Anne Akrich : Il faut se méfier des hommes nus

Il faut se méfier des hommes nus
Il faut se méfier des hommes nus

Résumé : Qui ne rêverait pas de partir pour Tahiti sur les traces de Marlon Brando ?Mêlant habilement les formes du biopic et du thriller, Anne Akrich déconstruit avec délectation le mythe du jardin d’Éden. “Si Dieu ne s’était pas mis en tête de planter ce foutu jardin en Éden, on n’en serait pas là. Si, au milieu de ce jardin, Il n’avait pas fait pousser l’arbre de la connaissance, la femme n’aurait pas croqué dans le fruit et ne l’aurait pas tendu à l’homme. Tout le monde serait resté nu. On aurait continué à cultiver sagement la terre et à dompter les fleuves. Si l’homme-poussière et la femme-côtelette n’avaient pas entrepris de se venger en lançant la rumeur de l’Éden, leurs descendants n’auraient pas eu cette idée fixe : retrouver le jardin ! Ils n’auraient pas construit de beaux bateaux pour partir à sa recherche. Ils n’auraient donc jamais trouvé Tahiti, ni ne l’auraient baptisée ainsi : Paradis perdu. S’il n’avait pas été perdu, personne n’aurait songé à le retrouver.

Pas même Marlon Brando.”


L’auteur :

Née à Paris en 1986, Anne Akrich est d’origine polynésienne et tunisienne. À l’âge de douze ans, elle part pour Tahiti ou elle passera toute son adolescence avant de retrouver la capitale et de poursuivre des études de littérature à la Sorbonne. Elle a commencé un doctorat sur les adaptations cinématographiques d’À la recherche du temps perdu, l’a interrompu pour aller à New York écrire le scénario d’un long métrage de fiction avec Jerry Schatzberg, et de retour à Paris, s’est lancée dans l’écriture de son premier roman, Un mot sur Irène.


Mon avis :

Dans sa biographie, Brando nous dit qu’il a toujours été attiré par Tahiti, à l’âge de 5 ans il découvre ces îles dans un magazine. Dès lors il fera tout pour s’y rendre.

Ce livre donne une vision différente de l’image classique du paradis : l’envers du décor. Vous n’aurez pas envie de mettre les pieds à Tahiti après cette lecture : débordements liés à la drogue et à l’alcool, nonchalance des polynésiens, chaleur insupportable. Un peu caricatural à mon sens.

Une jeune femme, prénommée Cheyenne, est embauchée pour écrire un scénario sur Brando. Le projet s’appelle “Brando au paradis”. Raconter comment la star est tombée sous le charme de Tahiti et de Tarita, l’héroïne des Révoltés du Bounty.

Cheyenne retrouve son île natale, Tahiti, pour écrire ce scénario.

L’auteur entremêle l’histoire de Cheyenne la scénariste avec la vie de Brando et notamment la rencontre avec la polynésienne Tarita.

Une langue qui claque, sèche avec des phrases courtes parfois agrémentées de mots familiers, j’ai moins aimé. Pas de la grande littérature.

Par contre les mots tahitiens les plus courants y sont comme “fiu”, les polynésiens aiment dire “je suis fiu” ce qui veut dire je suis las, envie de rien.

Un livre intéressant, j’ai apprécié la restitution de la vie de la star au travers de son aventure avec Tarita mais j’ai moins aimé l’écriture et pas ressenti d’empathie pour les protagonistes. Une lecture qui ne m’a pas complètement emballée.

 

Merci à Babelio et aux Éditions Juilliard.

Notation :

Le cercle des femmes de Sophie Brocas

Résumé :

Le cercle des femmes de Sophie Brocas
Le cercle des femmes de Sophie Brocas

« Je rejoins Maman dans la maison fraîche. Elle poursuit son patient travail de tri : le tas des choses à jeter, le tas des choses à conserver, le tas des choses pour lesquelles on verra plus tard. Qu’est-ce qu’il m’a pris de me mettre à quatre pattes pour regarder sous la grande armoire ? Ma main a tiré à elle une énième boîte à chaussures. J’ai soufflé la pellicule de poussière qui recouvrait son couvercle avant de le soulever. » Réunies durant quelques jours à la campagne à l’occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans.

L’auteur : Sophie Brocas travaille aujourd’hui au service de l’État. Le Cercle des femmes est son premier roman.

Mon avis :

Un roman attachant sur la transmission et les conséquences des secrets de famille.

