Critique de : La Crevette et l’Anémone de Leslie Poles Hartley

La crevette et l’anémone

Résumé :

Au début du siècle dans une petite ville anglaise bourgeoise et puritaine du bord de mer, Eustache et Hilda s’abandonnent aux plaisirs des jeux de plage. Eustache, délicat et sensible, est totalement dominé par sa sœur aînée Hilda, maternelle et passionnée. L’autorité dont elle fait preuve à son égard et à laquelle il se soumet sans rechigner est aussi la marque de l’amour qu’elle éprouve pour lui. Car les deux enfants s’aiment au point qu’Eustache puisse envisager que la vie se réduise à leur seule présence. 

L’auteur : 

Leslie Pôles Hartley, né le 30 décembre 1895 et mort le 13 décembre 1972 est un écrivain britannique du XXe siècle réputé pour ses romans et nouvelles.

Ma chronique :

Un superbe roman d’apprentissage rempli de tendresse et d’émotions. Ce livre aux accents « so British » est une lecture vraiment délicieuse.

J’ai craqué pour Eustache, le jeune garçon : je m’y suis beaucoup attachée. Comment résister devant cet enfant tiraillé entre le devoir, être un gentleman, et la vie insouciante d’un gamin ?

Hilda, sa grande sœur, l’aide de son mieux et lui sert de seconde mère. Un amour indéfectible les unit, Eustache est subjugué par sa grande sœur. La vie va-t-elle leur permettre de rester toujours ensemble ? Nous les accompagnons dans cette époque du début du vingtième siècle lorsque les engins à moteur, trop bruyants aux yeux des protagonistes, étaient en minorité sur les routes.

Ce récit intimiste est à la fois très émouvant, avec ses personnages si attachants, et d’une grande douceur. J’ai été conquise.

L’écriture fluide, poétique et châtiée concourt au plaisir de cette lecture.

Je vous le recommande vivement et j’attends le deuxième tome avec impatience !

Paru dans la belle collection « Petit Quai Voltaire » aux éditions de la Table Ronde.

Notation :

Critique de : Johannesburg de Fiona Melrose

Johannesburg

Résumé 

Le 6 décembre 2013, Johannesburg se réveille à l’annonce de la mort de Nelson Mandela. Ce jour-là, Gin, de retour dans sa ville natale pour les quatre-vingts ans de sa mère, prépare la fête qui aura lieu le soir même. Mercy, l’employée de maison, l’aide à tout organiser, mais guette ce qui se passe dehors : quelques rues plus loin, la foule commence à se masser autour de la Résidence pour rendre hommage à Madiba. Peter, ami de jeunesse de Gin devenu juriste pour une société minière, passe devant les camions de télévision et les journalistes pendant son jogging matinal. Sur son îlot au milieu de la circulation, September, blessé par la police lors d’une grève, fait la manche avant d’aller manifester, seul, devant le siège de la mine qui l’employait. 

L’auteure 

Née à Johannesburg, Fiona Melrose a eu plusieurs carrières, notamment dans l’analyse politique pour des O.N.G. et le secteur privé. Elle vit aujourd’hui en Afrique du Sud. Midwinter a été sélectionné pour le Baileys Women’s Prize for Fiction 2017

Ma chronique :

Un portrait saisissant de la société sud-africaine : on vibre à l’unisson des personnages de Fiona Melrose.

J’avais hâte de découvrir le second roman de cette auteure après « Midwinter » qui m’avait impressionnée.

Les héroïnes, Gin et sa mère, ont des relations complexes : exilée à New-York, Gin, est une artiste rebelle qui ne supportait plus la société de Jonannesburg et se sentait trop à l’étroit. Sa mère a peu de tendresse pour sa fille et lui fait continuellement des reproches. Revenue pour fêter les quatre-vingt ans de sa mère, Gin retrouve la société et les siens semblables à ce qu’ils étaient.

Tout se déroule sur une journée, celle de la mort de Mandela, chaque personnage prend la parole successivement. 

J’ai aimé ce mixte de classes sociales, les blancs aisés, les noirs souvent relégués à des emplois de serviteurs. La violence larvée est bien décrite aussi.

Écrit avec finesse, d’une plume remarquablement fluide, voici une peinture sans concession de la société sud-africaine. 

