Chronique de : Un invincible été de Catherine Bardon

Un invincible été

Résumé :

Depuis son retour à Sosúa, en République dominicaine, Ruth se bat aux côtés d’Almah pour les siens et pour la mémoire de sa communauté, alors que les touristes commencent à déferler sur l’île. Gaya, sa fille, affirme son indépendance et part aux États-Unis, où Arturo et Nathan mènent leurs vies d’artistes. Comme sa mère, elle mène son propre combat à l’aune de ses passions.

L’auteure 

Amoureuse de la République dominicaine, Catherine Bardon a déjà emporté plus d’un demi-million de lecteurs avec sa saga Les Déracinés. En quelques livres, elle s’est imposée comme une voix majeure du paysage romanesque français.

Ma chronique :

J’ai adoré cette saga enchanteresse que j’ai savouré tout au long des quatre tomes.

Dernier opus ici, je ne me suis pas essoufflée et j’ai ressenti le même intérêt pour les personnages et le décor de cette île dominicaine. Je suis retombée sous le charme de l’histoire et des lieux très bien décrits.

C’est ce qui m’a le plus enthousiasmée dans cette épopée : la sensation de faire corps avec les héros, d’être complètement immergée, j’ai l’odeur des fruits et le parfum des fleurs dans les narines. La mer n’est jamais très loin non plus et on s’y promène avec délice en accompagnant nos héros. C’est autant un voyage dans les Caraïbes qu’un voyage dans le temps.

L’autre talent de cette auteure réside dans son art d’entrelacer les événements historiques et la vie de cette famille pas comme les autres. C’est réussi une fois de plus. Ruth et ses enfants seront au cœur des grands événements de ces années 2000. En clôturant cette épopée, l’auteure nous ramène aussi dans le passé, dans la ville de Vienne des années trente, en évoquant la jeunesse d’Almah et cela fait du bien au lecteur de se replonger dans l’époque du premier épisode des « Déracinés », avant même l’arrivée de ces pionniers sur ce bout d’île. La boucle est bouclée, on peut ainsi refermer le livre sans tristesse.

Une des plus belles épopées historiques à mon sens : j’ai frémi et vécu intensément avec Almah et les siens tout au long de cette histoire. 

Je vous recommande chaudement cette formidable aventure en quatre tomes parus aux éditions Les Escales.

Notation :

Chronique de : Les mystères de Marseille d’Emile Zola

Les mystères de Marseille

Résumé :

Philippe Cayrol, jeune aventurier républicain, sans fortune mais plein d’audace, a soustrait Blanche de Cazalis aux griffes de son oncle, richissime et tout-puissant député royaliste de Marseille. Son frère Marius, intègre et pugnace, va tout faire pour pro- téger les deux amants de la colère de Cazalis – ainsi que leur enfant à naître. Et, bientôt, pour organiser l’évasion de Philippe, qui encourt la peine de mort…

Ma chronique :

Une œuvre littéraire du jeune Zola, tout est expliqué dans les deux préfaces écrites par l’auteur : la deuxième a été rédigée alors que l’auteur était célèbre et retrace le contexte de ce roman.

Passionnée par les écrits de Zola, je découvre ici à la fois le récit et l’histoire autour de ce roman et les deux sont passionnants.

Le jeune Zola a écrit ce récit pour un journal, payé une misère à la ligne. Pour survivre, il écrit en parallèle « Thérèse Raquin ».

Ce livre est très documenté sur cette période autour de la seconde république. Émile Zola explique dans la préface avoir recherché dans les greffes des tribunaux des éléments qui ont inspirés cette histoire.

C’est ce qui rend ce roman si réaliste et riche historiquement. C’est une vision approfondie de Marseille et sa région dans ce contexte historique. 

J’ai aimé ce roman feuilleton de la veine des Mystères de Paris avec son cocktail de péripéties comme les enlèvements, insurrections, complots et lutte des classes.

Si on aime Zola, ne pas hésiter à découvrir ce roman paru aux éditions de l’Archipel collection Archipoche.

Chronique de : La fureur de Frédégonde d’Éric Fouassier

La fureur de Frédégonde

Résumé :

Automne 575. Depuis le décès de Clovis, les royaumes francs ont plongé dans l’instabilité, divisés entre trois héritiers qui s’affrontent pour monter sur le trône. Lorsque le souverain d’Austrasie est assassiné, sa veuve Brunehilde se retrouve prisonnière en territoire ennemi, séparée de ses enfants. Elle devra user de tous les stratagèmes pour survivre à la fureur de sa rivale Frédégonde, qui ne recule devant rien pour asseoir son pouvoir et éliminer ceux qui se dressent sur son chemin. C’est dans ce contexte tendu que le jeune gallo-romain Arsenius Pontius est appelé à Tours par son parrain …

L’auteur :

Après un doctorat en pharmacie puis un autre en droit, Éric Fouassier s’est spécialisé dans l’histoire de la médecine qu’il enseigne en faculté. Passionné d’énigmes et de codes secrets, il est l’auteur d’une première trilogie de policiers historiques consacrée au chevalier Bayard.

