Chronique de : Borgo Vecchio de Giosuè Calaciura

Borgo Vecchio

Résumé :

Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort. Ils grandissent dans un quartier misérable de Palerme, parmi les parfums de la mer, le marché aux balances truquées et les venelles tortueuses où la police n’ose pas s’aventurer. Le soir, tandis que Cristofaro pleure sous les coups paternels, Mimmo cherche à apercevoir Celeste, qui patiente sur le balcon quand sa mère reçoit des hommes. Tous les trois partagent le même rêve : avoir pour père Totò, voleur insaisissable et héros du Borgo Vecchio…

L’auteur :

Né à Palerme en 1960 il vit actuellement à Rome. Journaliste, il collabore régulièrement à de nombreux quotidien et revues. Borgo Vecchio a été finaliste du prix Femina Étranger et a remporté le prix littéraire Marco Polo Venise ainsi que le prix Méditerranée.

Ma critique :

Un roman qui prend aux tripes, d’une grande force.

Le début m’a fait penser à « L’amie prodigieuse » : pour le contexte (quartier pauvre de Palerme), la pauvreté et une intrigue centrée sur deux jeunes garçons, amis d’enfance. La comparaison s’arrête là.

Ensuite, c’est la violence qui l’emporte : au cœur du foyer pour l’un des enfants ou au coin de la rue avec Totò le voleur qui tente d’aider Cristofaro.

L’histoire est bouleversante et d’une violence presque insupportable.

L’écriture imagée et percutante transcende la sauvagerie et la détresse de tous ces « laissés pour compte ».

C’est dur, lumineux aussi : une claque ce livre.

Merci aux éditions Folio pour cette lecture.

Notation :

Critique de : Lady Astronaute de Mary ROBINETTE KOWAL

Lady Astronaute

Résumé

Elma York est une célébrité sur la planète rouge, suite au rôle déterminant qu’elle a joué lors des colonisations lunaires et martiennes. D’après les médecins, son mari, Nathaniel, n’a plus que six mois à vivre. Officiellement toujours astronaute, Elma est toutefois clouée au sol à cause de son âge. Elle brûle de repartir dans l’espace, mais peut-elle abandonner Nathaniel? Les cinq textes qui composent ce recueil appartiennent tous, comme le roman Vers les étoiles, à la série de la Lady Astronaute. 

L’auteure :

Mary est marionnettiste, romancière de science-fiction et fantasy. Elle a reçu plusieurs prix pour ces romans et nouvelles.

Ma chronique :

Peu habituée à la SF, j’étais un peu dubitative et surtout curieuse avant cette lecture. Après avoir refermé ce court ouvrage, j’avais envie d’en lire plus, conquise par cette découverte.

Ce recueil de nouvelles est court, moins de deux cents pages, cinq textes avec des personnages différents, tous évoquent la conquête spatiale.

Ces nouvelles sont davantage axées sur la vie et la psychologie des personnages que sur l’aventure spatiale : c’est ce qui m’a intéressée. L’analyse de ce monde futuriste est passionnante. Une grande sensibilité se dégage de ces textes, bravo à cette auteure.

Merci aux éditions Folio pour cette lecture.

À lire de toute urgence.

Notation :

Critique de : Cataractes de Sonja Delzongle

Cataractes

Résumé :

Il y a quarante ans, le petit Jan Kosta, trois ans, a été l’un des rares survivants de la terrible catastrophe de Zavoï. Lors d’un gigantesque glissement de terrain, ce village des Balkans a été englouti sous des torrents de boue. Devenu hydrogéologue, Jan a refait sa vie à Dubaï. Il reçoit un jour un appel au secours d’un ami ingénieur resté au pays. Il se passe des choses étranges autour d’une centrale construite sur les flancs de la région de son enfance …

L’auteure 

Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi, riche de deux cultures. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Dijon, elle expose pendant une quinzaine d’années puis devient journaliste en presse écrite à Lyon, où elle vit toujours. Elle se consacre aujourd’hui exclusivement à l’écriture.

Ma chronique 

Je suis cette auteure depuis ses premiers livres et je me lasse pas au contraire. Elle a un vrai talent pour vous ferrer dès le début du livre et captiver le lecteur jusqu’au bout.

