Vanessa Savage : La Maison

Résumé

La maison où Patrick a passé toute sa jeunesse n’est pas une demeure comme les autres. Quinze ans plus tôt, elle a été le théâtre d’un drame inconcevable : toute une famille y a été retrouvée massacrée. Patrick garde pourtant des souvenirs irremplaçables dans ces lieux, comme seule l’enfance sait en créer. Il décide de la racheter. Sa femme, Sarah, et leurs deux enfants s’y installent à contrecœur. Le délabrement , l’atmosphère sinistre qui colle à la maison oppressent Sarah. Ses psychoses reprennent, de plus en plus sombres. Des voisins épient chacun de ses mouvements. La tension monte.

L’auteur

Vanessa Savage, graphiste et illustratrice, vit dans le sud du Pays de Galles avec son mari et ses deux filles. La Maison est son premier roman.

Mon avis

Un bon thriller psychologique que je n’arrivais pas à lâcher.

Je l’ai dévoré : accrochée à cette histoire de maison cauchemardesque qui cache de sombres secrets.

La tension est forte, on frissonne tout en en redemandant.

La succession de chapitres entrecoupés d’une voix « off » qui épie Sarah et ses proches, donne un rythme rapide et oppressant.

Très douée pour maintenir une pression et nous angoisser, l’auteure nous emporte dans une histoire complexe addictive.

Comment Sarah et ses proches pourront-ils échapper aux multiples dangers liés à cette maudite maison ?

Découvrez ce nouveau titre aux Éditions de la Martinière.

Notation :

Stella Gibbons : Le petit sapin de Noël

Le petit sapin de Noël
Le petit sapin de Noël

Résumé :

N’avez-vous jamais rêvé d’échapper à un quotidien étriqué ? Lorgné avec envie le salon si accueillant de votre voisine ? Voulu croire un instant encore à l’illusion de liberté de votre prime jeunesse ? Et si… Et si vous redescendiez sur terre !

L’auteur :

Née à Londres en 1902, Stella Gibbons a débuté sa carrière comme journaliste. Poétesse et romancière, elle est lauréate du prix Femina-Vie Heureuse en 1934. Stella Gibbons est décédée en 1989.

Mon avis :

Je découvre seulement cette auteure avec ces quinze délicieuses nouvelles. Une lecture réjouissante au charme British qui m’a emballée.

J’ai aimé le ton : espiègle et grinçant. Pas de pitié pour les pédants et les idiots !

Ajoutez-y de l’humour, de la sensibilité et de l’amour : un beau cocktail.

Dans cette société anglaise de la fin des années trente pleine de préjugés, comment trouver sa place ?

Pour les héroïnes de ces nouvelles, ces femmes fières et cultivées qui ont envie de vivre pleinement, l’exercice est délicat.

Avec une écriture fluide et des dialogues ciselés, nous lecteurs les accompagnons avec grand intérêt. Un côté féerique, conte de fées, traverse certaines nouvelles et c’est bien agréable en cette période.

Une belle lecture à offrir ou s’offrir pour les fêtes.

Paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :

Robert Goddard : La croisière Charnwood

La croisière Charnwood
La croisière Charnwood

Résumé :

1931 : Guy et Max, deux vétérans de la Première Guerre mondiale, quittent New York à bord du transatlantique Empress of Britain. Dans les luxueuses cabines de première classe, ils font la connaissance de la très anglaise Miss Charnwood, et de sa nièce, Diana. Celle-ci est non seulement ravissante, mais également l’unique héritière du richissime financier international Fabian Charnwood. Les deux hommes entreprennent de la séduire afin de mettre la main sur une partie de sa fortune. Alors que leur opération semble sur le point de réussir …

L’auteur :

Robert Goddard est un écrivain britannique né en 1954 à Fareham. Il étudie l’Histoire à l’université de Cambridge avant de se lancer dans une carrière de journaliste puis d’enseignant. Il dirige également un établissement scolaire durant quelques années avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Plusieurs de ses titres seront nominés pour le prix Edgar Allan Poe et le prix Anthony de la meilleure parution poche.

Ses romans à intrigues se démarquent par une construction précise et un style impeccable.

Mon avis :

Un excellent polar très « British ».

Je suis fan de cet auteur depuis son deuxième livre : « Heather Mallender a disparu » paru en 2012.

Son secret : une tension implacable, une écriture très fluide, des personnages bien campés et une immersion dans les grands événements de notre histoire.

Ici, nous sommes dans les années trente, peu après la grand crise qui a marqué nos héros.

À la conquête d’une riche héritière, ils s’embarquent sur un luxueux navire pour l’Europe. Guy et Max la rencontrent et perdent la tête, l’amour prendra-t-il le pas sur la raison ?

Sachez que les événements les plus fous et surtout complètement imprévisibles vont contrarier les plans des deux amis. Nous les suivons en retenant notre souffle et en tournant les pages rapidement. Comment cela va-t-il finir ?