Écrit par une femme et centré sur l’histoire de quatre femmes, de l’arrière-grand-mère à Lia âgée de 20 ans, nous suivons l’évolution de ces quatre vies après la découverte d’un lourd secret de famille.

Lia, en aidant à trier les affaires de son arrière-grand-mère, tombe sur des lettres écrites soixante ans plus tôt. Les secrets mis au jour bouleversent les trois générations de femmes. Et si Alice, qui vient de décéder, était une toute autre femme que ce qu’elle a montré à ses descendantes ? Qui était son mari ? Quelle vie ont-ils eu ? Sol, la fille d’Alice a eu une seule fille et de multiples maris, sa fille, la mère de Lia n’a gardé aucun homme. Comment briser le cercle des femmes se dit Lia ?

Marie, amie d’enfance de l’aïeule, apporte son soutien et son dynamisme à Lia. Au cœur du récit, cette dernière, amie proche d’Alice connaît tous les secrets.

J’ai aimé les vies entrelacées de ces quatre femmes, l’histoire m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Le style est fluide, agréable avec une émotion palpable constamment. Les personnages les plus attachants sont Lia et Marie : malgré les soixante ans qui les séparent, elles sont très proches et seule Marie pourra aider Lia à surmonter la malédiction familiale.

Un premier roman à découvrir et que je conseille.

Merci Les matchs de la rentrée littéraire 2014 pour cette lecture.

 

 

 

Notation :

Rentrée littéraire Les tribulations du dernier Sijilmassi de Fouad Laroui

Résumé

Adam Sijilmassi revenait d’Asie où il avait négocié brillamment la vente de produits chimiques marocains. Alors qu’il survolait la mer d’Andaman, il se posa soudain une question dérangeante : « Que fais-je ici ? » Pourquoi était-il transporté dans les airs, à des vitesses hallucinantes, alors que son père et son grand-père, qui avaient passé leur vie dans les plaines des Doukkala, n’avaient jamais dépassé la vitesse d’un cheval au galop ? Ce fut une illumination. Il décida de renoncer à cette vie qui ne lui ressemblait pas, se résolut à ne plus jamais mettre les pieds dans un avion et à changer totalement de mode de vie. Funeste décision !

L’auteur :

Fouad Laroui, né en 1958 à Oujda, est un économiste et écrivain marocain. Après des études au Lycée Lyautey à Casablanca, il passe par l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées en France, dont il sort ingénieur. Après avoir travaillé dans une usine de phosphates à Khouribga (Maroc), il part pour le Royaume-Uni, où il passe quelques années à Cambridge et à York. Il obtient un doctorat en sciences économiques et part vivre à Amsterdam où il enseigne l’économétrie puis les sciences de l’environnement à l’Université. Parallèlement, il se consacre à l’écriture.

Mon avis :

Un avis en demi-teinte : autant j’ai aimé la première moitié du livre, la suite m’a moins emballée et même ennuyée par moment. Dommage, car le thème est intéressant et l’accroche prometteuse.

Le héros, Adam, ingénieur marocain à qui tout réussit : boulot et vie de famille, se remet en question et s’interroge sur le sens de sa vie. Pourquoi ce rythme effréné dans sa vie ? Toujours parti à l’autre bout du monde, Adam passe peu de temps chez lui et ne profite pas de ses proches ni de son bel appartement. En pensant à ses ancêtres et à son père, il décide soudain de tout poser. Laisser tomber son boulot quitte à vivre pauvrement, il cherche à vivre plus simplement.

Sa femme, elle, n’est pas du tout d’accord avec sa décision. Mais est-ce le plus important ?

J’ai apprécié le ton désopilant et grave de la première partie du livre : une analyse fine d’un marocain occidentalisé qui décide de revenir aux sources. Le décalage entre sa situation actuelle et celle des villageois qui sont restés dans sa ville natale est si importante.

Des situations cocasses et originales rythment toute cette première partie.

Ensuite, Adam est empêtré dans ses interrogations sur le pouvoir de la religion, et tente depuis sa retraite dans le Riad de ses ancêtres, de comprendre ses congénères. Malheureusement, le lecteur aussi se retrouve déstabilisé par les questions philosophiques posées et s’ennuie. Trop long et compliqué.

J’ai apprécié la langue érudite et fluide dans la première partie et trouvé le thème original.

Un avis mitigé au final du fait du rythme inégal de l’histoire.

J’avais davantage aimé “Une année chez les français” du même auteur.

Merci Libfly et les éditions Julliard pour cette lecture.

 

 

 

Notation :