Paula Mac Lain : La troisième Hemingway

La troisième Hemingway
La troisième Hemingway

Résumé

Fin 1936. La jeune romancière Martha Gellhorn a vingt-sept ans mais déjà une solide réputation de globe-trotteuse. De neuf ans son aîné, Ernest Hemingway est en passe de devenir le monstre sacré de la littérature américaine. Elle est célibataire mais connaît les hommes, il en est à son deuxième mariage. Entre eux, la complicité est d’abord intellectuelle. Mais la guerre a le pouvoir d’attiser les passions… Du New York bohème à l’Espagne ravagée par le franquisme, les amis deviennent amants. Et les voilà repartis sur les routes, entre l’Amérique, l’Europe et Cuba. Seulement, au gré de leurs allées et venues dans un monde à feu et à sang et d’une rivalité littéraire qui ne cesse de croître, les deux époux ne tarderont pas à goûter aux fruits amers de la vie conjugale…

L’auteur

Diplômée en poésie de l’université du Michigan, boursière du prestigieux National Endowment for the Arts, Paula McLain est l’auteur de deux recueils de poèmes, d’un essai, d’un roman jamais traduit en français (A Ticket to Ride) et d’une biographie romancée, Madame Hemingway, qui lui a valu les honneurs. Elle vit avec ses enfants à Cleveland, dans l’Ohio.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver cette auteure découverte il y a six ans pour son roman : « Madame Hemingway ».

Son deuxième roman « L’aviatrice » était un coup de cœur aussi.

Son talent de conteuse est toujours présent : dès la première page le lecteur est captivé par le récit.

Paula est très douée pour utiliser les faits historiques et produire une belle fiction : le roman se dévore, en le refermant on en redemande.

Le grand écrivain a déjà eu deux épouses et ne peut résister au charme de cette jeune femme. Celle-ci est belle et talentueuse : écrivaine et journaliste, ils sont en phase intellectuellement dès le début. Chacun lit les textes de l’autre. Mais progressivement, la jalousie d’Ernest empoisonne leur relation.

Je vous encourage vivement à découvrir ce roman passionnant qui nous fait revivre le destin de ces deux êtres uniques. Martha est une grande héroïne qui fut l’une des plus grandes correspondantes de guerre du vingtième siècle.

Un roman qui combine une histoire passionnante et une belle plume : n’hésitez pas.

Paru aux éditions Presses de la Cité.

Merci Babelio pour cette lecture.

Notation :

Catherine Banner : La maison au bord de la nuit

La maison au bord de la nuit
La maison au bord de la nuit

Résumé : Au large de la Sicile, sur l’île de Castellamare, caillou fertile bercé par le sirocco et les légendes locales, Amedeo Esposito peut enfin poser ses valises. Élevé à l’orphelinat de Florence, ce médecin a un don pour le bonheur. Or, l’île lui réserve bien des surprises. À commencer par l’amour : partagé entre deux femmes, Amedeo fait le choix de bâtir avec l’une. Et qu’importe si l’abandon de l’autre lui coûte sa réputation et son titre de médecin ; avec celle qu’il épouse et les quatre enfants qu’elle lui donne – dont Maria-Grazia, la rescapée, la prunelle de ses yeux –, Amedeo restaure une vieille bâtisse surplombant l’océan et rouvre le café qu’elle abritait.

L’auteur : Catherine Banner est née à Cambridge en 1989. Après avoir enseigné quelques années, elle a décidé de se consacrer à l’écriture. Elle a publié une trilogie de romans pour jeunes adultes, The Last Descendants (2008 à 2015), traduite dans une vingtaine de langues. La Maison au bord de la nuit est son premier roman. Il est en cours de traduction dans vingt-quatre langues. Elle vit aujourd’hui à Turin.

 

Mon avis :

Inspiré de contes italiens populaires, voici une délicieuse saga romanesque.

Face à Syracuse, un caillou sur lequel vit un peuple farouche et entièrement voué à son île. Sur quatre générations, nous suivons une famille dont le premier , Amadeo, médecin et amoureux de contes et légendes reprend un vieux café. Grâce à lui, sa femme puis ses enfants, ce bar devient le cœur du village : lieu d’échanges et de culture de cette île longtemps isolée.

