Chronique de : Toutes ces choses qu’on n’a jamais faites de Kristian Higgins

Toutes ces choses qu’on n’a jamais faites

Résumé :

À dix-huit ans, Emerson, Georgia et Marley ont rédigé une liste des choses à faire quand elles seraient minces, dans l’espoir qu’un jour elles parviendraient à perdre du poids et pourraient enfin commencer à profiter de la vie. Seize ans plus tard, leurs kilos sont toujours là. Mais, lorsque Emerson, tombée gravement malade, remet la fameuse liste à ses deux meilleures amies et leur fait promettre de relever tous les défis, les deux jeunes femmes n’ont pas d’autre choix que de surmonter une fois pour toutes leurs peurs et leurs complexes.

L’auteure :

Depuis la publication de son premier livre, Kristan Higgins a vu ses romans classés sur les listes de best-sellers de USA Today et du New York Times. De grands magazines américains l’ont élue « meilleur roman de l’année » à plusieurs reprises. Auteur de comédies romantiques piquantes et pleines de charme, elle possède le don de savoir faire (vraiment) rire autant que d’émouvoir (aux larmes). 

Ma chronique :

Je découvre cette auteure et j’ai passé un bon moment.

Un livre léger pour les vacances qui aborde des sujets sérieux malgré tout : s’accepter quand on est ronde et vivre avec cette différence et le poids du regard des autres.

Les trois héroïnes nous semblent proches dès le début de l’histoire, une amitié datant de leur adolescence les lie depuis plus de quinze ans. On s’aperçoit vite que l’une d’elle, pourtant, donnait moins de nouvelles depuis quelques années. Elle tombe malade et confie une mission à ses deux amies. 

Cette demande, salvatrice pour elles, changera leur vie et notre regard sur les femmes rondes. 

Un véritable défi pour elles, remplir la liste des missions signifie dépasser les limites qu’elles se sont toujours imposées en tant que femme ronde. Cela implique de s’accepter et de vivre avec cette différence.

De l’émotion, des sourires et une écriture fluide sont au rendez-vous dans ce livre.

À tester.

Paru aux éditions Harper Collins.

Notation :

Chronique de : La route du lilas d’Eric Dupont

Résumé 
Chaque printemps, Shelly et Laura traversent les États-Unis pour suivre la floraison du lilas. En plus de leur offrir quelques mois de lilas supplémentaires, ce périple leur permet de faire passer clandestinement la frontière canadienne à des femmes en fuite qui veulent refaire leur vie. Cette année, elles accueillent Maria Pia, sexagénaire brésilienne, à bord de leur camping-car. Initiée au rite de l’écriture sous l’influence du parfum enivrant du lilas par ses deux compagnes de voyage, Maria Pia dévoile au fil des jours et des pages les raisons de sa cavale, son histoire ainsi que celle des femmes qui ont marqué sa vie. 

L’auteur :
Eric Dupont est un écrivain québécois francophone, né en Gaspésie, region du Bas-Saint-Laurent le 16 juin 1970. Éric Dupont enseigne actuellement la traduction à l’université McGill de Montréal (diplôme d’études supérieures en traduction et certificat en traduction). Il a obtenu le prix d’excellence en enseignement de l’École d’éducation permanente de l’université McGill en 2011.


Ma chronique :
Un road trip féministe qui ne peut laisser le lecteur indifférent. Même si l’avis est mitigé, après cette lecture, il faut rendre hommage à l’imagination et aux envolées lyriques de l’auteur. 

Par contre, je lui reproche son style décousu, des développements parfois trop longs et une dernière partie de type dystopie qui nous éloigne du cœur du sujet du livre, grande déception pour le lecteur.

Oui, Pia, la brésilienne est attachante et son histoire rocambolesque suscite notre intérêt mais trop de digressions et une non linéarité du récit ont éteint mon ardeur à cette lecture.

Ce n’est donc pas un rendez-vous réussi avec cet auteur que je découvre, aussi je suis curieuse de découvrir vos avis.

Publié aux éditions Harper Collins.

Notation :

Chronique de : Victor Kessler n’a pas tout dit de Cathy Bonidan

Victor Kessler n’a pas tout dit

Résumé :

La brume des Vosges cache bien des secrets. Bertille le sait : elle les a fuis. Retranchée à Paris dans une vie solitaire, la jeune femme a enterré ses souvenirs. Jusqu’au jour où sa vie bascule. Quelques pages trouvées dans le cabas d’un vieil homme la réveillent d’un coup : il s’agit d’une confession, écrite par un certain Victor Kessler. Car le 17 novembre 1973, quarante-cinq ans plus tôt, le corps d’un enfant de dix ans a été repêché dans un lac près de Saintes-Fosses. L’instituteur du village est le coupable idéal : Victor Kessler, lui-même.

L’auteure :

Cathy Bonidan écrit depuis l’âge de quatorze ans. Elle est institutrice à Vannes. Son premier roman, Le Parfum de l’hellébore (2017), a reçu onze prix littéraires. Les droits de son second roman, Chambre 128 (2019), ont été vendus dans sept pays, dont les États-Unis.

Ma chronique :

J’ai découvert cette auteure avec son premier livre : « Le parfum de l’hellébore » et je n’ai pas été déçue par ce nouveau roman. 

Je suis rentrée très vite dans l’histoire que je n’ai pratiquement pas lâchée : l’intrigue est orchestrée de main de maître, le suspense intense et l’émotion est au rendez-vous.

