Chronique de : La vérité sur la lumière d’Auður Ava Ólafsdóttir

Résumé :

Issue d’une lignée de sages-femmes, Dýja est à son tour « mère de la lumière ». Ses parents dirigent des pompes funèbres, sa sœur est météorologue : naître, mourir, et au milieu quelques tempêtes. Alors qu’un ouragan menace, Dýja aide à mettre au monde son 1922e bébé. Elle apprivoise l’appartement hérité de sa grand-tante, avec ses meubles vintage, ses ampoules qui clignotent et un carton à bananes rempli de manuscrits. Car tante Fífa a poursuivi l’œuvre de l’arrière-grand-mère, insérant les récits de ces femmes qui parcouraient la lande dans le blizzard à ses propres réflexions aussi fantasques que visionnaires sur la planète, la vie – et la lumière.

L’auteure :

Explorant avec grâce les troublantes drôleries de l’inconstance humaine, Auður Ava Ólafsdóttir poursuit, depuis Rosa candida, une œuvre d’une grande finesse, qui lui a valu notamment le Nordic Council Literature Prize, la plus haute distinction décernée à un écrivain des cinq pays nordiques. 

Ma chronique :

Un récit empreint de douceur, fidèle à l’écriture lumineuse de cette auteure.

Ce sont les chroniques d’une sage-femme dont la mère est à la tête d’une entreprise de pompes funèbres, elle nous livre son quotidien et ses pensées intimes. Dýja est issue d’une lignée de sage-femmes, sa tante lui a légué cette vocation puis son appartement et ses mémoires.

Le récit est entrecoupé de réflexions sur notre monde, le métier de sage-femme dans cette contrée isolée et l’histoire de la tante Fífa qui tricotait un vêtement pour chaque nouveau bébé qu’elle mettait au monde.

Des citations de Blaise Pascal ou de Jorge Luis Borges émaillent un récit qui oscille entre observation de la nature, histoires familiales et chronique d’une femme qui aide à découvrir la lumière, une métaphore qui symbolise la naissance.

J’ai été sensible à cette alchimie qui donne un texte inclassable qui se lit lentement pour profiter de la superbe prose.

Bravo au traducteur.

Publié aux éditions Zulma

Notation :

Ragnar Jónasson : Sótt

Sótt
Sótt

Résumé :

Mais que se passe-t-il encore à Siglufjördur ? L’inspecteur Ari Thor n’est pas venu à bout des secrets de ce village en apparence si tranquille.
Lui qui avait fini par se faire à la rudesse du climat et aux hivers trop longs se sent de nouveau pris à la gorge par un terrible sentiment de claustrophobie.
La ville est mise sous quarantaine car on suspecte une épidémie de fièvre hémorragique ( sótt, en islandais).  Les premières victimes succombent tandis qu’un crime vieux de cinquante ans remonte à la surface… 

L’auteur :

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat fiscaliste, il est aussi le cofondateur du Festival international de romans policiers Iceland Noir. C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Jónasson et vendu les droits de la série des enquêtes d’Ari Thór dans vingt-et-un pays dont les États-Unis, la Suède ou l’Angleterre, où elle rencontre partout un immense succès.

Mon avis :

Ce quatrième opus m’a autant accrochée que les précédents.

J’ai retrouvé avec grand plaisir Ari Thór, le jeune inspecteur, et l’ambiance islandaise.

Le jeune policier est attachant, l’auteur mélange vie privée des policiers et l’enquête pour une immersion complète. Retrouver des personnages comme sa compagne Kristín, la journaliste Isrún et le policier Tómas renforce l’intérêt du lecteur.

Nous sommes face à plusieurs intrigues contemporaines et une histoire du passé alors qu’une épidémie enferme les habitants de Siglufjördur. L’isolement dû à cet épisode de menace de contagion rend le climat d’autant plus pesant.

Lorsqu’un homme demande à l’inspecteur de se pencher sur une énigme vieille de cinquante ans, Ari n’hésite pas et se lance dans cette aventure. Comment expliquer la mort de cette jeune femme à Hédinsfjördur ? Comme le précise l’auteur dans le prologue, ce magnifique fiord est inhabité depuis les années cinquante et accessible en voiture seulement depuis quelques années. Le froid et l’isolement sont-ils les seuls facteurs de la mort de la jeune femme ? Retrouver des traces du passé et démêler une histoire complexe, telle est la nouvelle mission d’Ari.

Lors de chaque enquête, je me téléporte en Islande, je regarde sur Internet où se situent les lieux décrits et je me régale.

Des chapitres courts et une écriture très fluide dynamisent la lecture qui devient addictive.

Fan de la première heure, je reste attachée à cet auteur qui m’apporte dépaysement et plaisir de lecture. Pourquoi s’en priver ?

À retrouver aux éditions La Martinière.

Notation :

Ragnar Jónasson : Nátt

Nátt
Nátt

Résumé

C’est l’été à Siglufjördur. Le climat de ce village du nord de l’Islande est si rude que le jeune policier Ari Thór voit arriver avec soulagement cette saison où le soleil brille à toute heure du jour et de la nuit. Mais le répit est de courte durée. Un homme battu à mort est découvert sur les bords d’un fjord tranquille. Une jeune journaliste vient fouiner d’un peu trop près. Que cherche-t-elle à découvrir ? Ou à étouffer ?

Surtout, l’éruption spectaculaire de l’Eyjafjallajökull recouvre peu à peu toute l’Islande d’un épais nuage de cendres.

