Mario Giordano : Mamie cherche les embrouilles

Mamie cherche les embrouilles
Mamie cherche les embrouilles

Résumé :

A tout juste 60 ans, mamie Poldi est fatiguée : tout ce qu’elle veut, c’est aller quelque part au soleil pour terminer sa vie. Donc, direction la Sicile, la terre natale de Peppe, son défunt mari. Là, le soleil brille, la nourriture et les vins sont délicieux et sa belle-famille respire la joie de vivre. Difficile de se résigner à mourir… Quand Valentino son jeune jardinier est assassiné, Mamie Poldi décide de démasquer le meurtrier. Elle se lance dans une folle enquête où elle croise des membres de la Mafia, l’excentrique descendante d’une famille d’aristocrates français et une foule de personnages plus ou moins recommandables.

L’auteur : Né en Allemagne, Mario Giordano a étudié la philosophie et la psychologie. Auteur de romans, il est aussi scénariste pour le cinéma et la télévision. Il a reçu plusieurs prix prestigieux.

 

Mon avis :

Un polar loufoque et déjanté dans un décor ensoleillé.

Voici un roman policier atypique : j’ai eu l’impression d’être dans le jeu du Cluedo avec des personnages souvent farfelus comme l’héroïne Poldi. La construction du livre déroute parfois, beaucoup de personnages secondaires et un commissaire désemparé devant l’exubérante bavaroise.

Poldi a quitté sa Bavière pour couler des jours heureux près de sa famille en Sicile.

Elle ne résiste pas à la tentation de mener son enquête après à la disparition de Valentino.

Parfois drôle, léger, une histoire policière un peu trop décousue. Un autre bémol : la couverture trop kitch et le style un brin familier.

A réserver aux amateurs de romans policiers qui ont envie de se détendre.

Merci à City Éditions et LP Conseil.

 

Notation :

Stefan aus dem Siepen : Le géant

Le géant
Le géant

Résumé :

Tilman Wölzinger n’est pas un garçon comme les autres. À dix-sept ans, il mesure déjà 2,06 mètres, et sa croissance est loin d’être terminée… Car Tilman grandit, grandit encore… Jusqu’à devenir l’homme le plus grand d’Allemagne. « Tillman le géant », ainsi qu’on le surnomme, souffre de sa différence due à une maladie génétique que la médecine est incapable de soigner. Raillé, moqué de tous, Tilman s’isole peu à peu du reste du monde. Jusqu’au jour où il accepte d’accorder une interview à un journaliste.

L’auteur :

Stefan aus dem Siepen est né à Essen à 1964. Après des études de droit à l’université de Munich, il entre dans le corps diplomatique. Il a été en poste à Bonn, au Luxembourg, à Shanghai et à Moscou avant de s’établir à Berlin, où il travaille au Ministère des affaires étrangères. Les éditions Écriture ont publié La Corde (2014), un roman plébiscité par la critique.

Mon avis :

Voici le récit d’un enfant devenu un géant qui tente de vivre normalement malgré sa différence.

Son père, qui exerce le métier de couvreur, décide dès sa naissance que son fils fera le même métier. Celui-ci, docile, accepte la situation et stoppe ses études avant le bac pour aider son père sur les toits. Pourtant, c’est difficile pour lui, notamment à cause de sa taille qui le déséquilibre.

Tilman prend conscience qu’il doit réagir pour ne plus subir.

Sa perception des choses évoluant avec sa taille, sa vie lui appartient dorénavant, à lui de faire les bons choix.

Un livre qui se lit facilement et avec plaisir, on se demande jusqu’où sa taille démesurée va l’amener. Sa relation aux autres évolue aussi jusqu’au sein de sa famille où sa différence n’était pas toujours bien acceptée.

J’ai aimé cette quête d’une vie meilleure, l’analyse du regard d’autrui et j’ai souri parfois aussi.
Je recommande ce texte, joli conte philosophique qui questionne sur la différence.
De la pudeur, de l’émotion et un regard optimiste sur la vie : a découvrir.

