Catégorie : <span>DOCUMENTS et ESSAIS</span>

Chronique de : Je chemine avec Nancy Huston de Sophie Lhuillier

Je chemine avec Nancy Huston

Présentation :

« Je pourrais naturellement dire “je suis écrivaine”, ou “canadienne”, ou “française” ou “femme”, ou “vieille femme”, “du xxe siècle”, “athée”, je peux dégoter plein d’adjectifs ou de substantifs qui correspondent à ce que les gens considèrent comme une “identité”, mais je suis quelqu’un de très circonspect à l’égard de l’Identité. Alors j’aime répondre : “je suis mon chemin”, à la fois suivre et être, bien sûr. En fait nous sommes tous notre chemin, bien plus que nous ne le croyons ! Il se trouve que le mien a été multiple, avec des bifurcations, des tournants, des zigzags et des imprévus ; il m’a menée dans des endroits très différents. Par conséquent je suis plusieurs, et quand on est plusieurs ça ajoute un “mais” à toutes les identités. »

Ma chronique :

Une collection pour se questionner, réfléchir à sa voie en lisant ces parcours inspirants.

J’ai aimé cheminé avec Nancy Huston qui se raconte sans ambage et nous dit tout de ses choix de vie. Le proverbe « à quelque chose malheur est bon » lui colle à la peau. Le départ de sa mère alors qu’elle avait 6 ans a été un cadeau finalement. Elle s’est réfugiée dans la lecture. Les livres sont ses amis et « salvateurs ».

Plus tard, un autre événement stoppe sa vie et lui permet de réfléchir et de se remettre en question.

La partie sur ses choix d’écrivaine et ses goûts littéraires sont passionnants quand on aime la littérature.

À méditer (issu de l’introduction) « il n’est jamais trop tard pour (re)penser et construire son avenir ».

Un essai qui pose beaucoup de questions à l’invité, autant de sujets qui peuvent nous toucher également. 

Paru aux éditions du Seuil.

Notation :

Chronique de : Ombres portées d’Ariana Neumann

Ombres portées

Résumé :

À Caracas, dans le vaste domaine familial, Ariana Neumann, huit ans, joue à l’espionne. En fouillant dans les affaires de son père, Hans, elle trouve une pièce d’identité. Elle reconnaît son père jeune homme, mais il porte un autre nom. Effrayée, elle tait cette découverte et s’efforce de l’oublier. Des années plus tard, à la mort de son père, Ariana retrouve ce mystérieux document dans une boîte contenant des photos, des lettres et d’autres souvenirs de la jeunesse de celui-ci à Prague.

L’auteure :

Ariana Neumann est née et a grandi au Venezuela. Journaliste, elle vit aujourd’hui à Londres avec son mari et leurs trois enfants. Ombres portées est son premier livre.

Ma chronique : 

Un témoignage poignant, l’auteure reconstitue la vie de son père et grand-parents pendant la deuxième guerre mondiale.

Comme elle le précise dans la postface : c’est une « quête obsessionnelle » menée avec beaucoup de minutie pour reconstituer le parcours mouvementé de sa famille.

Enfant, elle rêvait d’être détective, ce récit est le fruit de son enquête. Aussi douée en enquête qu’en retranscription de ses recherches : ce texte est passionnant et pourrait s’assimiler à un roman si on oublie qu’il s’agit de la vie des aïeux de l’auteure.

Son père expatrié au Venezuela a eu une jeunesse traversée par les conséquences de la guerre. Né dans une famille juive à Prague, il a dû faire preuve d’une grande ingéniosité pour survivre. Beaucoup d’émotions dans ce récit très touchant.

Les thèmes de la solidarité et de l’amitié sont très présents.

Parsemé de photos et de lettres de ses aïeuls qui nous rappellent que cette histoire est entièrement vraie. On ne peut que saluer le courage de son père et le talent de l’auteure pour nous partager ces aventures.

Paru aux éditions Les Escales.

Notation :

Chronique de : Je choisis, donc je suis de Sophie Guignard

Je choisis, donc je suis

Présentation :

Foncer, changer de route, recommencer. Depuis qu’elle est née, Sophie ne fait que ça. Un jour, elle a voulu comprendre. Elle a appuyé sur pause, bien décidée à aller chercher là où il le faudrait – biologie, psychologie, neurosciences, philosophie, littérature et bar du coin – des réponses susceptibles d’éclairer ses choix. Alors que nos choix sont ce par quoi nous écrivons notre vie et affirmons notre liberté, que savons-nous d’eux ? Pourquoi les faisons-nous, et comment ?

L’auteure :

Sophie Guignard est diplômée de l’ESCP Europe et de Science Po Paris, et est aussi ex-banquière d’affaires. Elle a dirigé les Inrocks à Buenos Aires avant de rejoindre la rédaction du Monde, puis de collaborer avec divers médias dont France Culture. Je choisis donc je suis (Flammarion, 2021) est son premier livre.

