Jean-Christophe Rufin : Le suspendu de Conakry

Le suspendu de Conakry

Résumé :

Comment Aurel Timescu peut-il être Consul de France ? Avec sa dégaine des années trente et son accent roumain, il n’a pourtant rien à faire au Quai d’Orsay. D’ailleurs, lui qui déteste la chaleur, on l’a envoyé végéter en Guinée où il prend son mal en patience.  Tout à coup survient la seule chose qui puisse encore le passionner : un crime inexpliqué. Un plaisancier est retrouvé mort, suspendu au mât de son voilier.

L’auteur :

Médecin, engagé dans l’action humanitaire, Jean-Christophe Rufin a occupé plusieurs postes de responsabilité à l’étranger. Il a été ambassadeur de France au Sénégal. Il a d’abord publié des essais consacrés aux questions internationales. Son premier roman, L’Abyssin, paraît en 1997. Son œuvre romanesque, avec Asmara et les causes perdues, Globalia, La salamandre entre autres, ne cesse d’explorer la question de la rencontre des civilisations et du rapport entre monde développés et pays du Sud. Ses romans, traduits dans le monde entier, ont reçu de nombreux prix, dont le prix Goncourt 2001 pour Rouge Brésil. Il a été élu à l’Académie française en juin 2008.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé découvrir Jean-Christophe Rufin dans un nouveau registre : le polar déjanté.

L’enquête autour de la mort de ce français retrouvé pendu sur son voilier est menée par la police locale et le consul. Celui-ci, a les mains libres car le consul général est en déplacement. Il peut enfin sortir de son placard et jouer un rôle d’enquêteur. Aurel a toujours rêvé d’être policier. C’est un phénomène ce franco-roumain : il porte encore les vêtements qu’il avait en Europe de l’Est dans ce climat africain, il compose de la musique et n’a pas d’amis parmi les expatriés.

Cet anti héros, l’improbable Aurel, m’a tout de suite accrochée : loin de ses bévues ordinaires, il observe, analyse et progresse dans une enquête dont l’issue ne se dévoile pas facilement.

J’ai aimé ce héros attachant et anti conformiste et j’ai passé un bon moment de lecture. C’est drôle et touchant parfois, le suspense est au rendez-vous et le dépaysement garanti. Les dessous d’un consulat raconté par un ancien ambassadeur : on se régale !

Je vous invite à découvrir ce polar dont le héros n’est pas s’en rappeler Jacques Clouseau, l’inspecteur de la Panthère rose. Que du bonheur.

Sebastian Barry : Des jours sans fin

Des jours sans fin

Résumé 

Dans les années 1850, chassé d’Irlande par la Grande Famine, le jeune Thomas McNulty vient tenter sa chance en Amérique. Il rencontre John Cole, qui devient l’ami et l’amour de sa vie. Tour à tour, Thomas et John vont combattre les Indiens des grandes plaines de l’Ouest, se travestir en femmes pour monter des spectacles, et s’engager du côté de l’Union dans la guerre de Sécession. Jusqu’à ce que la violence de la guerre les rattrape… 

L’auteur 

Sebastian Barry est né à Dublin en 1955. À la fois romancier, poète et dramaturge, il est reconnu comme l’une des voix les plus importantes de la littérature irlandaise d’aujourd’hui. Ses romans Annie Dunne (2005), Un long, long chemin (2006), Le testament caché (2008) finaliste de la shortlist du Man Booker Prize 2008, prix Costa Book of the Year cette même année, et Prix Hughes and Hughes Irish Novel of the Year en 2009, ainsi que Du côté de Canaan (2012), ont paru aux Éditions Joëlle Losfeld.

Mon avis

Je découvre seulement cet auteur grâce aux Éditions Folio. J’ai été bluffée par ce roman, une histoire hors norme, une écriture qui colle aux personnages et un format très condensé. Très fort cet auteur !

Voici un roman vraiment atypique : réussir à écrire une grande épopée sur moins de trois cent pages tout en maintenant un rythme effréné sur toute la longueur.

On s’attache immédiatement à ces deux jeunes qui luttent pour survivre en participant à des spectacles déguisés en femmes ou en étant militaires.

Ils endossent chaque rôle en se félicitant de pouvoir manger et dormir dignement.

Cette deuxième partie du dix-neuvième siècle est particulièrement difficile dans ces états du Missouri ou du Tennessee. Peu de choses leur seront épargnées : ils combattront les indiens ou d’autres soldats pendant la guerre de Sécession mais ils restent soudés et continuent de croire en la vie et à l’amour.

Malgré les atrocités, les violences, l’amitié et l’amour sont là et tout aussi bien décrits. Les deux jeunes gens et la fillette adoptée formeront une famille.

Assurément un livre à découvrir pour s’immerger dans une autre époque difficile au cœur d’une nature grandiose.