Parution le 6 janvier 2016.

Merci à LP Conseils et aux éditions Écriture.

Notation :

Hans Fallada : Du bonheur d’être morphinomane

Résumé :

Du bonheur d'être morphinomane
Du bonheur d’être morphinomane

Le quotidien d’un morphinomane. Un alcoolique cherche à se faire emprisonner pour arriver enfin à se désintoxiquer. Une paysanne au mari jaloux perd son alliance pendant la récolte des pommes de terre. Un cambrioleur rêve de retourner en prison où la vie est, finalement, si tranquille. Un mendiant vend sa salive porte-bonheur.

L’auteur :

Hans Fallada est un auteur allemand né en 1893 dans le Nord de l’Allemagne. Il est de la même génération que Johannes R. Becher, Bertolt Brecht, Kurt Tucholsky ou Walter Benjamin, ces auteurs qui sont nés dans l’empire allemand sur son déclin, qui ont connu, au début de leur âge adulte, la chute de l’empire avec la première guerre mondiale, et qui vivront seulement 14 années de démocratie parlementaire avant que le nazisme ne prenne le pouvoir et que n’éclate la seconde guerre mondiale. Il meurt en 1947 à Berlin, laissant une vingtaine de romans devenus pour certains des classiques lus à l’école.

Mon avis :

Un recueil de nouvelles qui met en scène un morphinomane, un alcoolique, un voleur, un mendiant.

Plusieurs thèmes pour ces nouvelles : les addictions, les garnements, la campagne, le couple.

Un portrait d’une époque troublée dans laquelle les petites gens se débattent pour survivre. Résister aux tentations de l’alcool, du tabac et ne pas céder à la facilité de s’emparer des biens d’autrui. Une misère profonde dans un contexte très difficile voilà ce que l’auteur nous dépeint. La crise, le chômage, l’inflation : en face des ces maux des gens simples qui subissent.

Une profonde empathie s’empare de nous en déroulant ces histoires, c’est souvent triste mais aussi parfois on arrive à sourire. Fiction ou réalité ? C’est criant de vérité.

Une plume très fluide, une impression de proximité avec tous ces personnages nous les rendent attachants : on se dit, comment les aider ?

Une belle lecture avec des moments d’espoir et d’amour qui illuminent ce récit.

A la fin du livre, les notes de la traductrice, qui apportent des précisions très intéressantes sur l’auteur et nous éclairent sur sa vie et le contexte historique, nous comprenons aussi que ces histoires sont le reflet de son existence.

Merci aux Editions Denoël.

 

Traduit de l’allemand par Laurence Courtois

Collection Denoël & d’ailleurs

Parution : 05-11-2015

 

Notation :

Sarah Lark : Le cri de la terre

Résumé :

Le cri de la terre
Le cri de la terre

Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira McKenzie (la jeune Anglaise qui débarquait sur les côtes de la Nouvelle-Zélande dans Le Pays du Nuage blanc), a joui d’une enfance et d’une adolescence idylliques à Kiward Station, la ferme familiale. Mais tout s’effondre quand ses parents – pourtant absents car pris par la carrière de cantatrice de sa mère – lui font savoir qu’il est temps pour elle de devenir une véritable lady. Gloria doit alors tout quitter et faire ses adieux à ceux qui l’entourent, en particulier son cousin Jack, dont elle est très proche. Destination l’Angleterre et un austère pensionnat !

L’auteur :

Née en 1958 dans la Ruhr, Sarah Lark est tour à tour guide touristique, et journaliste avant de se tourner vers l’écriture de romans. Elle vit près d’Alméria, en Andalousie, où elle a créé un refuge pour chevaux. Sa trilogie néozélandaise, traduite dans 22 pays, a séduit plus de 3 millions de lecteurs dans le monde, et a été, notamment en Allemagne et en Espagne, un immense succès de libraire.

