Nathalie Sauvagnac : Ô Pulchérie

Ô Pulchérie
Ô Pulchérie

Résumé :

Déserté peu à peu par ses habitants, le village de Saint-Éloi dépérit. Un beau jour arrivent Sylviane et Norbert, les amoureux marginaux, qui prennent possession de la maison de la Morte. Leur arrivée va réveiller la petite communauté vieillissante. Norbert fait une cuisine divine et Sylviane fait des enfants. Pour qu’ils ne s’enfuient pas, le village tout entier prend en charge la famille, la protège du monde extérieur.

L’auteur :

Nathalie Sauvagnac écrit des pièces de de théâtre, est metteur en scène et comédienne, auteure et directrice d’une compagnie.

Mon avis :

Fantasque et tendre, un roman à déguster confortablement installé.

J’ai partagé le quotidien de la famille Lecoeur avec plaisir. Lorsque Sylviane et Norbert arrivent à Saint-Eloi, le village est triste, peu d’enfants et de commerce.

Sylviane déclame du Corneille toute la journée et Norbert cuisine divinement quand il l’a décidé. Les aliments s’accordent miraculeusement sous ses mains et tous les habitants en profitent. Plusieurs bébés arrivent dans cette famille qui s’élèvent tous seuls, les parents ne s’y intéressent pas. Tout le village s’occupe de ces enfants pour garder cette belle famille. Pulchérie, l’ainée, prend la relève des parents défaillants et protège la fratrie. Elle s’émancipe de plus en plus et rêve de devenir majorette.

Pour la suite de ses aventures, je vous laisse les découvrir.

Les quatre enfants Lecoeur marqués dès l’enfance par ce contexte familial si particulier sont touchants. On a envie de les aider, comme le village, qui les soutient dans toutes les situations.

Je vous souhaite autant de plaisir que moi à la lecture de cette histoire fantaisiste pleine d’émotion et de tendresse.

Une chouette lecture à partager.

Merci aux Éditions Denoël.

Notation :

Emilie Houssa : La nuit passera quand même

La nuit passera quand même
La nuit passera quand même

Résumé :

Dans la famille Bernstein, Squatsh est le deuxième des trois enfants : avant lui il y a Ludovic, après lui Marie. Ses parents se nomment Simon et Martha. Ils tiennent une boutique, La Vie moderne, située au 393, rue des Pyrénées à Paris. Outre une famille, Squatsh Bernstein a des principes, comme de s’enfermer aux toilettes pour réfléchir ou de ne jamais porter d’imprimé fleuri. Il fait de la boxe et aime la danse.

L’auteur :

Émilie Houssa est cinéphile et historienne de l’art. Elle enseigne en cycle supérieur ces deux matières. « La nuit passera quand même » est son premier roman.

Mon avis :

Une chronique douce amère qui se lit presque d’une traite.

Squatsh, le cadet est un enfant différent. Il aime la solitude, la boxe et sa petite sœur Marie.

Ses parents ont échappé aux atrocités de la seconde guerre mondiale, cachés par une fermière, le cadet est né pendant la guerre dans un réduit où la famille vivait. Après la guerre, retour à Paris et reprise du commerce : une boutique où l’on vend de la toile cirée, un article en vogue dans ces années d’après guerre. La famille s’agrandit sous l’œil inquiet du cadet qui protège sa mère puis sa sœur.

Nous suivons la famille lors de leurs premières vacances en bord de mer : émotion et sourires sont au rendez-vous. On pense au film : « Les vacances de Monsieur Hulot » lorsque l’auteure évoque un petit hôtel en bord de plage, ambiance familiale et la cloche qui sonne pour appeler les convives.

Le lecteur suit avec intérêt les aventures de cette famille, au cœur des années soixante et de toutes ses crises et catastrophes. La guerre d’Algérie rappelle aux Bernstein les années quarante et les inquiète profondément car Ludovic, l’aîné doit partir rejoindre les combats.

La période où tout était léger est terminée, l’histoire bascule et le roman aussi.

Je ne vous dévoilerai pas la suite mais sachez que j’ai moins souri dans la suite du livre mais que j’ai vibré et suivi avec intérêt le quotidien de cette famille.

Le cinéma est très présent dans ce livre au travers de l’ambiance et de divers clins d’œil et c’est bien agréable.

Une lecture que j’ai appréciée et que je vous recommande.

Merci aux éditions Denoël.

Paru le 11/1/2018 aux éditions Denoël Collection Romans français

 

Notation :

Anna Fredriksson : Le chemin de la plage

Résumé

Le monde de Jenny s’écroule lorsqu’elle apprend que son mari la trompe. À quarante ans, avec un divorce qui semble inéluctable, l’heure est aux bilans, et force est de reconnaître que sa vie ne s’est pas déroulée comme elle l’aurait voulu. C’est pourquoi, lorsque ses trois amies d’enfance lui proposent de passer la fin de l’été à parcourir la magnifique région d’Österlen à vélo, Jenny y voit l’occasion idéale de reprendre sa vie en main. Un projet qui tombe à pic car cela fait des années qu’elle se consacre totalement à sa carrière, au point d’en négliger ses proches. Pourtant, l’atmosphère joyeuse et détendue tourne rapidement au vinaigre lorsque Jenny découvre que l’une d’entre elles était au courant de l’infidélité de son mari.

L’auteur

Née en Suède, Anna Fredriksson a publié son premier roman en 2011. Scénariste de longue date pour plusieurs productions, elle travaille aussi bien sur des longs métrages que sur des adaptations TV telles que Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander, tiré des romans de Henning Mankell (Arte).

