Le livre des secrets de Fiona Kidman

Résumé

En 1953, quand s’ouvre le roman, Maria vit depuis plus de cinquante ans seule dans la maison de famille délabrée. On la surnomme « la sorcière de Waipu », elle qui très jeune se rebella contre sa mère pour vivre sa passion avec un cantonnier. Mise au ban d’une communauté encore très respectueuse des strictes règles morales édictées par son sourcilleux fondateur – l’autoritaire et charismatique Norman McLeod, avec qui sa grand-mère Isabella quitta l’Écosse en 1817 –, elle a tout le temps de se pencher sur le passé.

Après plus de trente-cinq ans de voyage à travers le vaste monde et quelques longues étapes, en Nouvelle-Écosse et dans l’île de Cap-Breton, sur les côtes d’Amérique du Nord, McLeod, que ses disciples appelaient l’ « Homme », décida, en 1854, que leurs tribulations prendraient fin sur cette côte du Nord de la Nouvelle-Zélande où Maria vit le jour bien des années plus tard.

L’auteur

Fiona Kidman est née en 1940 et vit à Wellington. Elle a grandi dans l’île du nord de la Nouvelle-Zélande et a commencé une carrière de bibliothécaire à Rotorua, à la fin de ses études. Puis elle a été journaliste, productrice pour la radio, auteur de scénarios pour le cinéma et la télévision. Romancière, nouvelliste et poète, elle a publié plus de vingt livres, qui ont reçu de nombreux prix – en particulier le New Zealand Post en 1987 pour The Book of Secrets. En 2006, elle est lauréate du prestigieux prix Katherine Mansfield, qui lui permet de partir un an à Menton sur les traces de cette autre auteur néo-zélandaise.

Mon avis :

Plongée dans l’histoire des migrants de la Nouvelle-Zélande, un ouvrage à la fois instructif et attachant. Une histoire qui s’étale sur plus de cent ans et nous fait voyager de l’Europe à la Nouvelle-Zélande en passant par l’Amérique du Nord et l’Australie. Une carte insérée au début du livre nous représente le tracé de cette épopée.

Tout d’abord, Maria prend la parole pour nous dire qu’elle a toujours vécu recluse dans sa maison entourée de sa grand-mère et sa mère. Puis, grâce aux journaux écrits par Isabella, son aïeule, nous remontons le temps avec elle. Et là, l’aventure démarre et quelle aventure !

Pauvres, décidés et surtout armés d’une foi inébranlable, ces migrants vont parcourir les océans vers le Nouveau Monde. A la tête de cette troupe, Mc Leod qui s’érige en pasteur, propose à ses paroissiens de le suivre. Très strict et dur dans ses règles de vie, il les mènera jusqu’en Nouvelle-Zélande. Les femmes et les enfants vont souffrir de sa dictature. Seule Isabella va lui résister mais elle le paiera ensuite. Sa fille, plus docile, obéira au pasteur alors que Maria, la petite-fille résistera et toute sa vie sera bouleversée. Si le destin d’Isabella est difficile, celui de Maria est plus sombre. Ne lui fait-on pas aussi payer la liberté et témérité de sa grand-mère ?

Une grande fresque qui retrace à la fois le parcours de ces découvreurs, mais aussi les événements mondiaux comme les guerres et les grandes épidémies, dont les effets se feront ressentir jusqu’en Nouvelle-Zélande. Une saga qui témoigne surtout de la condition féminine de ces pionnières, prisonnières des convictions arriérées et avilissantes d’une société puritaine obéissant à un révérend autoritaire.

J’ai été captivée par ce récit et beaucoup appris sur ces pionniers du bout du monde.

Je vous engage à le lire pour sa puissance romanesque ainsi que pour son écriture fluide, lumineuse et intimiste.

Un grand merci aux éditions Sabine Wespeiser, une collection que j’affectionne particulièrement, tant pour les choix éditoriaux que pour l’objet livre si beau !

 

 

Notation :