N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures de Paola Pigani

N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures de Paola Pigani
N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures de Paola Pigani

Résumé :

Autour du feu, les hommes du clan ont le regard sombre en ce printemps 1940; un décret interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à l’arrêt. Bientôt, la Kommandantur d’Angoulême exige que tous ceux de Charente soient rassemblés dans le camp des Alliers. Alba y entre avec les siens dans l’insouciance de l’enfance. À quatorze ans, elle est loin d’imaginer qu’elle passera là six longues années, rythmées par l’appel du matin, la soupe bleue à force d’être claire, le mauvais sommeil… C’est dans ce temps suspendu, loin des forêts et des chevaux, qu’elle deviendra femme au milieu de la folie des hommes.

L’auteur :

Née en 1963 dans les Charentes d’une famille d’immigrés italiens, Paola Pigani vit à Lyon. Auteure de poésie et nouvelles. Elle explore depuis de nombreuses années le monde de l’enfance, celui pour lequel elle travaille et celui qui lui a donné “le vain amour des mots, levain dont on fait le pain de chaque jour”.

Mon avis :

Un beau texte poignant sur une page de l’histoire de la seconde guerre mondiale peu connue. Un témoignage issu de la rencontre de l’auteure et d’une rescapée de ce camp qui lui a raconté son histoire.

Au travers des souvenirs d’Alba aujourd’hui âgée de quatre-vingt ans, nous suivons le quotidien de 350 tziganes enfermés dans un camp entre 1940 et 1946. Alors âgée de quatorze ans, Alba arrive dans ce camp à Angoulême avec sa famille. Ce qui frappe, c’est le décalage entre la vie nomade très libre de ce peuple et les restrictions imposées par l’état français.

Les manouches ne fréquentent pas les “gadje” et vivent différemment : la verdine ou roulotte est leur maison, le cheval qui tire cette roulotte fait partie de la famille et tous travaillent de leurs mains pour vivre. Les parents d’Alba étaient forains avant la guerre.

Quel décalage et tristesse en découvrant ce camp : privés de liberté, de leur roulotte, de leur cheval et de toute activité de leur vie d’avant. Ils vont souffrir de la faim, de maladie et d’ennui. Maria, la mère d’Alba, est particulièrement émouvante : aveugle, elle communique avec ses enfants à la voix et avec ses mains. Au toucher, elle ressent toutes leurs émotions et les consolent. Le père, fier comme tous les manouches, fera tout pour améliorer leur quotidien par son travail. Des personnages forts vivants et attachants.

Un style fluide, poétique et pur. Une histoire qui émeut, interpelle et se lit facilement.

Je vous recommande cette lecture pour ses qualités littéraires et l’intérêt du sujet.

Un grand merci aux éditions Liana Levi.

 

 

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Notation :

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