Deux coups de coeur : Villa Amalia et Rêves oubliés

Coups de coeur pour ces deux romans : Villa Amalia et Rêves oubliés

villaamalia

Villa Amalia de Pascal Quignard 

Biographie : Romancier, poète et essayiste, Pascal Quignard est né en 1948. Après des études de philosophie, il entre aux Éditions Gallimard où il occupe les fonctions successives de lecteur, membre du comité de lecture et secrétaire général pour le développement éditorial. Il enseigne ensuite à l’Université de Vincennes et à l’École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales.

Il a fondé le festival d’opéra et de théâtre baroque de Versailles, qu’il dirige de 1990 à 1994. Par la suite, il démissionne de toutes ses fonctions pour se consacrer à son travail d’écrivain.

A obtenu le grand prix de l’Académie française en 2000 pour Terrasse à Rome

Quatrième de couverture

«Loin devant les villas sur la digue, elle se tenait accroupie, les genoux au menton, en plein vent, sur le sable humide de la marée. Elle pouvait passer des heures devant les vagues, dans le vacarme, engloutie dans leur rythme comme dans l’étendue grise, de plus en plus bruyante et immense, de la mer.»

Mon avis : 

Prenant, fort, émouvant et quelle belle écriture, difficile d’oublier ce livre, une fois refermė.

Aussi beau que le film, voici un livre sur le thème de ‘tout quitter pour renaître’.

Difficile de raconter cette histoire, avant tout prétexte à décrire les sentiments d’une femme délaissée par son mari, qui décide de tout quitter pour vivre autrement.

L’histoire démarre par la vision d’une femme, seule dans la nuit, qui épie son mari retrouvé dans les bras d’une autre. Au même moment, un homme, autrefois son camarade d’école la retrouve et une amitié profonde renait entre ces deux êtes désemparés.

Pour elle, la musique est un garde-fou, composer la sauve; elle découvre aussi la beauté d’une nature superbe au large de Naples grâce à l’isolement d’une maison Villa Amalia nichée dans les hauteurs d’une île au large de Naples. Dans ce lieu isolé, notre héroïne fera des rencontres qui vont la changer progressivement avec toujours la musique pour la soutenir.

Un beau texte, une écriture ciselée, des sentiments palpables qui nous émeuvent.

A lire absolument. 

 

Rêves oubliés d’Eleonor de Recondo

Reves-oublies

Biographie de l’auteur

Née en 1976, Léonor de Récondo est violoniste et écrivain. Elle se produit avec de nombreuses formations, comme Les Talents Lyriques ou L’Yriade et enregistre des CD et DVD. Rêves oubliés est son deuxième roman. Elle vit aujourd’hui à Paris

 

Résumé 

“Etre ensemble, c’est tout ce qui compte” : voilà la devise d’Aïta, de sa femme Ama et de leur famille de républicains basques. En 1936, le franquisme les contraint à l’exil : d’Irun aux Landes françaises en passant par Hendaye. Dans son journal, Ama raconte les rires, l’amour, mais aussi la souffrance et la peur causées par les activités clandestines des oncles de son mari, la présence des Allemands en cette année 1939, la fuite. Car il faut toujours partir. Loin de la guerre et des souvenirs, pour survivre, et vivre dans le présent.

Un coup de cœur aussi ce roman.

Ecrit par une musicienne, faut-il voir un lien avec le texte précédent ? 

Le contexte : l’Espagne au temps du franquisme, puis la guerre éclate et à partir de là, le destin de toute une famille est alors bouleversé.

J ai découvert cet écrivain récemment avec « Pietra viva » et je suis tombée sous le charme.

Les ingrédients de ce roman : une histoire touchante, une écriture fluide, des personnages attachants, le contexte historique peu présent habituellement.

Un beau portrait de femme aussi comme Villa Amalia. 

Dans ce texte, ce qui touche le plus c’est l’amour qui unit les deux époux et leur permet de tenir. Un amour décrit avec délicatesse et émotion qui nous rend toute cette famille très proche : le mari mais aussi les enfants obligés de s’habituer à leur nouvelle vie au pays Basque Français.

Les ingrédients : une histoire émouvante ancrée dans un contexte historique méconnu, une écriture fluide et sensible.

Un bijou à découvrir.

Notation :

Amours de Léonor De Récondo

Amours de Léonor De Récondo
Amours de Léonor De Récondo

Résumé :

Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré. Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches. Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…

L’auteur : Léonor de Récondo, née en 1976, débute le violon à l’âge de cinq ans. À l’âge de dix-huit ans, elle obtient du gouvernement français la bourse Lavoisier qui lui permet de partir étudier au New England Conservatory of Music (Boston/U.S.A.). De 2005 à 2009, elle fait partie des musiciens permanents des Folies Françoises, un ensemble avec lequel elle explore, entre autres, le répertoire du quatuor à cordes classique. En février 2009, elle dirige l’opéra de Purcell Didon et Enée mis en scène par Jean-Paul Scarpitta à l’Opéra national de Montpellier. Léonor de Récondo a enregistré une quinzaine de disques et a participé à plusieurs DVD. En octobre 2010, paraît son premier roman, La Grâce du cyprès blanc, aux éditions Le temps qu’il fait. Chez Sabine Wespieser éditeur, elle publie en 2012 Rêves oubliés, roman de l’exil familial au moment de la guerre d’Espagne. Pietra viva (Sabine Wespieser éditeur, 2013), plongée dans la vie et l’œuvre de Michel Ange, rencontre une très bonne réception critique et commerciale.