En fin d’ouvrage, Fiona rend hommage à Virginia Woolf sa muse, le ton est donné…

Paru aux éditions de la Table Ronde collection Quai Voltaire.

Notation :

Critique de : Le bon sens de Michel Bernard

Le bon sens

Résumé :

Novembre 1449, dix-huit ans après la condamnation pour hérésie de Jeanne d’Arc, Charles VII chasse les Anglais de Rouen. La fin de la guerre de Cent Ans est proche : il faut achever la reconquête du territoire, panser les plaies des provinces dévastées et réconcilier les partis engagés dans la guerre civile. Promettant le pardon et l’oubli, le roi ordonne pourtant une enquête sur le procès de 1431.

L’auteur :

Michel Bernard est né à Bar-le-Duc en 1958. Il est haut fonctionnaire, en disponibilité depuis l’automne 2016. À la rentrée 2016 a paru,à La Table Ronde, Deux remords de Claude Monet, qui a obtenu le prix Marguerite Puhl-Demange et le prix Libraires en Seine. En janvier 2018 a paru Le Bon Cœur, roman sur Jeanne d’Arc, qui a reçu le prix Roman France Télévisions, le prix Michel Dard ainsi que le prix littéraire de la Ville d’Arcachon.

Ma chronique :

Quel plaisir de retrouver la belle plume de Michel Bernard pour cette suite du roman « Le bon cœur » qui nous emmenait dans les pas de Jeanne D’Arc.

Dans le premier opus, le lecteur suit le parcours de la bergère jusqu’à sa triste fin. À chaque page, j’étais impressionnée par la sincérité et la bravoure de cette jeune fille très bien retranscrite par le romancier.

La suite, une vingtaine d’années plus tard, est peut-être encore plus émouvante. On y retrouve les principaux protagonistes qui ont aidé Jeanne et ceux qui ont précipité sa chute. 

Le roi Charles VII arbitre la nouvelle destinée de Jeanne : qui remportera cette bataille de la réhabilitation de la pucelle ? Une partie du clergé est réticent au départ : acteur clé de sa chute, il leur est difficile de reconnaître leurs erreurs. Et le roi, sauvé par Jeanne : que va-t-il décider ?

Ce récit est aussi passionnant que le premier tome. Ce qui se joue ici principalement : c’est la nécessité de réparer une grande faute. 

Le style toujours impeccable de Michel Bernard en fait une lecture qui m’a ravie.

Un grand bonheur de lecture en ce début d’année.

À lire absolument.

Paru aux éditions de la Table Ronde.

Notation :

Mes lectures de début d’année

Nouveautés début 2020

Bonne année 2020 à tous avec une multitude de belles lectures.

Mon programme de ce début d’année :

  • Le bon sens de Michel Bernard publié aux éditions de la Table Ronde
  • L’art du meurtre de Chrystel Duchamp publié aux éditions L’Archipel
  • Johannesburg de Fiona Melrose publié aux éditions de la Table Ronde
  • La prière des oiseaux de Chigozie Obioma publié aux éditions Buchet Chastel
  • Ce que les peuples racines disent de nous de Frederika Van Ingen publié aux éditions Les liens qui libèrent 

Mes coups de cœur livresques de 2019

Une année riche en découvertes, voici mes 12 romans préférés classés par date de parution, à la suite les documents et ouvrages de développement personnel les plus marquants de l’année :

Edith et Olivier de Michèle Forbes 

Belle-Amie d’Harold Cobert

Tout ce que tu vas vivre de Lorraine Fouchet 

La salle de bal d’Anna Hope

Les déracinés de Catherine Bardon

À la ligne de Joseph Ponthus 

Assassins de Jean-Paul Delfino 

Les vignes de Sarah de Kristen Harnisch 

La fuite en héritage de Paula McGrath 

Mortelle tentation de Christophe Ferré 

Sonate pour Haya de Luize Valente 

Le hameau des purs de Sonja Delzongle 

Autres ouvrages  de la catégorie « document » ou de « développement personnel », coups de cœur de 2019 : 

Ubuntu je suis car tu es de Mungi Ngomane 

Guérir un chemin d’amourette de conscience de Joëlle Maurel

Sagesse du Japon de Mari Fujimoto

Quarante courtes séances de sophrologie d’Alain Zulli