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Rentrée littéraire : Peine perdue d’Olivier Adam

Peine perdue
Peine perdue

Résumé :

Alors qu’une tempête ravage la côte, Antoine, jeune joueur de football, se fait agresser à coups de batte de base-ball à la veille de disputer un match important. Vingt-deux voix se succèdent, toutes en rapport avec ces deux événements.

L’auteur : Olivier Adam a grandi en banlieue parisienne et vit actuellement à Paris. Il est l’auteur de nombreux romans dont “Je vais bien ne t’en fais pas”, « Passer l’hiver » (Goncourt de la nouvelle 2004), « À l’abri de rien » (prix France Télévisons 2007), « Des vents contraires » (grand prix RTL-Lire 2009), “Le coeur régulier” ou “Les Lisières”.

Mon avis :

Un coup de cœur dans cette rentrée. Puissant, émouvant, un livre qui vous secoue au plus profond.

Nous suivons l’histoire d’Antoine, fil rouge du livre, footballeur amateur, esseulé et à la dérive qui se fait tabasser. Qui lui a fait cela et pourquoi ? Autant de chapitre que de personnages, chacun s’exprimant à son tour. Une lecture très rythmée donc.

Antoine puis Marion son ex femme, puis Paul et Hélène un couple âgé, puis Marco le nouveau compagnon de Marion et bien d’autres prennent vie sous nos yeux. Des personnages cabossés qui se cherchent et ont souvent une vie compliquée mais il y a une lueur d’espoir au fond de chacun.

L’écriture très cinématographique nous les rend terriblement présents et réels. Un grand tour de force.

J’ai été emportée par ces différentes histoires qui ont un lien entre elles, le puzzle se complète au fur et à mesure. La plus grande force de ce livre c’est l’empathie que l’on ressent pour chacun, on les suit, on les soutient et on retient son souffle à chaque chapitre.

Un écrivain qui nous raconte nos contemporains comme Zola a pu le faire à son époque : avec acuité, réalisme et une grande émotion.

Son meilleur roman, magistral et incontournable : sûrement l’un des meilleurs de la rentrée littéraire.

Précipitez-vous !!!!

 

 

Notation :

Rentrée littéraire Les tribulations du dernier Sijilmassi de Fouad Laroui

Résumé

Adam Sijilmassi revenait d’Asie où il avait négocié brillamment la vente de produits chimiques marocains. Alors qu’il survolait la mer d’Andaman, il se posa soudain une question dérangeante : « Que fais-je ici ? » Pourquoi était-il transporté dans les airs, à des vitesses hallucinantes, alors que son père et son grand-père, qui avaient passé leur vie dans les plaines des Doukkala, n’avaient jamais dépassé la vitesse d’un cheval au galop ? Ce fut une illumination. Il décida de renoncer à cette vie qui ne lui ressemblait pas, se résolut à ne plus jamais mettre les pieds dans un avion et à changer totalement de mode de vie. Funeste décision !

L’auteur :

Fouad Laroui, né en 1958 à Oujda, est un économiste et écrivain marocain. Après des études au Lycée Lyautey à Casablanca, il passe par l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées en France, dont il sort ingénieur. Après avoir travaillé dans une usine de phosphates à Khouribga (Maroc), il part pour le Royaume-Uni, où il passe quelques années à Cambridge et à York. Il obtient un doctorat en sciences économiques et part vivre à Amsterdam où il enseigne l’économétrie puis les sciences de l’environnement à l’Université. Parallèlement, il se consacre à l’écriture.

Mon avis :

Un avis en demi-teinte : autant j’ai aimé la première moitié du livre, la suite m’a moins emballée et même ennuyée par moment. Dommage, car le thème est intéressant et l’accroche prometteuse.

Le héros, Adam, ingénieur marocain à qui tout réussit : boulot et vie de famille, se remet en question et s’interroge sur le sens de sa vie. Pourquoi ce rythme effréné dans sa vie ? Toujours parti à l’autre bout du monde, Adam passe peu de temps chez lui et ne profite pas de ses proches ni de son bel appartement. En pensant à ses ancêtres et à son père, il décide soudain de tout poser. Laisser tomber son boulot quitte à vivre pauvrement, il cherche à vivre plus simplement.

Sa femme, elle, n’est pas du tout d’accord avec sa décision. Mais est-ce le plus important ?

J’ai apprécié le ton désopilant et grave de la première partie du livre : une analyse fine d’un marocain occidentalisé qui décide de revenir aux sources. Le décalage entre sa situation actuelle et celle des villageois qui sont restés dans sa ville natale est si importante.

Des situations cocasses et originales rythment toute cette première partie.

Ensuite, Adam est empêtré dans ses interrogations sur le pouvoir de la religion, et tente depuis sa retraite dans le Riad de ses ancêtres, de comprendre ses congénères. Malheureusement, le lecteur aussi se retrouve déstabilisé par les questions philosophiques posées et s’ennuie. Trop long et compliqué.

