Des pages et des îles

Kate O’Riordan : Un autre amour

Un autre amour
Un autre amour

Résumé : Connie et Matt Wilson sont parvenus à réaliser leur rêve : ils vivent avec leurs trois enfants dans une charmante maison londonienne. Alors qu’ils profitent d’un week-end pour passer un séjour romantique à Rome, tout bascule : Matt annonce à Connie qu’il ne rentrera pas avec elle. Elle retourne à Londres, retrouvant ses trois garçons, seule.

 

L’auteur : Kate O’Riordan est irlandaise, elle vit actuellement à Londres. Romancière, elle a notamment publié Intimes convictions, Une mystérieuse fiancée, Le garçon dans la lune et Pierres de mémoire, tous parus aux Éditions Joëlle Losfeld, elle écrit également pour le théâtre et le cinéma.

 

Mon avis :

Une lecture à ne pas manquer, je vais tenter de vous en convaincre mais je crains de ne pas avoir les mots adéquats : ma chronique risque d’être bien fade face à ce livre…

Je me lance malgré tout pour vous donner envie.

L’histoire : un couple, la quarantaine, part visiter Rome quelques jours. Au départ, on découvre Connie qui rentre, seule, sur Londres. Son mari a décidé de rester sur place. Pourquoi cette décision ? Connie cache à ses proches que son mari a préféré ne pas rentrer avec elle. Ses enfants ne comprennent pas, Mary, sa meilleure amie non plus. Comment a-t-elle pu accepter cette situation ? Puis nous découvrons le troisième personnage du trio amoureux : Greta.

Je ne vous en dirai pas plus, pour ne pas dévoiler l’intrigue car même si l’histoire peut paraître classique, elle ne l’est pas du tout. Les événements qui s’enchaînent nous font découvrir le vrai visage de chacun et comprendre le geste de Matt, le mari de Connie. Des liens profonds unissent les protagonistes et apparaissent progressivement.

Non seulement on peut saluer la richesse psychologique de la trame mais aussi le rythme car nous, lecteurs, sommes accrochés à l’histoire. Les hésitations et peurs de nos héros deviennent les nôtres. Tout est subtil, c’est du « cousu main ».

Un livre qui questionne aussi sur le couple, les choix et renoncements , l’amitié et l’amour maternel.
C’est une ode à l’amour : un livre aux entrées multiples, riche et profond, avec une écriture particulièrement efficace.

N’hésitez pas, foncez.

Merci Joëlle Losfeld pour cette belle découverte.

Ne pas oublier son dernier livre, excellent : « La fin d’une imposture »

Notation :

Antoine Rault : La danse des vivants

La danse des vivants
La danse des vivants

Résumé : Eté 1918. Dans un hôpital militaire, un jeune homme se réveille amnésique. Il a tout oublié de son passé, jusqu’à son nom, mais parle aussi bien le français que l’allemand. Les services secrets français voient en lui l’espion idéal. Ils lui donnent l’identité d’un mort allemand…

 

L’auteur : Antoine Rault est né en 1965 à Paris. Depuis le succès de sa pièce Le Caïman en 2006, il est un dramaturge de renommée internationale, nominé cinq fois aux Molières et récompensé par le Grand Prix de l’Académie française. Il est notamment l’auteur du Diable rouge et, chez Albin Michel, du Démon d’Hannah (2009), de L’Intrus (2011), du Système (2015) et d’Un nouveau départ (2016). Il a également publié deux romans chez Albin Michel : Je veux que tu m’aimes (2010) et La vie dont tu rêvais(2014).

 

Mon avis :

Une grande fresque historique, riche et bien documentée.

Nous partageons le quotidien de Charles, jeune homme retrouvé amnésique en juillet 1918. Il a tout oublié, les autorités décident de le soigner tout en vérifiant qu’il n’est pas un simulateur. On découvre alors que les médecins ont mis au point un protocole avec des électrochocs pour tester la résistance des patients et faire réagir ceux qui mentent pour ne pas retourner au front.

