Critique de : Amour et amitié de Jane Austen

Amour et Amitié

Résumé :

« De tous les talents ordinairement en possession de mon sexe j’étais la maîtresse. Au couvent, mes progrès avaient toujours été plus grands que ne le permettait l’instruction reçue, les connaissances dont je disposais étonnaient chez quelqu’un de mon âge, et je surpassai bientôt mes maîtres

Toutes les vertus susceptibles d’orner un esprit se retrouvaient dans le mien. Il était le lieu de rencontre de toutes les qualités et de tous les sentiments élevés. 

Mon seul défaut, s’il mérite ce nom, était de posséder une sensibilité trop vive, prompte à s’émouvoir de toutes les afflictions de mes amis, des personnes de ma connaissance, et plus encore des miennes ».

L’auteure :

Romancière anglaise née en 1775, morte à Winchester en 1817. Commença d’écrire pour distraire sa famille. Ses romans dépeignent, avec finesse et vivacité, le petit monde provincial et familial qui fut le sien.

Ma chronique :

« Amour et amitié » est un roman épistolaire écrit par Jane pendant son adolescence.

J’ai lu cet ouvrage sans lire la préface et j’ai été surprise par l’histoire : cela ressemblait à une farce, les situations abracadabrantesques se succèdent et le ridicule plane parfois sur les situations et personnages. 

L’auteure fait une parodie des romans sentimentaux très lus par les jeunes filles.

On le lit avec plaisir, l’ironie sous-jacente et son talent d’écrivain sont déjà présents. Donc régalons-nous de ce texte et ne boudons pas notre plaisir à lire  et relire Jane Austen.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Le bon sens de Michel Bernard

Le bon sens

Résumé :

Novembre 1449, dix-huit ans après la condamnation pour hérésie de Jeanne d’Arc, Charles VII chasse les Anglais de Rouen. La fin de la guerre de Cent Ans est proche : il faut achever la reconquête du territoire, panser les plaies des provinces dévastées et réconcilier les partis engagés dans la guerre civile. Promettant le pardon et l’oubli, le roi ordonne pourtant une enquête sur le procès de 1431.

L’auteur :

Michel Bernard est né à Bar-le-Duc en 1958. Il est haut fonctionnaire, en disponibilité depuis l’automne 2016. À la rentrée 2016 a paru,à La Table Ronde, Deux remords de Claude Monet, qui a obtenu le prix Marguerite Puhl-Demange et le prix Libraires en Seine. En janvier 2018 a paru Le Bon Cœur, roman sur Jeanne d’Arc, qui a reçu le prix Roman France Télévisions, le prix Michel Dard ainsi que le prix littéraire de la Ville d’Arcachon.

Ma chronique :

Quel plaisir de retrouver la belle plume de Michel Bernard pour cette suite du roman « Le bon cœur » qui nous emmenait dans les pas de Jeanne D’Arc.

Dans le premier opus, le lecteur suit le parcours de la bergère jusqu’à sa triste fin. À chaque page, j’étais impressionnée par la sincérité et la bravoure de cette jeune fille très bien retranscrite par le romancier.

La suite, une vingtaine d’années plus tard, est peut-être encore plus émouvante. On y retrouve les principaux protagonistes qui ont aidé Jeanne et ceux qui ont précipité sa chute. 

Le roi Charles VII arbitre la nouvelle destinée de Jeanne : qui remportera cette bataille de la réhabilitation de la pucelle ? Une partie du clergé est réticent au départ : acteur clé de sa chute, il leur est difficile de reconnaître leurs erreurs. Et le roi, sauvé par Jeanne : que va-t-il décider ?

Ce récit est aussi passionnant que le premier tome. Ce qui se joue ici principalement : c’est la nécessité de réparer une grande faute. 

Le style toujours impeccable de Michel Bernard en fait une lecture qui m’a ravie.

Un grand bonheur de lecture en ce début d’année.

À lire absolument.

Paru aux éditions de la Table Ronde.

Notation :

Critique de : La mémoire des oubliés de Pascale May

La mémoire des oubliés

Résumé :

Employée au musée des Beaux-Arts de Bernay, en Normandie, Ondine est fascinée depuis toujours par le portrait d’un jeune homme aux yeux bleu lagon. Quand elle rencontre Thibault, le petit-fils de l’artiste qui a peint ce tableau, les jeunes gens décident de se lancer dans une passionnante enquête pour découvrir l’identité du modèle. Progressivement, le passé refait surface et, avec lui, des secrets jalousement gardés depuis des décennies. D’anciennes lettres les mènent sur les traces d’une tragédie qui s’est nouée dans les années 1940. 

L’auteure :

Pascale May est praticien hospitalier et vit en Bretagne. Musicienne amateur, elle est également boulimique de littérature et d’écriture. La mémoire des oubliés est son deuxième roman, une émouvante saga familiale.

Ma chronique :

Beaucoup d’émotions dans ce livre : une belle histoire que j’ai lue avec fébrilité ayant hâte de découvrir tous les secrets de ces familles.

L’intrigue est bien construite, les personnages vrais et bouleversants pour certains.

L’histoire débute à Paris, à la fin de la seconde guerre mondiale au sein d’une famille aisée grâce à la passion du père pour les belles toiles. Puis nous revenons à la période d’aujourd’hui, en Normandie dans un musée face à un tableau qui va jouer un grand rôle dans cette histoire.

Une lecture rythmée par les aller-retours entre aujourd’hui et le passé pousse le lecteur à tourner vite les pages.

Je revenais fréquemment à l’arbre généalogique présent en début de livre pour situer tous les personnages qui constituent plusieurs générations.

Secrets, drames, amours, peinture et pouvoir sont au cœur de ce récit.

À lire pour l’ambiance et l’histoire. Une jolie plume contribue au plaisir de lecture.

Paru aux éditions City Éditions.

Notation :

Critique de : Si près des étoiles de Kate Alcott

Si près des étoiles

Résumé :
1938. Julie Crawford n’a qu’une idée en tête : devenir scénariste. Aussi quitte-t-elle sa ville natale de l’Indiana pour gagner Hollywood.
Sur place, ses illusions se heurtent a la réalité des studios : réalisateurs irascibles, vedettes capricieuses… Par chance, la jeune femme croise la route d’une star : Carole Lombard, dont la liaison avec Clark Gable défraie la chronique.

L’auteure :
Journaliste et romancière, Kate Alcott vit à Washington avec son mari. Son roman « La Petite Couturière du Titanic » (l’Archipel, 2016 ; Archipoche, 2017) a connu un vif succès. 

Ma chronique :
Un roman passionnant qui nous emmène au cœur du tournage de ce grand film « Autant en emporte le vent ». En refermant le livre, j’ai très envie de revoir le film. 
Côtoyer Carole Lombard, Clark Gable ou Olivia De Havilland est jouissif. Bon, j’avoue, j’aime beaucoup ce roman et le film.

Les personnages sont vrais et attachants, l’auteure a réussi ce pari fou de mélanger des célébrités réelles et des personnes de fiction. Tout est bien ficelé, le lecteur est embarqué dans cette histoire qui permet de comprendre les rouages de ce monde d’Hollywood et les secrets de la réalisation de ce chef-d’œuvre.
C’est très documenté, plein d’anecdotes sont relatées sans casser le rythme du livre.

On y parle aussi du contexte historique avec la montée du nazisme, l’antisemitisme, la position des femmes ou des afro-américains et le début de la guerre.
Une lecture riche, intense et bien écrite : une vraie réussite.

Une auteure aussi convaincante pour ce deuxième roman que pour le premier « La Petite Couturière du Titanic ».

À lire absolument !

Paru aux éditions de l’Archipel.

Notation :

Critique de : Le sang des oliviers d’Alice Pasina

Le sang des oliviers

Résumé :
Victime d’un grave accident, Marinella, 70 ans, demande à ses trois enfants de la ramener dans le Sud de l’Italie, pays de sa naissance. Si elle doit mourir, c’est là et nulle part ailleurs qu’elle veut être enterrée. Commence alors un voyage extraordinaire de la Lorraine jusqu’à son village natal sur la côte du Cilento. Là, leur mère reprend des forces, comme si le soleil de l’Italie la ramenait à la vie. Mais c’est sans compter le terrible secret que Marinella dissimule depuis des décennies.

L’auteure :
Après des études de lettres à Florence et à Nancy et une carrière dans le tourisme, Alice Pasina est aujourd’hui professeur des écoles en Bourgogne. Les silences de Lucie, son premier roman, a reçu le Prix des Lecteurs Chapitre.

Ma chronique :
Une saga familiale qui ne m’a pas convaincue complètement.
Dans cette histoire, j’ai aimé les parents : le père attentionné qui chérit sa femme, celle-ci, émouvante, diminuée après son accident et cherchant à revenir sur les lieux de son enfance.

Sur les trois enfants, Joseph, le paysagiste est le plus attachant : timide et bègue, son mode d’expression passe par les fleurs et les plantes. L’ainée a décidé qu’elle serait mince et ne mange presque pas, elle est anorexique et se bat pour aider sa mère. Pierre, semble ne penser qu’à lui et agace ses frères et sœurs.

J’ai aimé les paysages italiens, les ambiances et je n’avais pas deviné le lourd secret des parents.

J’avoue, je n’ai pas apprécié le style de l’auteure, pas assez littéraire à mon goût et cela m’a gênée dans ma lecture. Il m’a manqué ce petit supplément d’âme qui accroche le lecteur et le pousse à tourner les pages.

À vous de me dire si ce road movie vous a séduit.

Paru aux éditions City Éditions.

Notation :