Caterina Soffici : Un cœur vaillant

Un cœur vaillant
Un cœur vaillant

Résumé

Italie, 2001. À la mort de sa grand-mère, Bartolomeo trouve au fond d’un tiroir une lettre qui pique sa curiosité. Elle indique que son grand-père aurait « disparu, probablement noyé ». Des mots qui contredisent l’histoire familiale selon laquelle il serait tombé au combat.

Ses recherches le mènent jusqu’à Florence Willis, une vieille dame anglaise qui a connu ses grands-parents.

L’auteur

Auteure et journaliste, Caterina Soffici vit entre Londres et l’Italie. Elle écrit pour de nombreux grands journaux italiens. Après deux ouvrages de non-fiction, elle signe Un coeur vaillant, son premier roman.

Mon avis

Un premier roman réussi qui m’a tenue en haleine tout du long et m’a fait découvrir une page de l’histoire peu connue.

L’histoire de ces italiens à Londres est si émouvante : ils ont été persécutés car leur gouvernement s’était rallié à Hitler. Du jour au lendemain, ils sont arrêtés puis déportés pour ne pas risquer de nuire au pays. Comment cela est-il compréhensible pour des familles complètement intégrées et installées en Angleterre depuis des années ?

Soixante ans plus tard le descendant de l’un deux enquête. Sa rencontre avec Flo, proche de son grand-père, réveille la mémoire de celle-ci et remet en lumière de lourds secrets.

Une belle histoire poignante et bien racontée : j’ai découvert tout ce pan de la seconde guerre mondiale. Un style délicat et fluide rend la lecture très agréable et addictive.

Une découverte que je vous recommande, un roman paru aux Éditions Les Escales.

Notation :

Harold Cobert : Belle-Amie

Belle-Amie
Belle-Amie

Résumé :

Après son fastueux mariage en l’église de la Madeleine à Paris, Georges Du Roy, le « Bel-Ami » de Maupassant, se met à rêver d’une carrière politique. Et si ce monde devenait son nouveau terrain de jeu, l’arène de son ambition dévorante ?

Louvoyant entre le milieu journalistique et celui des affaires, Du Roy intrigue comme jamais pour accéder aux plus hautes sphères du pouvoir. Alors qu’elle milite pour les droits des femmes, Suzanne, son épouse, se révèle une alliée précieuse dans cette lutte féroce.

L’auteur :

Harold Cobert est l’auteur de plusieurs romans, dont Un hiver avec Baudelaire (Héloïse d’Ormeson, 2009 ; Le Livre de Poche, 2011), L’Entrevue de Saint-Cloud (Héloïse d’Ormeson, 2010), Jim (Plon, 2014 ; Le Livre de poche, 2016) et La Mésange et l’ogresse (Plon, 2016 ; Points Seuil, 2017).

Mon avis :

Quelle riche idée de donner une suite au roman de Maupassant « Bel ami ». Je me suis régalée : une lecture haletante et réjouissante.

Tous les meilleurs ingrédients de la littérature sont réunis ici : aventure, amour, intrigues, vengeance…

La plume alerte et fluide accroît le plaisir de lecture : j’avais de la peine de quitter Georges, Salomé, Suzanne et Clément nos héros.

J’ai aimé partager le quotidien de ces parisiens à la Belle Époque, des nantis qui se battent pour le pouvoir et sont prêts à tout. Georges Du Roy a ajouté une particule à son nom pour plus de visibilité et de crédibilité. Journaliste et député, utile pour faire passer ses idées voire contrôler les nouvelles.

Ici les femmes jouent un grand rôle, Suzanne l’épouse ou Madeleine la journaliste contribuent à l’évolution de la carrière de Georges.

Duperies, arnaques et pots de vin parsèment une histoire riche en rebondissements.

Des moments jubilatoires aussi lorsque Guy de Maupassant est inséré dans l’histoire : ingénieux et réjouissant !

Un grand plaisir de lecture que je partage avec vous : foncez sur ce roman qui paraît aux éditions Les Escales.

Notation :

Laurence Teper : Un cadenas sur le cœur

Un cadenas sur le cœur
Un cadenas sur le cœur

Résumé :

Claire Meunier veut la vérité. Pour reconstituer le puzzle dépareillé et dispersé de sa vie, elle brave mensonges et interdits familiaux. Avec un formidable désir de vivre, elle part à la recherche de ses origines, toutes ses origines. C’est ce que raconte ce roman écrit dans un style naturel et fluide.

L’auteur :

Laurence Teper est née en 1963 à Paris. Un cadenas sur le cœur est son premier roman.

Mon avis :

Un premier roman réussi qui m’a happée dès les premières lignes, je l’ai lu vite peinant à me détacher de cette histoire.

La famille Meunier, une famille « classique » : classe moyenne, deux enfants, des vacances en bord de mer en août. Nous les découvrons, dans les années soixante, à la plage avec les Coquillaud, autre famille proche des Meunier.

Des rituels bien installés rythment leur journée : plage, baignade et promenades. Dans la famille Coquillaud, la mère, femme au foyer, ne va jamais à la plage et s’occupe de ses six enfants. Son mari l’accompagne pour les courses, seule sortie pour cette mère de famille.

Dans l’acte 1 de l’histoire, Claire, petite fille, traverse cette période relativement heureuse, en quête d’amitié et d’estime. Les enfants Coquillaud lui apportent la camaraderie et Monsieur Coquillaud ainsi que son père s’intéressent à son travail d’écolière.