J’ai apprécié la langue érudite et fluide dans la première partie et trouvé le thème original.

Un avis mitigé au final du fait du rythme inégal de l’histoire.

J’avais davantage aimé “Une année chez les français” du même auteur.

Merci Libfly et les éditions Julliard pour cette lecture.

 

 

 

Notation :

L’île du Point Nemo de Jean-Marie de Robles

L’auteur : Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, il est l’auteur, chez Zulma, du monumental Là où les tigres sont chez eux (Prix du Roman Fnac, Prix Giono et Prix Médicis 2008), de La Montagne de minuit et du recueil de nouvelles la Mémoire de riz.

Résumé : Martial Canterel, richissime opiomane, se laisse interrompre dans sa reconstitution de la fameuse bataille de Gaugamèles par son vieil ami Holmes (John Shylock…). Un fabuleux diamant, l’Anankè, a été dérobé à Lady MacRae, tandis que trois pieds droits chaussés de baskets de marque Anankè échouaient sur les côtes écossaises, tout près de son château… Voilà donc Holmes, son majordome et l’aristocratique dandy, bientôt flanqués de Lady MacRae et de sa fille Verity, emportés – pour commencer – dans le Transsibérien à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô.

Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture, à voix haute, des aventures de Jean Valjean ou de Monte-Cristo. Bientôt reprise par Monsieur Wang, voyeur high-tech, et fondateur de B@bil Books, une usine de montage de liseuses électroniques…

Mon avis :

Roman picaresque, délirant et plein de rebondissements.

Un gros livre de plus de 450 pages qui se lit vite : plusieurs histoires s’empilent et se croisent. Un livre dont la construction surprend et déstabilise parfois, ce qui a aussi piqué ma curiosité. Pas de trêve pour le lecteur, le rythme est endiablé, le style est impeccable et l’histoire incroyable. L’histoire est très difficile à raconter car tellement riche : on y retrouve notamment l’univers de Jules Verne avec des ingrédients plus modernes comme les chapitres courts.

C’est aussi une ode à la littérature célébrée à la fois au travers des grands classiques mais également évoquée avec les liseuses qui ont une place dans l’histoire.

Mon premier livre de cet auteur qualifié de baroque : je confirme.

Je me suis beaucoup amusée, l’histoire est intéressante et survoltée.

Un très bon moment de lecture.

Chapeau bas pour l’imagination de l’auteur.

Pourquoi ce titre ? Voici la définition du titre : Le point Nemo est le nom donné au pôle maritime d’inaccessibilité, c’est-à-dire le point de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée.

Maintenant, à vous de lire le roman pour comprendre le titre …

Notation :

Le livre des secrets de Fiona Kidman

Résumé

En 1953, quand s’ouvre le roman, Maria vit depuis plus de cinquante ans seule dans la maison de famille délabrée. On la surnomme « la sorcière de Waipu », elle qui très jeune se rebella contre sa mère pour vivre sa passion avec un cantonnier. Mise au ban d’une communauté encore très respectueuse des strictes règles morales édictées par son sourcilleux fondateur – l’autoritaire et charismatique Norman McLeod, avec qui sa grand-mère Isabella quitta l’Écosse en 1817 –, elle a tout le temps de se pencher sur le passé.

Après plus de trente-cinq ans de voyage à travers le vaste monde et quelques longues étapes, en Nouvelle-Écosse et dans l’île de Cap-Breton, sur les côtes d’Amérique du Nord, McLeod, que ses disciples appelaient l’ « Homme », décida, en 1854, que leurs tribulations prendraient fin sur cette côte du Nord de la Nouvelle-Zélande où Maria vit le jour bien des années plus tard.

L’auteur

Fiona Kidman est née en 1940 et vit à Wellington. Elle a grandi dans l’île du nord de la Nouvelle-Zélande et a commencé une carrière de bibliothécaire à Rotorua, à la fin de ses études. Puis elle a été journaliste, productrice pour la radio, auteur de scénarios pour le cinéma et la télévision. Romancière, nouvelliste et poète, elle a publié plus de vingt livres, qui ont reçu de nombreux prix – en particulier le New Zealand Post en 1987 pour The Book of Secrets. En 2006, elle est lauréate du prestigieux prix Katherine Mansfield, qui lui permet de partir un an à Menton sur les traces de cette autre auteur néo-zélandaise.

Mon avis :

Plongée dans l’histoire des migrants de la Nouvelle-Zélande, un ouvrage à la fois instructif et attachant. Une histoire qui s’étale sur plus de cent ans et nous fait voyager de l’Europe à la Nouvelle-Zélande en passant par l’Amérique du Nord et l’Australie. Une carte insérée au début du livre nous représente le tracé de cette épopée.

