Chronique de : Le syndrome de la brasse coulée de Julia Mattera 

Résumé :

Ancien champion de natation, Oscar pensait agir pour le bonheur des siens. Toute son énergie était tournée vers sa réussite afin de les mettre à l’abri du besoin. Mais lorsque sa femme le quitte, lasse de ses absences, il se laisse sombrer, s’éloignant de son fils, de sa famille et de ses racines. C ’était compter sans la détermination de sa mère, qui décide d’élaborer un stratagème pour le faire revenir dans sa région natale et, surtout, le sortir de sa coquille et de son train-train quotidien…

L’auteure :

Alsacienne, Julia Mattera est passionnée d’écriture et de transmission.

Ma chronique :

Oscar et ses proches m’ont émue, ce roman est solaire et distille tout au long du récit optimisme et envie de profiter de la vie.

Avec une ambiance typiquement alsacienne, cuisine et parler local, nous entrons dans la vie de Zette, Momo, Gégé, Thérèse, Mireille. Plus de la moitié de ces personnages sont très âgés et vivent en maison de retraite. La rencontre entre Oscar, ancien champion de natation dorénavant maître nageur,  et ces personnes âgées révolutionne la vie de tous.

Les plus joyeux et optimistes sont ces seniors qui ont envie de profiter de chaque instant que la vie leur offre. Oscar à leur contact reprend contact avec sa vie et ses proches.

Une belle leçon de vie et une lecture très fluide et agréable. Pour sourire, découvrir la cuisine alsacienne et se souvenir que chaque instant est précieux.

À découvrir aux éditions Flammarion.

Notation :

Chronique de : Julia tomes 1 et 2 d’Elisabeth Barbier 

Résumé :

En cette première moitié du ­XIXe siècle, Julia Angellier est loin de disposer de toutes les qualités que l’on attend d’une jeune fille de son rang : douceur, patience, abnégation, respect des traditions… Madame Angellier le constate une fois de plus en entendant sa fille aînée proclamer qu’elle refuse de se laisser marier avec un homme qui ne lui plaît pas.

L’auteure

Élisabeth Barbier est née à Nîmes en 1911. Après des études de lettres à Paris, elle s’est intéressée au théâtre. Installée à Avignon, elle fut l’amie des Pitoëff, de Jean Vilar, et participa à la création du festival. Elle était membre du jury du prix Fémina. Elle est décédée en 1996.

Ma chronique :

Dans le tome 1, on découvre une héroïne, Julia, jeune et décidée à vivre comme elle l’entend et à épouser celui qu’elle aime même s’il déplaît fortement à sa famille.

Son père est dur et intraitable tandis que Julia ne lâche rien, toujours combattive.

La place de la femme est difficile dans ce dix-neuvième siècle surtout dans les familles aisées qui organisent des mariages par intérêt financier souvent.

Julia se retrouve dans ce cas et fera tout pour sauvegarder son amour et vivre libre.

L’écriture très fluide nous emporte facilement dans la vie de ces nobliaux de la région provençale. Des mots et expressions locales parsèment le récit pour mieux nous immerger.

Tout le soleil et les ambiances provençales résonnent, j’avais l’impression de sentir les orangers et d’entendre les cigales.

Le tome 2 est plus sombre, l’émotion est au rendez-vous. J’ai frémi avec Julia lorsque le ciel s’assombrissait. L’ombre de la guerre franco-allemande de 1870 plane sur ce récit. L’ambiance méridionale est toujours au rendez-vous et le domaine de Mogador s’agrandit énormément.

Ces deux premiers tomes réédités dans la collection Archipoche des éditions de l’Archipel donnent envie de découvrir la suite, quatre autres tomes, des destinées de cette famille méridionale. J’ai hâte.

Notation :

Chronique de : La délicieuse imposture du chant des sirènes  

Résumé :

Jeune trentenaire, Claire se laisse un peu trop bercer par les illusions. Un samedi matin, dans les rayons d’une librairie, elle choisit un roman à la hâte : 422 pages qui vont chahuter son quotidien, au point de questionner son couple. Emportée par sa lecture, Claire décide de marcher dans les pas de son héroïne et de prendre le large. 

L’auteure :

Après avoir sillonné le monde, Charlotte Léman s’est installée en Suisse alémanique. Depuis 2017, elle s’inspire de ses aventures pour écrire des romans à mi-chemin entre feel good et comédie. « Je suis arrivée à l’écriture par un heureux hasard, cela résume plutôt bien ma philosophie de vie ».

Ma chronique :

Une lecture agréable de type « feel good », le temps passe vite avec Claire. 