Sa mère, elle, est absente : elle vit avec Claire, son père et son frère tout en s’isolant le week-end et ne s’intéresse pas à ses enfants.

Le temps défile, Claire grandit et s’interroge sur le comportement de sa mère. Elle pose des questions qui restent sans réponse : un «cadenas sur le cœur », comme elle le surnomme, la mine.

Ce livre nous offre une chronique familiale douce et amère qui analyse l’impact des mensonges sur notre vie.

L’écriture fluide et vivante incite le lecteur à tourner rapidement les pages pour suivre la quête de Claire.

Un beau premier roman à découvrir chez Quidam Éditions.

Notation :

Ragnar Jónasson : Sótt

Sótt
Sótt

Résumé :

Mais que se passe-t-il encore à Siglufjördur ? L’inspecteur Ari Thor n’est pas venu à bout des secrets de ce village en apparence si tranquille.
Lui qui avait fini par se faire à la rudesse du climat et aux hivers trop longs se sent de nouveau pris à la gorge par un terrible sentiment de claustrophobie.
La ville est mise sous quarantaine car on suspecte une épidémie de fièvre hémorragique ( sótt, en islandais).  Les premières victimes succombent tandis qu’un crime vieux de cinquante ans remonte à la surface… 

L’auteur :

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat fiscaliste, il est aussi le cofondateur du Festival international de romans policiers Iceland Noir. C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Jónasson et vendu les droits de la série des enquêtes d’Ari Thór dans vingt-et-un pays dont les États-Unis, la Suède ou l’Angleterre, où elle rencontre partout un immense succès.

Mon avis :

Ce quatrième opus m’a autant accrochée que les précédents.

J’ai retrouvé avec grand plaisir Ari Thór, le jeune inspecteur, et l’ambiance islandaise.

Le jeune policier est attachant, l’auteur mélange vie privée des policiers et l’enquête pour une immersion complète. Retrouver des personnages comme sa compagne Kristín, la journaliste Isrún et le policier Tómas renforce l’intérêt du lecteur.

Nous sommes face à plusieurs intrigues contemporaines et une histoire du passé alors qu’une épidémie enferme les habitants de Siglufjördur. L’isolement dû à cet épisode de menace de contagion rend le climat d’autant plus pesant.

Lorsqu’un homme demande à l’inspecteur de se pencher sur une énigme vieille de cinquante ans, Ari n’hésite pas et se lance dans cette aventure. Comment expliquer la mort de cette jeune femme à Hédinsfjördur ? Comme le précise l’auteur dans le prologue, ce magnifique fiord est inhabité depuis les années cinquante et accessible en voiture seulement depuis quelques années. Le froid et l’isolement sont-ils les seuls facteurs de la mort de la jeune femme ? Retrouver des traces du passé et démêler une histoire complexe, telle est la nouvelle mission d’Ari.

Lors de chaque enquête, je me téléporte en Islande, je regarde sur Internet où se situent les lieux décrits et je me régale.

Des chapitres courts et une écriture très fluide dynamisent la lecture qui devient addictive.

Fan de la première heure, je reste attachée à cet auteur qui m’apporte dépaysement et plaisir de lecture. Pourquoi s’en priver ?

À retrouver aux éditions La Martinière.

Notation :

Paola Masino : La Massaia

La Massaia
La Massaia

Résumé :

Voici une petite fille qui a décidé de ne rien faire comme tout le monde. Elle a choisi de vivre… dans une malle. Oubliée de sa famille et de la société, entièrement absorbée par ses questionnements sur le sens de l’existence, elle ignore les devoirs qui incombent à toute femme. Car, sous l’Italie fasciste – où l’on devine que se situe le roman –, les femmes sont assignées au mariage et à leur foyer : «Des enfants, des enfants ! » assénait Mussolini. Sale, repoussante, cette étrange créature fait le désespoir de sa mère. Jusqu’au jour où elle cède à ses suppliques : adolescente, elle sort de la malle.

L’auteur :

À l’instar de son héroïne, Paola Masino (1908-1989) fut une femme moderne et émancipée, très critique à l’égard des valeurs réactionnaires du fascisme. Intellectuelle d’avant-garde, figure des cercles artistiques et littéraires du XXe siècle, elle fit scandale dans son pays par sa liaison avec l’écrivain Massimo Bontempelli, séparé de son épouse et de trente ans son aîné. Francophile, elle fut aussi la traductrice en Italie de Barbey d’Aurevilly, Balzac ou Stendhal.

Mon avis :

Avant même d’entamer la lecture, l’histoire du livre est déjà extraordinaire et m’a interpellée : le livre a été censuré par les fascistes puis l’imprimerie produisant le livre a brûlé et l’auteur a dû reconstituer son roman. C’est aussi une première traduction française soixante-quinze ans après sa publication en Italie.

La « Massaia » est une ménagère ou femme au foyer, un synonyme de la femme dans ces années quarante. Bien qu’issue d’un milieu aisé, notre héroïne n’échappe pas à la condition subalterne de la femme.

Oui c’est un roman féministe mais pas uniquement car cette fable atypique est également le reflet d’une époque.

Après une enfance différente, cachée dans une malle, à peine sortie de sa chrysalide, elle devient une Massaia, une épouse modèle qui doit répondre tous les besoins de son mari quitte à se renier.

Le style parfois grandiloquent et théâtral peut étonner le lecteur sans nuire au plaisir de lecture.

Si on aime les livres qui surprennent avec du fonds, je vous le conseille car vous serez comblés.

Paru aux éditions de la Martinière le 29 août 2018.

Notation :