Chronique de : Béni soit le père de Rosa Ventrella

Résumé :

Rosa est née dans le quartier de San Nicola, l’un des plus pauvres de Bari. Parmi les maisons blanches bordant d’étroites ruelles qui courent vers la mer, la violence règne. Et chez Rosa, c’est son père, « Gueule d’ange », qui fait régner la terreur. Au sortir de l’adolescence, elle rencontre Marco et, avec lui, la promesse d’un nouveau départ. Elle l’épouse et le suit à Rome, où elle donne naissance à Giulia, leur petite fille…

L’auteure :

Née à Bari, dans les Pouilles, Rosa Ventrella vit actuellement à Crémone. Elle a travaillé comme éditrice et journaliste. Après Une famille comme il faut et La Liberté au pied des oliviers, Béni soit le père est son troisième roman traduit en français et publié aux Escales.

Ma chronique :

Un roman fort et poignant qui m’a rappelé les romans d’Elena Ferrante.

L’héroïne vit dans un quartier misérable de Bari, sa famille est très pauvre. Jeune adolescente, elle souffre surtout de voir la violence de son père à l’égard de sa mère qui est tout pour elle. Agata, la mère, est amoureuse de son mari malgré ce qu’elle endure et entièrement dévouée à ses enfants.

Rosa est l’aînée, la seule fille et doit aider dans la maison. Elle observe ses frères jouer et avoue à sa mère qu’elle aurait préféré être un garçon.

Dans ce quartier, les garçons traînent et les hommes travaillent ou font du trafic pour survivre. 

Un roman à l’écriture sèche et claquante, aux situations très réalistes qui traduisent avec succès l’ambiance de ce quartier de Bari.

J’ai lu assez vite ce roman, émue par la souffrance des femmes et l’histoire qui se répète parfois d’une génération à l’autre. Redemption et pardon sont présents aussi  dans cette histoire bouleversante.

Je découvre cette auteure pleine de talent que je vais suivre dorénavant.

Paru aux éditions Les Escales.

Chronique de : Les frères Lehman de Stefano Massini

Résumé :

11 septembre 1844, apparition. Heyum Lehmann arrive de Rimpar, Bavière, à New York. Il a perdu 8 kilos en 45 jours de traversée. Il fait venir ses deux frères pour travailler avec lui. 15 septembre 2008, disparition. La banque Lehman Brothers fait faillite. Elle a vendu au monde coton, charbon, café, acier, pétrole, armes, tabac, télévisions, ordinateurs et illusions, pendant plus de 150 ans. Comment passe-t-on du sens du commerce à l’insensé de la finance ? Comment des pères inventent-ils un métier qu’aucun enfant ne peut comprendre ni rêver d’exercer ?

L’auteur :

Né en 1975, Stefano Massini est l’un des plus grands dramaturges contemporains et l’auteur italien le plus représenté sur les scènes du monde entier. Les Frères Lehman (éditions Globe, 2018), son premier roman, multi-primé à sa sortie en Italie, a remporté en France en 2018 le prix Médicis – essai et le Prix du meilleur livre étranger – fiction. 

Ma chronique :

Un ovni littéraire captivant.

Ce pavé de neuf cent pages, en vers libres, est une grande saga qui éclaire notre monde d’aujourd’hui. Le style en fait une lecture rapide, rythmée et l’humour présent tout du long donne envie de tourner vite les pages. Je l’ai dévoré.

J’ai découvert l’ascension incroyable de cette famille avec cette épopée qui raconte plus de 150 ans d’une famille qui se hisse progressivement au sommet.

Une grande détermination anime tous les Lehman, depuis le premier jusqu’à la faillite. J’ai beaucoup aimé les débuts de l’aventure avec le premier Lehman arrivé sur le sol américain qui change son prénom pour s’intégrer plus facilement et simplifié son nom de famille. Son génie des affaires le lance et va influencer tous les investissements futurs.

Pour les enfants qui, au départ, semblaient moins motivés, les parents se chargent de leur inculquer les préceptes à apprendre par cœur et à ne jamais oublier. Il est impossible pour les enfants, les garçons, de ne pas marcher dans les pas de leurs aînés.

Une lecture inoubliable pour son contenu et sa forme.

Merci à celle qui me l’a offert et se reconnaîtra.

Notation :

Chronique de : Borgo Vecchio de Giosuè Calaciura

Borgo Vecchio

Résumé :

Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort. Ils grandissent dans un quartier misérable de Palerme, parmi les parfums de la mer, le marché aux balances truquées et les venelles tortueuses où la police n’ose pas s’aventurer. Le soir, tandis que Cristofaro pleure sous les coups paternels, Mimmo cherche à apercevoir Celeste, qui patiente sur le balcon quand sa mère reçoit des hommes. Tous les trois partagent le même rêve : avoir pour père Totò, voleur insaisissable et héros du Borgo Vecchio…

L’auteur :

Né à Palerme en 1960 il vit actuellement à Rome. Journaliste, il collabore régulièrement à de nombreux quotidien et revues. Borgo Vecchio a été finaliste du prix Femina Étranger et a remporté le prix littéraire Marco Polo Venise ainsi que le prix Méditerranée.