Mon avis :

Je suis cette auteure depuis son premier livre et je n’ai pas été déçue : celui-ci est un bon crû.

Anna Fredriksson a l’art de dépeindre les blessures de l’âme tout en gardant un ton optimiste.

L’héroïne, Jenny, nous émeut tout au long du roman.

C’est un beau portrait de femme prise dans un piège infernal : celui du harcèlement. Insidieusement, comme si elle s’enfonçait dans un puits sans fond, Jenny subit les conséquences de sa nomination au poste de responsable administratif. Lors de sa prise de poste, très motivée, Jenny veut bien faire mais ses collègues ne sont pas tous aussi heureux de sa promotion. Certains vont lui barrer la route.

En parallèle, nous suivons Jenny et ses amies parties pour une virée à vélo. L’objectif de cette balade : aider Jenny à surmonter ses difficultés avec son mari. Les masques vont tomber et grâce à ses retrouvailles, chacune réfléchira à sa vie et au sens qu’elle lui donne.

Un rythme très fluide pour cette lecture qui nous entraîne dans la campagne suédoise aux côtés de quatre femmes dont l’amitié fait chaud au cœur.

À découvrir.

Parution aux Éditions Denoël le 2/11/2017

Traduction du suédois par Lucas Messmer

 

Notation :

Fioly Bocca : Une seconde d’éternité

Une seconde d’éternité
Une seconde d’éternité

Résumé :

Turin, de nos jours. Tous les soirs, dans son petit appartement, Anita s’installe devant son ordinateur pour envoyer un mail à sa mère restée dans sa région natale des Dolomites. Anita lui raconte son quotidien merveilleux, les préparatifs pour son futur mariage, lui parle de son travail dans lequel elle s’épanouit quotidiennement. Et pourtant… La réalité est tout autre, car Anita raconte mensonge sur mensonge pour épargner sa mère gravement malade : elle lui cache que son travail dans une agence littéraire ne lui plaît pas du tout, et que son fiancé Tancredi est peu attentif, absent et refuse de s’engager.

L’auteur :

Fioly Biocca vit dans les collines du Montferrat avec ses deux enfants. « Une seconde d’éternité » est son premier roman. Il est en cours de traduction dans une dizaine de pays.

Mon avis :

Merci aux Éditions Denoël pour la lecture de ce texte délicat et émouvant.

Croire en soi et à ses rêves : une belle devise pour vivre heureux, telle est la leçon de ce récit.

Une perle à ne pas manquer : j’ai été conquise par l’histoire d’Anita qui survit plutôt qu’elle ne vit, complètement déboussolée lors du décès de sa mère. Nous assistons à sa dégringolade, elle n’a plus goût à rien mais continue à communiquer avec sa mère en lui racontant sa vie par mails.

Sans dévoiler l’intrigue, sachez qu’Arun, ce jeune homme rencontré dans un train, sera le catalyseur de sa métamorphose.

Frais, pétillant, et d’une grande sensibilité, ce livre oscille entre histoire romantique et conte de fées, avec de beaux passages de description d’amour maternel et filial.

Ce premier roman est prometteur et réconfortant.

À ne pas rater.

Parution aux Éditions Denoël le 12/10/17

Traduction de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza

 

Notation :

Basile Salvatore : Petits miracles au bureau des objets trouvés

Petits miracles au bureau des objets trouvés
Petits miracles au bureau des objets trouvés

Résumé : Poupées, sacs à main, carnets, téléphones, lunettes… On ne s’intéresse jamais aux objets trouvés. Pourtant, ils ont appartenu à quelqu’un, ils ont été choisis, aimés. Dans une petite gare italienne, un homme les collectionne avec dévotion. Ce sont ses seuls amis, croit-il. Jusqu’au jour où il trouve un cahier rouge abandonné…

L’auteur :

Napolitain de naissance, Salvatore Basile vit à Rome où il travaille comme scénariste et réalisateur. Best-seller en Italie, “Petits miracles au bureau des objets trouvés”, est en cours de traduction dans une dizaine de pays.

 

Mon avis :

Encore une pépite des Éditions Denoël : j’ai aimé ce livre qui m’a émue tout en me faisant passer un très bon moment.

J’ai d’abord été emballée par la couverture, son pot avec tous ces objets disparates puis par le résumé. J’ai pensé : un “feel good” roman, pourquoi pas. Puis j’ai découvert un roman initiatique, poignant, qui parfois m’arrachait une petite larme.

Michele, notre héros collectionne les objets oubliés dans les trains et décide de quitter son travail pour partir à la recherche de sa mère qui l’a quitté quand il était enfant. Il ne l’a plus jamais revue. Depuis sa disparition, il vit reclus et collectionne les objets perdus dans les trains.

Lorsque Elena débarque dans sa vie, c’est un tsunami. Elle est la première à s’intéresser à la collection d’objets et à poser des questions. Michele lui donne l’un d’eux.

Un deuxième événement va bousculer l’existence du jeune homme : la découverte d’un carnet rouge qui lui a appartenu. S’en suit une quête, à la recherche de ses origines. Semée d’embûches, sa route va lui permettre de se reconstruire, mais je vous en ai déjà dit beaucoup.

Un beau texte que je conseille à tous. Partez à l’aventure aux côtés de Michele et Elena : vous ne le regretterez pas.

 

Merci aux éditions Denoël

Trad. de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza

Hors collection, Série Littérature, Denoël

Parution : 04-05-2017

 

 

Notation :