Dans la hotte du père Noël : mes lectures préférées de 2018

Offrez des livres pour Noël et pour les étrennes.

Mes recommandations en littérature et essai :

La neuvième heure d’Alice McDermott

Le petit sapin de Noël de Stella Gibbons

Magnifica de Maria Rosaria Valentini

Poste restante à Locmaria de Lorraine Fouchet

Les garçons de l’été de Rebecca Lighieri

Écouter le silence intérieur de Thierry Jansen

Catégorie beaux livres :

La révolution Sergio Leone de Gian Luca Farinelli

Méditer pour être heureux de Stella Delmas

 

 

Notation :

Stella Gibbons : Le petit sapin de Noël

Le petit sapin de Noël
Le petit sapin de Noël

Résumé :

N’avez-vous jamais rêvé d’échapper à un quotidien étriqué ? Lorgné avec envie le salon si accueillant de votre voisine ? Voulu croire un instant encore à l’illusion de liberté de votre prime jeunesse ? Et si… Et si vous redescendiez sur terre !

L’auteur :

Née à Londres en 1902, Stella Gibbons a débuté sa carrière comme journaliste. Poétesse et romancière, elle est lauréate du prix Femina-Vie Heureuse en 1934. Stella Gibbons est décédée en 1989.

Mon avis :

Je découvre seulement cette auteure avec ces quinze délicieuses nouvelles. Une lecture réjouissante au charme British qui m’a emballée.

J’ai aimé le ton : espiègle et grinçant. Pas de pitié pour les pédants et les idiots !

Ajoutez-y de l’humour, de la sensibilité et de l’amour : un beau cocktail.

Dans cette société anglaise de la fin des années trente pleine de préjugés, comment trouver sa place ?

Pour les héroïnes de ces nouvelles, ces femmes fières et cultivées qui ont envie de vivre pleinement, l’exercice est délicat.

Avec une écriture fluide et des dialogues ciselés, nous lecteurs les accompagnons avec grand intérêt. Un côté féerique, conte de fées, traverse certaines nouvelles et c’est bien agréable en cette période.

Une belle lecture à offrir ou s’offrir pour les fêtes.

Paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :

Alain Jaspard : Pleurer des rivières

Pleurer des rivières
Pleurer des rivières

Résumé :

Enfreindre la loi peut se révéler fatal. Julien, brillant avocat, le sait mieux que personne. Pourtant, lorsqu’il parvient à obtenir la relaxe de son client, Franck, un Gitan d’Argenteuil, il n’imagine pas que leurs épouses respectives vont les entraîner dans une folle aventure.

L’auteur :

Né en 1940, Alain Jaspard est réalisateur. Il a signé plusieurs adaptations de livres jeunesse en séries animées, notamment Tom-Tom et Nana de Jacqueline Cohen et Bernadette Després, Le Proverbe de Marcel Aymé, ainsi que Les Contes de la rue Broca de Pierre Gripari. Pleurer des rivières est son premier roman.

Mon avis :

Un premier roman bluffant et émouvant qui fait passer le lecteur du sourire aux larmes pour notre plus grand plaisir.

Cela démarre comme un film policier avec un braquage, la police et le tribunal. C’est là que nos héros, des gitans, vont rencontrer Julien, l’avocat, qui aime endosser le costume d’avocat commis d’office pour changer de son rôle de fiscaliste. Deux mondes si opposés qui ne se seraient jamais rencontrés sans cette circonstance. D’ailleurs les deux prévenus ne comprennent pas tout ce que leur raconte Julien, et celui-ci s’interroge aussi : êtes-vous des « yetiches » ou des « yeniches » ? Franck et Sammy expliquent qu’ils sont yeniches et vivent à Argenteuil. Puis ce sont les épouses de Franck et Julien qui vont les entraîner vers une belle aventure très risquée.

J’ai accroché à l’histoire immédiatement grâce au ton vif et au rythme qui ne s’essouffle pas. L’histoire se corse et on se dit « non, il ne va pas oser … » mais si.

La tendresse et l’humour apportent de la légèreté et de l’humanité. Il est certain que le lecteur portera un autre regard sur ces gitans après avoir refermé le livre.

