Kristen Harnisch : Les vignes de Sarah

Les vignes de Sarah

Résumé :

Novembre 1897. Sarah et Philippe Lemieux, tout juste mariés, sont déterminés à faire d’Eagle’s Run, leur vignoble de la Napa Valley, en Californie, une entreprise florissante. Mais plusieurs déconvenues viennent saper l’enthousiasme du jeune couple, dont une guerre des prix, qui fait chuter les cours et met leur exploitation en péril. Est-ce pour cette seule raison que Philippe se montre soucieux et repousse sans cesse la promesse qu’il a faite à sa femme de relancer le domaine de Vouvray, dans le Val de Loire ?

L’auteur :

Kristen Harnisch a été cadre dans de grands groupes bancaires avant de publier La Fille du maître de chai (L’Archipel, 2018), son premier roman, devenu un succès international. Amoureuse de la France, elle réside dans le Connecticut avec son mari et leurs trois enfants.

Mon avis :

La suite de « La fille du maître de chai » m’a enthousiasmée comme le premier tome.

Il y a quelques semaines, fin juillet, je découvrais Sarah et le monde des vignerons à la fin du dix-neuvième siècle. J’avais hâte de retrouver cette héroïne si attachante et cet univers du vin.

J’ai aimé cette suite qui m’a transportée en Californie, à Napa Valley puis à Paris pour l’Exposition universelle et en Val de Loire.

Si, comme moi, vous aimez l’histoire, les héroïnes courageuses et les grandes sagas alors pas de doute vous ne serez pas déçus.

Un deuxième personnage féminin se détache dans ce deuxième tome : Marie, sage-femme qui décide en ce début de vingtième siècle de devenir chirurgien. Difficile même au pays des libertés !

Dans ce deuxième tome, autant de rebondissements et d’émotions que dans le premier : j’avais du mal à poser le livre et je l’ai lu très vite.

Une belle découverte, n’hésitez pas : lisez les deux tomes de cette saga parue aux éditions l’Archipel.

Notation :

Jean-Paul Delfino : Assassins !

Assassins !

Résumé

En 1898, la publication de J’accuse… ! plonge la France dans un climat délétère où l’antisémitisme s’affiche fièrement. Au cœur de l’affaire, Émile Zola, conspué par les ligues d’extrême droite, est identifié comme l’homme à abattre. Aussi, lorsqu’en 1902 l’auteur des Rougon-Macquart succombe à une intoxication au gaz méphitique, la piste du meurtre ne peut être écartée. Reste à savoir qui, parmi ses proches ou ses détracteurs, avait tout intérêt à le faire taire.

Assassins ! retrace la vie passionnante du gamin d’Aix-en-Provence devenu un mythe littéraire. Car, à l’heure de mourir, que valent les honneurs face au poème dédié à un premier amour ?

L’auteur

Scénariste et auteur d’une vingtaine de romans, Jean-Paul Delfino a récemment publié aux Éditions Le Passage Les Pêcheurs d’étoiles (autour de Cendrars et Satie) et Les Voyages de sable (prix des Romancières 2019, Saint-Louis), plébiscités par la critique.

Mon avis

Un livre passionnant et bien documenté que j’ai dévoré.

On embarque pour le meilleur et pour le pire dans le monde de Zola au cœur de l’affaire Dreyfus et des derniers jours de l’écrivain.

C’est malheureusement souvent le pire qui nous est conté : le racisme anti-juif, anti-franc-maçon, anti… La haine contre les étrangers est terrible, Zola dont le père est italien en sera la cible fréquemment.

Le grand écrivain se raconte ici et revient sur son enfance : tout se passe plutôt bien tant que son père est en vie, Aix-en-Provence, le soleil et la douceur de vivre sont au rendez-vous. La suite, avec la dégringolade financière de la famille, rappelle les romans de l’écrivain comme « Germinal » ou « L’assommoir » : pauvreté extrême, maladie et déchéance. Sauvé par l’amitié et la littérature, Émile aura une vie adulte plus heureuse.

La mort de Zola reste une énigme de l’histoire comme le relate Jean-Christian Petit-fils dans son ouvrage «Les énigmes de l’histoire de France »  : l’hypothèse racontée ici est fort probable mais pas de certitude.

Une belle réussite ce roman qui redonne vie au grand écrivain et nous éclaire sur les derniers jours de Zola.

Ce roman me donne aussi envie de relire tous les Rougon-Macquart.

Merci M. Delfino pour ce bel hommage à un grand écrivain.

À noter : la parution de « J’accuse » un film de Polanski, sortie le 13 novembre, raconte l’affaire Dreyfus du point de vue du colonel qui aidera à la réhabilitation de Dreyfus.

Paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Notation :

Bernard Duporge : Le prix de la terre

Le prix de la terre

Résumé :

Dans un village du Bordelais, on enterre Gentil Bacquey. Aux yeux de tous, l’homme était un paysan respecté et respectable, ancien héros de la Résistance. Pourtant, au fil des jours, délivrées par sa disparition, les langues se délient. Un voisin, qui lorgne sur les terres particulièrement fertiles de ce coin du Bordelais, lance même de graves accusations contre le défunt : cinq ans plus tôt, pendant l’Occupation, Gentil aurait volé de l’argent destiné à lutter contre l’envahisseur. Accusation mensongère ? La veuve de Gentil, s’enferme dans un silence pesant, comme si elle avait peur de salir davantage la mémoire du mort.

