Martha Batalha : Un château à Ipanema

Un château à Ipanema
Un château à Ipanema

Résumé :

Rio de Janeiro, 1904. Johan Edward Jansson arrive à Rio en tant qu’ambassadeur de Suède au Brésil. Lui et sa femme, l’exotique et sensible Birgit, s’installent et commencent à transformer la petite station balnéaire d’Ipanema en une des destinations les plus prisées au monde. Par amour pour cette ville, Johan fait construire un château au bord de l’eau. La magnificence et les mystères d’Ipanema prennent vie. Dès lors, Ipanema deviendra la ville de toutes les excentricités. De Birgit, hantée par des voix dans sa tête, à Álvaro Alvim, un médecin célèbre rongé par les conséquences de ses expériences, et sa fille Laura, une petite-bourgeoise qui se rêve actrice, tous gravitent autour de la lumineuse famille Jansson.

L’auteur :

Martha Batalha est une journaliste, éditrice et écrivaine brésilienne. Son premier roman, Les Mille Talents d’Eurídice Gusmaõ, est paru chez Denoël en 2017 et au Livre de Poche en 2018.

Mon avis :

Une grande fresque qui couvre cent ans de l’histoire du Brésil, j’ai été emballée surtout par le premier tiers du livre.

J’ai donc suivi avec grand intérêt toute la première partie de ce roman : un suédois embarque sa femme et rejoint le Brésil pour prendre un poste d’ambassadeur. Nous sommes au début du vingtième siècle, la famille se réfugie à Ipanema, petite bourgade tranquille avec des plages magnifiques. L’histoire de cette famille est décrite avec tout le talent de conteuse de Martha Batalha : immersion complète dans ce Brésil du début du vingtième siècle où règne l’indolence, le début des grandes fêtes très cosmopolites.

Dans la suite de cette histoire complexe, se déroulant sur plusieurs générations, nous suivons les descendants des suédois qui se retrouvent dans un pays très contrasté : ils croisent à la fois des indiens en Amazonie ou des militaires dictateurs et violents.

Pendant ce temps-là, les femmes découvrent la « télé novella ».

En synthèse un roman agréable, moins fluide que le premier récit de Martha Batalha, on se perd un peu avec les multiples personnages dès le milieu du livre. Les portraits de femmes sont, eux, très réussis, elles sont si touchantes.

A découvrir pour se plonger dans l’histoire du Brésil.

Paru aux Éditions Denoël traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos

Notation :

Martha Batalha : Les Mille Talents d’Eurídice Gusmão

Les Mille Talents d'Eurídice Gusmão
Les Mille Talents d’Eurídice Gusmão

Résumé

L’histoire d’Eurídice Gusmão, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à qui on explique qu’elles ne doivent pas trop penser. Et qui choisissent de faire autrement… Responsable de l’augmentation de 100 % du noyau familial en moins de deux ans, Eurídice décida de se désinvestir de l’aspect physique de ses devoirs matrimoniaux. Comme il était impossible de faire entendre raison à Antenor, elle se fit comprendre par les kilos qu’elle accumula. C’est vrai, les kilos parlent, les kilos crient, et exigent – Ne me touche plus jamais. Eurídice faisait durer le café du matin jusqu’au petit déjeuner de dix heures, le déjeuner jusqu’au goûter de quatre heures, et le dîner jusqu’au souper de neuf heures. Eurídice gagna trois mentons. Constatant qu’elle avait atteint la ligne, cette ligne à partir de laquelle son mari ne s’approcherait plus d’elle, elle adopta à nouveau un rythme alimentaire sain.

 

L’auteur :

Née au Brésil et diplômée en littérature et journalisme. Best-seller au Brésil, ce livre est son premier roman.

 

Mon avis :

Je vous avoue que l’on passe par différents états lors de cette lecture : on se dit, mais quel goujat le mari d’Euridice ! Cela frôle le harcèlement envers sa femme. Puis on se rend compte que la gentille épouse a des ressources. Beaucoup de talents cachés qui ne demandent qu’à éclore.

Oui mais comment faire avec un époux qui veut une femme soumise, dédiée uniquement au bonheur de son mari

et ses enfants ?

Heureusement la vie est pleine de surprises qu’Euridice saura accueillir et utiliser pour transformer sa vie.

Une épopée pleine de charme, gaie et remplie d’humour.

Le contenu du roman est tonique comme les couleurs de la couverture. L’optimisme est de rigueur et cela ne plait pas toujours aux héros masculins. Tant pis pour eux car nous, les femmes, on se régale !

 

Un premier roman brésilien qui se lit vite et avec plaisir.

Merci aux éditions Denoël.

 

Éditions Denoël – parution le 12/1/2017

Traduction du portugais (Brésil) par Diniz Galhos

 

Notation :

Vanessa Barbara : Les nuits de laitue

Les nuits de laitue
Les nuits de laitue

Résumé :

Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Sans compter qu’Ada participe intensément à la vie du voisinage, microcosme baroque et réjouissant. Il y a d’abord Nico, préparateur en pharmacie obsédé par les effets secondaires indésirables ; Aníbal, facteur fantasque qui confond systématiquement les destinataires pour favoriser le lien social ; Iolanda et ses chihuahuas hystériques ; Mariana, anthropologue amateur qui cite Marcel Mauss à tout-va ; M. Taniguchi, centenaire japonais persuadé que la Seconde Guerre mondiale n’est pas finie.

L’auteur :

Vanessa Barbara est née à São Paulo en 1982. Elle écrit des chroniques pour le journal Folha de São Paulo et The International New York Times. Les Nuits de laitue est son premier roman.

Mon avis :

Un nouveau talent à découvrir : un premier livre émouvant, sensible avec une pointe de drôlerie et beaucoup de fantaisie.

Une galerie de personnages désopilants, fantasques et très attachants qui nous font vibrer tout du long de notre lecture. Félicitations aussi pour la traduction : l’écriture est très fluide.

Dès le début, j’ai beaucoup aimé le couple Otto et Ada : cinquante ans de vie commune décidant au départ de leur union de ne pas avoir d’enfant, ni chien, ni chat, ni lapin. Une vie l’un pour l’autre et libre de toute entrave. Inséparables, tellement proches qu’ils se confondent : une vie parsemée de “petits riens” comme le jardinage, la cuisine et un sens aigu du partage pour Ada. On ne peut que les aimer ces deux amoureux.

Tous les autres personnages ont un petit grain de folie : un jeune pharmacien incollable sur les effets indésirables des médicaments, un facteur passionné de chants, une voisine sourde qui croit au naturel et d’autres encore qui vivent proches d’Otto et Ada.

Ce livre fait du bien : doux, tendre et qui donne envie de se concentrer sur toutes ces choses qui nous rendent heureux si on le décide.

Précipitez-vous sur ce livre pour sourire, être ému et apprécier la vie telle qu’elle se présente en s’inspirant de la vie d’Ada.

Merci aux éditions Zulma pour cette belle découverte.

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Notation :