Tout d’abord, Maria prend la parole pour nous dire qu’elle a toujours vécu recluse dans sa maison entourée de sa grand-mère et sa mère. Puis, grâce aux journaux écrits par Isabella, son aïeule, nous remontons le temps avec elle. Et là, l’aventure démarre et quelle aventure !

Pauvres, décidés et surtout armés d’une foi inébranlable, ces migrants vont parcourir les océans vers le Nouveau Monde. A la tête de cette troupe, Mc Leod qui s’érige en pasteur, propose à ses paroissiens de le suivre. Très strict et dur dans ses règles de vie, il les mènera jusqu’en Nouvelle-Zélande. Les femmes et les enfants vont souffrir de sa dictature. Seule Isabella va lui résister mais elle le paiera ensuite. Sa fille, plus docile, obéira au pasteur alors que Maria, la petite-fille résistera et toute sa vie sera bouleversée. Si le destin d’Isabella est difficile, celui de Maria est plus sombre. Ne lui fait-on pas aussi payer la liberté et témérité de sa grand-mère ?

Une grande fresque qui retrace à la fois le parcours de ces découvreurs, mais aussi les événements mondiaux comme les guerres et les grandes épidémies, dont les effets se feront ressentir jusqu’en Nouvelle-Zélande. Une saga qui témoigne surtout de la condition féminine de ces pionnières, prisonnières des convictions arriérées et avilissantes d’une société puritaine obéissant à un révérend autoritaire.

J’ai été captivée par ce récit et beaucoup appris sur ces pionniers du bout du monde.

Je vous engage à le lire pour sa puissance romanesque ainsi que pour son écriture fluide, lumineuse et intimiste.

Un grand merci aux éditions Sabine Wespeiser, une collection que j’affectionne particulièrement, tant pour les choix éditoriaux que pour l’objet livre si beau !

 

 

Notation :

Rue du bonheur d’Anna Fredriksson

Rue du bonheur

Résumé

Mère célibataire, Johanna lutte pour joindre les deux bouts, tandis que son ex-mari, Calle, a refait sa vie loin d’elle. Il a quitté la ville pour s’installer à Stockholm avec sa nouvelle petite amie – la très sophistiquée et cultivée Fanny – et commencer une carrière couronnée de succès. De son côté, Johanna s’inquiète pour ses filles, dont la plus jeune est le souffre-douleur du collège. Pour ne rien arranger, un patient se suicide dans le centre pour toxicomanes dans lequel elle travaille comme aide-soignante, et Calle refuse désormais de lui verser sa pension alimentaire. Un beau jour, Johanna gagne vingt millions de couronnes au loto. Sa vie va alors prendre un tout autre chemin.

L’auteur : Née en Suède, Anna Fredriksson a publié son premier roman en 2011. Scénariste de longue date pour plusieurs productions, elle travaille aussi bien sur des longs métrages que sur des adaptations TV telles que Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander, tiré des romans de Henning Mankell (Arte).

Mon avis :

Merci aux éditions Denoël pour cette découverte.

Un livre agréable qui se lit facilement et accroche dès le départ.

Comment ne pas soutenir Johanna dans son combat quotidien pour élever ses filles et faire face seule à tous les soucis. Oui mais tout va changer …

Bien sûr, on ne peut s’empêcher de penser à “la liste de mes envies” avec une héroïne pauvre qui gagne à la loterie et le cache à ses proches mais la comparaison s’arrête là. Sa vie et le contexte sont différents et la plume de l’auteur aussi. Calle, le père, est parti s’installer à Stockolm avec Fanny sa nouvelle compagne. Sa femme et ses deux filles adolescentes sont restées rue du bonheur dans l’appartement familial. Johanna parvient difficilement à s’en sortir : modeste infirmière dans un établissement qui soigne les drogués et alcooliques. Les deux filles souffrent aussi de l’absence du père qu’elle ne voit qu’un week-end sur trois. Le gain à la loterie va changer la vie de ces cinq personnages.

On rentre vite dans leur vie et en partageant le quotidien de chacun, on découvre peu à peu que les personnages les mieux dotés ne sont pas ceux qui sont le plus équilibrés. Calle, le père, est tourmenté et cache son passé à Fanny.

J’ai aimé ce roman pour sa fausse légèreté, ses protagonistes sensibles et écorchés . La construction du livre, avec une partie racontée par chacun des trois adultes, puis la dernière les regroupant, rythme le récit et donne un ton dynamique tout en nous rapprochant de chacun.

Une lecture très agréable et pas si légère que le quatrième de couverture peut le laisser supposer. Du fond, des personnages attachants, une écriture fluide et une histoire prenante qui nous emporte au cœur de la capitale suédoise : laissez-vous tenter !

Merci aux éditions Denoël et à Dana.

 

Titre : Rue du bonheur

Auteur : Anna Fredriksson

Traduit du suédois par Carine Bruy

Éditions Denoel Collection Histoire romanesque

Parution : 13-05-2014

 

 

Notation :