Chronique de : La vérité sur la lumière d’Auður Ava Ólafsdóttir

Résumé :

Issue d’une lignée de sages-femmes, Dýja est à son tour « mère de la lumière ». Ses parents dirigent des pompes funèbres, sa sœur est météorologue : naître, mourir, et au milieu quelques tempêtes. Alors qu’un ouragan menace, Dýja aide à mettre au monde son 1922e bébé. Elle apprivoise l’appartement hérité de sa grand-tante, avec ses meubles vintage, ses ampoules qui clignotent et un carton à bananes rempli de manuscrits. Car tante Fífa a poursuivi l’œuvre de l’arrière-grand-mère, insérant les récits de ces femmes qui parcouraient la lande dans le blizzard à ses propres réflexions aussi fantasques que visionnaires sur la planète, la vie – et la lumière.

L’auteure :

Explorant avec grâce les troublantes drôleries de l’inconstance humaine, Auður Ava Ólafsdóttir poursuit, depuis Rosa candida, une œuvre d’une grande finesse, qui lui a valu notamment le Nordic Council Literature Prize, la plus haute distinction décernée à un écrivain des cinq pays nordiques. 

Ma chronique :

Un récit empreint de douceur, fidèle à l’écriture lumineuse de cette auteure.

Ce sont les chroniques d’une sage-femme dont la mère est à la tête d’une entreprise de pompes funèbres, elle nous livre son quotidien et ses pensées intimes. Dýja est issue d’une lignée de sage-femmes, sa tante lui a légué cette vocation puis son appartement et ses mémoires.

Le récit est entrecoupé de réflexions sur notre monde, le métier de sage-femme dans cette contrée isolée et l’histoire de la tante Fífa qui tricotait un vêtement pour chaque nouveau bébé qu’elle mettait au monde.

Des citations de Blaise Pascal ou de Jorge Luis Borges émaillent un récit qui oscille entre observation de la nature, histoires familiales et chronique d’une femme qui aide à découvrir la lumière, une métaphore qui symbolise la naissance.

J’ai été sensible à cette alchimie qui donne un texte inclassable qui se lit lentement pour profiter de la superbe prose.

Bravo au traducteur.

Publié aux éditions Zulma

Notation :

Chronique de : Victor Kessler n’a pas tout dit de Cathy Bonidan

Victor Kessler n’a pas tout dit

Résumé :

La brume des Vosges cache bien des secrets. Bertille le sait : elle les a fuis. Retranchée à Paris dans une vie solitaire, la jeune femme a enterré ses souvenirs. Jusqu’au jour où sa vie bascule. Quelques pages trouvées dans le cabas d’un vieil homme la réveillent d’un coup : il s’agit d’une confession, écrite par un certain Victor Kessler. Car le 17 novembre 1973, quarante-cinq ans plus tôt, le corps d’un enfant de dix ans a été repêché dans un lac près de Saintes-Fosses. L’instituteur du village est le coupable idéal : Victor Kessler, lui-même.

L’auteure :

Cathy Bonidan écrit depuis l’âge de quatorze ans. Elle est institutrice à Vannes. Son premier roman, Le Parfum de l’hellébore (2017), a reçu onze prix littéraires. Les droits de son second roman, Chambre 128 (2019), ont été vendus dans sept pays, dont les États-Unis.

Ma chronique :

J’ai découvert cette auteure avec son premier livre : « Le parfum de l’hellébore » et je n’ai pas été déçue par ce nouveau roman. 

Je suis rentrée très vite dans l’histoire que je n’ai pratiquement pas lâchée : l’intrigue est orchestrée de main de maître, le suspense intense et l’émotion est au rendez-vous.

Ce n’est pas un polar ni un thriller, Cathy Bonidan a écrit un « roman enquête » qui allie psychologie, recherche de la vérité, secrets de famille et un fait divers tragique.

Bertille, l’héroïne, veut comprendre les dessous de la tragédie après avoir rencontré Victor Kessler. Celui-ci a été arrêté, quarante quatre auparavant, pour le meurtre d’un enfant. Après avoir lu le début de son journal et échangé avec lui, elle se rend sur place et enquête. Ses découvertes déroutantes alternent avec la suite du journal que Victor a décidé de finaliser. Un rythme soutenu, des personnages cabossés « à fleur de peau » et la résurgence des fantômes du passé : tout concourt à nous accrocher à cette histoire.

J’ai frémi avec Bertille, femme fragile mais déterminée à tout comprendre. Je me suis attachée aussi à Victor, héros malgré lui, dont la confession nous arracherait presque des larmes surtout en fin de récit.

Un livre à ne pas manquer.

Publié aux éditions de la Martinière 

Notation :