Critique de : Chloé des loups d’Alexandra Ughetto

Chloé des loups

Présentation :

Chloé, tu es l’ultime descendante de l’ultraviolente lignée des loups, et tu es destinée à devenir une guerrière.

Mais tu refuses cet héritage d’angoisses et de colère.

Heureusement, pour t’aider, il y a Annabelle, ton amie, qui dissipe tes craintes d’un éclat de rire. C’est elle qui te pousse à explorer ton coeur et le monde autour de toi. Cela t’encourage à écrire dans ton carnet tes pensées lumineuses…

Dès lors, tout change pour toi. Tu apprends à maîtriser tes émotions et à conquérir ta puissance intérieure.

L’auteure :

Sociologue et philosophe de formation, Alexandra Ughetto est passionnée par le développement personnel. Elle transmet ses connaissances à travers son podcast « La p’tite chronique lumineuse .

Ma chronique :

Dès la préface, l’auteure invite à déployer ses ailes en grand, très grand. Une belle illustration de la morale de cette histoire.

Ce roman « young adult » combine une grande histoire type « fantasy » avec des pistes de développement personnel qui vont aider l’héroïne à grandir et à s’épanouir.

N’étant pas dans la cible « young adult » ni passionnée par la « fantasy », j’ai eu des difficultés à rentrer dans l’histoire mais la plume alerte et le rythme donnent envie de tourner les pages. 

J’ai apprécié l’idée du carnet, il est reconnu qu’écrire permet de réguler ses émotions, c’est une bonne idée à transmettre aux jeunes. Pour le contenu de ce carnet, les propositions sont issues de techniques de développement personnel et ce qui est intéressant ici, c’est de les positionner dans un contexte qui parlera aux jeunes lecteurs. Chloé liste des techniques de respiration pour s’apaiser, des moyens pour s’affranchir de ses croyances limitantes ou trouver l’ancrage en soi. Chaque pratique est expliquée clairement et donc facilement reproductible.

Si un roman d’aventures peut aider nos jeunes à aller mieux en découvrant la méditation comme Chloé, pourquoi s’en priver ?

Publié aux éditions Robert Laffont.

Notation :

Critique de : Les pierres de mémoire de Kate O’Riordan

Pierres de mémoire

Résumé :

Nell, une Irlandaise dans la quarantaine, vit à Paris depuis plus de vingt ans. C’est une œnologue reconnue, l’une des rares femmes dans le monde à avoir le statut de Master of Wine. Elle profite du calme de la vie parisienne comme d’un bon verre de rouge, en compagnie de Lulu, un caniche qu’elle méprise, et de son amant Henri, un homme marié propriétaire d’un vignoble. Mais un coup de téléphone nocturne va venir briser le monde clos qu’elle a construit. Un voisin de sa fille unique Ali, qui vit en Irlande, lui donne à son sujet d’inquiétantes nouvelles.

L’auteure :

Kate O’Riordan est une auteur irlandaise vivant actuellement à Londres. Romancière, elle a notamment publié Intimes convictions (2002), Une mystérieuse fiancée (2004), Le garçon dans la lune (2008), Pierres de mémoire (2009), Un autre amour (2010) et plus récemment La fin d’une imposture (2016), tous parus aux Éditions Joëlle Losfeld. Elle écrit également pour le théâtre et le cinéma.

Ma chronique :

Cette lecture me manque déjà… terminée depuis peu, j’y repense régulièrement : ce livre est particulièrement émouvant.

Kate O’Riordan est brillante, découverte avec la fin d’une imposture, j’ai retrouvé ici la finesse psychologique et l’émotion palpable tout au long du récit.

L’amour maternel et les relations entre mère et filles sont au cœur de ce roman, au travers de quatre générations de femmes avec Agnès, Nell, Ali et Grace la plus jeune.

Ali est née alors que sa mère, Nell, n’avait que seize ans, sa naissance a entraîné la fuite de sa mère de son pays d’origine. Agnès, a toujours attendu le retour de sa fille Nell. Bien plus tard, Nell reçoit un coup de fil l’informant que sa fille, retournée au pays de ses origines, a besoin d’elle. 

Adam, le trublion de cette histoire, est un personnage inquiétant et énigmatique qui bouleverse la vie d’Ali. Quelles sont ces intentions ?

Les pierres de mémoire, ces traces du passé, auront-elles le pouvoir d’aider Nell, de l’éclairer sur sa vie et de comprendre sa mère et ses choix ?

Un rythme prenant, une écriture magnifique au service d’une histoire poignante : tout est là pour passer ce que j’appelle un beau moment de lecture.

N’hésitez pas, lisez-le.

Paru aux éditions Joëlle Losfeld.

Notation :

Critique de : Étés anglais d’Elizabeth Jane Howard

Étés anglais

Résumé :

Juillet 1937. À Home Place, au cœur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer? Polly, terrorisée à l’idée qu’une guerre éclate, s’entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid? 

L’auteure :

Née en 1923, Elizabeth Jane Howard est l’auteur de quinze romans. Les Cazalet Chronicles – The Light Years, Marking Time, Confusion et Casting Off – sont devenus des classiques modernes au Royaume-Uni et ont été adaptés en série pour la BBC et pour BBC Radio 4. Elle a également écrit son autobiographie, Slipstream. Elle est morte en janvier 2014, après la parution du 5e volume des Cazalet Chronicles, All Change.

