Le peintre d’éventail de Hubert Haddad

Résumé :

C’est au fin fond de la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques.

Attenant à l’auberge se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s’attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail. Il devient le disciple dévoué de maître Osaki.

Mon avis :

Un grand texte sur le Japon superbement écrit. J’ai beaucoup aimé ce livre tant pour le dépaysement que pour la belle écriture imagée, ciselée et tout en finesse.

Beaucoup de poésie et d’émotion traversent toute cette histoire merveilleuse.

Nous rencontrons trois personnages principaux reliés par les peintres d’éventails, d’où le titre.

Tout d’abord le maître Osaki, le peintre d’éventails, aussi créateur et metteur en scène du jardin, puis Matabei qui se lie avec le vieux maître et découvre son œuvre. Le personnage féminin principal est Dame Hison, la responsable de la pension, qui tisse des liens privilégiés avec Matabei et le vieux maître.

Ce roman est essentiellement l’histoire de la transmission de cet art si particulier de peinture sur éventails mais aussi de la création d’un jardin en accord avec la nature et les saisons. Un troisième personnage arrive, Hi-han, un jeune homme inculte et simple.

Le récit est rythmé par la voix de ces différents personnages qui s’expriment chacun à leur tour et semblent se répondre. Leurs destins vont se croiser et s’emmêler.

Une fabuleuse plongée au cœur du Japon grâce à ses descriptions de la nature et aux haïkus qui émaillent le roman. Un auteur japonais aurait-il pu faire mieux ?

Émerveillée par ce récit superbe, j’ai surtout été touchée par la magie des mots qui se prêtent si bien à l’ambiance japonaise. La nature, la peinture et les personnages, tout est magnifiquement raconté. Après un tel texte, mes mots me semblent si ternes !

A découvrir absolument donc.

Un grand merci aux éditions Folio pour ce magnifique roman. A mettre dans toutes les mains …

 

Notation :

Pour trois couronnes de François Garde

Résumé :
Dans le bureau de feu Thomas Colbert, un magnat du commerce maritime, Philippe Zafar, le jeune préposé au classement des archives, découvre un bref texte manuscrit, fort compromettant pour celui qui s’en avérerait l’auteur.

On retrouve dans ce roman d’aventures, déployé sur un siècle et trois continents – de l’Amérique du Nord aux tropiques –, l’écriture vive et talentueuse de François Garde dont le précédent livre, Ce qu’il advint du sauvage blanc, a été récompensé par huit prix littéraires, parmi lesquels le prix Goncourt du premier roman.

Mon avis :

J’ai découvert François Garde grâce à Babelio et les éditions Folio pour lesquels j’ai chroniqué Ce qu’il advint du sauvage blanc. Ce texte m’a emballée.

Dans ce second roman, j’ai retrouvé l’aventure, l’exotisme, la quête d’identité avec un nouvel ingrédient : une enquête.

Le protagoniste, Philippe Zafar est “curateur aux documents privés”, métier qui consiste à trier les papiers d’un mort pour simplifier les tâches des héritiers. Une lettre retrouvée lors d’un classement le conduit à rechercher le fils du disparu.

Son enquête le mène dans plusieurs pays et plus particulièrement sur une île tropicale,ancienne colonie française, où le disparu est passé. Son enquête remue aussi ses propres souvenirs d’enfance. Libanais d’origine, élevé aux États-Unis, la disparition de son père est entourée de mystère. Les recherches sur la jeunesse de Thomas Colbert lui donnera-t-il des clefs pour comprendre ses origines ? A découvrir lors de votre lecture …

Comment classer ce livre ? Un mélange de genre : à la fois enquête, aventure, réflexion sur la filiation.

Les points forts : l’ambiance, l’écriture classique et irréprochable.

Tout cela donne un récit impeccable mais qui s’essouffle au milieu du roman : les digressions de l’auteur sur les recherches numismatiques ou les descriptions d’évènements historiques sur l’ile apportent peu à l’histoire et génèrent une part d’ennui pour le lecteur.

Intéressant mais pas palpitant, après la découverte de son premier roman un peu de déception donc.

A vous de décider maintenant.

 

Notation :