L’auteur :

Romancier, musicien, chroniqueur, adjoint à la culture de sa commune, Bernard Duporge a voué sa vie aux arts. Dès son premier roman Les Pins de la discorde, il a insufflé à son écriture sa passion pour l’histoire, de la grande à la petite, celle qui fait le quotidien des gens simples de nos régions.

Mon avis :

Voici un bon roman de terroir que j’ai lu en deux jours.

J’ai retrouvé les ingrédients classiques et efficaces de ce genre : milieu rural, régionalisme et secrets de famille.

L’action se déroule quelques années après la seconde guerre mondiale en Gironde. Après la mort d’un des villageois, le passé ressurgit et bouscule la vie de la famille du défunt. Sa veuve tente de comprendre l’animosité à l’encontre d’une partie de ses proches.

L’histoire bien construite et l’écriture fluide m’ont poussée à tourner les pages rapidement.

Les personnages sont attachants et le contexte historique bien décrit.

En synthèse : une lecture agréable pour cette rentrée.

Paru chez City Éditions.

Notation :

Mary Kubica : Ton dernier mensonge

Ton dernier mensonge

Résumé :

Le monde de Clara Solberg vole en éclats quand son mari, Nick, décède dans un accident de voiture. Leur fille Maisie, quatre ans, en sort indemne. La cause du drame semble claire, mais les terreurs nocturnes de Maisie conduisent Clara à s’interroger sur ce qui s’est vraiment passé en ce tragique après-midi. Rongé par la douleur, obsédée par l’idée que la mort de Nick n’est peut-être pas accidentelle, Clara s’engage dans une quête désespérée pour découvrir la vérité. Qui aurait pu vouloir du mal à Nick ? Et surtout, pourquoi ?

L’auteur :

Après des études d’art et d’histoire de la littérature américaine, Mary Kubica a d’abord été enseignante. Aujourd’hui écrivain à temps plein, cette passionnée de Dickens et de Hemingway vit près de Chicago, la ville où se déroule l’intrigue de ses romans. Son premier roman, Une fille parfaite, unanimement salué par la presse et les lecteurs.

Mon avis :

Un thriller haletant très efficace.

J’ai découvert cette auteure avec son premier titre « Une fille parfaite » et j’ai été conquise. J’avais donc envie de découvrir ce nouveau titre et je n’ai pas été déçue.

Clara perd tous ses repères lorsqu’on lui annonce que son mari est mort dans un accident de la route, le lecteur, accroché à la lecture dès les premières lignes partage les inquiétudes de Clara.

Petit à petit, en fouillant dans le passé de son mari, elle cherche à comprendre ce qui s’est passé. Sa petite fille qui était présente lors de l’accident donne des informations qui orientent ses recherches vers un « méchant » en voiture noire.

De nombreuses pistes sont explorées jusqu’à la chute que je n’ai pas vu venir.

Addictif et bien construit, un thriller  qu’on ne lâche pas avant la fin.

Paru aux éditions Harper Collins Poche.

Notation :

Julia Phillips : Dégels

Dégels

Résumé :

Sur le rivage de la péninsule du Kamtchatka, aux confins de la Russie, deux petites filles disparaissent. L’enlèvement bouleverse les habitants : le coupable serait-il un étranger de passage ? Pire, l’un d’entre eux ? Comme une onde de choc, le trouble se propage et vient ébranler la vie de dix femmes dans leur quotidien, leurs amours et leurs rêves secrets, tandis que le puzzle de la disparition se reconstitue peu à peu…

L’auteur :

Julia Philips est née en 1989. Passionnée de Russie, elle a reçu la prestigieuse bourse d’écriture Fulbright pour vivre un an dans le Kamchatka. Ce premier roman Dégels, traduit dans une dizaine de langues, à été acclamé par la critique.

Mon avis :

Un livre envoûtant au suspense intense : j’ai été captivée.

L’écriture poétique, les décors impressionnants de cette péninsule de l’extrême-orient russe, le Kamchatka et l’histoire parfaitement menée en font une lecture inoubliable.

Les deux jeunes sœurs disparaissent dès le premier chapitre alors qu’elles se promènent le long de la plage proche du centre-ville où elles habitent. Nous sommes en août, elles passent leur été ici, leur mère travaille. Elles n’ont jamais quitté cette péninsule qui se trouve à neuf heures d’avion de Moscou.

Après leur disparition, les chapitres suivants alternent les personnages, en lien avec les petites filles. Douze chapitres ou un an d’enquête, chacun centré sur une personne en lien avec l’enquête. Parfois, leur vie a été bouleversée par la disparition.

Ce récit, à la limite du fantastique parfois, rappelle les romans de Laura Kasischke ou ceux de Joyce Carol Oates. Le ton poétique, l’atmosphère particulière et les paysages grandioses m’ont enthousiasmée.

Trois cents quatre vingt pages en apnée à dévorer ce roman bluffant.

A découvrir aux éditions Autrement.

Notation :