmuseum à Amsterdam.

L’auteur en fin de livre indique qu’il a découvert ce peintre avec le livre de Simon Leys « Les naufragés du Batavia ».

Ce récit est prenant, la belle plume de l’auteur y contribue grandement. L’immersion est totale dans ce seizième siècle puritain qui ne supporte pas qu’un artiste provoque les honnêtes gens. 

Torrentius a du talent, pas uniquement en peinture, c’est un grand orateur qui sait capter son public. Ses discours fâchent le bailli qui décide de le poursuivre en justice.

L’acharnement du bailli est implacable, cet homme est l’opposé du peintre : l’un est extraverti et sanguin tandis que l’autre est maladif et bilieux. Seule la haine leur sera commune. Ils vont se détester immédiatement.

Leur combat est passionnant : la morale contre l’artiste.

J’ai suivi avec grand intérêt ce destin hors norme raconté avec brio.

Ce roman est très réussi : bravo.

Paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :