Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi

Véronique Olmi dépeint très bien les turpitudes des sentiments amoureux
Dans cette histoire, pourquoi un homme marié à une très jolie femme s intéresse à une autre femme plus âgée et moins jolie ?
Qu’est ce qui explique ces sentiments forts et passionnés, cette folle attirance pour l’accordeuse de piano ?
Petit à petit, notre héros se confie à Suzanne : son enfance, sa mère décédée quand il avait 10 ans et son père toujours en vie mais qu’il ne voit plus.
Suzanne quitte son mari pour Serge et tente de le comprendre. Son amour pour lui est immense, elle sera sa confidente jusqu’à à ce que Serge puisse se défaire du poids immense laissé par un événement dramatique de son enfance.
A-t il raison de tout raconter à Suzanne ? Ne met-il pas en péril son amour ?
Cette histoire ne raconte pas seulement un amour entre deux êtres que tout sépare, mais aussi la résurrection d’ un homme de 60 ans qui décide enfin d’affronter son père pour comprendre comment sa mère est morte.
C est un livre prenant qui dépeint la complexité d un destin gâche par une enfance malheureuse. Sera-t il sauve par son nouvel amour ?
À lire à la fois pour la belle prose de Véronique Olmi mais aussi pour l’histoire et les personnages attachants.

Je vous conseille aussi les autres romans de V. Olmi et notamment “Cet été là”

Notation :

Eric FAYE : Nagasaki

 

Etonnant, envoutant et dépaysant, tels sont les trois premiers qualificatifs que m’inspire ce récit.

Ce roman, tiré d’un fait divers, raconte la vie ordinaire de Shimura San météorologiste à Nagasaki qui découvre que certains objets de son quotidien changent de place chez lui.

Intrigué, il installe une caméra pour suivre depuis son bureau ce qui se passe dans sa maison en son absence. Et là, il fait une étrange découverte : une inconnue déambule chez lui à son insu.

Ce livre nous raconte la vie de deux étrangers qui vivent ensemble sans le savoir. C’est un récit étonnant, troublant, émouvant aussi et qui nous interpelle sur notre monde contemporain et les espaces dans lesquels nous évoluons.

En effet, les déplacements, les décalages et mouvement se succèdent et le propriétaire des lieux devient comme étranger dans sa maison.

Une paranoïa commence à l’habiter : depuis sa caméra il pénètre chez lui comme par effraction, il surveille et guette à longueur de journée les mouvements dans sa maison. Puis, lorsqu’il découvre qu’une personne s’est introduit chez lui, il prévient la police.

Après cela, la situation devient paradoxale car le héros est soulagé d’être de redevenir le seul occupant des lieux mais un peu après, regrette son geste.

Cet événement a mis du piquant dans sa vie monotone et lui fait prendre conscience de la détresse d’autres humains comme cette femme qui se cachait chez lui dans un placard. Une pauvre femme, sans ressources, sans amis, sans toit et qui a perdu tout repère. C’est un peu de chaleur humaine qu’elle cherchait en se cachant dans cette maison.

Petit à petit, notre héros est bouleversé par cette inconnue qui a vécu chez lui et il perçoit sa détresse.

Ce livre qui nous dépeint ces deux types de solitude des temps moderne montre aussi très bien une certaine violence de notre monde et sa déshumanisation ainsi que l’anonymat des grandes villes.

L’auteur clôture son récit en donnant la parole – et la plume – à la clandestine qui nous livre ses impressions et nous émeut par ses confessions.

Bravo pour ce texte, d’une belle écriture et d’une belle intelligence du coeur .

Notation :

Catherine Mavrikakis : Les derniers jours de Smokey Nelson

“Les derniers jours de Smokey Nelson. Dans ce grand livre choral, quatre voix alternent pour évoquer celui dont l’exécution est prévue le 15 août 2008 au pénitencier de Charlestown.

Sydney Blanchard est noir comme Smokey Nelson. Des années auparavant, il a été arrêté par erreur et a purgé une peine de prison avant que le vrai coupable soit identifié : sa longue imprécation commence à Seattle, sur la tombe de Jimi Hendrix”.

C’est un livre fort, dur mais aussi magnifique par d’autres côtés.

Quatre personnages nous racontent à leur manière les derniers jours d’un condamné à mort.

