Christophe Ferré : Mortelle tentation

Mortelle tentation

Résumé :

Depuis que le crime a fait la une des journaux, Alexia est sans nouvelles de son mari, parti quelques jours plus tôt marcher en solitaire dans ce coin sauvage des Pyrénées.

D’abord inquiète à l’idée que Peter ait pu croiser la route de l’assassin, Alexia en vient peu à peu à suspecter l’homme qui partage sa vie depuis vingt ans.

L’auteur :

Grand Prix de la nouvelle de l’Académie française, Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a écrit plusieurs romans avant de se tourner vers le suspense. On lui doit La Révélation de Chartres (Salvator, 2015, 20 000 ex toutes éditions confondues) et La Petite Fille du phare (L’Archipel, 2018), en cours d’adaptation pour la télévision.

Mon avis :

Un très bon thriller français.

L’auteur nous place dans la tête d’Alexia qui n’a plus de nouvelle de son mari et découvre rapidement qu’il a pu être au mauvais moment au mauvais endroit.

J’ai été baladée tout au long de cette histoire. L’intrigue se complexifie à chaque chapitre. Les chapitres sont courts donc beaucoup de rebondissements.

Je plaignais Alexia qui apprend de jour en jour des nouvelles de plus en plus catastrophiques. L’auteur n’a aucune pitié pour elle : la route sera longue et difficile.

C’est bien ficelé et très prenant : un bon second roman.

Je découvre cet auteur, cela donne envie de lire son premier ouvrage.

Lisez-le et dites-moi ce que vous en avez pensé.

Paru aux éditions L’Archipel

Notation :

Emma Cline : Los Angeles

Résumé :

Los Angeles

Alice rêve d’être actrice, comme la moitié des filles de Los Angeles. Elle occupe une chambre sordide qu’elle paie en vendant des vêtements de mauvaise qualité pour une marque de prêt-à-porter. Lorsque sa mère cesse de financer ses cours de théâtre, Alice panique…

L’auteure :

Emma Cline est née en Californie. Ses écrits de fiction ont paru aux Etats-Unis dans Tin House et The Paris Review. Elle est la lauréate du prix Plimpton 2014. The Girls est son premier roman dont les droits ont été achetés par le producteur Scott Rudin. Il sera publié dans 34 pays étrangers. 

Mon avis :

C’est court et percutant : à lire.

Emma a un talent particulier pour nous embarquer au cœur de son sujet et au plus près de ses personnages. Très vite, nous partageons le quotidien glauque d’Alice seulement  éclairé par ses cours de théâtre. 

Alice est à la fois déterminée et fragile; après que sa mère décide de ne plus l’aider pour ses cours, sa vie bascule.

J’ai très peu posé le livre : l’écriture acérée et l’intrigue nous tiennent en haleine sur les quarante pages : bravo Emma.  La fin m’a déstabilisée, et vous ?

Ce livre fait partie de la nouvelle collection intitulée « La nonpareille », ce qui signifie « nom donné à l’un des plus petits corps typographiques « 6 pots » et c’est aussi une collection de nouvelles inédites.

Trois titres y sont parus dont celui-ci. 

Pour le prix d’un magazine, lisez une nouvelle.

Paru aux éditions de la Table Ronde.

Notation :

Camille Challes : Nos promesses sont éternelles

Nos promesses sont éternelles

Résumé 

Entre les heures supplémentaires dans son job et sa fille ado qui se transforme en bombe à retardement, Justine frôle le burn-out deux fois par jour… Et en prime, elle va fêter ses 40 ans ! Lorsque son mari lui offre un appareil à smoothies pour son anniversaire, c’est la goutte d’eau. À quel moment les choses ont-elles tellement dérapé pour qu’il imagine lui faire plaisir avec un appareil ménager ? Et dire qu’à 18 ans, avec ses amis du lycée, elle s’était juré de dévorer la vie et de rester libre pour toujours ! Justine décide de partir à la recherche de sa bande de copains …

L’auteure 

Camille Challes est chef de projet éditorial dans le domaine de la culture et rédactrice web. Elle vit en Belgique et signe avec Nos promesses sont éternelles un premier roman riche de sensibilité et de justesse.

Mon avis :

J’ai pris du plaisir à cette lecture : un chouette livre en synthèse.

Au début j’ai été un peu déstabilisée par l’écriture simple voire familière puis cela s’arrange et on se sent proche des personnages.

