Chronique de : Florida d’Olivier Bourdeaut

Florida

Résumé :

« Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée. »

L’auteur :

Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.

Ma chronique :

Un livre coup de poing, une claque : voici un portrait saisissant d’une enfant maltraitée qui se rebelle.

Nous découvrons l’envers du décor des mini miss avec Elizabeth, une enfant dont l’univers a basculé lors de son septième anniversaire. Fini les week-ends tranquilles et bonjour les déplacements longs en voiture pour rejoindre le lieu du concours. Pas moyen d’y échapper, sa mère a décidé pour elle.

On se met à détester sa mère et la lâcheté du père, des parents peu recommandables. Elizabeth se met a haïr les week-ends, lassée de se déguiser pour courir les concours. 

C’est un appel à l’aide, quelle tristesse cette jeunesse et adolescence volées.

Avec une écriture âpre, au scalpel, nous assistons, impuissants, à la descente aux enfers de la mini miss qui ne supporte plus sa vie et son corps.

C’est très tendu et au travers du phrasé lapidaire, on ressent toute la haine de cette enfant face à ce système déshumanisant des mini miss.

Un roman fort, prenant et difficile à poser : je l’ai lu presque d’une traite.

Bravo M. Bourdeaut pour ce tour de force.

Publié aux éditions Finitude.

Notation :

Critique de : Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet

Autoportrait en chevreuil

Résumé

Avril s’inquiète pour Elias. Elle l’aime, mais il est si secret, si étrange parfois. Craintif, aussi. Elle voudrait comprendre ce qui le tourmente, ce qui l’empêche de vivre pleinement. Mais comment Elias pourrait-il lui confier ce qu’a été son enfance ? Pas facile, dans un petit village, d’être le fils du « fou ». 

L’auteur :

Victor Pouchet est né à Paris en 1985. Enfance en région parisienne, vacances sur la côte bretonne et dans les montagnes corses. Études à l’École Normale Supérieure de Lyon. Commence une thèse sur les descendants de Stendhal dans la critique au XXe siècle, l’abandonne sur le bord du chemin trois ans plus tard. Il enseigne aujourd’hui la littérature en classes préparatoires.

Ma chronique :

J’ai aimé ce roman d’apprentissage qui combine imaginaire et une grande sensibilité.

Pour ce deuxième livre de Victor Pouchet, j’ai retrouvé un écrit qui entraîne le lecteur sur des chemins parallèles, avec un héros qui n’a pas une vie classique et se construit comme il peut. Son père magnétiseur lui impose parfois des rites qui le font souffrir et ses camarades se moquent de lui. Il retrouve progressivement une autre vie lorsque son père rencontrera une nouvelle femme.

Construit en trois parties correspondant aux trois voix : celle d’Elias, sa fiancée et son père. Cette narration originale fait la lumière progressivement sur la vie hors norme d’Elias, son père clôture ce portrait.

Le lecteur s’interroge et s’attache à cet antihéros et à sa destinée. L’écriture est fluide avec des passages qui prêtent à sourire parfois comme le paragraphe sur la paradoxologie, en voici un extrait « on pourrait dire que c’est la science de l’absence permanente de clarté ». 

À découvrir aux éditions Finitude.

Notation :

Olivier Bourdeaut : Pactum salis

Pactum salis
Pactum salis

Résumé :

Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit.

L’auteur :

Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.

Mon avis:

Un western breton au cœur des marais salants entre Guérande, Batz-Sur-Mer et Le Croisic. J’ai souri ou grimacé parfois tout en tournant les pages avec grand plaisir.

J’ai passé un bon moment avec ces deux personnages improbables au milieu de ce décor magnifique.

Lorsqu’un paludier solitaire croise Michel, un agent immobilier, sa vie bascule dans un désordre incroyable.

Avec humour et dérision, Olivier Bourdeaut nous entraîne dans cette aventure rocambolesque qui nous réserve beaucoup de surprises.

Ses deux hommes s’attirent, ils sont si différents. Michel découvre la vie d’un paludier, la rudesse de cette activité et la flamboyance du décor. C’est l’été, la pleine saison de la récolte du sel. Il faut résister à la chaleur et aux moustiques. Une activité très physique, seule la belle plage Valentin au Croisic apporte du réconfort aux travailleurs du sel.