Ma chronique :

Un essai fort intéressant, brillamment rédigé qui interpelle et questionne le lecteur.

J’ai beaucoup apprécié la démarche analytique qui décortique nos réactions face à ces situations de choix. Notre cerveau peut nous jouer des tours et nous mener vers des voies qui ne nous amène pas forcément vers le bonheur. L’explication de l’auteure sur le « moi du souvenir » et le « moi de l’expérience » est très éclairante. Nous pouvons préférer le récit de notre vie au détriment de l’expérience elle-même.

Ce qui m’a paru le plus percutant dans cet essai, c’est l’analyse de nos réactions face à ces décisions qui ne se font pas toujours consciemment. Divers mécanismes psychologiques ou culturels se cachent derrière nos choix comme le poids des émotions ou de nos vies non vécues.

J’ai particulièrement aimé cette citation d’un philosophe espagnol « vivre, c’est décider constamment de ce que nous allons devenir ». Tout évolue, nos valeurs également, il est important d’être en phase avec soi-même au moment où l’on fait un choix et en cohérence aussi avec ce que nous voulons être demain.

En s’appuyant sur les neurosciences et les vies de personnages célèbres comme Marilyn, Einstein ou Gainsbourg, l’auteure nous livre des pistes pour orienter nos choix. Elle mentionne notamment l’intuition, l’instinct, la sérendipité et l’audace.

Ce qui est certain c’est que je repenserai à cet essai au moment de prendre de grandes décisions et ainsi je pourrai orienter mes choix avec un nouveau recul.

Un essai à diffuser largement et à mettre dans toutes les mains.

Publié aux éditions Flammarion.

Notation :

Chronique de : Aventurières de l’esprit de Nathalie Calmé

Aventurières de l’esprit

Présentation :

Courageuses et rayonnantes, dix femmes nous conduisent dans une exploration sensible et exigeante des multiples facettes de l’existence. Elles nous invitent, à travers leur pensée et leurs actions, à faire de la vie un chef-d’œuvre.

L’auteure :

Nathalie Calmé, journaliste et écrivaine, collabore régulièrement au Monde des Religions. 

Ma chronique : 

Ces conversations entre l’auteure et ces dix femmes sont très inspirantes.

Toutes différentes, elles portent un regard profond, d’une grande acuité sur notre monde et cela fait du bien.

Nous découvrons la vie intime et l’histoire de ces femmes aux métiers et passions diverses comme une navigatrice, une enseignante, une cheffe d’orchestre, une auteure, une nonne, une humanitaire, une ermite et des théologiennes.

Chacune se raconte simplement, avec une authenticité qui transparaît dans chaque phrase. Il est question ici de sagesse, de simplicité, de philosophie et de spiritualité.

Les parcours si dissemblables de chacune sont autant de pistes de réflexion pour nous lecteurs. Ces témoignages vivants et sensibles éclaireront chacun et donneront matière à méditer notamment suite aux questions de l’auteure sur les conséquences de la crise actuelle. Une saine lecture.

Paru aux éditions Le Relié chez Guy Trédaniel.

Notation :

Chronique de : Éloge de l’ennui de Patrick Lemoine

Présentation :

Notre époque est fertile en événements qui nous forcent à réfléchir aux vertus et inconvénients de l’inaction forcée et de l’ennui qui en découle. Celui-ci, qui n’existe que chez l’animal domestique et l’homme sédentaire peut s’avérer délétère, mais il peut aussi devenir un moteur d’invention, comme l’a magistralement montré Newton alors qu’il était confiné pour cause de peste et qu’une pomme est tombée à ses pieds !

L’auteur :

Psychiatre, docteur en neurosciences, directeur d’enseignement à l’université Claude Bernard de Lyon, expert auprès des tribunaux, Patrick Lemoine a publié plusieurs ouvrages dont récemment : Rêves & transes (Pocket), La santé psychique de ceux qui ont fait le monde (Odile Jacob), Dormir sans médicaments (Robert Laffont)…

Ma chronique :

Un essai qui se lit d’une traite, une étude du concept de l’ennui sous forme de déambulation historique et culturelle.

Le titre est bien tentant, il est intéressant de comprendre l’impact de l’inactivité en ces périodes où les confinements se succèdent.

Cela débute par cette réflexion : « Et si c’était l’ennui qui avait permis à l’humanité de devenir intelligente ? ». Suivent alors tout un inventaire des différentes formes de l’ennui au fil du temps. 

Quand on évoque l’ennui, d’autres notions s’y apparentent comme la mélancolie, l’oisiveté, l’indolence ou la paresse. 

J’ai aimé les réflexions sur le sens de nos vies et de nos choix ainsi que les analyses sur les liens entre l’ennui et la créativité.

J’aurai aussi été intéressée par le point de vue du docteur en neurosciences, une vision davantage psychologique.

On ne s’ennuie pas à cette lecture et on garde le sourire grâce aux touches humoristiques qui parsèment l’ouvrage.

Paru aux éditions Le Relié chez Guy Trédaniel.

Notation :