J’ai aimé aussi le passage où nos héros se retrouvent pour quelques jours à Locmaria sur l’île de Groix : j’ai pensé, quel joli clin d’œil à Lorraine Fouchet, autre auteure chez Héloïse D’Ormesson.

En résumé : ne passez pas à côté de ce roman.

Paru le 23/8 aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Notation :

Bernard Chenez : Les mains dans les poches

Résumé :

Pour percevoir à nouveau l’odeur de l’encre et du plomb, pour sentir frémir le crayon sur le papier de son premier dessin, pour entendre ces rifs de guitare protestataires qui ont rythmé ses combats, il fallait partir à l’autre bout du monde et embrasser sa mémoire…  Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poétique qui accepte et dépose enfin ses fantômes.

L’auteur :

Bernard Chenez a dessiné pour Le Monde et L’événement du jeudi avant de devenir éditorialiste à l’Equipe. Le Resquilleur du Louvre et Le Journal sans heure sont respectivement parus aux éditions Héloïse d’Ormesson en 2005 et 2012.

Mon avis:

Une balade tendre et joyeuse mais pas que … Ce court roman se déguste comme un long poème.

L’auteur plante le décor dès le premier chapitre en évoquant la lutte de la classe ouvrière avec un cortège qui revendique alors qu’une usine ferme. Puis nous voilà au Japon, à Tokyo, dans un train qui effectue le tour de Tokyo, une boucle d’une heure. Écrire comme on voyage, dans le sens de la marche ou à contresens, ne pas respecter de chronologie.

C’est ainsi que les époques défilent, avec l’attente du premier amour ou le professeur de dessin qui aide le petit garçon d’alors en lui disant : « c’est la main qui voit et l’œil qui dessine ». Le dessin prend une grande place dans sa vie, le vélo aussi pour s’échapper librement sur les routes de la Beauce.

Cette déambulation parfois nostalgique est le reflet d’une époque. Beaucoup d’émotions dans ce récit aux chapitres courts, avec des phrases qui chantent à nos oreilles et nous rappellent les haïkus.

Si les évocations sont souvent tendres, elles restent lucides et parfois tristes.

Lisez-le pour capter l’ambiance de ces années et vous régaler de la prose de Bernard Chenez. J’ai été touchée par ce livre.

Une belle découverte publiée aux Éditions Héloïse d’Ormesson.

 

 Vidéo : Héloïse d’Ormesson présente Bernard Chenez – Les mains dans les poches

 

 

 

Notation :

Rentrée littéraire automne 2018 : dans ma pile …

La Massaia de Paola Masino aux Éditions de la Martinière

La découverte d’un chef d’œuvre de la littérature italienne, jamais publié en France.

Une fable littéraire, féministe et anticonformiste écrite sous l’Italie fasciste de Mussolini.

L’écart d’Amy Liptrot aux Éditions Globe

L’écart raconte la vie d’une femme, son combat contre l’alcool et la joie que procure la communion avec la nature écossaise des îles des Orcades.

La neuvième heure d’Alice McDermott aux Éditions de la Table Ronde, collection Quai Voltaire

La lauréate du National Book Award nous livre un autre roman délicieux, dans lequel celles qui apparaissent d’abord comme insignifiantes se révèlent être des héroïnes, inflexibles dans leur dévotion aux humains faillibles qui les entourent.» O, The Oprah Magazine.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker aux Éditions Aux forges de Vulcain

Dans ce premier roman de feu, Marie-Fleur Albecker invente une langue neuve pour une révolte ancienne, celle de la guerre sociale, du faible contre le fort, de la justice contre l’inique. Une langue qui mêle le sublime et le grotesque, le lyrique et le comique, une langue instruite de ce fait : il faut tenter de changer le monde – ce monde qui jamais ne change.

Pleurer des rivières d’Alain Jaspard aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Enfreindre la loi peut se révéler fatal. Julien, brillant avocat, le sait mieux que personne. Pourtant, lorsqu’il parvient à obtenir la relaxe de son client, Franck, un Gitan d’Argenteuil, il n’imagine pas que leurs épouses respectives vont les entraîner dans une folle aventure.

Les mains dans les poches de Bernard Chenez aux Éditions Héloïse d’Ormesson

Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poétique qui accepte et dépose enfin ses fantômes.