Publié aux éditions Folio.

Notation :

Caryl Férey : Plus jamais seul

Plus jamais seul

Résumé :

Premières vacances pour Mc Cash et sa fille, Alice. L’ex-flic borgne à l’humour grinçant – désenchanté, désinvolte mais consciencieusement autodestructeur – en profite pour faire l’apprentissage tardif, et pour le moins délicat, de la paternité. Pour ne rien arranger, l’ancien limier apprend la mort de son pote Marco, avocat déglingué et navigateur émérite, qui a pourtant disparu en pleine mer. Inconcevable. 

L’auteur :

Caryl Férey, né en 1967, écrivain, voyageur et scénariste, s’est imposé comme l’un des meilleurs auteurs du thriller français en 2008 avec Zulu, Grand Prix de littérature policière 2008 et Grand Prix des lectrices de Elle Policier 2009, et Mapuche prix Landerneau polar 2012 et Meilleur Polar français 2012 du magazine Lire.

Mon avis :

J’ai découvert cet auteur avec « Condor » que j’avais beaucoup apprécié.

Encore une réussite ce livre : des personnages cabossés, physiquement et moralement, des méchants très méchants et un regard d’une grande acuité sur notre époque. Un cocktail détonnant : j’ai été ferrée dès les premières pages.

McCash, l’ex flic franco irlandais borgne, est un « dur à cuire ». Lorsqu’il apprend que son meilleur ami a disparu en mer, il décide de mener l’enquête.

Marco, le disparu, était un excellent navigateur, sa disparition est inexplicable pour McCash. En partant à la recherche d’indices, il retrouve d’anciennes connaissances et tombe sur une affaire complexe à retombées internationales.

McCash doit aussi s’occuper de sa fille, pré adolescente : une double vie à gérer, l’enquête et les vacances.

Le rythme est tendu tout du long, l’enquête complexe et passionnante, et les personnages attachants.

Je ne vous dévoilerai pas le cœur de son enquête, sujet au cœur de notre actualité : lisez-le. Un excellent polar à découvrir cet été.

Paru aux éditions Folio.

Notation :

Sélection de livres pour l’été

Voici mes coups de cœur de ces derniers mois à emporter dans sa valise pour de belles lectures d’été :

  • Tout ce que tu vas vivre de Lorraine Fouchet
  • Le bruissement des feuilles de Karen Viggers
  • Une saison à Hydra d’Elizabeth Jane Howard
  • Les déracinés de Catherine Bardon 
  • L’étoffe du destin de Sébastien Palle
  • Belle Amie de Harold Cobert
  • La salle de bal d’Anna Hope
  • Même si le soleil se cache d’Anne de Bourbon Siciles

Philippe Krhajac : Un dieu dans la poitrine

Résumé 

Phérial a quatre ans lorsqu’il est placé dans un orphelinat. Loin de se douter que le chemin sera périlleux, il traverse sa réalité d’enfant abandonné en se jouant comme il peut du cortège des familles d’accueil, des éducations aux mille règles, mille abus, mille mensonges. Ne perdant jamais de vue son désir profond : retrouver peut-être, un jour, sa maman, il avance sans relâche et au cours de ses péripéties rencontre trois femmes d’exception. 

L’auteur 

Né en 1966, enfant de l’Assistance publique passé par douze familles d’accueil, Philippe Krhajac est comédien. Un dieu dans la poitrine est son premier roman.

Mon avis

Un premier roman touchant qui remue énormément.

Le petit Phérial se retrouve, à seulement quatre ans, dans une très grande maison, à l’assistance pour un premier séjour. Après une période d’adaptation, il parvient à s’intégrer et se fait des copains.

Puis un jour, il doit quitter cet endroit et ses camarades pour rejoindre une famille d’accueil : une « maman » et un « papa » inconnus. Une nouvelle vie à se construire : s’adapter à cette famille, se conformer à leurs exigences. La vie réservée au garçonnet sera compliquée et parsemée de violence verbale et physique. Il résiste et parfois s’évanouit quand il cherche à s’éloigner de la réalité.

Malgré cette enfance à la dérive et sans repère, le garçon grandit et peut compter sur des des anges gardiens : trois femmes. Mireille, l’assistante sociale, est toujours là pour le garçon et l’épaule jusqu’à son adolescence. Une vraie complicité les relie.

L’énergie de l’enfant et son goût pour le théâtre l’aideront à survivre.

Je me suis attachée à cet enfant, j’ai été touchée par ses malheurs et j’ai aimé sa force de caractère. Ses anges gardiens lui ont apporté la force de continuer, le récit s’allège lorsque ces fées interviennent.

Un texte poignant avec une touche d’optimisme. À découvrir absolument.

Paru aux éditions Folio.

Notation :