« Pactum salis » ou le pacte du sel, est-ce approprié pour ce début d’amitié entre ces deux hommes ? Est-ce le début d’une relation durable ? A vous de le découvrir.

Je vous y invite et je vous souhaite de vous régaler comme moi en goûtant à la la fantaisie burlesque de certaines situations tout en appréciant les descriptions de ce magnifique décor naturel.

Bon j’avoue, pour le décor je suis partiale car j’adore cette belle région.

Notation :

Victor Pouchet : Pourquoi les oiseaux meurent

Pourquoi les oiseaux meurent
Pourquoi les oiseaux meurent

Résumé : Il est tombé des oiseaux en Haute-Normandie. Il a plu des oiseaux et manifestement tout le monde s’en fiche. À peine quelques entrefilets dans la presse locale. Seul un jeune Parisien, histoire d’échapper à sa thèse, se passionne pour le phénomène. D’autant que c’est arrivé dans le village où il a grandi. Il fouille, il cherche, il enquête. Les pistes se multiplient, toutes plus inattendues et extravagantes les unes que les autres.

 

L’auteur :

Victor Pouchet est né à Paris en 1985. Enfance en région parisienne, vacances sur la côte bretonne et dans les montagnes corses. Études à l’École Normale Supérieure de Lyon. Commence une thèse sur les descendants de Stendhal dans la critique au XXe siècle, l’abandonne sur le bord du chemin trois ans plus tard. Il enseigne aujourd’hui la littérature en classes préparatoires.

 

Mon avis :

Inattendu et loufoque, un “river-trip” en compagnie d’un jeune homme qui enquête sur un phénomène inexpliqué : une pluie d’oiseaux morts.

Je vous le concède : voici une étrange introduction qui a titillé ma curiosité et celle-ci a été comblée par cette lecture. Un roman atypique construit comme une quête le long de la Seine pour comprendre l’étrange phénomène de ces oiseaux qui tombent. Notre héros s’embarque sur un bateau croisière sur la Seine en compagnie de passagers en couple beaucoup plus âgés, une différence d’âge de quarante ans. Le “Seine Princess” démarre son périple du quai de Bercy vers la Normandie.

Le jeune homme fait la connaissance d’un ingénieur en armement, à la retraite, à qui il expose sa quête. Celui-ci l’écoute et décide de l’aider dans son enquête.

Ensuite des événements et rencontres inattendues conduisent le héros vers ses racines. L’important est-il la résolution de l’enquête ou de renouer avec son passé ?

À découvrir lors de cette belle lecture.

J’ai apprécié aussi le passage sur Félix Pouchet, un scientifique, opposé à Pasteur après avoir publié un traité de la génération spontanée.

Les pages défilent grâce à la belle plume et au rythme soutenu.

 

Je ne peux terminer cet avis sans évoquer la superbe couverture avec le “casting” à la fin du livre : j’avoue mon ignorance devant cette liste de cinquante neuf noms d’oiseaux !

Lancez-vous dans cette aventure au côté de cet anti héros qui m’a emballée et fait passer un beau moment de lecture, joyeux et divertissant.

 

Parution le 7 Septembre aux Éditions Finitude.

 

Notation :

Rentrée littéraire : avant-première….

 

Voici, un peu en avance mes premières impressions de lectures de la prochaine rentrée littéraire :

 

J’ai lu six livres, de belles découvertes que je vous conseille.

 

Jeux de dame de Thierry Dancourt collection Vermillon, parution le 17/8/2017

Ambiance “modianesque”, mystère et belle écriture

 

L’embaumeur de Isabelle Duquesnoy, parution le 17/8/2017

Un roman historique captivant

 

Un bruit de balançoire de Christian Bobin, parution le 30/8/2017

Comme un long poème en hommage à un ermite japonais, magnifique

 

Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet parution le 7 Septembre 2017

Inattendu et décalé, une quête le long de la Seine…

 

Les complicités involontaires de Nathalie Bauer parution le 24/8/17

Subtil et bien mené …

 

Comment vivre en héros de Fabrice Humbert parution le 17/8/17

Un texte fort et prenant sur la vie d’un héros ordinaire.

 

Dans quelques jours, des avis plus détaillés.

En attendant je replonge dans mes autres romans de la rentrée littéraire.