Rentrée littéraire automne 2018 : dans ma pile …

La Massaia de Paola Masino aux Éditions de la Martinière

La découverte d’un chef d’œuvre de la littérature italienne, jamais publié en France.

Une fable littéraire, féministe et anticonformiste écrite sous l’Italie fasciste de Mussolini.

L’écart d’Amy Liptrot aux Éditions Globe

L’écart raconte la vie d’une femme, son combat contre l’alcool et la joie que procure la communion avec la nature écossaise des îles des Orcades.

La neuvième heure d’Alice McDermott aux Éditions de la Table Ronde, collection Quai Voltaire

La lauréate du National Book Award nous livre un autre roman délicieux, dans lequel celles qui apparaissent d’abord comme insignifiantes se révèlent être des héroïnes, inflexibles dans leur dévotion aux humains faillibles qui les entourent.» O, The Oprah Magazine.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker aux Éditions Aux forges de Vulcain

Dans ce premier roman de feu, Marie-Fleur Albecker invente une langue neuve pour une révolte ancienne, celle de la guerre sociale, du faible contre le fort, de la justice contre l’inique. Une langue qui mêle le sublime et le grotesque, le lyrique et le comique, une langue instruite de ce fait : il faut tenter de changer le monde – ce monde qui jamais ne change.

Pleurer des rivières d’Alain Jaspard aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Enfreindre la loi peut se révéler fatal. Julien, brillant avocat, le sait mieux que personne. Pourtant, lorsqu’il parvient à obtenir la relaxe de son client, Franck, un Gitan d’Argenteuil, il n’imagine pas que leurs épouses respectives vont les entraîner dans une folle aventure.

Les mains dans les poches de Bernard Chenez aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poétique qui accepte et dépose enfin ses fantômes.

Rentrée d’hiver 2017 : ma sélection

 

J’ai déjà lu les trois premiers, les deux autres viennent de rejoindre ma pile.

 

Génération” de Paula McGrath à paraître le 12/1/2017 aux éditions de la Table Ronde

Un coup de cœur ❤️ : un formidable premier roman d’une auteure irlandaise qui se lit d’une traite.

 

La mélodie familière de la boutique de Sung” de Karin Kalisa aux éditions Héloïse d’Ormesson (26/1/17) : un beau premier roman optimiste qui nous parle d’entraide entre les peuples. Une belle découverte.

 

Chaleur” de Joseph Incardona aux éditions Finitude, parution le 5 janvier 2017. Le deuxième roman d’un écrivain suisse, un récit librement adapté d’un fait divers pendant les championnats du monde de sauna en Finlande. Décalé et décapant !

 

L’inconnue du désir” de Chantal Chawaf aux éditions de la Grande Ourse (11/1/2017)

 

Et le dernier arrivé dans ma pile : “Le parfum de l’héllébore” de Cathy Bonidan, à paraître aux éditions de la Martinière le 12/1/17.

 

Kate Moses : Froidure

Froidure
Froidure

Résumé : L’hiver en cette année 1962 à Londres est terriblement froid. Le déménagement est inachevé, l’appartement inconfortable. Aucun ami, pas de téléphone, tout juste de jeunes enfants malades. Sylvia est seule. Ted, son mari, est si loin. Ted l’infidèle, qui n’est plus là pour la secourir. Elle peuple de poèmes ses longues nuits sans sommeil. Chante l’heureux temps de leur mariage, le vieux manoir de Court Green, niché dans la campagne anglaise, en célèbre les fleurs du jardin, les fruits du verger, la douceur des jours … Et pleure son amour perdu. Sylvia est submergée par la tristesse et le désespoir. Elle se sent happée par les démons de la dépression qui la poursuivent depuis si longtemps. Pour Frieda et Nicholas, ses enfants, elle se doit de résister. Elle veut croire en une vie nouvelle, au retour de l’été, des abeilles, du soleil.

L’auteur :

Née en 1962 à San Francisco où elle vit aujourd’hui avec son mari et ses deux enfants, Kate Moses a été éditeur et a collaboré à plusieurs revues littéraires. Elle se consacre désormais à l’écriture. Froidure est son premier roman, inspiré par la vie et l’œuvre poétique de Sylvia Plath.

 

Mon avis :

Une lecture très émouvante qui prend aux tripes. On ne sort pas indemne de ce texte.

L’ombre de Sylvia Plath plane tout du long, la poétesse est là entre ses lignes, fragile et écorchée.

Kate Moses nous raconte la vie de Sylvia dans son quotidien. Lorsque débute l’histoire, elle emménage avec ses deux jeunes enfants alors que Ted, son mari, l’a trahie avec sa meilleure amie. Seule, elle s’occupe tant bien que mal avec des tâches domestiques, du jardinage, des promenades avec ses enfants. Elle se souvient des années heureuses avec Ted, leur rencontre, le voyage de noces.

Les chapitres se succèdent alternant les époques et les états d’âme de Sylvia, entre bonheur et tristesse.

Froidure débute le 12 décembre 1962, deux jours après son départ du Devonshire et se termine le 29 décembre 1962 à Londres. Dès le 31 décembre, Sylvia reprend l’écriture de ses poèmes, ils seront publiés après sa mort par Ted son mari.

Ce beau livre est un superbe hommage à la grande poétesse, le tragique et le merveilleux se côtoient.

