Critique de : Johannesburg de Fiona Melrose

Johannesburg

Résumé 

Le 6 décembre 2013, Johannesburg se réveille à l’annonce de la mort de Nelson Mandela. Ce jour-là, Gin, de retour dans sa ville natale pour les quatre-vingts ans de sa mère, prépare la fête qui aura lieu le soir même. Mercy, l’employée de maison, l’aide à tout organiser, mais guette ce qui se passe dehors : quelques rues plus loin, la foule commence à se masser autour de la Résidence pour rendre hommage à Madiba. Peter, ami de jeunesse de Gin devenu juriste pour une société minière, passe devant les camions de télévision et les journalistes pendant son jogging matinal. Sur son îlot au milieu de la circulation, September, blessé par la police lors d’une grève, fait la manche avant d’aller manifester, seul, devant le siège de la mine qui l’employait. 

L’auteure 

Née à Johannesburg, Fiona Melrose a eu plusieurs carrières, notamment dans l’analyse politique pour des O.N.G. et le secteur privé. Elle vit aujourd’hui en Afrique du Sud. Midwinter a été sélectionné pour le Baileys Women’s Prize for Fiction 2017

Ma chronique :

Un portrait saisissant de la société sud-africaine : on vibre à l’unisson des personnages de Fiona Melrose.

J’avais hâte de découvrir le second roman de cette auteure après « Midwinter » qui m’avait impressionnée.

Les héroïnes, Gin et sa mère, ont des relations complexes : exilée à New-York, Gin, est une artiste rebelle qui ne supportait plus la société de Jonannesburg et se sentait trop à l’étroit. Sa mère a peu de tendresse pour sa fille et lui fait continuellement des reproches. Revenue pour fêter les quatre-vingt ans de sa mère, Gin retrouve la société et les siens semblables à ce qu’ils étaient.

Tout se déroule sur une journée, celle de la mort de Mandela, chaque personnage prend la parole successivement. 

J’ai aimé ce mixte de classes sociales, les blancs aisés, les noirs souvent relégués à des emplois de serviteurs. La violence larvée est bien décrite aussi.

Écrit avec finesse, d’une plume remarquablement fluide, voici une peinture sans concession de la société sud-africaine. 

En fin d’ouvrage, Fiona rend hommage à Virginia Woolf sa muse, le ton est donné…

Paru aux éditions de la Table Ronde collection Quai Voltaire.

Notation :

Le terroriste noir de Tierno Monénembo

“Tout commence en lisière de la forêt des Vosges, un jour de 1940, quand un père et son fils partis cueillir des champignons tombent par hasard sur un « pauvre nègre » endormi au pied des arbres. Conduit au village, ce jeune Guinéen adopté en France à l’âge de 13 ans, à la fois austère et charmeur, y fera sensation. Il saura enflammer les cœurs, s’attirer des protections. Mais ce n’est qu’un début : en 1942, il entre en contact avec la Résistance et crée un des premiers maquis de la région. Lancés sur ses traces, les Allemands l’appelleront « le terroriste noir ».”

L’auteur guinéen a reçu le prix Renaudot pour son dernier roman, Le Roi de Kahel (en 2008).

Dans ce roman « le terroriste noir », l’évrivain guinéen nous raconte la véritable histoire d’un jeune guinéen devenu soldat pendant la seconde guerre mondiale.

Ce jeune guinéen capturé après la bataille de la Meuse s’évade, se perd dans les forêts puis est recueilli par des habitants d’un petit village vosgien.

Beaucoup de mystère entoure ce « nègre » comme disent certains : comment est-il arrivé jusqu’ici ?que fait-il de ses journées ? Que cherche-t-il ?

Petit à petit, Addi Bâ, notre héros se dévoile grâce à aux souvenirs d’une femme qui ,60 ans plus tard, nous livre son parcours. Germaine, alors jeune fille, croise souvent Addi qui vient écouter Radio-Londres chez eux. Germaine lave aussi son linge et discute avec lui.

Addi mène une double vie et secrètement organise le premier maquis des Vosges, il recrute de plus en plus de jeunes maquisards et les forme pour affronter l’ennemi.

A la fois plein de verve, d’émotion mais aussi de suspense cette histoire nous tient en haleine.

Les villageois vosgiens forment la nouvelle famille d’Addi Bâ et leur patois vosgien émaille les pages de ce roman.

Ce combattant de la France libre a reçu la médaille de la Résistance en 2003 seulement, 60 ans après sa mort, parce qu’il était noir.

A lire et à méditer …

Merci Mariam pour le conseil

Notation :