Elisa Shua Dusapin : Hiver à Sokcho

Hiver à Sokcho
Hiver à Sokcho

Résumé

À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale. C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes.

L’auteur

Née en 1992 d’un père français et d’une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Diplômée en 2014 de l’Institut littéraire suisse de Bienne (Haute Ecole des Arts de Berne), elle se consacre à l’écriture et aux arts de la scène, entre deux voyages en Asie de l’Est.

Mon avis

Un texte délicat et subtil qui se lit doucement pour s’imprégner de l’ambiance.

On peut être décontenancé par la sobriété de l’écriture, cette impression ne dure pas et le lecteur est embarqué pour une lecture très dépaysante.

J’ai aimé suivre l’héroïne, qui travaille dans une pension au cœur d’une ville déserte en hiver. Un des hôtes, un dessinateur français, intrigue particulièrement la jeune fille. Petit à petit, une relation se tisse entre eux.

Pour elle, ce n’est pas simple car elle est fiancée. Ses relations avec sa mère ne sont pas fluides non plus. Plutôt solitaire finalement et ayant une envie d’autre chose et d’ailleurs, la jeune fille recherche la présence du dessinateur.

Un huis clos au cœur une Corée glacée en plein hiver qui nous émeut.

Forcément on pense au film « Lost in translation » en tournant la dernière page.

Une lecture atypique qui interpelle, à découvrir aux Éditions Folio.

Notation :

Rentrée littéraire automne 2018 : dans ma pile …

La Massaia de Paola Masino aux Éditions de la Martinière

La découverte d’un chef d’œuvre de la littérature italienne, jamais publié en France.

Une fable littéraire, féministe et anticonformiste écrite sous l’Italie fasciste de Mussolini.

L’écart d’Amy Liptrot aux Éditions Globe

L’écart raconte la vie d’une femme, son combat contre l’alcool et la joie que procure la communion avec la nature écossaise des îles des Orcades.

La neuvième heure d’Alice McDermott aux Éditions de la Table Ronde, collection Quai Voltaire

La lauréate du National Book Award nous livre un autre roman délicieux, dans lequel celles qui apparaissent d’abord comme insignifiantes se révèlent être des héroïnes, inflexibles dans leur dévotion aux humains faillibles qui les entourent.» O, The Oprah Magazine.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker aux Éditions Aux forges de Vulcain

Dans ce premier roman de feu, Marie-Fleur Albecker invente une langue neuve pour une révolte ancienne, celle de la guerre sociale, du faible contre le fort, de la justice contre l’inique. Une langue qui mêle le sublime et le grotesque, le lyrique et le comique, une langue instruite de ce fait : il faut tenter de changer le monde – ce monde qui jamais ne change.

Pleurer des rivières d’Alain Jaspard aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Enfreindre la loi peut se révéler fatal. Julien, brillant avocat, le sait mieux que personne. Pourtant, lorsqu’il parvient à obtenir la relaxe de son client, Franck, un Gitan d’Argenteuil, il n’imagine pas que leurs épouses respectives vont les entraîner dans une folle aventure.

Les mains dans les poches de Bernard Chenez aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poétique qui accepte et dépose enfin ses fantômes.

Jessie Burton : Les filles au lion

Les filles au lion
Les filles au lion

Résumé :

Londres, 1967. Arrivée des Caraïbes cinq ans plus tôt, Odelle Bastien se rêve écrivain mais peine à trouver ses marques. Sa vie bascule quand elle décroche un poste de dactylo dans une galerie d’art et rencontre la charismatique Marjorie Quick, qui lui redonne confiance. Puis arrive un jour un tableau représentant deux femmes et un lion, qui semble profondément troubler Marjorie. Intriguée, Odelle décide de percer l’énigme de cette toile.

Andalousie, 1936. La jeune Olive Schloss, fille d’un marchand d’art en exil, aspire à devenir peintre mais sa famille s’y oppose. Un artiste révolutionnaire, Isaac Robles, se présente un jour avec sa sœur dans leur propriété.

L’auteur :

Née en 1982, auteure et actrice anglaise, ce roman est son deuxième titre après « Miniaturiste » son premier roman.

Mon avis :

Subtil et brillant, ce deuxième roman de Jessie Burton est à dévorer cet été.

Si l’époque et l’ambiance diffèrent dans ce second titre, le lecteur est autant captivé par ce récit qu’il l’était par« Miniaturiste ».

J’ai particulièrement apprécié les portraits de femmes, les deux artistes : un peintre en 1936 et un écrivain en 1967. Des destins forts pour des personnages passionnés : un beau programme pour nous les lecteurs.

L’histoire, habilement tissée, nous entraîne successivement à Malaga en Espagne au moment de la guerre civile puis en 1967 à Londres. Odelle, la jeune caribéenne, horrifiée par la tristesse et la saleté de Londres, découvre le monde de l’art après son embauche dans une galerie d’art. Sa passion, l’écriture, est encouragée par Marjorie, un des piliers de la galerie. L’arrivée d’un tableau insolite et fascinant va bousculer leur vie et entraîner Odelle dans une quête pour comprendre ses origines.

En parallèle, nous partons en Espagne, aux côtés d’une jeune peintre Olive. Dans les années trente, difficile de percer pour une femme. Amoureuse d’un peintre, leurs deux destins vont se croiser.

