Chronique de : La traversée des sangliers de Guixing Zhang

Résumé :

Décembre 1941. Le Bouk aux Sangliers est un village perdu au nord de Bornéo. Jadis repaire de pirates, de coolies et de chercheurs d’or, il a gagné son nom au terme d’une lutte épique des chasseurs contre les premiers occupants, les sangliers. Mais cette année-là, ce ne sont pas les bêtes qui déferlent sur le village mais l’armée japonaise.

L’auteur :

Zhang Guixing est né en 1956 à Sarawak, province du nord de l’île de Bornéo. Il suit des études universitaires et devient enseignant d’anglais à Taïwan. Il commene à écrire dans les années 1980 et est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grand écrivains sinophones contemporains. La Traversée des sangliers est paru à Taïwan en 2019 après plus de vingt années de travail et a été couronné de deux prix les plus prestigieux : le Golden Tripod Award et le Taipei Book Fair Award.

Ma chronique :

Dense, picaresque et flamboyant, un récit inclassable à découvrir pour sa prose et son contenu.

J’avoue avoir été désarçonnée parfois par le trop-plein de violence et de cruauté narrés ici avec un grand réalisme. Cette impression a été contrebalancée par l’humour, la grandiloquence de personnages incroyables et même cocasses.

Les japonais, les horribles envahisseurs, ont face à eux des villageois déterminés et habitués à chasser les sangliers.

Si vous aimez les grands romans épiques, les histoires fortes avec des héros pas comme les autres et l’ambiance de la jungle omniprésente avec sa faune et sa flore, pas d’hésitation ce roman est fait pour vous.

Paru aux éditions Philippe Picquier

Notation :

Critique de : En quête d’Azalée de Jacques Pimpaneau

En quête d’Azalée

Résumé :

Azalée était une femme et une peintre scandaleuse. Elle a vécu il y a très longtemps, dans la seconde moitié du XIe siècle, sous la dynastie des Song. Mais son esprit insoumis, la liberté de ses mœurs l’affranchissent du temps. Peut-on tomber amoureux d’une disparue ? se demande le lettré qui découvre ses carnets après sa mort. Pour mieux connaître cette peintre qui le fascine, il rencontre ceux, si divers, qui l’ont fréquentée : antiquaire, muletier, courtisane, mendiant, bonze ou bateleur…

L’auteur :

Né en 1937. Sinologue, professeur à l’école des Langues Orientales de 1965 à 1999Il crée le musée Kwok On (Arts et traditions populaires d’Asie) à Paris en 1971 où il organise de nombreuses expositions. La collection Kwok On est donnée en 1999 à la Fondation Oriente à Lisbonne. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et traductions sur la littérature classique chinoise.

Ma chronique :

Un beau portrait d’une artiste peintre qui aurait vécu au XIe siècle écrit par un spécialiste de la Chine médiévale.

En convoquant ses proches comme son médecin, sa servante ou des amis, nous entrons dans son intimité et découvrons la vie d’Azalée, ce monde de la peinture en cette époque lointaine. Ce qui étonne le plus c’est la modernité de cette femme volontaire et éprise de liberté. Fantasque et féministe, elle vit comme elle l’entend grâce à son art.

J’ai aimé ce récit tout en délicatesse et empreint de poésie. Chaque chapitre donne la parole à l’un de ceux qui a pu l’approcher, ce qui donne un texte à la fois rythmé et intimiste.

J’ai savouré ce roman tant pour son écriture que pour les sujets évoqués comme la place de l’art dans la société, les diktats de la religion ou le rôle des femmes.

Une belle lecture que je conseille à tous.

Paru aux éditions Philippe Picquier.

Notation :

Delphine Roux : Kokoro

Kokoro
Kokoro

Résumé :

Koichi et sa sœur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie. Depuis, ils ont le cœur en hiver. Seki s’est réfugiée dans la maîtrise et la réussite professionnelle. Koichi, lui, s’est absenté du monde, qu’il regarde en proximité.Mais le jour où il apprend que sa sœur va mal, très mal, Koichi se réveille et pose enfin les actes qui permettront à chacun de renouer avec un bonheur enfoui depuis l’enfance.

L’auteur :

Delphine Roux est née en 1974 à Amiens. Passionnée de littérature jeunesse et asiatique, elle est formatrice et animatrice d’ateliers d’écriture depuis dix ans dans diverses structures d’enseignement du supérieur. Elle est également lectrice bénévole auprès de jeunes enfants et auteur d’histoires pour la jeunesse.

Mon avis :

Très émouvant, une chronique douce et tendre racontée par Koichi, dont la vie a été bouleversée par la mort de ses parents dans un incendie.

Un court roman qui nous plonge dans la vie quotidienne au Japon de notre héros Koichi, qui vit à côté de ses semblables sans faire réellement partie de leur monde.

A douze ans, il a perdu ses parents dans un incendie, tout s’est écroulé autour de lui. Sa sœur, d’abord prostrée, a ensuite décidé de tout miser sur sa réussite professionnelle et construit sa vie autour de ce but, quitte à en oublier son frère et le vrai sens de la vie. Par petites touches, avec des chapitres courts portant tous un titre en japonais, l’auteure nous fait parfaitement ressentir l’humeur et la vie de Koichi.

Bien écrit, poétique et emprunt de douceur, une sensation de lenteur et de “zenitude” se dégage de cette lecture.

Est-ce dû à la construction narrative ? Ou bien à l’âme japonaise si bien traduite ici ?

Un beau texte que je recommande.

Merci aux Editions Philippe Picquier.

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Notation :