Mon avis :

Une grande aventure qui nous emmène sur plusieurs continents en compagnie de Gloria, Jack, Lilian et beaucoup d’autres personnages, une belle saga qui dépayse et nous accroche.

Nous suivons plus particulièrement Gloria, jeune fille amoureuse des chevaux qui est envoyée dans un pensionnat en Angleterre. Ces parents, peu présents, ont décidé que la jeune fille y aurait une meilleure éducation qu’en Nouvelle Zélande. Seule consolation, elle part avec Lilian dont elle très proche.

Nous sommes à la veille de la première guerre mondiale, le voyage pour atteindre l’Angleterre est déjà une aventure.

Mais nous n’en sommes qu’au début … de leurs aventures !

Des histoires qui se croisent avec pour décor différents continents, l’Europe et l’Australie notamment, et finalement peu de moments en Nouvelle Zélande.

Ce n’est surtout pas mièvre, je dirai même plutôt réaliste, Gloria n’a pas une vie facile : sa liberté, elle va la payer chère. Nous la suivons dans ses aventures où elle doit survivre dans des conditions très difficiles.

La première guerre mondiale, avec la bataille des Dardanelles, est très présente : les jeunes hommes, dont nos héros, vont aussi vivre des heures sombres.

En résumé : des heures de lecture intéressantes et passionnantes.

Une saga qui rappelle les grands romans de Tamara Mc Kinley que je vous recommande aussi comme “l’île aux mille couleurs“.

Merci à LP Conseils et aux Editions l’Archipel.

Notation :

Sauvée de Tina Rothkamm

Sauvée de Tina Rothkamm
Sauvée de Tina Rothkamm

Résumé :

Quand Tina, une jeune Allemande, rencontre Farid, charismatique étudiant en médecine, lors de vacances en Tunisie, elle en tombe amoureuse et l’épouse. Bientôt, les voici parents d’une petite Emira. Mais l’idylle tourne au cauchemar. Farid humilie Tina en permanence et la bat. Pourtant, la jeune femme veut continuer à y croire. Jusqu’au jour où, poussée à bout, elle décide de divorcer. Or, la loi lui interdit d’obtenir la garde d’Emira… La jeune mère n’a alors d’autre choix que d’enlever sa fille de 9 ans et de la ramener en Allemagne. Mais comment faire alors que son ex-mari, aidé par la police des frontières, contrôle ses déplacements ?

L’auteur :

Tina Rothkamm est née en 1971 à Munich. Depuis sa fuite de Tunisie, elle vit avec Emira et sa famille à Düsseldorf.

Mon avis :

Un témoignage fort et émouvant.

Dès le prologue, c’est une plongée dans l’horreur de la vie d’un migrant tunisien quittant son pays pour atteindre l’Europe. C’est pourtant une allemande qui fuit la Tunisie, sur un bateau surpeuplé en direction de Lampedusa.

Ensuite, Tina reprend l’histoire de sa vie au début de sa rencontre avec Farid. Beau, séduisant et charmeur, c’est le coup de foudre dès la rencontre. Leur vie est partagée entre l’Allemagne et le Tunisie. Jusqu’au mariage … Puis, c’est la descente aux enfers, inexorable.

Ce qui est bien décrit, ce sont les sentiments contrariés de Tina sur sa condition : elle tente d’échapper à cette vie de femme soumise mais elle se rend compte qu’elle aime la Tunisie et s’éloigne de ses anciens compatriotes allemands. Difficile de se situer quand on vit dans un nouveau pays et qu’on partage sa culture. Son cœur balance entre les deux. Mais Farid devient de plus en plus difficile. Comment tenir ? Emira, sa fille, est au cœur de ses préoccupations.

L’intérêt du livre réside aussi dans la description de la vie tunisienne et la place occupée par une femme européenne dans une société dirigée par des hommes.

L’écriture est simple, le document apporte un éclairage instructif à cette histoire bouleversante.

Merci aux éditions l’Archipel.

 

Notation :