Ce n’est pas un polar ni un thriller, Cathy Bonidan a écrit un « roman enquête » qui allie psychologie, recherche de la vérité, secrets de famille et un fait divers tragique.

Bertille, l’héroïne, veut comprendre les dessous de la tragédie après avoir rencontré Victor Kessler. Celui-ci a été arrêté, quarante quatre auparavant, pour le meurtre d’un enfant. Après avoir lu le début de son journal et échangé avec lui, elle se rend sur place et enquête. Ses découvertes déroutantes alternent avec la suite du journal que Victor a décidé de finaliser. Un rythme soutenu, des personnages cabossés « à fleur de peau » et la résurgence des fantômes du passé : tout concourt à nous accrocher à cette histoire.

J’ai frémi avec Bertille, femme fragile mais déterminée à tout comprendre. Je me suis attachée aussi à Victor, héros malgré lui, dont la confession nous arracherait presque des larmes surtout en fin de récit.

Un livre à ne pas manquer.

Publié aux éditions de la Martinière 

Notation :

Critique de : La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier

La brodeuse de Winchester

Résumé 

Winchester, 1932. Violet Speedwell, dactylo de trente-huit ans, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la guerre a décimé toute une génération de fiancés potentiels. «Femme excédentaire», voilà l’étiquette qu’elle ne se résigne pas à porter, à une époque où la vie des femmes est strictement régentée. 

L’auteure 

Née à Washington en 1962, Tracy Chevalier quitte en 1982 les États-Unis pour s’installer à Londres, où elle vit toujours, avec son mari et son fils. Elle connaît un immense succès dès son deuxième livre, La Jeune Fille à la perle, adapté au cinéma par Peter Webber en 2002.

Ma chronique :

Tracy Chevalier a de nouveau réussi un splendide roman : à chaque nouveau titre, son talent de conteuse se confirme.

Réussir à nous intéresser à la broderie est un véritable tour de force : je déteste la couture et pourtant à un moment de ma lecture, tellement immergée dans cette histoire, je me suis imaginée suivre les conseils de Louisa Pesel et broder à mon tour.

Violet, l’héroïne, est à l’écoute de Louisa dont la bienveillance et la douce autorité vont faire des merveilles. Toutes ces femmes, dont certaines vieilles filles ou «excédentaires» comme on les appelait après la guerre (car plus assez d’hommes en âge de se marier), cherchent à s’émanciper et aspirent à davantage de reconnaissance. Violet a quitté sa mère, à trente-huit ans, pour devenir dactylo et être autonome, il est difficile en 1932 de trouver sa place dans la société anglaise pour une femme seule. La liberté se paye cher à cette époque.

Lorsqu’elle décide d’apprendre la broderie, elle ne peut savoir que cela bouleversera sa vie.

La reconstitution impeccable de ces années d’avant-guerre et la description détaillée et minutieuse, pas du tout ennuyeuse, des activités des brodeuses sont les grandes forces de ce livre. L’émotion est aussi au rendez-vous, Violet est une femme pleine de ressources qui se transforme et nous l’accompagnons dans cette renaissance.

Je voudrai signaler aussi que les sonneurs de cloches ont un rôle important dans ce livre, j’ai ainsi découvert l’art campanaire et toutes ses subtilités.

Tracy indique en fin de livre ses sources bibliographiques et donne des informations sur Louisa Pesel personnage historique, qui a si facilement trouvé sa place dans ce roman, et cela grâce à son talent de conteuse.

Bravo pour ce roman, un coup de cœur.

À découvrir absolument aux éditions de la Table Ronde collection Quai Voltaire.

Notation :

Critique de : Cataractes de Sonja Delzongle

Cataractes

Résumé :

Il y a quarante ans, le petit Jan Kosta, trois ans, a été l’un des rares survivants de la terrible catastrophe de Zavoï. Lors d’un gigantesque glissement de terrain, ce village des Balkans a été englouti sous des torrents de boue. Devenu hydrogéologue, Jan a refait sa vie à Dubaï. Il reçoit un jour un appel au secours d’un ami ingénieur resté au pays. Il se passe des choses étranges autour d’une centrale construite sur les flancs de la région de son enfance …

L’auteure 

Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi, riche de deux cultures. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Dijon, elle expose pendant une quinzaine d’années puis devient journaliste en presse écrite à Lyon, où elle vit toujours. Elle se consacre aujourd’hui exclusivement à l’écriture.

Ma chronique 

Je suis cette auteure depuis ses premiers livres et je me lasse pas au contraire. Elle a un vrai talent pour vous ferrer dès le début du livre et captiver le lecteur jusqu’au bout.

Côté ambiance, nous partons au cœur des Balkans, dans une usine hydroélectrique qui se fissure et menace les villages des alentours. 

Kosta, l’enfant du pays appelé en renfort pour analyser les risques de la situation, ira de surprise en surprise. 

Sonja Delzongle manie parfaitement l’art du thriller : la tension est extrême et va crescendo et l’action est là toujours présente. Ajoutez à tout cela un côté très cinématographique, bref un roman impossible à lâcher.

Des sujets importants et d’actualité sont traités comme l’importance de protéger la nature et « l’écoterrorisme ». Dans toute cette histoire, plane aussi l’ombre de la lutte entre serbes et croates.

Un thriller démoniaque et efficace : à lire cet été.

Paru aux éditions Folio.

Notation :