Notre pauvre héros a vraiment tout oublié et souffre autant moralement que physiquement. Sa culture et son intelligence vont le sauver. Sans déflorer l’histoire, sachez qu’il devient espion pour la France et part pour Berlin avec l’identité d’un lieutenant allemand. Charles est bilingue français allemand, décidé à servir son pays. Cette mission lui permet d’exister et peut-être retrouvera-t-il sa mémoire ?

La fiction et l’histoire s’entrecroisent. Nous croisons Clemenceau et les autres protagonistes du traité de Versailles, j’ai suivi avec intérêt le destin du jeune Charles tout en m’intéressant au contexte historique bien retracé. Quelques petites longueurs lors des descriptions liées aux tractations autour du traité de Versailles.

Un roman historique et d’espionnage qui tient son lecteur globalement en haleine.

Les personnages sont attachants voire touchants pour certains, une belle lecture donc.
Une belle entrée en matière pour cette rentrée littéraire de 2016.

Parution le 18 août chez Albin Michel.

Merci Babelio et les éditions Albin Michel.

Notation :

Hervé Commère : Ce qu’il nous faut c’est un mort

Ce qu’il nous faut c’est un mort
Ce qu’il nous faut c’est un mort

Résumé : Trois garçons pleins d’avenir roulent à flanc de falaise. C’est la nuit du 12 juillet 1998, celle d’I will survive. Ce que la chanson ne dit pas, c’est à quel prix. Les Ateliers Cybelle emploient la quasi-totalité des femmes de Vrainville, Normandie. Ils sont le poumon économique de la région depuis presque cent ans, l’excellence en matière de sous-vêtements féminins, une légende – et surtout, une famille.

 

L’auteur : Hervé Commère est né à Rouen et vit à Paris. Après des études de lettres, il a commencé une double vie de serveur le jour et écrivain la nuit. Le premier roman qu’il a écrit est « fabuleux » selon les dires de sa maman. Tout comme le second. En 2006, il s’installe à Rennes, et a l’idée d’un nouveau roman, J’attraperai ta mort, qui paraîtra en 2009 avant Les ronds dans l’eau, son second roman paru chez Fleuve Éditions en 2011, lauréat du Prix Marseillais du Polar 2011.

 

Mon avis :

J’ai apprécié ce roman « noir » à classer aussi dans la catégorie roman social.

Au début du livre, les personnages évoluent le 12 juillet 98, la fameuse soirée du « 3-0 » avec la victoire française au football. Les protagonistes de ce récit verront tous basculer leur vie lors de cette célèbre nuit.

L’auteur nous entraîne ensuite au cœur de la vie et de l’histoire d’un village normand marqué par les ateliers de confection de lingerie. Nous remontons le temps pour découvrir l’histoire de la création d’ateliers de confection démarrés dans une salle de café par quelques passionnés et remarqués par l’élite de la couture parisienne comme des proches de Coco Chanel. La première génération de patron a décidé de tout faire pour s’attacher les couturières aux doigts de fée qui réalisent des ouvrages remarquables. Elles sont bien payées, considérées et disposent d’avantages comme des maisons gratuites. Les ateliers grossissent et emploient plus d’une centaine d’ouvrières, le village vit grâce à cette activité prospère. Les patrons se suivent et ne se ressemblent pas.

Plus tard, le romancier nous montre la petitesse des plus riches face à la solidarité et la détermination des plus pauvres, le racisme ordinaire et la soif de pouvoir et d’argent de certains : malheureusement des thèmes présents trop souvent dans nos actualités quotidiennes.

Nous lecteurs, on s’attache à ces personnages blessés, chahutés par la vie et au destin dramatique. C’est aussi un hommage à la résistance des ouvriers et aux combats sociaux comme ceux d’une célèbre marque de lingerie.