Très bien ficelé et haletant, un bon cru de Robert Goddard.

Paru aux Éditions Sonatine.

Notation :

Amy Liptrot : L’écart

L’écart
L’écart

Résumé :

Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins : se laisser emporter vers le sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque. Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur. Elle l’ignore encore mais il existe une troisième voie : écouter résonner l’appel qui la hante, qui vient toucher cette part d’elle assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté. Non pas rester mais revenir. Choisir.

L’auteur :

Surnommée « la femme du Roi caille » par les soixante-dix autres résidents de la petite île de Papay, Amy Liptrot est retournée à Orkney pour travailler avec la Société Royale de protection des oiseaux. Elle y enregistre et documente des informations sur le Roi caille – un oiseau rare et secret qui construit son nid dans les hautes herbes et fait le bruit d’une cuillère traînée contre un égouttoir à vaisselle. Elle est la lauréate du PEN Ackerley Prize 2017 et du Wainwright Prize 2016. L’Écart est son premier roman.

Mon avis :

Un roman puissant qui vous prend aux tripes et ne vous laissera pas indifférent.

Pourquoi ce titre ? L’écart est une bande de terre le long de la côte, dans ces îles des Orcades, un endroit où les animaux sauvages et domestiques cohabitent à l’abri du monde.

Ce livre lumineux raconte le combat contre l’alcoolisme de cette jeune femme qui lutte pour se libérer de l’emprise de l’alcool. Pour résister aux tentations, elle a décidé de retrouver la terre de son enfance et là, elle va tester la puissance salvatrice de la nature. La puissance du vent et des éléments de cet environnement sauvage vont-ils lui apporter l’apaisement ?

L’alcool lui manque tellement, le combat est si difficile ! Elle suit le programme des Alcooliques Anonymes qui s’apparente à une thérapie cognitive et comportementale : on lui demande de prendre du recul et de mesurer les conséquences de ses actes.

Sur le chemin de la résurrection, elle se plonge dans l’étude des oiseaux de l’Île de Papay, nage dans ses eaux glacées et sort difficilement la tête de l’eau. Chaque jour sans alcool, c’est un peu de liberté gagnée.

Cette ode à la nature est empreinte à la fois de noirceur et de douceur. La narration limpide et poétique captive le lecteur.

Ce livre est un ovni, un « nature writing » qui marquera profondément chaque lecteur.

Paru le 29/8 aux Éditions du Globe.

Notation :

Jessie Burton : Les filles au lion

Les filles au lion
Les filles au lion

Résumé :

Londres, 1967. Arrivée des Caraïbes cinq ans plus tôt, Odelle Bastien se rêve écrivain mais peine à trouver ses marques. Sa vie bascule quand elle décroche un poste de dactylo dans une galerie d’art et rencontre la charismatique Marjorie Quick, qui lui redonne confiance. Puis arrive un jour un tableau représentant deux femmes et un lion, qui semble profondément troubler Marjorie. Intriguée, Odelle décide de percer l’énigme de cette toile.

Andalousie, 1936. La jeune Olive Schloss, fille d’un marchand d’art en exil, aspire à devenir peintre mais sa famille s’y oppose. Un artiste révolutionnaire, Isaac Robles, se présente un jour avec sa sœur dans leur propriété.

L’auteur :

Née en 1982, auteure et actrice anglaise, ce roman est son deuxième titre après « Miniaturiste » son premier roman.

Mon avis :

Subtil et brillant, ce deuxième roman de Jessie Burton est à dévorer cet été.

Si l’époque et l’ambiance diffèrent dans ce second titre, le lecteur est autant captivé par ce récit qu’il l’était par« Miniaturiste ».

J’ai particulièrement apprécié les portraits de femmes, les deux artistes : un peintre en 1936 et un écrivain en 1967. Des destins forts pour des personnages passionnés : un beau programme pour nous les lecteurs.

L’histoire, habilement tissée, nous entraîne successivement à Malaga en Espagne au moment de la guerre civile puis en 1967 à Londres. Odelle, la jeune caribéenne, horrifiée par la tristesse et la saleté de Londres, découvre le monde de l’art après son embauche dans une galerie d’art. Sa passion, l’écriture, est encouragée par Marjorie, un des piliers de la galerie. L’arrivée d’un tableau insolite et fascinant va bousculer leur vie et entraîner Odelle dans une quête pour comprendre ses origines.

En parallèle, nous partons en Espagne, aux côtés d’une jeune peintre Olive. Dans les années trente, difficile de percer pour une femme. Amoureuse d’un peintre, leurs deux destins vont se croiser.

Dans ce roman, il est question de la place de la femme dans le monde des lettres et de la peinture, de la mixité raciale et de politique avec l’évocation de la guerre d’Espagne.

Une histoire humaine passionnante qui nous tient en haleine tout du long avec ces multiples rebondissements.

Une excellente lecture d’été, à déguster sans modération.

Notation :