Ma chronique :

Un régal ce livre. Je me suis immédiatement immergée dans la vie de cette famille « Les Cazalet » et j’ai pris un grand plaisir à partager leur quotidien dans cette période si particulière de l’avant-guerre.

Les personnages sont tellement vrais et attachants tant par leurs travers que pour leurs qualités. J’ai eu un faible pour le doyen surnommé « Brig » doté d’un grand cœur. Sa fille, Rachel, fait aussi partie de mes héros préférés, tournée vers les autres, elle prête main forte à son père et n’hésite pas à aider aussi les domestiques.

Toutes les classes sociales sont dépeintes ici, depuis la haute bourgeoisie jusqu’aux petites gens, domestiques ou paysans. 

C’est toute une époque révolue qui est dépeinte avec maestria : par exemple, les femmes, ces grandes bourgeoises, ne font pas d’études universitaires, contrairement aux garçons envoyés en pension dès le collège et poussés à étudier. 

Le style impeccable et fluide, servi par une belle traduction, d’Anouk Neuhoff, contribue au plaisir de la lecture.

En conclusion : précipitez-vous sur ce premier tome de la saga des Cazalet en attendant le tome 2 prévu pour l’automne prochain. Trois autres tomes nous attendent ensuite. 

Merci aux éditions de la Table Ronde pour cette traduction inédite en France.

Notation :

Critique de : La dame de l’Orient-Express de LIndsay ASHFORD

La dame de l’Orient Express

Résumé :

Octobre 1928. Son divorce lui a laissé un goût amer. Partout, Agatha Christie croit voir le fantôme d’Archie, son ex-mari. Jusque dans les couloirs de l’Orient-Express, où elle vient de prendre place sous une fausse identité. Elle se sait pourtant privilégiée. Le Meurtre de Roger Ackroyd l’a rendue célèbre. Et rien ne l’oblige à rester en Angleterre pour écrire son dixième roman. Elle a trente-huit ans. À bord de ce train mythique qui doit la mener à Istanbul, elle fait la connaissance de deux femmes, Nancy et Katharine

L’auteure :

Titulaire d’un master en criminologie, Lindsay Ashford a été reporter pour la BBC avant de signer des articles pour nombre de quotidiens anglais. La Dame de l’Orient-Express, son sixième roman, a été traduit dans dix pays.

Ma chronique :

Je n’ai pas été déçue par ce roman bien au contraire. J’avais envie d’une atmosphère  qui ressemble à celle des romans d’Agatha Christie et c’est réussi.

Un mélange habile entre réalité et fiction plus un style très vivant donne un ensemble cohérent et palpitant. On apprend beaucoup sur la romancière en partageant une tranche de sa vie.

Cerise sur le gâteau, si je puis dire, l’écriture est très fluide et visuelle : j’avais l’impression d’être dans l’un des films issus des meilleurs romans d’Agatha Christie, entre « le crime de l’Orient-Express » et « Mort sur le Nil ». 

Le talent de Lindsay : nous embarquer dans une aventure fabuleuse au cœur du Moyen-Orient et nous accrocher à son récit.

Après l’Europe, direction Damas et Bagdad avec ses somptueux décors puis des fouilles au milieu du désert, ajoutez à cela, trois femmes ayant toutes des secrets et qui finissent par se serrer les coudes. Enfin, insérez une pincée de romantisme et dégustez…

Pourquoi bouder son plaisir ? J’ai passé un bon moment de lecture avec ces héroïnes. Je vous recommande cet ouvrage.

Paru aux éditions l’Archipel.

Notation :

Critique de : Les recettes de la vie de Jacky Durand

Les recettes de la vie

Résumé :

Henri est le Chef dévoué du Relais fleuri, un bistrot traditionnel qui régale ses clients de plats généreux. Sous les yeux subjugués de son fils Julien, il élabore des recettes que sa femme consigne dans un cahier. Mais un jour, celle-ci quitte la maison sans explication. Henri décrète alors que jamais Julien ne deviendra cuisinier. En cachette, le jeune homme poursuit son rêve et dans sa quête, il lui faudra démêler les secrets de famille et comprendre pourquoi Henri a laissé partir sa femme sans un mot…

L’auteur :

Jacky Durand est journaliste. Depuis des années il sillonne la France des terroirs pour ses savoureuses chroniques culinaires dans Libération ( « Tu mitonnes » ) et tous les samedi matin sur France Culture ( « Les mitonneries de Jacky »).

Ma chronique :

Ce portrait sensible d’un gamin passionné de cuisine est poignant.

Son père,bourru, toujours devant ses fourneaux a peu de temps à lui consacrer. Lorsque sa femme s’enfuit, la solitude enveloppe complètement le jeune garçon dont le seul bonheur est d’aider son père en cuisine.

Malheureusement, le père a trimé dur depuis son enfance et rêve d’un fils ingénieur : alors comment lui faire comprendre que cuisiner est une passion ?

Le petit pourra compter sur le soutien de Lucien, le meilleur ami de son père, et de Gaby, le frère de Lucien. 

Une histoire émouvante avec une galerie de personnages secondaires atypiques et très attachants comme Maria, la femme de Gaby, sauvée par son mari. Tournés vers autrui et plein d’humanité tous ces héros donnent tout leur sens à une vie bien remplie. Julien pourra s’en inspirer heureusement.

Un beau récit d’apprentissage au parcours complexe avec une grande dose d’amour : n’est-ce pas le plus important ?

À découvrir aux éditions Folio.

Notation :