Ma chronique :

Deuxième tome pour « Les francs royaumes », toujours aussi réussi.

J’ai aimé cette incursion dans le haut moyen-âge, parmi les rois mérovingiens.

Une période historique moins connue, comme le fait remarquer l’auteur, qu’il parvient à nous rendre vivante et captivante.

L’intrigue policière est complètement intégrée dans la réalité historique : les personnages véridiques et ceux de fiction se croisent et cela coulisse parfaitement.

Son sens du romanesque et la qualité de la construction de l’intrigue donnent une lecture très fluide et addictive. 

L’atmosphère est très bien rendue et le lecteur complètement immergé dans ces temps anciens.

En fin d’ouvrage, l’auteur présente toutes les références historiques sur lesquelles il s’est appuyé et si nous l’avions oublié, nous apprenons notamment que Grégoire de Tours a joué un rôle important auprès de Chilpéric et Frédégonde.

Un très bon roman historique mêlant enquête et grande histoire, bien écrit.

Pour les amateurs, à ne pas manquer.

Publié aux éditions Le Masque.

Notation :

Chronique de : Au tournant de la nuit de Vincent Raynaud

Au tournant de la nuit

Résumé :

Tristan a treize ans lorsqu’il assiste à son premier concert de rock, à Paris dans les années 1970. Une révélation. Plus tard, il fonde son propre groupe, La Monstrueuse Parade. Surdoué et magnétique, le chanteur connaît avec ses musiciens une ascension fulgurante. Mais les tournées usent, la drogue est partout, les dérapages se multiplient. 

L’auteur :

Vincent Raynaud dirige le domaine italien aux Éditions Gallimard. Il est par ailleurs traducteur littéraire, de l’anglais, de l’espagnol et de l’italien.

Ma chronique :

Une prose qui claque comme un morceau de batterie, un premier roman atypique, qui résonne comme un cri.

Chaque chapitre comporte une phrase et une seule, cela donne un rythme trépidant sans pause. Parfois, on a envie de reprendre son souffle mais comme le héros on continue la lecture, traversé son l’énergie.

Déjà petit, il tentait de canaliser son trop plein d’envie de bouger en multipliant les activités physiques comme l’escrime. C’est le rock qui finira par le séduire et donnera un sens à sa vie.

J’ai apprécié la transcription fidèle de l’atmosphère des années quatre-vingt et des ambiances de concert de rock mais je mettrai un bémol sur la reconstitution de la vie des personnages. Tristan et les autres traversent cette épopée sans que nous puissions vraiment nous y attacher : un peu trop de descriptif, pas d’analyse des ressentis de Tristan, cela m’a manqué.

Peut-être à cause du rythme trop rapide ? Comme la musique de Tristan ?

À découvrir aux éditions Folio.

Notation :

Chronique de : Florida d’Olivier Bourdeaut

Florida

Résumé :

« Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée. »

L’auteur :

Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.

Ma chronique :

Un livre coup de poing, une claque : voici un portrait saisissant d’une enfant maltraitée qui se rebelle.

Nous découvrons l’envers du décor des mini miss avec Elizabeth, une enfant dont l’univers a basculé lors de son septième anniversaire. Fini les week-ends tranquilles et bonjour les déplacements longs en voiture pour rejoindre le lieu du concours. Pas moyen d’y échapper, sa mère a décidé pour elle.

On se met à détester sa mère et la lâcheté du père, des parents peu recommandables. Elizabeth se met a haïr les week-ends, lassée de se déguiser pour courir les concours. 

C’est un appel à l’aide, quelle tristesse cette jeunesse et adolescence volées.

Avec une écriture âpre, au scalpel, nous assistons, impuissants, à la descente aux enfers de la mini miss qui ne supporte plus sa vie et son corps.

C’est très tendu et au travers du phrasé lapidaire, on ressent toute la haine de cette enfant face à ce système déshumanisant des mini miss.

Un roman fort, prenant et difficile à poser : je l’ai lu presque d’une traite.

Bravo M. Bourdeaut pour ce tour de force.

Publié aux éditions Finitude.

Notation :