Un pavé de cinq cent pages qui se lit vite car on s’attache aux personnages d’Amadeo, Pina, Maria-Grazia et Concetta. Les femmes ont de fortes personnalités et prennent des responsabilités pour sauver leur île chérie.

Cette épopée nous fait revivre un siècle d’histoire, de la grande histoire. J’ai trouvé particulièrement intéressante la vision donnée ici sur la période de la seconde guerre mondiale, plus rarement évoquée du côté des italiens. Sur cette petite île, se croisent les “chemises brunes” et les communistes ou d’autres non politisés. Les garçons partent à la guerre et le village se vide. Les habitants pleurent leurs fils partis et s’organisent pour survivre.

Mention spéciale pour le style très fluide et l’écriture émaillée d’expressions italiennes qui rend l’ensemble très vivant.

Prenant et émouvant, une belle lecture qui donne envie de partir en Sicile ou mieux encore sur ce caillou isolé pour vivre pleinement et intensément comme nos héros.

Je vous recommande chaudement cette lecture.

Merci Babelio et aux Éditions Presses de la cité .

 

Le site de l’auteure.

 

Notation :

Michel Quint : Un hiver avec le diable

Un hiver avec le diable
Un hiver avec le diable

Résumé : Hiver 1953. Hortense Weber, jeune Alsacienne célibataire venue occuper un poste d’institutrice à Equignies, bourg de l’agglomération lilloise, accouche d’un petit garçon. A la maternité , elle rencontre Robert Duvinage, qui pratique, entre autres, l’escroquerie photographique du « bébé du mois ». Parce qu’elle le perce à jour sans le dénoncer, parce qu’il sent la jeune femme porteuse d’un secret, s’installe entre eux une relation d’affection méfiante. Robert suspend un temps ses activités pour faire le commis dans le bistrot-épicerie du maire communiste d’Erquignies et veiller sur Hortense malgré elle. La guerre d’Indochine bat son plein et divise la population, la guerre froide est vécue au quotidien…

 

L’auteur :

Né en 1949 dans le Pas-de-Calais, Michel Quint obtient le Grand Prix de littérature policière pour Billard à l’étage en 1989 et publie Effroyables Jardins, best-seller international, en 2000. Il habite à Lille.

 

Mon avis :

Décidément, j’aime cet auteur et j’ai apprécié ce livre comme Fox-trot.

On se glisse aisément dans son histoire et on partage la vie de ses personnages avec grand plaisir.

Sa grande force : nous immerger dans son monde grâce à une écriture fluide, vivante, pleine de gouaille. Il en résulte un sentiment d’osmose complète avec l’histoire.

Encore une fois, un solide contexte historique : le procès d’Oradour, l’Indochine qui décime les jeunes du pays, les faillites d’usine; ces grands évènements côtoient une intrigue locale : un pyromane sévit plusieurs fois effrayant tous les habitants de la petite ville.

Pour travailler la trame historique, l’auteur a exploré les écrits d’un des fondateurs du journal “La voix du Nord ” et lu autour des alsaciens appelés les “malgré-nous”.

Mélange de genre : policier, aventure et histoire d’amour. Peut-être tout simplement un roman populaire.

En tout cas, un grand roman.

 

Merci Babelio et les editions de la Presse de la Cité.

 

Notation :

Yves Viollier : Y avez-vous dansé Toinou ?

Y avez-vous dansé Toinou ?
Y avez-vous dansé Toinou ?

Résumé : En Charente, le narrateur fait la rencontre de Toinou, femme de 92 ans qui lui raconte son histoire. Née dans le Périgord, près du village de Hautefaye, village des cannibales, elle a fui sa région peu après un mariage forcé. Elle raconte son enfance, les deux guerres, ses deuils, sa vie quotidienne, sa passion pour la danse. En écoutant Toinou, le narrateur évoque également son propre passé.