Dans ce roman, il est question de la place de la femme dans le monde des lettres et de la peinture, de la mixité raciale et de politique avec l’évocation de la guerre d’Espagne.

Une histoire humaine passionnante qui nous tient en haleine tout du long avec ces multiples rebondissements.

Une excellente lecture d’été, à déguster sans modération.

Notation :

Marilyse Trécourt : Vise la lune et au-delà

Vise la lune et au-delà
Vise la lune et au-delà

Présentation :

Estelle a 39 ans et, en apparence, tout pour être heureuse. Pourtant, elle rêve d’une vie plus belle dans laquelle son mari ferait attention à elle, son fils travaillerait à l’école et son chef de service reconnaîtrait sa vraie valeur.

Lors d’une insomnie provoquée par les ronflements de son conjoint, Estelle googlise “changer de vie”. Elle tombe sur un article, inspiré par la loi d’attraction, d’après lequel il suffirait de visualiser ce que l’on souhaite et de l’écrire. Sans y croire une seconde, elle formule son vœu : “je souhaite avoir un mari beau, charmeur, attentionné, comme Brad Pitt”. Le lendemain matin, quand Brad se réveille à ses côtés, Estelle découvre qu’elle a souscrit, bien malgré elle, à un programme de réalisation de rêves.

L’auteure :

Marilyse Trécourt se dit atteinte du syndrome d’Amélie Poulain, qui consiste à essayer de rendre heureux tous ceux qui l’entourent. Il l’a incitée à écrire ce roman pour répondre aux attentes des amateurs d’émotions, d’humour, de romance, de suspense et de développement personnel, mais aussi de tous ceux qui rêvent d’une vie meilleure.

Mon avis :

Une jolie comédie pétillante qui donne envie de donner un nouveau sens à sa vie ou au moins d’y réfléchir.

Estelle, l’héroïne nous ressemble : mariée, un enfant, coincée dans une vie sans fantaisie et se désespérant chaque jour. Mon mari ne me regarde plus se lamente-t-elle, mon ado est fainéant et ne s’intéresse qu’aux jeux vidéo. Même le chien attend que ce soit moi qui le promène. Tout repose sur les frêles épaules d’Estelle.

Sa vie bascule lorsqu’elle visualise son vœu le plus cher et qu’il se réalise. Dynamisée par ce succès et séduite par les retombées de ce vœu, elle en formule un deuxième puis un troisième etc. En parallèle, elle rencontre d’autres personnes qui vivent cette situation et sont accompagnées dans ce changement de vie. Différentes pratiques vont leur permettre de s’apaiser et de découvrir leur voie.

J’ai beaucoup aimé le ton humoristique, mention spéciale pour le chien Mojito si craquant.

Une lecture qui nous donne envie de tester aussi la célèbre loi de l’attraction et surtout de suivre son intuition. Une petite voix que nous n’écoutons pas toujours, nous dit l’auteure.

En fin de livre, vous trouverez un résumé des différentes techniques utilisées par Estelle, une bonne idée.

Une belle lecture.

Merci aux Éditions Eyrolles et à Babelio pour cette lecture.

Notation :

C. André, A. Jollien, M. Ricard : Trois amis en quête de sagesse

Trois amis en quête de sagesse
Trois amis en quête de sagesse

Présentation :

Depuis longtemps, ils rêvaient d’écrire un livre ensemble, pour être utiles, pour apporter des réponses aux questions que tout être humain se pose sur la conduite de son existence. Quelles sont nos aspirations les plus profondes? Comment diminuer le mal-être? Comment vivre avec les autres? Comment développer notre capacité au bonheur et à l’altruisme? Comment devenir plus libre?…

Sur chaque thème, ils racontent leurs expériences, leurs efforts, les leçons apprises en chemin, et nous proposent des conseils. Leurs points de vue sont différents, mais ils se retrouvent toujours sur l’essentiel.

Les auteurs :

Christophe André est médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris. Spécialiste du bonheur, il est l’auteur de nombreux ouvrages de psychologie à succès à destination du grand public.

Alexandre Jollien est philosophe et écrivain, sa réflexion et ses écrits portent sur la thérapie de l’âme.

Mathieu Ricard est moine bouddhiste et vit au Népal où il se consacre aux projets humanitaires de l’association Karuna-Shechen.

Mon avis :

Quel plaisir de cheminer avec ces trois sages. Leur simplicité allié à une grande sincérité renforcent l’attractivité de cet ouvrage.

Ce sont trois personnalités différentes qui se retrouvent sur les thèmes les plus importants de notre vie : l’égo, vivre avec nos émotions, l’art de l’écoute, l’altruisme, la culpabilité et l’usage de notre liberté.

Sur chaque thème, le moine, le philosophe et le psychiatre exposent leur vision, leur questions et nous livrent des conseils en fin de chaque chapitre. Ces synthèses sont l’occasion de revenir sur l’essentiel et de méditer sur les propositions.

Ces dialogues simples au ton naturel nous vont droit au cœur, la sincérité et la bonté de chacun éclairent naturellement chaque problématique.

Un livre à parcourir en prenant son temps et à garder près de soi pour y revenir régulièrement.

Une saine et agréable lecture que je vous recommande.

Merci aux éditions J’ai Lu et à Babelio.

 

Notation :