L’auteur

Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. Sa famille est originaire de Siglufjördur. Mörk a été élu « Meilleur polar de l’année 2016 » selon le SundayExpress et le Daily Express, et a reçu le Dead Good Reader Award en Angleterre.

Mon avis :

Un polar qu’on ne lâche pas : troisième opus réussi pour ce jeune auteur islandais.

Emballée par les deux premières enquêtes, je n’ai pas été déçue par celle-ci. J’y ai retrouvé les mêmes ingrédients que précédemment : suspense, enquête passionnante, personnages attachants et nature grandiose.

Ari Thór, l’enquêteur, est engagé et pugnace : il ne lâchera rien.

Pourtant, tout est compliqué dans cette enquête : un meurtre sauvage, le nuage de cendres qui recouvre la capitale rendant l’atmosphère irrespirable, des policiers perturbés et une journaliste au passé trouble.

La lecture est très fluide et addictive, cet auteur est doué pour nous embarquer dans une enquête complexe avec de multiples résonances dans un passé trouble.

Le décor islandais ajoute bien sûr une touche angoissante, toute cette cendre qui oppresse les habitants de la capitale y contribue aussi.

Noirceur humaine et miasmes gris dûs à l’éruption du volcan, un mélange détonnant.

Nátt signifie nuit en islandais, un titre parfait.

Un bon conseil : bloquez votre agenda et lancez-vous dans cette lecture, vous ne serez pas déçu.

Notation :

Ragnar Jonasson : Mork

Mork
Mork

Résumé : À Siglufjördur, à l’approche de l’hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l’Islande plonge alors dans une obscurité totale… Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l’inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu’il enquêtait aux abords d’une vieille maison abandonnée. L’illusion d’innocence tombe. Tous les habitants n’avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d’étranges secrets.

 

L’auteur

Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. Sa famille est originaire de Siglufjördur. Mörk a été élu « Meilleur polar de l’année 2016 » selon le SundayExpress et le Daily Express, et a reçu le Dead Good Reader Award en Angleterre.

 

Mon avis

Scotchée par ce polar : impossible à poser. À lire sans respirer.

Les amateurs du genre vont adorer, décidément cet islandais a du talent.

À l’instar de son premier livre “Snjor” j’ai été piégée. Encore plus réussi que le premier.

Nous retrouvons le policier Ari, jeune homme, installé dans cette ville du grand Nord : Siglufjördur qui était le premier port du pays à l’âge d’or du hareng. Puis à la fin des années soixante, la ressource s’épuise et cela devient une petite ville tranquille où il ne se passe jamais rien ou presque…

Au début du livre l’inspecteur de police, responsable d’Ari, est attaqué. Fini l’impression de sérénité, plusieurs habitants dont le maire sont suspectés, leurs comportements étant louches.

Ce que je peux vous dire c’est que l’intrigue se tient jusqu’au bout, suspense garanti avec un dénouement non prévisible. Très fort !

En parallèle de l’enquête sur l’agression du flic, s’intercale le récit d’un homme mis à l’isolement en hôpital psychiatrique. Qui est-il ? Quel lien avec notre histoire ?

Un roman policier qui nous offre des moments poétiques avec une Islande magnifiée qu’on aura envie de découvrir après avoir fermé ce livre.

L’auteur rend hommage à son grand-père en fin de livre en nous livrant un extrait de ses écrits datant de 1980 et relatant le solstice d’hiver (période de mi-novembre à fin janvier durant laquelle le soleil disparaît derrière les montagnes de cette petite ville).

 

Si vous n’avez pas lu “Snjor”, son premier livre, je vous le conseille. Les Éditions Points viennent de le publier en format poche. Il est aussi préférable de démarrer par Snjor qui nous présente les débuts d’Ari en tant que policier.

 

Foncez et découvrez l’Islande en compagnie d’Ari.

Merci à l’agence Anne et Arnaud et aux Éditions de La Martinière.

 

Notation :

Ragnar Jónasson : Snjor

Snjor
Snjor

Résumé : Quand la mort vient frapper aux portes des honnêtes gens. Un village sans histoire, vraiment ? Un huis-clos à l’anglaise dans le plus grandiose des décors scandinaves. Jonasson, la nouvelle révélation du polar islandais.

 

L’auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór, et où a grandi son père. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers «Iceland Noir ».

 

Mon avis :

Pour se rafraîchir les idées lors d’un été chaud : suivez mon conseil, ouvrez ce polar islandais très réussi. Snjor, le titre, signifie “neige” en islandais, un élément important dans ce roman.

Les ingrédients : ambiance tendue, un lieu confiné et désolé, des flics efficaces et une bonne intrigue.

Si comme moi, vous n’aimez pas le “gore”, ce polar est pour vous. Pas de descriptions glauques, plutôt un suspense psychologique avec de multiples personnages aux personnalités complexes. Bien sûr, petit à petit, les masques tombent et la surprise est entière.

Pour l’histoire, sachez qu’un jeune policier arrive dans une petite ville isolée d’Islande, dans le Nord : un endroit dans lequel il ne se passe jamais rien. Après quelques jours très calmes, Ari Thor, notre jeune flic doit enquêter suite au décès d’un vieil écrivain. Accident ou meurtre ?

D’autres événements dramatiques vont se produire, sont-ils en lien avec le premier décès ?
Finalement, cette ville n’est pas si calme et les habitants bien mystérieux.
Ce jeune flic est sympathique, nous suivons ses débuts avec intérêt. L’ambiance est bien restituée et le suspense constant tout du long.

Une lecture qui tient ses promesses, je vous recommande ce roman.

Mercis à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions de la Martinière.

Notation :