Critique de : Un conte de deux villes de Charles Dickens

Un conte de deux villes

Résumé :

Embastillé pendant dix-huit ans pour délit d’opinion, Alexandre Manette est enfin libéré. Sa fille Lucie, qui le croyait mort, quitte aussitôt l’Angleterre, où elle vivait en exil, pour le retrouver à Paris, le ramener à Londres et lui rendre la santé.

Cinq années ont passé lorsque la fille et le père sont appelés à la barre des témoins lors du procès d’un émigré français, accusé de haute trahison par la Couronne britannique. Il s’appelle Charles Darnay et deviendra bientôt le gendre de Manette, qui l’a sauvé d’une condamnation à mort.

L’auteur :

Charles Dickens (Portsmouth, 1812 – Higham, 1870), le géant des lettres britanniques, est l’auteur de David Copperfield et Oliver Twist, souvent adaptés au théâtre et au cinéma. Écrivain engagé contre la misère sociale et l’exploitation industrielle, il est inhumé à l’abbaye de Westminster.

Ma chronique :

Quoi de mieux que de célébrer le cent cinquantenaire de la mort de Dickens avec un de ces ouvrages. Merci aux éditions l’Archipel d’avoir réédité ce texte moins connu qu’Oliver Twist.

Dans ce roman de Charles Dickens que l’on peut qualifier de roman historique, la révolution française avec la Terreur sont très bien dépeintes par ce grand écrivain anglais. Toutes les classes sociales sont représentées : tenancier, banquier ou aristocrate et le roman alterne entre Paris et Londres sur plusieurs périodes historiques.

L’intrigue est bien construite, dense et pleine de rebondissements avec ses personnages attachants. Un grand souffle romanesque parcourt tout le roman avec son lot de petites et grandes tragédies. J’ai eu plaisir à retrouver ce grand auteur classique.

Publié aux éditions L’Archipel chez Archipoche.

Notation :

Critique de : Dix-sept ans d’Eric Fottorino

Dix-sept ans

Résumé :

Un dimanche de décembre, Lina livre à ses trois fils le secret qui l’étouffe. En révélant une souffrance si longtemps cachée, cette femme dont on a forcé le destin depuis l’adolescence laisse alors éclater toute son humanité et son obstination à vivre libre. 

Dans le plus personnel de ses romans, Éric Fottorino dresse le portrait solaire et douloureux d’une mère mal connue mais profondément aimée.

L’auteur :

Licencié en droit et diplômé en sciences politiques, Éric Fottorino est ancien directeur du journal Le Monde. Il a publié son premier roman Rochelle en 1991. 

Ma chronique :

Un grand cri d’amour pour cette mère qui l’a mis au monde alors qu’elle n’avait que dix-sept ans. 

J’ai été touchée et émue par ce texte qui rend un vibrant hommage à la mère parfois incomprise, rebelle et profondément attachée à ces enfants surtout à son aîné qui lui rappelle son premier amour.

La quête d’Eric, déambulant dans les ruelles de Nice à la recherche d’indices sur sa naissance, est émouvante. Malgré quelques longueurs sur cette partie, le lecteur suit sa quête haletante pour découvrir les lieux de sa naissance et mieux comprendre sa mère et ses choix. Une mère qui se comportait parfois comme une grande sœur.

Une vie compliquée avec une maman très jeune dépendante financièrement de sa famille, difficile pour le petit Éric de trouver sa place.

Revivre tout ce passé permet à l’auteur une renaissance, de renouer le lien avec celle qu’il pourra enfin appeler « maman ».

À découvrir aux éditions Folio.

Notation :

Critique de : Le parfum des poisons de Claude Rodhain

Le parfum des poisons

Résumé :

Un adolescent en haillons, crasseux, observe sa mère adoptive préparer d’étranges mixtures malodorantes. Il se nomme Pontus, mais son nez très proéminent lui vaut le surnom de « Patate ». Grâce à sa malformation, qui lui donne la capacité de sentir le plus infime parfum à des dizaines de mètres, il est promis à un destin exceptionnel, plein de fougue et d’intrigues. En effet, en pleine « affaire des Poisons », Pontus est repéré par Monsieur de la Reynie, le lieutenant général de police qui l’engage en tant que renifleur personnel de Louis XIV. Ses capacités vont lui permettre de confondre des empoisonneuses, de déjouer des assassinats et de devenir, rapidement, une célébrité.

L’auteur :

Claude Rodhain, avocat honoraire, vit dans le Sud de la France. Il est l’auteur de plusieurs romans historiques, d’un thriller et d’une autobiographie. Finaliste du prix des lectrices du magazine Elle, il signe un magnifique roman historique au style flamboyant.

Ma chronique :

Un roman historique passionnant qui nous plonge au cœur de cette grande affaire des poisons.

