Naomi Wood : Mrs Hemingway

Mrs Hemingway
Mrs Hemingway

Résumé : C’est un fait : Hemingway était un homme à femmes. Seulement l’auteur du Vieil homme et la mer ne se contentait pas d’enchaîner les histoires d’amour. Il a voulu épouser ses maîtresses. L’une après l’autre, à l’issue d’un scénario qui ne variait que de quelques lignes, il en a fait des Mrs. Hemingway : la passion initiale, les fêtes, l’orgueil de hisser son couple sur le devant d’une scène – la Côte d’Azur, le Paris bohème, la Floride assoiffée, Cuba, l’Espagne bombardée… – puis l’alcool, les démons, les noires pensées dont chacune de ses femmes espérait le sauver.

L’auteur :

Née en 1983 et diplômée de l’université d’East Anglia, elle vit aujourd’hui à Londres. Ses recherches pour Mrs Hemingway l’ont menée de la British Library à la Library of Congress, aux différentes résidences et aux repaires d’Ernest Hemingway à Chicago, Paris, Antibes, Key West et Cuba.

 

Mon avis :

Brillant et addictif : une lecture incontournable !

Nous découvrons l’histoire d’un écrivain ensorcelé par ses différentes femmes. Divisé en quatre parties, chacune démarrant lorsqu’une histoire amoureuse se termine.

Chaque femme a succombé à ses charmes et, hormis sa dernière épouse, a dû subir la rivalité de la maîtresse qui la détrônera et lui enlèvera son époux. Hadley, la premiere, a épousé Ernest alors qu’il n’avait que 21 ans. Très dévouée à son mari, elle est aussi très proche de Pauline, dite Fife. Tous les trois passeront de bons moments dans l’appartement parisien et dans le sud de la France. Désemparée quand elle découvre la liaison de son mari, elle s’efface comprenant qu’elle l’a perdu.

Après ces premières années difficiles financièrement, tout change avec Fife, riche qui lui fait voir du pays. Amoureux, Ernest l’épouse et démarre avec entrain sa nouvelle vie. Protégé des soucis matériels, le grand homme pourra écrire. Au bout de quelques années, le même schéma se reproduit : Ernest rencontre une journaliste de guerre, Martha. Désespérée, Fife fera tout pour conserver son mari mais celui-ci, de nouveau amoureux, veut épouser sa nouvelle conquête. Il a besoin du mariage pour concrétiser un amour. L’histoire va se poursuivre encore une fois lorsqu’il découvre Mary. Le même schéma se reproduit : la nouvelle femme chasse l’ancienne dans le cœur de l’écrivain.

Le plus étonnant c’est le lien qui unira ces femmes comme des sœurs improbables.

Face à un homme, parfois fragile et souvent torturé, ces femmes intelligentes l’ont aimé voire adoré et se sont parlées. Mary téléphone à Hadley lorsqu’elle s’inquiète pour son mari.

L’auteure parvient parfaitement à nous faire partager l’intimité des épouses successives d’Ernest et nous donne ainsi un autre éclairage sur le grand écrivain.

Une belle plume rend la lecture très fluide et addictive.

Ne vous privez pas du plaisir de découvrir ce premier roman.

 

Le site de l’auteure

 

Merci Babelio et Les Éditions de la Table Ronde.

Notation :

Brontë : Lettres choisies de la famille Brontë

Lettres choisies de la famille Brontë
Lettres choisies de la famille Brontë

Traduit de l’anglais et annoté par Constance Lacroix

Présentation : Si les œuvres des sœurs Brontë sont connues de tous, il n’en va pas de même pour leur correspondance, a fortiori en France où elle n’avait pas encore été traduite. Le présent recueil réunit plus de trois cents lettres de cette famille hors norme. Celles de Charlotte à son amie Ellen Nussey ou à ses éditeurs londoniens, tantôt véhémentes, tantôt mélancoliques, sont d’une humilité extrême. Durant sa courte existence, Charlotte s’éloigne rarement de la cure de Haworth où elle veille tour à tour son frère et ses sœurs dans leurs derniers instants. De ces deuils, la jeune femme, qui ne place jamais l’art au-dessus de la vie, laisse des témoignages d’une grande pudeur.

 

Les auteurs : Charlotte Brontë a publié trois romans de son vivant Jane Eyre, Shirley et Villette. Le Professeur fut publié à titre posthume. Branwell, Emily et Anne sont les trois autres enfants du pasteur Patrick Brontë.

La traductrice : Constance Lacroix a notamment traduit, annoté et commenté La Relation véridique de ma naissance, de mon éducation et de ma vie de Margaret Cavendish.

 

Mon avis :

Une préface intitulée “note d’intention” présente la démarche de la traductrice qui a réuni ces lettres en laissant la plus grande place à Charlotte qui s’est exprimée davantage que ses sœurs. Nous apprenons aussi qu’elle s’exprimait parfois en français, son style a été adopté par la traductrice pour être plus fidèle et proposer un ensemble homogène.

L’ensemble des lettres produites couvrent la période “1821-1855” et sont regroupées par année. Ainsi nous suivons chronologiquement la vie de la famille Brontë. La traductrice, en début de chapitre, précise le contexte entourant la missive.

Le lecteur parcourt ce recueil au cœur de l’intimité et des malheurs de la famille Brontë : la mère partie tôt d’un cancer, les sœurs séparées puis malades, le frère qui peine à se faire connaître comme artiste. Charlotte résiste et veille sur tout ce petit monde tout en écrivant le grand roman “Jane Eyre” sous pseudonyme. Sa vie passe au second plan, elle refuse des propositions de mariage.

Quelques lettres sont écrites par Emily, Anne ou par le père, le tout donne un magnifique témoignage de cette famille d’artistes.

Je vous recommande ce recueil épistolaire qui donne envie de se replonger dans “Jane Eyre”, ma version préférée est la traduction française de Dominique Jean chez Folio Classique : Jane-Eyre

 

Merci aux Éditions de la Table Ronde.

 

Notation :