J.J. Murphy : Le cercle des plumes assassines

Le cercle des plumes assassines

 

Résumé :

Critique, nouvelliste, poète, et plus tard scénariste, Dorothy Parker fut l’un des piliers de la célèbre Table Ronde de l’hôtel Algonquin, où déjeunaient ensemble les esprits les plus caustiques de New York. Dans ce roman qui nous fait revivre les années 20, elle se retrouve malgré elle au centre d’une enquête criminelle. Un matin, elle découvre, sous la table habituelle du cercle d’amis, un inconnu poignardé en plein cœur. Pour compliquer l’affaire, un jeune outsider, venu du Sud, un certain William (« Billy ») Faulkner, qui rêve de devenir écrivain, apporte un témoignage troublant. Il prétend avoir eu un furtif aperçu du tueur…

 

L’auteur :

Depuis longtemps fan de Dorothy Parker, J.J. Murphy a publié trois romans dans une série sur le « cercle vicieux » de l’hôtel Algonquin, dont le premier (Le cercle des plumes assassines) et le troisième ont été nominés pour le prestigieux prix Agatha (de littérature policière). Sa devise, en citant les membres du groupe, est : « Ne jamais permettre à la Vérité de vous empêcher de raconter une bonne histoire »

 

Mon avis :

Un livre réjouissant qui nous embarque dans les années 20 aux côtés de Dorothy Parker.

Bien sûr ce livre est classifié “policier”, l’enquête étant plutôt un prétexte pour nous confronter au monde des écrivains de cette époque.

Faulkner débute et Dorothy l’épaule touchée par ce jeune écrivain.

Comme c’est un roman policier, un cadavre apparaît dès les premières pages, découvert par Dorothy. S’en suit une enquête débridée où l’on croise écrivains, gangsters, stars de cinéma et policiers dans un contexte économique compliqué à l’époque de la prohibition. Pourtant on boit beaucoup !

L’auteur mélange personnages réels et fictifs pour rendre une ambiance très réaliste.

De l’humour, beaucoup de dialogues et de fantaisie qui rendent la lecture très fluide.

Vif et enlevé, un roman policier joyeux qui donne envie de se plonger dans un texte de Dorothy Parker.

Dans ma pile, le nouveau livre de cet auteur : “L’affaire de la belle évaporée” grâce à Lp Conseils et aux éditions Baker Street.

 

Merci aux éditions Folio pour cette découverte.

 

Notation :

Sylvain Prudhomme : Les grands

Les grands
Les grands

Résumé : Guinée-Bissau, 2012. Guitariste d’un groupe fameux de la fin des années 1970, Couto vit désormais d’expédients. Alors qu’un coup d’État se prépare, il apprend la mort de Dulce, la chanteuse du groupe, qui fut aussi son premier amour. Le soir tombe sur la capitale, les rues bruissent, Couto marche, va de bar en terrasse, d’un ami à l’autre. Dans ses pensées trente ans défilent, souvenirs d’une femme aimée, de la guérilla contre les Portugais, mais aussi des années fastes d’un groupe qui joua aux quatre coins du monde une musique neuve, portée par l’élan et la fierté d’un pays. Au cœur de la ville où hommes et femmes continuent de s’affairer, indifférents aux premiers coups de feu qui éclatent, Couto et d’autres anciens du groupe ont rendez-vous : c’est soir de concert au Chiringuitó.

 

L’auteur : Né en 1979, Sylvain Prudhomme construit depuis quelques années une œuvre littéraire ouverte sur le monde. L’Afrique contemporaine – où il a longtemps vécu et travaillé – est une des sources d’inspiration principales de ses derniers livres et reportages. Là, avait dit Bahi, son précédent roman, publié dans « L’Arbalète », a reçu le prix Louis Guilloux 2012.

 

Mon avis :

Dépaysant et plein de poésie, voici un beau texte.

Le principal atout de ce texte est l’écriture musicale qui colle aux personnages et à l’ambiance.

C’est coloré, chaud et vibrant, l’auteur nous embarque avec lui au cœur de cette Afrique. Les couleurs et les odeurs sont palpables tout du long.

Couto le guitariste nous fait revivre les années fastes de son groupe et les moments qui ont conduit à l’indépendance de leur pays. Oui mais Dulce a disparu, la chanteuse est décédée et trente plus tard, Couto se souvient …

Le réel et la fiction cohabitent dans ce texte, habilement entremêlés. Les lecteurs passionnés de musique s’intéresseront au groupe rock Super Mama Djombo, un groupe qui a réellement contribué à la naissance de l’indépendance de la Guinée Bissau.

Mon bémol : la tristesse que traîne Couto est décrite avec une certaine distanciation. Le lecteur est plutôt spectateur, peu d’empathie pour nos héros.
Ce que j’ai préféré : la langue imagée et poétique ainsi que les reconstitutions du climat politique.

A découvrir pour les amateurs d’Afrique.

Merci aux éditions Folio.

Notation :

Miguel Rocha : Le dernier pape

Le dernier pape
Le dernier pape

Résumé : 29 septembre 1978 : le pape Jean-Paul Ier est retrouvé mort dans son lit, trente-trois jours après son élection. Officiellement, il a succombé à un infarctus. Le secrétaire général du Vatican empêche toute autopsie et précipite l’embaumement du corps… Londres, 2006 : la jeune journaliste portugaise Sarah Monteiro trouve dans son courrier une étrange liste de noms. Quelques minutes plus tard, elle échappe de justesse à une tentative d’assassinat grâce à l’intervention d’un certain Rafael.

 

L’auteur :

Né à Porto en 1976, l’écrivain a vécu plusieurs années à Londres. Depuis son retour dans sa ville natale, il travaillait pour la télévision et écrivait des romans, dont une série consacrée aux “secrets” du Vatican.