Le récit débute avec Sydney Blanchard, un noir de la Nouvelle Orléans qui passe sa vie à imiter son idole Jimi Hendrix et qui parle à son chien. Il se souvient qu’il s’est fait arrêter il y a vingt ans pour le meurtre de quatre blancs, crimes commis par Smokey Nelson.

Grâce à une autre voix de ce livre, Pearl Watanabe, qui travaillait au motel où le meurtre a été commis, Sydney a été innocenté. La jeune femme avait croisé le criminel sur le parking et discuté avec lui. Ce souvenir la hante vingt ans après.

Le troisième personnage est Ray le père de la jeune femme assassinée; pour lui l’heure de la vengeance approche avec l’exécution de Smokey Nelson l’assassin de sa fille et ses petits-enfants. Ce n’est pas lui qui s’exprime mais Dieu qui lui dicte sa conduite et surtout le rassure en lui assurant qu’il trouvera un répit quand l’assassin sera exécuté.

La quatrième voix c’est Smokey Nelson qui est au pénitencier de Charlestown et vit ses derniers jours.

C’est un roman choral dans lequel chacun évoque son passé lié à Smokey Nelson et son présent toujours lié aux tragiques évènements.

Certains ont des regrets comme Pearl et Sydney alors que Smokey Nelson lui n’a aucun remord.

Un grand souffle dans ce récit avec des non-dits et la peine de mort en filigrane.

Ce roman choral capte le lecteur et le hante même après l’avoir refermé.

Encore une belle découverte de cette rentrée littéraire, à découvrir absolument.

 

Notation :

Yannick GRANNEC : La déesse des petites victoires

Coup de Coeur !!

Pour l’instant mon gros coup de coeur de cette rentrée littéraire et c’est le premier roman de Yannick Grannec.

Livre qui se dévore grâce à sa construction narrative et aussi l’inventivité mise au service de l’intrigue.

J’ai été happée par l’histoire qui combine si intelligemment l’Histoire (la vraie) et du romanesque.

Deux héroïnes Adèle et Anna vivant chacune une histoire d’amour compliquée et qui se ressemble.

Adèle est l’épouse de Kurt Gödel mathématicien qui a vécu au 20ème siècle (1906-1978). Ces deux là sont tellement différents : Adèle ex danseuse dans un cabaret et Kurt mathématicien génial austère et paranoïaque.

Adèle va l’aimer jusqu’au dévouement total et vivre avec lui les années 30 en Autriche, la montée du nazisme, l’exil aux États-Unis et le maccartisme qui n’épargnera pas les Gödel.

Albert Einstein est un de leurs proches aux Etats-Unis et les anecdotes le concernant nous plongent aussi au coeur de cette période.

Anna, l’autre héroïne, jeune femme dans les années 80, tente d’amadouer la veuve Gödel qui va se livrer petit à petit; des liens vont se nouer entre ces femmes de 2 générations éloignées.

Je n’en dis pas plus pour laisser aux autres lecteurs le plaisir de ce roman.

Très efficace grâce au grand talent de conteuse de Yannick Grannec, à découvrir absolument.

Notation :

Nicolas FARGUES : Tu verras

C’est un grand roman sur la paternité écrit avec sensibilité et très émouvant.

Criant de vérité et concret, ce livre décrit avec une grande précision les relations père-enfant.

Le narrateur père d’un adolescent nous raconte comment, suite à la perte de son enfant, il perd pied au point de tout remettre en cause. Ses relations avec son père, son ex femme, sa compagne changent et des nouvelles questions vont venir bouleverser sa vie. Comment aimer son enfant, que doit-on lui transmettre, quelles valeurs lui donner ?

Pas de tabou dans ces descriptions des rapports père-fils et une grande justesse.

Par moment, je continuai de lire pour en « finir » plus vite puis à d’autres moments l’émotion et surtout l’arrivée de la femme témoin et le départ pour l’Afrique ont donné un nouveau rythme et surtout un espoir de sortir de ce tunnel.

Ce livre m’a frappée par sa sincérité, les questions posées sur les relations parents-enfants sont justes et font forcément écho à des situations déjà vécues.

Un livre qui une fois posé revient nous hanter et surtout nous interpeller sur nos relations avec nos enfants.

Un auteur que je vais suivre dorénavant pour ses sujets d’actualité et son écriture fluide et prenante.

Notation :