Mon avis :

Un coup de cœur comme ses deux précédents livres.

L’auteur, musicienne, écrit merveilleusement bien, des mots justes, des phrases qui s’enchaînent pour donner le bon rythme. Pour moi, un vrai plaisir de lecture.

Je me suis aussi attachée à l’histoire : classique au départ puis tout vrille et ce roman devient moderne.

Les deux héroïnes, Céleste la bonne et Victoire la maîtresse de maison vivent sous le même toit sans se voir. Nous sommes au début du vingtième siècle, dans une grande maison qui appartient à un notaire Anselme. Remarié à Victoire, il veut un héritier, c’est son obsession. Victoire, quant à elle, est fière d’être cette grande bourgeoise mais elle s’ennuie et n’aime pas son mari. Au deuxième étage, dans une chambre minuscule, vit Céleste, la petite bonne de dix-sept ans. Nous sommes plongés dans le quotidien de ces bourgeois, en 1900, qui utilisent de la main d’œuvre corvéable comme Céleste. Celle-ci est issue d’une famille tellement nombreuse que sa mère ne se souvient jamais de son âge, elle a mis au monde trop d’enfants. Ces deux femmes cohabitent sans se parler jusqu’au jour où …

Après un début digne d’un roman classique, tout change. Les deux femmes vont se découvrir après la naissance du petit Adrien, le fils de Céleste.

L’auteur nous dépeint toutes ces formes d’amour : l’amour maternel et l’amour charnel entre ces deux femmes. Nous découvrons le monde feutré de la bourgeoisie de province qui place la femme dans un rôle de potiche. La femme est un objet de décoration dont les principales tâches sont la tenue de la maison et la participation à des œuvres de charité tout en obéissant à son mari.

Un livre très instructif sur cette époque. L’histoire et l’écriture m’ont emballée.

Son écriture fluide avec des mots justes et un phrasé classique concourent au plaisir de lecture.

Je suis cette auteure depuis son second roman et j’ai été de nouveau conquise. Une musicienne qui écrit, une vraie réussite.

Un coup de cœur.

Notation :

Pietra Viva de Léonor de Récondo

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Quatrième de couverture
Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d’Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre.
Lors de ses soirées solitaires à l’auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d’Andrea, il ne cesse d’interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre.
Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son oeuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l’affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo.
Parce qu’enfin il s’abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au coeur d’une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son oeuvre. Il retrouvera désormais ceux qu’il a aimés dans la matière vive du marbre.

Biographie : Née en 1976, Léonor de Récondo vit à Paris. Violoniste baroque, elle se produit avec de nombreuses formations, et avec L’Yriade, ensemble de musique qu’elle a fondé en 2004. Elle a également enregistré des CD et des DVD. Rêves oubliés (Sabine Wespieser éditeur, janvier 2012), régulièrement réimprimé depuis sa parution, a révélé une romancière exigeante dont la phrase juste et précise conduit le lecteur au plus près de ses émotions.

Mon avis :

C’est l’histoire d’une quête, celle d’un grand artiste Michelangelo, plongé dans son passé malgré lui. Cette quête se nourrit des rencontres inattendues entre ce grand homme et des êtres différents : un moine d’une exceptionnelle beauté, un homme qui se prend pour un cheval et un petit garçon très intelligent.

Le grand homme Michelangelo se définit comme étant fait de pierre vive d’où le titre ‘pietra viva’. À trente ans, le passé le hante et l’obsède : comment était sa mère ? L’a-elle abandonné ? Il se remémore aussi son premier mécène Lorenzo De Medici et cherche à comprendre le cheminement de sa vie jusqu’à aujourd’hui . Grâce à ce séjour à Carrare et aux magnifiques rencontres qu’il y fera, sa vie reprendra un sens et la paix va revenir en lui. Les personnages sont beaux, vivants et émouvants : j’ai aimé Cavallino et sa folie, Guido et ses mystères et aussi le petit Michèle et sa naïveté d’enfant.

Une belle lecture : forte car riche en émotions et douce grâce à la tendresse qui émane de ses souvenirs. J’ai été conquise par l’écriture si fluide et si parfaite, une écriture en accord avec l’histoire.

La morale de cette histoire : un grand homme, aussi, a besoin des autres pour grandir.

Quel plaisir si ce beau roman était récompensé cet automne … À suivre …

La maison d’édition Sabine Wespeiser  publie peu et toujours des textes forts; plusieurs de mes auteurs préférés sont au catalogue : Michèle Lesbre, Claire Keegan et Duong Thu Huong. L’objet livre de cette collection est magnifique aussi avec sa qualité de papier et son format.

Merci Libfly avec La voix des Indés et l’éditeur Arlea pour cette découverte.

 

 

Notation :