 

Mon avis :

Un bon thriller qui se lit vite, je le trouve meilleur que le dernier Dan Brown !

Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment : des secrets dans un contexte historique, de l’action, des politiciens et agents secrets et beaucoup de suspense.

La construction littéraire, avec des aller-retours entre 1978 et notre époque, est bien rythmée et le récit défile vite malgré les 600 pages du roman.

Avec un souci du détail et de la précision historique, le lecteur est emporté dans une aventure trépidante qui m’a tenue en haleine tout du long.

On suit Sarah, journaliste portugaise, qui après avoir reçu par courrier une liste de noms et des messages codés se retrouve embarquée dans une aventure incroyable qui la fait voyager entre le Portugal, Londres et les États-Unis. Rafael, lié à la CIA et peut-être d’autres organisations sera son ange gardien. La jeune fille cherche aussi à se rapprocher de son père mêlé à cette affaire.

Ce livre mélange vérité historique, autour de la mort du pape Jean-Paul 1er, des personnages politiques italiens, des gens d’église, une loge maçonnique, des agents secrets et bien d’autres.

Très documenté tout en étant agréable à lire, on est capté par l’histoire bien construite.

 

En synthèse : un très bon roman pour les vacances, en attendant le tome 2 à paraître aussi chez Folio, que je lirai avec plaisir.

 

Merci aux éditions Folio.

 

Notation :

Larry Tremblay : L’orangeraie

L'orangeraie
L’orangeraie

Résumé : Les jumeaux Amed et Aziz auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance. Un des chefs de la région vient demander à leur père de sacrifier un de ses fils pour le bien de la communauté. Comment faire ce choix impossible ?

 

L’auteur : Larry Tremblay est écrivain, metteur en scène, acteur. Traduites dans une douzaine de langues, ses oeuvres théâtrales ont été produites dans de nombreux pays et ont reçu de multiples récompenses. Il a publié en 2006 un recueil de récits, Piercing, aux Éditions Gallimard, et son roman Le Mangeur de bicyclette (2002) a été finaliste du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada. Ses pièces The Dragonfly of Chicoutimi, Le Ventriloque, Abraham Lincoln va au théâtre et La Hache font désormais figure de classiques. Le Christ obèse, roman paru chez Alto en 2012, a été finaliste au Prix littéraire des collégiens, et son livre l’Orangeraie (éditions de la Table Ronde) a gagné le prix en 2015.

 

Mon avis:

Terriblement émouvant, un livre coup de poing !

Ce roman choc va rester longtemps dans notre mémoire : je vous recommande chaudement cette lecture.

Le destin s’acharne sur une famille percutée par la guerre. Les grand-parents sont déchiquetés par une bombe, le fils les découvre dans cet état. Un peu plus tard, nous faisons connaissance avec les jumeaux Amed et Aziz, les petits-enfants qui jouent, alors que l’éclat des obus se fait entendre au loin. Leurs jeux sont inspirés des horreurs qui les entourent : porter des ceintures d’explosifs et se faire exploser.

Lorsqu’on leur propose un marché qui fera d’eux un martyr reconnu, ils sont fiers, tout en ayant très peur bien sûr, ils sont si jeunes, tout juste 9 ans.
La mère est horrifiée quant à l’attitude du père, je vous laisse la découvrir.
Une fable cruelle, reflet de notre monde actuel, qui nous interpelle sur le conditionnement imposé par les religions et coutumes ancestrales.

Un déroulé implacable qui bouleverse tout en nous accrochant au récit.
Je vous préviens, c’est un récit dont on ne sort pas indemne.

À lire absolument !

 Un livre publié en 2015 aux éditions de la Table ronde, une maison d’édition qui nous propose des pépites.

 Merci aux éditions Folio pour cette réédition.

Notation :

Jérôme Garcin : Le voyant

Le voyant
Le voyant

Résumé : Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient «The Blind Hero of the French Resistance». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans.

 

L’auteur : Jérôme Garcin est né à Paris le 4 octobre 1956. Il dirige les pages culturelles du Nouvel Observateur et anime le Masque et la plume sur France-Inter. Il est notamment l’auteur de Pour Jean Prévost, prix Médicis Essai 1994, La chute de cheval, prix Roger Nimier 1998, Théâtre intime, prix Essai France Télévisions 2003, et Olivier, tous parus aux Éditions Gallimard. Il a reçu le prix Prince Pierre de Monaco 2008 et le Grand prix Henri-Gal de l’Institut de France 2013 pour l’ensemble de son œuvre.

 

Mon avis :

Jérôme Garcin nous dépeint la vie incroyable de Jacques Lusseyran, aveugle, qui devient résistant à dix-sept ans puis publie un livre et enseigne, une autre de ses passions.

Heureux de son sort, terriblement intelligent, ce personnage force l’admiration. Meilleur que la plupart de ses camarades au lycée puis chef d’un mouvement de résistance. Même la captivité à Bunchenwald ne le fait pas plier. Au retour de la guerre, une femme le sauvera : sa première épouse car son mental a été éprouvé par la captivité.

Tout au long du récit, le lecteur ne peut qu’être impressionné par ce personnage, que je ne connaissais pas.

C’est un bel hommage, une formidable page d’histoire également avec de multiples références littéraires. Enrichissant pour le lecteur.

Bien écrit même si le style est parfois ampoulé.

Une vie à découvrir, une biographie qui a remporté plusieurs prix littéraires.

Je vous conseille cette instructive lecture.

 

Merci aux éditions Folio.

Parution aux éditions Folio le 8/04/2016

 

Notation :