Ma critique :

Un roman qui prend aux tripes, d’une grande force.

Le début m’a fait penser à « L’amie prodigieuse » : pour le contexte (quartier pauvre de Palerme), la pauvreté et une intrigue centrée sur deux jeunes garçons, amis d’enfance. La comparaison s’arrête là.

Ensuite, c’est la violence qui l’emporte : au cœur du foyer pour l’un des enfants ou au coin de la rue avec Totò le voleur qui tente d’aider Cristofaro.

L’histoire est bouleversante et d’une violence presque insupportable.

L’écriture imagée et percutante transcende la sauvagerie et la détresse de tous ces « laissés pour compte ».

C’est dur, lumineux aussi : une claque ce livre.

Merci aux éditions Folio pour cette lecture.

Notation :

Critique de : Cléopâtre de Alberto Angela.

Présentation :
Peu de femmes peuvent se vanter d’avoir autant marqué les esprits que Cléopâtre. La dernière reine d’Égypte antique a séduit les puissants mais a surtout fait de son nom un symbole de puissance. Alberto Angela, vulgarisateur de génie, nous entraîne sur les pas de cette femme d’exception. Dans un monde antique dominé par les hommes, elle a permis au royaume d’Égypte de connaître une expansion fulgurante. Femme de pouvoir, douée dans l’art de la négociation comme dans celui de la guerre, elle est une grande stratège et une figure incroyablement visionnaire.

L’auteur :
Alberto Angela est connu pour mettre l’Histoire à portée de tous grâce à ses émissions culturelles à succès. Son secret ? Faire revivre l’Histoire à travers les yeux de ceux qui en furent les acteurs. Il est l’auteur de nombreux best-sellers, comme Les Trois Jours de Pompéi (Payot, 2014).

Ma chronique :

Ce pavé de cinq cent pages se lit comme un roman bien que ce soit une biographie romancée.

L’auteur s’est concentré sur quatorze années : de l’an quarante quatre avant J.-C. jusqu’à l’année trente. Une période où l’on croise César, Cassius, Marc Antoine, Octavien et Cléopâtre.

Tout est minutieusement raconté, tout semble réel même si, comme le précise l’auteur, son imagination a comblé les pans de l’histoire méconnus.

N’étant pas historienne, je ne sais pas si ce récit plaira aux historiens mais pour tous les autres, le charme devrait opérer.

En fin d’ouvrage l’auteur a inséré des cartes et une bibliographie qui complètent le récit déjà bien documenté.

Ni un roman ni un livre d’histoire, entre les deux, une lecture agréable et instructive.

Paru aux éditions Harper Collins.

Notation :

Nadia Terranova : Adieu fantômes

Adieu fantômes

Résumé :

Messine est la ville natale d’Ida. Elle y revient aider sa mère à faire du tri dans l’appartement où elle a vécu toute son enfance et où commencent des travaux sur le toit-terrasse. Elle a trente-six ans, une vie à Rome, un mari, mais le passé a choisi ce moment pour ressurgir : vingt-trois ans après la disparition de son père, vingt-trois ans après ce matin où un homme rongé par la dépression a quitté le domicile familial sans rien laisser derrière lui, vingt-trois ans après que son corps s’est évaporé dans la nature, que son nom est devenu tabou, que son souvenir s’est mis à hanter les murs sous forme de taches d’humidité.

L’auteure

Nadia Terranova est née à Messine. Elle a suivi des études de philosophie et d’histoire. « Les années à rebours » son premier roman, a reçu en Italie le prix Bagutta Opera Proma, le prix Brancati, le prix Fiesole et le prix Grotte de la Gurfa. 

Mon avis :

Le fantôme du père est le personnage central du livre. Un disparu qui prend beaucoup de place : Ida, sa fille, est obsédée par ce père absent depuis treize ans.

Revenue dans la maison de son enfance pour aider sa mère à trier ses affaires, elle cauchemarde la nuit en imaginant son père décédé.

Une écriture hypnotique pour un roman intimiste qui met en scène la douleur d’une mère et de sa fille.  Une blessure profonde toujours présente qui hante Ida qui n’a pas d’enfant ni maison. Impossible dit-elle à sa mère. Comment se débarrasser de ce père toujours présent en elles ?

Je vous livre une citation : « Le passage du temps restait une épreuve pour moi ».

Le soleil de la Sicile contre le froid de l’absence : un récit troublant et prégnant à découvrir.

À découvrir aux Éditions de la Table Ronde.

Notation :