 

L’auteur : Yves Viollier est né en Vendée. Robert Laffont le remarque en 1988 et publie sa trilogie Jeanne la Polonaise, l’histoire d’une jeune Charentaise partie comme préceptrice dans les familles de l’aristocratie russo-polonaise au début des années 1900. Yves Viollier reviendra régulièrement vers la Charente, « la terre du bonheur », dans ses romans Les Pêches de vigne, récit d’une émigration vendéenne en Charente, Le Chemin de Fontfroide et Elle voulait toucher le ciel. Il partage sa vie entre la Vendée et la Charente.

 

Mon avis :

Le portrait de Toinou est à la fois tendre, truculent et témoigne de la vie dans les campagnes au siècle dernier.

Toinou se raconte, une vie compliquée avec un mariage à 15 ans, les enfants qui arrivent, le labeur des travaux de la campagne. Nous sommes en Charente et suivons l’évolution des moyens de production dans cette région de Cognac. Tout a bien changé depuis les quinze ans de Toinou. Une héroïne émouvante, dont l’histoire force le respect, les passages où l’interviewer raconte son enfance, sont plus fades.

Le style colle au personnage principal : simple, épuré, un peu trop à mon goût. Le mélange patois et français peut gêner aussi. C’est manifestement une volonté de l’auteur qui soigne davantage l’écriture vers la fin de l’histoire lorsqu’il reprend la main.
Un livre qui vaut surtout pour le témoignage d’une dure vie de labeur : un difficile destin de femme.
Pour les amateurs de romans de terroir.

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité.

Notation :

Paula McLain : L’aviatrice

Résumé :

L'aviatrice
L’aviatrice

Beryl Markham a deux ans lorsque sa famille s’installe au Kenya en 1904. Très vite abandonnée par sa mère, elle est élevée par son père – entraîneur de chevaux de course – et par les natifs de la tribu Kipsigi, qui vivent sur les terres paternelles. Cette éducation non-conventionnelle pour quelqu’un de son rang fait d’elle une jeune femme audacieuse et farouche, qui voue un amour sans bornes à la nature sauvage et se moque de la bienséance. De mariages ratés en liaisons contrariées – elle tombe éperdument amoureuse de Denys Finch Hatton, l’amant de l’auteure Karen Blixen –, Beryl va peu à peu s’imposer comme l’une des femmes les plus singulières de son temps. Elle sera la première aviatrice à accomplir un vol transatlantique en solitaire d’est en ouest…

L’auteur :

Diplômée en poésie de l’université du Michigan, boursière du prestigieux National Endowment for the Arts, Paula McLain est l’auteur de deux recueils de poèmes, d’un essai, d’un roman jamais traduit en français (A Ticket to Ride) et d’une biographie romancée, Madame Hemingway, qui lui a valu les honneurs. Elle vit avec ses enfants à Cleveland, dans l’Ohio.

Mon avis :

Coup de cœur pour cette belle histoire, biographie romancée d’une femme exceptionnelle.

Paula McLain a un grand talent de conteuse, son récit nous happe du début à la fin.

Voici le parcours hors du commun d’une femme libre au début du vingtième siècle : arrivée toute petite au Kenya, cette britannique est élevée très librement par son père, elle court dans la savane pieds nus, fraternise avec les tribus environnantes et se passionne pour les chevaux. Son père possède un grand domaine et devient éleveur de chevaux.

Beryl grandit toujours éprise de liberté, amoureuse des grands espaces et des chevaux. Elle devra faire des concessions : se marier toute jeune, supporter un mari alcoolique et vivre ses passions parfois contrariées par une société très conservatrice Elle va aussi croiser Karen Blixen et tomber amoureuse de son célèbre amant.

Une autre vision de “Out of africa”, le personnage central ici étant Beryl, kényane au plus profond d’elle-même et relevant tous les défis.

Elle fut la première femme “entraîneur” de chevaux et la première à obtenir un brevet de pilote professionnel. Piloter des avions a été son deuxième grand défi après l’entraînement des chevaux.

L’auteure s’est inspiré des mémoires publiées en 1942 : “Vers l’ouest avec la nuit”, lues par Hemingway et rééditées dans les années 80.

En résumé : un très beau portrait de femme magnifiquement bien raconté.

A découvrir absolument.


Merci Mathilde pour ce merveilleux conseil.

Je vous conseille vivement aussi son livre précédent “Madame Hemingway“.

 

Notation :