Notre héros, Pontus, aura une vie extraordinaire grâce à sa difformité, un nez énorme qui le dote de capacités olfactives hors normes. Nous suivons son ascension avec intérêt et beaucoup de craintes pour sa sécurité car son don va permettre de confondre de nombreuses empoisonneuses.

Très vivant, bien campé dans ce dix-septième siècle dans lequel le roi soleil règne en maître, j’ai suivi avec plaisir et intérêt cette histoire. Comme chacun, j’avais un vernis historique sur cette histoire des poisons, j’ai beaucoup appris avec ce livre de ce procès qui vit défiler plus de quatre cents accusés dont certains en lien avec des proches du roi. 

J’ai même recherché sur Internet si ce héros si particulier avait existé, une preuve du réalisme de ce roman !

À découvrir en cette rentrée de janvier chez City Éditions.

Notation :

Critique de : Johannesburg de Fiona Melrose

Johannesburg

Résumé 

Le 6 décembre 2013, Johannesburg se réveille à l’annonce de la mort de Nelson Mandela. Ce jour-là, Gin, de retour dans sa ville natale pour les quatre-vingts ans de sa mère, prépare la fête qui aura lieu le soir même. Mercy, l’employée de maison, l’aide à tout organiser, mais guette ce qui se passe dehors : quelques rues plus loin, la foule commence à se masser autour de la Résidence pour rendre hommage à Madiba. Peter, ami de jeunesse de Gin devenu juriste pour une société minière, passe devant les camions de télévision et les journalistes pendant son jogging matinal. Sur son îlot au milieu de la circulation, September, blessé par la police lors d’une grève, fait la manche avant d’aller manifester, seul, devant le siège de la mine qui l’employait. 

L’auteure 

Née à Johannesburg, Fiona Melrose a eu plusieurs carrières, notamment dans l’analyse politique pour des O.N.G. et le secteur privé. Elle vit aujourd’hui en Afrique du Sud. Midwinter a été sélectionné pour le Baileys Women’s Prize for Fiction 2017

Ma chronique :

Un portrait saisissant de la société sud-africaine : on vibre à l’unisson des personnages de Fiona Melrose.

J’avais hâte de découvrir le second roman de cette auteure après « Midwinter » qui m’avait impressionnée.

Les héroïnes, Gin et sa mère, ont des relations complexes : exilée à New-York, Gin, est une artiste rebelle qui ne supportait plus la société de Jonannesburg et se sentait trop à l’étroit. Sa mère a peu de tendresse pour sa fille et lui fait continuellement des reproches. Revenue pour fêter les quatre-vingt ans de sa mère, Gin retrouve la société et les siens semblables à ce qu’ils étaient.

Tout se déroule sur une journée, celle de la mort de Mandela, chaque personnage prend la parole successivement. 

J’ai aimé ce mixte de classes sociales, les blancs aisés, les noirs souvent relégués à des emplois de serviteurs. La violence larvée est bien décrite aussi.

Écrit avec finesse, d’une plume remarquablement fluide, voici une peinture sans concession de la société sud-africaine. 

En fin d’ouvrage, Fiona rend hommage à Virginia Woolf sa muse, le ton est donné…

Paru aux éditions de la Table Ronde collection Quai Voltaire.

Notation :

Critique de : L’art du meurtre de Chrystel Duchamp

L’art du meurtre

Résumé :

Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Il a été torturé, mutilé, puis assis à une table dressée pour un banquet. Un crime de toute beauté !

Dépêchée sur place, l’équipe de la PJ découvre que l’homme – un collectionneur – fréquentait les clubs sadomasochistes de la capitale. Et que, malgré sa fortune, il était à court de liquidités.

L’auteure :

Née en 1985, l’auteure se passionne très tôt pour la littérature de genre, notamment le fantastique et la série noire. Son dernier roman « À l’ombre des sureaux » est paru en 2018.

Ma chronique :

Un très bon thriller qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout.

Ce qui m’a tentée dans ce titre : mélanger le monde de l’art et le crime. Je n’ai pas été déçue, au contraire.

Ce n’est pas pour autant un livre qui se lit le soir au risque de cauchemarder. J’ai préféré le lire en journée même si les policiers, eux-mêmes choqués par certaines mises en scène, tentent l’humour parfois. 

Les personnages principaux : Audrey, le lieutenant et Pat, sa chef, sont vrais et attachants. Chacune est empêtrée dans des soucis au quotidien.

L’intrigue est prenante, les situations s’enchaînent avec un rythme qui ne faiblit pas. Le lecteur est plongé dans cet univers de l’art contemporain avec des situations frisant la folie.

Tout se dénoue dans les dernières lignes donc on ne lâche pas le livre jusqu’à la toute fin.

Efficace et bien ficelé, un thriller à découvrir et une auteure à suivre.

Parution aux éditions de l’Archipel.

Notation :