Les difficultés de Justine face à son mari peu présent ou ses enfants difficiles : les vies multiples des femmes (famille, maison et boulot) sont bien illustrées.

Bien sûr, on prend plus de plaisir lorsqu’elle décide de tout plaquer pour se retrouver.

Une belle réflexion sur la vie, la liberté et la maternité.

Un bon moment de lecture qui mérite le détour : donnez-moi vos impressions après lecture.

Paru chez City Éditions.

Notation :

Philippe Delerm : L’extase du selfie

L’extase du selfie



Résumé :

Et vous, quel geste vous trahit ?

Il y a les gestes qui disent l’embarras, d’autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d’exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations :

le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le « vapotage », qui relègue l’art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette …

L’auteur :

Philippe Delerm, né en 1950 à Auvers-sur-Oise, voue son écriture à la restitution d’instants fugitifs, à l’intensité des sensations d’enfance. Il est l’auteur de nombreux livres à succès, dont La Première Gorgée de bière, Je vais passer pour un vieux con ou Sundborn ou les Jours de lumière (prix des Libraires, 1997). Il est aussi professeur et vit avec sa femme, Martine Delerm, en Normandie.

Mon avis :

Un petit livre, une centaine de pages, pour décrire des moments de vie.

Narration et style impeccables, les premières pages m’ont paru délicieuses.

J’aimais ces descriptions qui semblaient tellement réelles : oui on se reconnaît dans ces pages. On regarde autrement les autres et soi-même.

Puis au bout de cinquante pages, j’ai trouvé cela redondant : la magie du départ avait disparu.

Mon texte préféré est un des premiers : « Un verre à la main sans le boire », ce geste du soir quand on est deux, une transcription réaliste et poétique.

Paru aux éditions du Seuil.

Notation :

Jean-Christophe Rufin : Le suspendu de Conakry

Le suspendu de Conakry

Résumé :

Comment Aurel Timescu peut-il être Consul de France ? Avec sa dégaine des années trente et son accent roumain, il n’a pourtant rien à faire au Quai d’Orsay. D’ailleurs, lui qui déteste la chaleur, on l’a envoyé végéter en Guinée où il prend son mal en patience.  Tout à coup survient la seule chose qui puisse encore le passionner : un crime inexpliqué. Un plaisancier est retrouvé mort, suspendu au mât de son voilier.

L’auteur :

Médecin, engagé dans l’action humanitaire, Jean-Christophe Rufin a occupé plusieurs postes de responsabilité à l’étranger. Il a été ambassadeur de France au Sénégal. Il a d’abord publié des essais consacrés aux questions internationales. Son premier roman, L’Abyssin, paraît en 1997. Son œuvre romanesque, avec Asmara et les causes perdues, Globalia, La salamandre entre autres, ne cesse d’explorer la question de la rencontre des civilisations et du rapport entre monde développés et pays du Sud. Ses romans, traduits dans le monde entier, ont reçu de nombreux prix, dont le prix Goncourt 2001 pour Rouge Brésil. Il a été élu à l’Académie française en juin 2008.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé découvrir Jean-Christophe Rufin dans un nouveau registre : le polar déjanté.

L’enquête autour de la mort de ce français retrouvé pendu sur son voilier est menée par la police locale et le consul. Celui-ci, a les mains libres car le consul général est en déplacement. Il peut enfin sortir de son placard et jouer un rôle d’enquêteur. Aurel a toujours rêvé d’être policier. C’est un phénomène ce franco-roumain : il porte encore les vêtements qu’il avait en Europe de l’Est dans ce climat africain, il compose de la musique et n’a pas d’amis parmi les expatriés.

Cet anti héros, l’improbable Aurel, m’a tout de suite accrochée : loin de ses bévues ordinaires, il observe, analyse et progresse dans une enquête dont l’issue ne se dévoile pas facilement.

J’ai aimé ce héros attachant et anti conformiste et j’ai passé un bon moment de lecture. C’est drôle et touchant parfois, le suspense est au rendez-vous et le dépaysement garanti. Les dessous d’un consulat raconté par un ancien ambassadeur : on se régale !

Je vous invite à découvrir ce polar dont le héros n’est pas s’en rappeler Jacques Clouseau, l’inspecteur de la Panthère rose. Que du bonheur.