Côté ambiance, nous partons au cœur des Balkans, dans une usine hydroélectrique qui se fissure et menace les villages des alentours. 

Kosta, l’enfant du pays appelé en renfort pour analyser les risques de la situation, ira de surprise en surprise. 

Sonja Delzongle manie parfaitement l’art du thriller : la tension est extrême et va crescendo et l’action est là toujours présente. Ajoutez à tout cela un côté très cinématographique, bref un roman impossible à lâcher.

Des sujets importants et d’actualité sont traités comme l’importance de protéger la nature et « l’écoterrorisme ». Dans toute cette histoire, plane aussi l’ombre de la lutte entre serbes et croates.

Un thriller démoniaque et efficace : à lire cet été.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Une immense sensation de calme de Laurine Roux

Une immense sensation de calme

Résumé :

Au cœur d’une étendue enneigée, une jeune fille rencontre Igor, un être aussi étrange que magnétique. Presque sans échanger un mot, elle va le suivre à travers une nature souveraine et hostile, portée par ce que la jeunesse a d’insolence. Mais plus elle semble proche d’Igor, plus le mystère qui l’entoure s’épaissit.

L’auteure :

Née en 1978, Laurine Roux vit dans les Hautes-Alpes où elle est professeur de lettres modernes.

Ma chronique :

Une écriture hypnotique et poétique pour une histoire hors du commun : un court roman que je n’oublierai pas.

Dès le début de l’histoire, on rentre dans un monde étrange et magnétique : la Toundra avec son immensité, sa blancheur et son froid intense. Comment survivre dans un monde aussi inhospitalier ?

Igor est fort et soutient la jeune fille qui l’a suivi, elle a immédiatement perçu sa force et sa capacité de survie. Emportée par son sauveur et décidée à survivre dans cet environnement hostile où la nature est reine, la jeune fille convoque les esprits comme Baba, son aïeule, savait si bien le faire. Elle leur raconte ses journées et y trouve du réconfort. Son environnement sauvage recèle aussi des trésors, des plantes secrètes, capables de soigner les humains qui s’y intéressent.

Entremêlé de légendes et d’histoires anciennes, ce roman à la frontière de la fable happe le lecteur dès les premières lignes grâce à une écriture ciselée et poétique.

On le lit doucement pour profiter longuement de l’ambiance et frissonner avec les protagonistes.

Un beau roman inoubliable à découvrir sans tarder aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Washington Black de Esi EDUGYAN

Washington Black

Résumé :

La Barbade, 1830. Washington Black, onze ans, est esclave dans une plantation détenue par un homme cruel. Très vite, sa vivacité et ses talents de dessinateur impressionnent le frère de son maître, l’excentrique Christopher Wild. Cet explorateur abolitionniste le prend sous son aile pour l’assister dans un projet fou : construire un ballon dirigeable. Quand un jour Wash est accusé à tort d’un crime, les deux hommes sont contraints de fuir. 

L’auteur :

Esi Edugyan est une romancière canadienne qui vit sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. 3 minutes 33 secondes, son deuxième roman, a gagné le prestigieux prix Giller au Canada. Washington Black, son dernier roman, unanimement salué par la critique, a aussi remporté́ le prix Giller.

Ma chronique :

Un grand roman d’aventures qui m’a emballée.

Passionnant et émouvant sont les premiers qualificatifs qui me viennent après avoir tourné la dernière page. J’ai lu rapidement ce livre de près de 500 pages n’arrivant pas à quitter le jeune héros emporté dans de grandes aventures. Lui qui n’était qu’un petit esclave à la Barbade, va parcourir le monde. Ce sera périlleux aussi pour ce jeune noir, en ce début de dix-neuvième siècle, le lecteur frissonne parfois et reste accroché jusqu’à la dernière page.

Ce merveilleux récit initiatique rappelle les œuvres de Dickens mêlant dimension sociale et aventures incroyables. Dans le sillage des grands hommes et scientifiques rencontrés, Wash évolue et se construit.

À découvrir absolument.

Publié aux éditions Folio.

Notation :