Je l’ai lu doucement pour profiter pleinement de l’écriture d’une délicatesse inouïe. Un récit inoubliable et touchant à découvrir absolument.

 

Quelle bonne idée cette réédition chez Petit Quai Voltaire de ce roman publié en 2004.

Merci aux éditions de la Table Ronde pour cette découverte.

 

Notation :

Michèle Forbes : Phalène fantôme

Phalène fantôme
Phalène fantôme

Résumé :

Belfast, 1969 : tension dans les rues, trouble dans les âmes. De loin, Katherine a tout d’une femme comblée. Trois petites filles, un bébé adorable, un mari valeureux, George, ingénieur et pompier volontaire. Seulement, Katherine a un passé… En 1949, chanteuse lyrique amateur, passionnée par son rôle de Carmen, elle fait la connaissance de Tom, jeune tailleur chargé de lui confectionner son costume de scène. Le coup de foudre est immédiat, mais elle est déjà fiancée à George et la double vie a un prix.

L’auteur :

Né à Belfast, Michèle Forbes est une actrice de théâtre, de cinéma et de télévision. Elle a étudié la littérature à Trinity collège puis travailler comme critique littéraire au Irish Times, ses nouvelles on été couronnée par plusieurs prix nationaux. Elle vit près de Dublin, “Phalène fantôme” est son premier roman.

Mon avis :

Un très beau roman poétique et envoûtant.

Katherine, une femme d’une quarantaine d’années, après une rencontre étonnante, retrouve des sensations endormies depuis son mariage.

Il y a vingt ans, elle a vécu une passion qui aurait pu changer sa vie. Petit à petit, elle se souvient : le récit alterne alors entre 1949, l’année où elle joue Carmen et rencontre un tailleur qui la fait chavirer, et 1969. Le chapitre suivant, nous retrouvons Katherine en 1969, mariée à George avec quatre enfants, femme au foyer et mère comblée. Au moment où Belfast s’enflamme, la mère au foyer, se souvient de sa jeunesse et réfléchit à sa vie.

Dans sa vie simple, des failles apparaissent, accepte-t-elle complètement sa vie ? Des images de ses 20 ans la hantent. Comment une jeune femme, qui travaillait et chantait merveilleusement bien, est-elle devenue une mère au foyer ? Elle adore ses enfants et semble aimer aussi son mari, est-elle heureuse ?

Une histoire d’amour contrariée et une jeune femme fragilisée qui ressemble aux phalènes : ces papillons nocturnes qui brûlent leurs ailes si délicates le soir en se cognant aux luminaires.

On s’accroche à cette histoire pour tenter de comprendre Katherine : c’est une leçon de vie toute en nuances, le récit est subtil, lumineux et bouleversant.
J’ai aussi été conquise par la plume magnifique et poétique qui enchante le lecteur.
Un roman qui marque et nous hante après l’avoir posé : une belle réussite !

Merci aux Editions Quai Voltaire.

Notation :

Alice Mc Dermott : Someone

Someone
Someone

Résumé :

Brooklyn, années 30, quartier irlandais. Marie vit avec ses parents, immigrés avant sa naissance, et son grand frère Gabe dans un minuscule appartement bien astiqué. Son père boit trop mais il aime sa fille tendrement. Sa mère a la rudesse des femmes qui tiennent le foyer. Tandis que Gabe se destine dès le plus jeune âge à la prêtrise, Marie traîne sur les trottoirs de New York avec ses copines, colportant les cancans du bloc d’immeubles, assistant aux bonheurs et aux tragédies d’une quartier populaire.

L’auteur :

Alice McDermott est l’auteur de quatre romans dont Charming Billy (Quai Voltaire, 1999) qui a obtenu le National Book Award. Elle vit avec sa famille près de Washington.

Mon avis :

Une chronique douce teintée d’émotion et de nostalgie sur Brooklyn et ses habitants.
Marie, l’héroïne, vit depuis sa naissance dans un quartier où sont regroupés les irlandais.

Catholiques, très attachés à leur quartier et leurs voisins, nous suivons la vie des parents et voisins de Marie. Lorsque nous la découvrons, c’est une fillette. Très tôt, elle est confrontée aux malheurs de la vie : une proche qui décède. Son père tombe malade et son frère décide de partir au séminaire.

Décrit comme cela, vous allez penser que ce livre est triste et pesant mais pas du tout et c’est la grande force de l’écrivain. Tout est distillé par petites touches tout en nous accrochant tout du long. Un récit dans lequel on rentre avec plaisir et que l’on quitte à regret. Vous y retrouverez aussi un témoignage saisissant des années 30 et suivantes avec ce quartier de Brooklyn qui évolue.

Des vies simples et ordinaires qui nous émeuvent. Un ton juste et des personnages très bien décrits pour qui on a de l’empathie et du respect aussi. Tous ces émigrés irlandais ont dû s’accrocher pour survivre et se faire une place.
Les femmes sont à l’honneur ici et Marie les représente en tant que fillette, sœur, femme et mère : un beau portrait d’une époque révolue.

Lumineux et poignant, très fluide à lire : une belle découverte de cette rentrée littéraire.

Merci aux Editions Quai Voltaire.

Paru le 27 Août aux Editions Table Ronde Quai Voltaire.

 

 

Notation :