La leçon de ce roman : pas d’excuse pour ne pas réussir sa vie, il suffit de s’écouter et prendre du recul.

La dernière phrase du livre est à méditer : « le bonheur c’est comme un jardin anglais, il nous appartient d’y cultiver ce qu’on aime, sans se soucier de ce qui pousse chez le voisin ».

La vie de Claire est fade et routinière, tout va changer après la lecture d’un livre : elle décide d’imiter l’héroïne en mettant à distance ce qui est toxique dans sa vie et part s’isoler en Bretagne. 

La suite de l’histoire ne prend pas forcément le chemin attendu et cela m’a plu. 

J’ai aimé le pouvoir de la littérature qui va remuer l’héroïne, les questionnements suite à cette lecture et les leçons de ce livre. J’y aurai ajouté un zeste de douceur et de rondeur et davantage de fantaisie pour rendre les personnages un peu plus charismatiques et attachants, c’est juste mon ressenti après lecture. 

Un livre paru aux éditions de l’Archipel collection Instants Suspendus.

Notation :

Chronique de : Saint Jacques de Bénédicte Belpois

Résumé :

À la mort de sa mère, Paloma hérite d’une maison abandonnée et chargée de secrets, au pied des Cévennes. D’abord décidée à s’en débarrasser, elle choisit sur un coup de tête de s’y installer et de la restaurer.

L’auteure :

Bénédicte Belpois vit à Besançon où elle exerce la profession de sage-femme. Elle a passé son enfance en Algérie. C’est lors d’un long séjour en Espagne qu’elle a commencé à écrire “Suiza” (2019), son premier roman. Il a été récompensé par le prix Marcel Aymé et le prix des lecteurs de la Ville de Brive.

Ma chronique :

Un livre aussi beau qu’un film de Jean Becker « La tête en friche » ou «  Dialogue avec mon jardinier ».

On est accroché dès les premières lignes, embarqués dans une belle histoire humaine pleine d’émotions, décrite avec une grande sensibilité.

Si Paloma est au centre du récit, j’ai aimé le caractère de Pinpom, sa fille et Rose la voisine : deux figures vraies et très attachantes. Côté masculin, Jacques et Jo sont de belles personnes aussi avec un grand cœur.

Une histoire de transmission, de la difficulté d’être mère sans père et délaissée par sa mère. Comment se construire et vivre sereinement dans un tel contexte ?

La vie peut être pleine de belles surprises et nous apporter du baume au cœur par des biais inattendus.

J’ai lu ce livre presque d’une traite et je l’ai déjà conseillé autour de moi. J’ai aussi acheté son premier roman

« Suiza ».

Une belle découverte que je conseille vivement.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Chronique de : Route One de Michel Moutot 

Résumé :

À l’aube du XXe siècle, des hommes intrépides bâtissent la mythique route One, balcon sur l’océan Pacifique qui longe la côte ouest des États-Unis, de la Californie du Sud aux confins du Canada. Mais le destin du jeune ingénieur chargé de tracer la voie sur ces terres sauvages va croiser celui du dernier grand propriétaire terrien de Big Sur, mormon polygame à la fortune mystérieuse, prêt à empêcher toute intrusion dans son domaine et préserver ses secrets.

L’auteur :

Michel Moutot est reporter à l’Agence France-Presse, spécialiste des questions de terrorisme international. Lauréat du prix Albert-Londres en 1999, correspondant à New York en 2001, il a reçu le prix Louis-Hachette pour sa couverture des attentats du 11 Septembre. Son premier roman, Ciel d’acier, a reçu le prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points en 2016.

Ma chronique :

Un livre formidable qui m’a tenue en haleine tout du long. Ce grand roman d’aventures nous entraîne sur les traces des ouvriers de cette route mythique de Californie.

Que de prouesses techniques seront nécessaires pour finaliser cet ouvrage ! Les engins de chantier n’existaient pas encore, c’est à la pioche que s’effectuent l’essentiel des travaux.

Le roman se concentre sur la partie de Big Sur avec ses falaises abruptes encore peuplées de grizzlis et coyotes dans ces années trente.

Le récit alterne entre l’histoire d’un mormon dont la famille est arrivée au dix-neuvième siècle et l’histoire du jeune ingénieur chargé de coordonner la construction. Le descendant des mormons refuse l’arrivée de cette route et le passage sur ses terres.

Très documenté, jamais ennuyeux et même haletant, j’ai suivi avec grand plaisir cette histoire. Les difficiles travaux de construction de la route et le destin des mormons s’entrecroisent pour retranscrire cette prouesse.

Un grand souffle épique parcourt ce roman qui combine aventures, faits historique, suspense et romance.

Je vous le recommande.

Notation :