J’ai pensé aussi au film de Cédric Klaplisch « Ma part du gâteau », pour la rébellion face à l’inhumanité des fonds d’investissement qui cherchent la rentabilité à tout prix.

Vous trouverez donc dans ce livre à la fois du suspense pour son côté roman noir mais aussi une réflexion sur le destin de chacun.
Bien écrit, avec un rythme soutenu tout au long du récit, une grande aventure sociale à découvrir.


Sélectionné par le Grand Prix des lectrices ELLE 2017

Notation :

Helen Monnet : Les 50 règles d’or pour s’initier à la méditation

Les 50 règles d'or pour s'initier à la méditation
Les 50 règles d’or pour s’initier à la méditation

Présentation : La méditation permet de trouver calme intérieur et lucidité, en prenant de la distance avec les pensées quasi permanentes qui traversent l’esprit. Elle est un moyen efficace pour lutter contre le stress.

L’auteur : Se partageant entre la Suisse et la France, Helen Monnet est formatrice, coach en développement personnel et relaxologue. Elle est la fondatrice de Selfarmonia et accompagne les personnes et les entreprises afin qu’elles tirent mieux partie de leur potentiel.

 

Mon avis :

Un format condensé tout en étant didactique : un ouvrage qui facilite les débuts en méditation.

Découpé en 6 parties, pour démarrer progressivement tout en acquérant les bonnes pratiques, voici un programme bien pensé pour nous accompagner.

Les premiers chapitres présentent clairement les bénéfices de la méditation et les conditions optimales de pratique, ensuite l’auteure explique à quel moment de la journée et de notre vie nous devrions méditer.

Son conseil : pratiquer régulièrement même seulement 5 à 10 minutes par jour pour voir des bénéfices, être patient et analyser ses réactions avec bienveillance.
En résumé, c’est un bon ouvrage pour démarrer, à la fois concis et clair.

Convaincant aussi grâce aux illustrations et exercices proposés, je vous le conseille.
Pour le plaisir et aller un peu plus loin, se procurer aussi : « Calme mon carnet de méditation » d’Arnaud Riou, complémentaire à cet ouvrage.

 

Merci Karine et les éditions Larousse.

Notation :

Ragnar Jónasson : Snjor

Snjor
Snjor

Résumé : Quand la mort vient frapper aux portes des honnêtes gens. Un village sans histoire, vraiment ? Un huis-clos à l’anglaise dans le plus grandiose des décors scandinaves. Jonasson, la nouvelle révélation du polar islandais.

 

L’auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór, et où a grandi son père. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers «Iceland Noir ».

 

Mon avis :

Pour se rafraîchir les idées lors d’un été chaud : suivez mon conseil, ouvrez ce polar islandais très réussi. Snjor, le titre, signifie « neige » en islandais, un élément important dans ce roman.

Les ingrédients : ambiance tendue, un lieu confiné et désolé, des flics efficaces et une bonne intrigue.

Si comme moi, vous n’aimez pas le « gore », ce polar est pour vous. Pas de descriptions glauques, plutôt un suspense psychologique avec de multiples personnages aux personnalités complexes. Bien sûr, petit à petit, les masques tombent et la surprise est entière.

Pour l’histoire, sachez qu’un jeune policier arrive dans une petite ville isolée d’Islande, dans le Nord : un endroit dans lequel il ne se passe jamais rien. Après quelques jours très calmes, Ari Thor, notre jeune flic doit enquêter suite au décès d’un vieil écrivain. Accident ou meurtre ?

D’autres événements dramatiques vont se produire, sont-ils en lien avec le premier décès ?
Finalement, cette ville n’est pas si calme et les habitants bien mystérieux.
Ce jeune flic est sympathique, nous suivons ses débuts avec intérêt. L’ambiance est bien restituée et le suspense constant tout du long.

Une lecture qui tient ses promesses, je vous recommande ce roman.

Mercis à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions de la Martinière.

Notation :